Pendant plusieurs années je pratique le dessin, le collage ou la peinture sur papier, à la recherche toujours insatisfaite d’un terrain d’expression qui me soit propre. Ce terrain je le découvre enfin lors d’une expérience professionnelle forte au cabinet du Docteur Jean Pillet, spécialiste en prothèses médicales dont la troublante esthétique illusionniste les rend presque invisibles. Cette expérience est fondatrice, car c’est là « sur le tas », que je sculpte quelque chose pour la première fois ; et c’est là aussi que je rencontre mon matériau de prédilection : la cire, dont la nature de caméléon tantôt fluide ou solide, opaque ou translucide, m’a immédiatement séduite. Depuis, mon travail se développe essentiellement en volume, sous la forme de séries de sculptures ou petites installations, et la cire est devenue un matériau indispensable, presque un fétiche. Le travail que je poursuis sonde la matérialité des objets. Guidée par leur fort pouvoir d’évocation, je les manipule, laissant volontiers la place à l’accident. Je coule la cire, y agglomère divers matériaux, grave ou teinte certaines surfaces, parfois en lutte avec le tempérament de l’objet qui me contrecarre. Par ce processus qui peut s’apparenter à un collage, je tente de mettre au jour des aspects de la personnalité des choses jusque là restés invisibles. L’objet se déploie hors des limites imposées par l’usage, pour se glisser dans une toute autre peau et de nouveaux champs d’interprétation. Le caractère transitoire de la cire en fait des objets incertains, passagers d’un monde qui ne l’est pas moins.
Le paysage et le patrimoine en tant que valeurs humaines est au centre de ma pratique photographique plutôt documentaire qui se traduit dans des travaux au long cours sous forme de séries.
Mon travail tente de faire ressentir des présages, une sensibilité attachée à ce qui demeure, ce qui s’efface, ce qui se transforme.
Il se poursuit dans la collecte d’archives, de vestiges et l’écriture.
Depuis 2018, je m’affaire sur des sujets proches de moi, comme la métamorphose du quartier COOP situé entre les rives de l’Ill et le Rhin, son environnement et tout phénomène inédit.
Il est aussi question du fleuve L’Escaut, du petit patrimoine qui le peuple, me console et me dépasse.
Ce même cours d’eau se dévoile ensuite sous une lumière diffuse d’où émane les mots de l’immense poète Emile Verhaeren
et le brouillard du nord sur son tombeau.
Présentation du travail de Bruno Lagabbe dit le Colonel
Les collages : Image reconstituée – Néo-dadaïste des sixties – Détournement de la publicité à des fins dramatiques – Jolies nuisances
Issu de la mouvance « punk » de la fin des années 70 et ses collages en papier déchirés « Le Colonel » développe avec le temps une esthétique « hors d’âge » à partir de la déstructuration au ciseaux des images de la réclame naïves et surannée des magazines de l’après-guerre et des revues spécialisées, périodiques de science, médecine, mode, cinéma. Evitant les carambolages incongrus
violent et hasardeux la démarche va vers la reconstitution en douceur d’images surréalistes ou les éléments des sources multiples s’assemblent dans une harmonie retrouvée faisant oublier les trucages de la pratique.
Depuis peu réalisation de « sculptures insolites » œuvre en trois dimensions par assemblage d’objets, dans le même esprit « hors d’âge » et non dénués d’humour.
Exemple : Le Porte-Greffe : récupération et installation d’un tire bouchon classique en cèpe de vigne (un classique des marchés aux puces) mis en pot et agrémenté de feuilles et de fleurs laissant apparaître le tortillon de métal de l’outil. (voir photo)
Sculpteur autodidacte et passionné depuis une dizaine d’année, j’apprécie de joindre l’utile à l’agréable en créant des objets usuels comme des plats, des cuillères ou des boites, en personnalisant des objets existants, ainsi qu’en réalisant des œuvres uniques. J’ai débuté la sculpture au début des années 2010 en réalisant des bas-reliefs sur des manches d’opinels, courageusement confiés par mon entourage proche. Puis, la passion et le savoir-faire venant, je me suis plu à réaliser des sculptures plus complexes, toujours dans des manches de couteaux que j’offre à l’occasion d’anniversaire. Depuis 2017, je diversifie mes créations en sculptant des objets usuels dans du bois brut. Je crée aussi des objets purement décoratifs, ainsi que des œuvres plus personnelles.
