Anne Vaudrey

Vie silencieuse est une série qui m’occupe depuis deux ans.

Récoltés, associés puis mis en scène, objets et images deviennent les sujets de ce que j’ai appelé mes petites peintures.
A ce jour, vingt d’entre elles racontent trois lieux que j’ai habité.
Peinture à l’eau sur du papier sensible.

Clément Bedel

Radiant as the End of the World
“Anthropocene” is the proposed name for a geologic epoch in which humans have become the major force determining the continuing livability of the Earth. Living arrangements that took millions of years to put into place are being undone in the blink of an eye.
The massive increase in carbon dioxide, methane or nitrate emissions into the atmosphere from industrialized agriculture, petroleum-driven production and globalized transportation networks has outpaced all rhythms of life. Yet this whirlwind is best recognized through immersion in various small and situated rhythms. Big stories take their form from seemingly minor contingencies and asymmetrical encounters in its moments of uncertainty.
Clément Bedel through his art reminds us that we live in an impossible present – a time of rupture, a world haunted with the threat of extinction. His paintings offer vibrant scenes of more-than-human attempts to stay alive. Motions that he is depicting are whispers of the many pasts and yet-to-comes that surround us. Considered through his canvases – the world has ended many times before.
Bedel’s paintings approach this problem by offering visual attention to overlaid arrangements of nature’s resilience. His practice stands up to the constant barrage of messages asking us to forget – that is, to allow a few private owners and public officials with their eyes focused on short term gains to pretend that environmental devastation does not exist. These canvases are also preyed upon by radiant, striking, sharp strokes of oil paint that travel in depicted water and soil; polluting the air; getting inside the plants and trees with dazzling, intense
colors and mutation of contort formations. We cannot see it but we learn to find its traces. It disturbs us in its indeterminacy; this is a quality of ghosts.
Many species stronger than time – potentially immortal filamentous fungi, photosynthetic algae or cyanobacteria – spread and meet on the gravestones of brutalistic man made cement vestiges.
The ghosts of multi metabolic landscapes unsettle our conventional sense of time, where we measure and manage one thing leading to another. What Bedel presents are examples of what Timothy Morton calls “hyperobjects” – entities of such vast temporal and spatial dimensions that they defeat traditional ideas about what nature and time should be. When we notice their tempo, rather than impose ours, they open us to the possibility of a different aspect of livability.
This series of paintings question the logical foundation of the ecological crisis, which is suffused with the melancholy and negativity of coexistence, and is offering the evolvement into something playful, anarchic, and unpretentiously witty.
His oeuvre is a skilled fusion of phenomenology of Aposematism and biology of Batesian mimicry, fueled by ambition to reestablish our ties to nonhuman beings and to help us rediscover the hope and joy that can brighten the dark, bizarre loop we traverse.
Change is constant. The world is in a continual state of flux. It is a stream of ever-mutating, emergent patterns. Rather than steeling ourselves against such modulation, Clément Bedel invites us to feel, map, assess and grasp from the swirling pathways around us in order to better understand and influence them as they happen. This is a frank, luminous set of dispatches from future systems and fractured pasts, based equally on art, science and science fiction, an incantation to transform what ultimately transforms us.
Grandiose guilt will not do it, we need to learn by noticing what we were blind to.
Anja Tončic

Elie Bouisson

« À partir d’éléments issus de son environnement proche, matériaux organiques prélevés, textiles collectés, objets fonctionnels familiers, Elie Bouisson recompose des formes par assemblage, que ce soit par l’empreinte de matières qui se lient entre elles par arrachage, ou par l’entremise de coutures et serrages. Dans son corps-à-corps avec la matière, qui s’appuie sur une économie de moyens, il instaure un rapport d’humilité laissant libre cours à la sculpture, qui se découvre, entre maîtrise, jeu et hasard. »

Hyesung Jung

Travaille plutôt sur image visuelle pour quelque chose entre eux, entre de visible et invisible, entre d’absent et présent et observer quelque chose changer entre-temps. 

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

Ouissem Moalla

 » Diplômé de la Haute école des arts du Rhin (2015), Ouissem Moalla (*1990) vit et travaille à Mulhouse.

Sa démarche artistique se nourrit de recherches autour de l’image ainsi que d’analyses textuelles, historiques et anthropologiques concernant les hybridations culturelles.
Son champ d’investigation principal est le langage. Ouissem Moalla s’intéresse également aux spécificités des sociétés contemporaines et à son environnement. Il en examine les caractéristiques (architectures, représentations visuelles locales, productions artistiques populaires) et en étudie les origines historiques.
Ses recherches anthropologiques donnent naissance à des œuvres performatives (Monkey, 2018) et ses recherches scientifiques se déploient au sein de projets d’installation ou de peintures abstraites, tirées d’une logique géométrique ou de schémas de représentations scientifique (Hermes series, 2022).
Son œuvre convoque à la fois le corps, les matériaux et le mouvement dans l’espace (œuvres performatives, peinture, sculpture). Ses pièces s’élaborent en série, à partir de composantes hétéroclites.
Se référant aux recherches de l’historienne britannique Frances A. Yates qui présente son analyse des méthodes mnémotechniques au sein de l’ouvrage L’art de la mémoire (1966), Ouissem Moalla explore la perception de l’espace, ses fonctionnalités et potentialités. « 

