Clément Bedel

68200 Mulhouse

 

Dernière participation aux ateliers ouverts
2015

 

Techniques

  • Peinture

 

contact

13 rue de Pfastatt
68200 Mulhouse

bedel.clement1@gmail.com
tél : 06 24 34 67 39

 

    Présentation

    Qu’est-ce qu’un tableau sinon un monde en soi sur une toile ? L’univers de Clément Bedel permet au regard de vagabonder librement dans la peinture, d’apercevoir les fragments détachés de la biosphère et les vestiges d’infrastructures dans lesquels la présence et la logique humaine n’existent qu’en tant que silhouettes fantomatiques. Nul objet dominant n’accaparant l’attention, nul récit souverain n’échafaudant quelque concept. Mais s’imaginer y être vraiment libre serait un leurre. Ici, tout comme dans la brève splendeur empoisonnée de la fleur d’agave, ces teintes trempées dans le pastel de bonbons acidulés retiennent par-devers elles leur propre charge toxique. Selon un artifice tentateur semblable à celui à l’œuvre dans le capitalisme prédateur, la beauté éclatante de la fleur fascine, malgré que pour accomplir son épuisante floraison la plante dût engager toute son énergie et mourir une fois son but atteint. Une efflorescence sans récompense.
    L’enchevêtrement de zones abstraites et figuratives pousse vers un épanouissement final qui captive et anesthésie le spectateur (le consommateur) dans l’à-venir. Les peintures de Bedel cachent un secret dans la multiplicité des espaces et des textures colorées.
    Gardant foi en un après et conscient de cette hybridité toxique, comme des tensions permanentes, c’est en jouant avec le sympoïesis (le faire-avec) que Clé- ment Bedel capture un monde où rien ne va de soi. Il apaise les petits paradoxes et les contradictions de la croissance. Bizarrement et malgré une eau couleur pétrole ne réfléchissant rien, il réussit toutefois à restituer une forme de sérénité et d’optimisme. Le jaune d’œuf du ciel et le rose de la terre viennent apaiser cette tension pour la rendre presque inoffensive.
    L’autre côté de la mer n’est ni post-consumériste, ni post-apocalyptique. C’est une
    manière pacifiée d’utiliser l’énergie née de la puissance du déclin d’une société plutôt que de la puissance de la nature. Dans cette abolition des perspectives d’un monde qui tend vers un drama- tique épanouissement, Bedel trouve de nouvelles perspectives. Il le fait en articulant des tensions antagoniques et dramatiques plutôt que des plans complémentaires. De tout ceci s’expriment la résilience et la vitalité plutôt que l’entropie.

    Maja Ćirić, commissaire indépendante et critique d’art

     

    Parcours

    Né en 1993 à Strasbourg, Clément Bedel, peintre, vit et travaille à Mulhouse.
    Après avoir obtenu son Master à l’ENSAD de Nancy il s’installe à Belgrade de 2016 à 2020.
    Ayant grandi dans les Vosges il a une sensibilité fondamentale pour la nature qui résonne avec celle des Romantiques Allemands et avec l’idée du Weltschmerz. Pendant son séjour prolongé en Serbie il a aussi développé un attachement visuel et idéologique pour une certaine architecture Brutaliste.
    Il pratique principalement une peinture qui tente d’atteindre à travers des éléments hybrides et son traitement pictural, ce moment intemporel, une plénitude et un silence, la représentation d’un futur fragile mais vivant, composé de plastique, de béton et de formes organiques dérivés de la nature.
    Clément Bedel a participé à de nombreuses expositions de groupe en France, en Allemagne et en Serbie ainsi qu’à des résidences d’artistes à Leipzig (2019) et Istanbul (2020). Il a notamment présenté ses toiles lors d’expositions personnelles à KC Grad, Belgrade (2019), à la Biennale Jeune Création, Mulhouse (2019) ainsi qu’à U10 ArtSpace, Belgrade (2021).
    En 2022 il va exposer au Centre Culturel de Serbie de Paris, à la Fondation François Schneider à Wattwiller, à la foire d’Art Contemporain Art Karlsruhe ainsi que dans deux expositions personnelles a Londres et Stuttgart.