With her art Ariane manages to materialize emotional states with textile fibers and thus to let them interact with the environment, so that the observer recognizes it and feels like looking into a mirror.
Ariane born 1974 in Switzerland (Biel), she lives and works in Scandinavia & also since 2017 she works in Basel (CH) & in Hégenheim (F).
Autodidact. nonconformist. developing.
Since 20 years freelance artist.
Textilart, Installation, Performance, Photography
Embroidery and Knitting is her passion.
A rebours de la révolution numérique et du « tout dématérialisé », Mélodie Meslet-Tourneux investit depuis dix ans la céramique qu’elle marie à la photographie argentique dans un minutieux travail artisanal qui révèle simultanément images et volumes. Travaillant étroitement avec des potiers aux savoirs immémoriaux, elle est guidée par des postures, des façons de préparer la terre, mais aussi d’être potier. C’est par l’observation et le mimétisme gestuel que Mélodie s’imprègne d’un site et de son histoire. Elle modèle, tourne, monte la terre à la plaque ou au colombin, prend autant de notes dessinées, écrites que photographiques, pour constituer une collecte hétéroclite de sources. Elle ne néglige aucun mode d’écriture pour embrasser un sujet. Le résultat de ses recherches génère de multiples traces, documents et objets qui parfois s’hybrident avec finesse et sous la forme de pièces témoins aussi bien inédites que chargées de mémoire. De cette façon, en 2015, l’artiste a travaillé avec les potières de Dioulasso Ba au Burkina Faso aux cotés desquelles elle a réalisé des répliques d’objets traditionnels détournés de leur fonctions premières. Terre Burkinabée présente ainsi des contenants oblitérés par des clichés qu’elle réalisa de femmes façonnant la terre. En 2016, Bleu fassi raconte la rencontre avec des potiers d’un atelier marocain au travers de créations de monotypes, d’une vidéo et de photographies dont certaines sont développées sur la face des stèles modelées. Lors de ces expériences, Mélodie Meslet-Tourneux a perfectionné une technique de travail personnelle. Elle fait apparaître des images à la surface des reliefs de la terre cuite par l’usage de gélatines photosensibles. Ces expérimentations sont parfois longues et aventureuses, mais font partie du processus de recherche qu’elle élabore à chaque fois différemment pour faire advenir ces objets comme des apparitions visuelles et révèle ce qui habituellement ne se voit pas. Des lieux, des gestes, des situations de création, des histoires d’atelier dont l’objet devient le témoin. (…) ( Texte de : Sophie Auger-Grappin Critique d’art Directrice du centre d’art contemporain le Creux de l’enfer, Thiers)
Passionnée de coulisses, Hélène Bléhaut s’attache à témoigner de réalités diverses à travers un prisme sensible et situé.
Travail de terrain, formes courtes, poétiques et quotidiennes entre bande dessinée du réel et photojournalisme sont ses outils de prédilection pour saisir portraits, paroles et contextes. Elle prend le parti de croiser les sources, de confronter la théorie et les archives aux expériences, de trouver de nouvelles formes de vulgarisation et de transmission.
Un travail de plusieurs années à la suite de musiciens haïtiens a donné naissance en 2016 au documentaire transmédia www.alloayiti.fr, réalisé en binôme avec le développeur Titouan Mathis (Studio Meta). En 2019, elle réalise un webcomic sur la perception du handicap publié par ERC Comics, en collaboration avec l’équipe de Monika Baár, chercheuse en Histoire à l’université de Leiden (Pays-Bas).