Shohyung Park

Gargouille : sens unique Le projet « Gargouille », qui explore les langues et les sons, s’intéresse à différentes langues. Une gargouille crachant de l’eau sous la pluie intense sert de métaphore à la communication humaine, exprimant les défis de traduire les pensées en paroles. Je partage ses propres difficultés de communication et réfléchit sur l’irréversibilité des mots une fois prononcés. Je suggère que parfois, pour exprimer pleinement les pensées et les émotions, il faut dépasser les limites du langage. La première fois que j’ai vu un panneau en alsacien, je n’arrivais pas à le lire, ce qui m’a donné l’impression d’être dans un autre pays. Écoutez les mots en alsacien que j’ai récoltés en Alsace passer par la bouche d’une gargouille. En suivant ces sons, vous atteindrez leur signification et pourrez imaginer tout un monde.

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

Julie Wittich

La réfraction de la lumière sur un verre dépoli, la rugosité du béton grisâtre qui s’effrite, le brun profond et légèrement translucide d’un café chaud, l’onctuosité de l’encre doré qu’on mélange, ou la douceur d’un papier coton. Nous vivons constamment des expériences sensorielles qui nous marquent le temps d’une seconde, nous sortons de nous-même un instant pour contempler.


Ces expériences nourrissent ma pratique qui n’a de cesse de questionner le lien entre le fond – le contenu, et la forme – l’image ou l’objet imprimé.


Ma pratique se veut être une démarche hybride où chaque technique influe sur les autres. J’explore les frontières, entre l’œuvre unique et le multiple, la production mécanique et l’artisanat assouvissant ainsi une envie insatiable d’expérimentations chromatiques.

Designer Couleur – Graphique/ Façonneuse

Jade Tang

Artiste plasticienne, Jade Tang développe sa pratique entre recherches de terrain et productions plastiques. D’abord intéressée par une certaine « matière à l’œuvre » dans la sculpture, dont les formes se renouvellent et laissent place au changement d’état, elle observera ensuite ces transformations au sein d’espaces habités. Ces recherches au long cours sur les chantiers s’affirment à travers le projet sur les chantiers domestiques Perspective Résidentielle, dont découle Saisir le chantier par l’image et aujourd’hui Caresser l’histoire, qui s’emploie à questionner le végétal dans les chantiers d’aménagement urbains et archéologiques. Son goût pour la recherche transdisciplinaire l’a conduite à intégrer SPEAP en 2018, un Programme en Arts Politiques, ayant cette année-là pour thématique “Terre habitable”. Pour toujours s’adapter aux sujets investis et aux disciplines convoquées, son travail trouve ses moyens d’expressions aussi bien dans des expositions que dans des publications ou sous forme de performance, tout en créant des œuvres-outils dédiées à la réflexion @jadetang__
http://www.jadetang.fr/

Matthias Knoblauch

«  C’est de cet acte inné de répondre aux nécessités humaines, dans un milieu restreint avec des ressources limitées, que découle la richesse spatiale, la sensibilité et la poésie. C’est la frugalité créative que nous portons tous en nous.
Pour qu’elle soit heureuse, à nous de faire bonne récolte des fruits de nos territoires, de l’intelligence de nos pères et de nos maîtres. »
À l’heure où la société se réinvente dans le désordre entre l’urgence climatique et la frénésie de la production mondialisée, je cherche, en co-création avec des artistes de tous horizons, à ré-enchanter les avenirs possibles. Ma démarche architecturale se veut ainsi co-créative, défendant les notions d’usage partagé, de mutualisation et de frugalité. Pour une architecture sensuelle, résiliante et autonome, au service de la culture locale.

Lefebvre Zisswiller

Le travail de Lefebvre Zisswiller oscille entre documentaire et fiction pour interroger les relations que des individus entretiennent avec leur environnement dans un contexte de grande fragilité des écosystèmes. La mémoire, le langage ou encore le soin sont autant de manifestations invisibles qui traversent les questionnements du duo, inscrits dans le champ des humanités environnementales. Qu’il s’agisse du médium filmique ou d’images fixes, Camille Zisswiller et Nicolas Lefebvre s’intéressent dans leurs oeuvres au pouvoir qu’a l’image de témoigner de« ce qu’il reste » comme de « ce qu’il manque », dans la multiplicité des états du monde et de la matière. En prenant le temps de connaître et d’expérimenter un milieu, de rencontrer les espèces et les personnes qui y sont liées, le duo cherche à transcrire des gestes et des connaissances comme forces initiatrices d’un projet. De ce processus d’observation minutieux naît un motif récurrent : celui de décaler le regard pour identifier dans le réel une part d’invisibilité. « Dans nos recherches actuelles, notre regard se tourne plus particulièrement vers le sol et les profondeurs. »