En 2023, elle participe au collectif @experiences_militantes initié par Adèle Mesones, un compte instagram où l’on cherche à comprendre et raconter en BD les raisons de l’engagement de divers·e·s bénévoles.
Que raconter ? Pourquoi ? Qui parle et d’où ? Que disent de nous nos représentations ? Des interrogations fondatrices qui l’amènent à travailler autour des questions décoloniales et féministes, dans une perspective intersectionnelle.
Camille Drai est scénographe, plasticienne et metteuse en scène. Elle a une affinité particulière pour les matières souples, notamment le textile. A partir de ces matériaux, elle imagine et conçoit des scénographies et des installations. En 2015, elle découvre l’univers de la Marionnette Contemporaine qui fait résonance avec ses préoccupations artistiques. Elle affirme, alors, ses scénographies comme des univers mobiles, manipulables, où le scénographe devient « marionnettiste de l’espace ». Avec cet univers en constante métamorphose, elle cherche à perturber l’ordre établi de nos représentations, ébranler nos certitudes face au réel et au surnaturel. Elle interroge les mécanismes inconscients et invisibles qui façonnent notre identité et notre conscience humaine.
C’est avec cette ambition qu’elle fonde en 2018, la Cie Sans Visage, compagnie de marionnette contemporaine, théâtre visuel et sonore. Elle signe la mise en scène du premier spectacle de la compagnie : « Résurgence », qui a été créé le 8 décembre 2022, au Manège, scène nationale de Reims. Il joué au Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, à Charleville-Mézières en septembre 2023.
Résurgence s’intéresse aux liens transgénérationnels et en particulier aux fantômes familiaux : ces traumatismes enfouis et secrets de nos ancêtres, qui se répercutent dans l’inconscient des générations suivantes et viennent entraver leurs vies, leurs relations et leurs bien-être. C’est à travers l’oeuvre et la vie du poète visionnaire Arthur Rimbaud, qu’elle a choisi d’explorer ces liens familiaux invisibles.
Parallèlement, elle collabore avec d’autres Compagnies comme la Cie les ailes de Samare, Cie Muutos, la Cie Juste Après, Cie le 7 au soir, en tant que scénographe, accessoiriste ou constructrice de marionnette. De 2016 à 2018, elle travaille avec l’agence de graphistes, Fabrication Maison, à la conception d’une signalétique originale pour la nouvelle Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette.
Ma pratique questionne la scénographie non comme un art réservé à la boîte noire du théâtre mais comme une tension des rapports entre l’espace, le temps et le public. Les performances, les installations comme les scénographies que je conçois ont agitées de la même interrogation : comment rendre l’espace et le le temps signifiants au regard du spectateur ? Ces notions sont travaillées comme des matières à tordre, à transformer, à épuiser. L’objet scénographiquedevient moteur de jeu et de fiction. C’est de cette activation du lien concret et poétique avec la matière, de ce corps bousculé par l’objet que se nous une expérience sensible de l’espace et du temps. Comme dans les arts vivants, ma pratique est collective. J’ai cofondé Milieu de Terrain avec Floriane Jan et Club Sandwich avec David Séchaud. Je travaille régulièrement avec des plasticiennes (Gretel Weyer, Célie Falières).
Loïc Urbaniak fait bondir avec ardeur le trait et la littérature hors de la page.
Pluridisciplinaire, son travail chemine à la fois entre des constructions en volume, avec des mises en scène qu’il envisage comme ces tableaux qui finissent par bouger quand on les fixe trop longtemps, comme ces livres d’images que l’on voudrait mouvant, et sa pratique du dessin, nécessité complémentaire.
Ces deux mondes se rejoignent lors d’interventions artistiques, où Loïc Urbaniak rencontre public et praticiens, et où les imbrications et implications de recherches font face au pragmatisme.
Au cœur de tout, pour lui : raconter, sans répit.