Léa Hussenot

De la trace à l’angle ou l’auto-archive des détails croisés  Comment assembler les mots pour faire une phrase ? Comment une image, un geste, un son forment un texte ? Comment mes souvenirs et ceux des autres créer des symboles ?  Je m’attache au langage, et le matérialise par différents systèmes en utilisant l’écriture, le dessin, les livres objets, la gravure, l’expérimentation sonore ou encore la performance. Je prend en photo des détails qui m’interpellent dans l’espace public où dans des lieux intérieurs. C’est un carton mouillé par la pluie et déchu sur le sol, le positionnement des cimaises dans une exposition, les angles du plafond dans une pièce ou les plans d’évacuations. Sur le papier, je puise dans mes archives personnelles pour extraire des éléments, je les combine entre eux jouant ainsi avec le processus de mémoire diffractée.

Florencia Escalante

Au fil des années, la lithographie s’est imposée comme ma technique de prédilection. J’aime dessiner directement sur la pierre, transformer et enrichir le dessin, puis le transférer progressivement sur le papier. Ce processus me permet de jouer avec les superpositions de couleurs, les transparences et l’imprévu. Chaque création est unique, influencée par des facteurs extérieurs, qui insufflent une dimension vivante et organique à mon travail.  Tout commence avec le dessin sur la pierre, matière brute où naît l’image. Ce dessin se métamorphose en s’imprimant sur le papier, créant une empreinte singulière, un lien intime entre la pierre, ma main et le support final. La broderie prolonge cette démarche : le fil devient le prolongement de ma main, tissant un dialogue entre mes idées et la matière, dans une exploration infinie de formes et de textures. Ensemble, ces gestes donnent naissance à des images poétiques de la nature.

Annick Mischler

Loin de nous faire vivre
sur le mode de la fantaisie gratuite, l’image semble
nous livrer profondément
à nous-mêmes. 
Maurice Blanchot
– Les deux versions de l’imaginaire –
Nous vivons dans un maelström d’images.
Images populaires, publicitaires, d’ici et d’ailleurs,
images cachées, révélées, images qui nous racontent.
Toutes sont de près ou de loin une partie en miroir
d’une réalité trop grande à embrasser.
Le cadre de l’image isole la partie du tout Pars pro toto
Il est un aménagement, une mise à distance.
Le cadre crée un hors-champ donnant accès à un espace fictionnel…
Un pas-de-côté qui nous arrache au flux du monde.
Il permet de voir autrement
Tous azimuts, la convocation et la juxtaposition des images créent un étonnement (oh !),
une interrogation (pourquoi ?) voire une énigme (mais encore…).
Comment comprendre la présence de ces images qui relève du hasard, comment comprendre « ce qui est » sans aucune intention ?
Comment appréhender  le hasard, radicalement, de façon absolument imperméable à toute récupération idéologique et à toute morale.
Et voici poindre l’insignifiant, si réel.

Marianne Mell

Mon travail porte sur la transformation de tissus blancs en œuvres textiles sensibles à la lumière, à l’usure et au temps. Elles reproduisent des textures organiques, des ciels ou des mouvements par le biais du monotype, de la sérigraphie ou encore du shibori. C’est une attention personnelle sur les motifs du quotidien (écorces, carapaces, craquelures, ondulations, etc.) qui m’a amenée à m’intéresser aux phénomènes du vivant comme producteurs de motifs – la façon, par exemple, dont ils interviennent dans l’usure de la matière. 

Cet intérêt pour les effets visuels produits par le vivant m’a guidé vers la pratique de la teinture végétale qui est devenue au fil du temps un élément principal dans ma démarche. Les plantes tinctoriales sont sources de couleurs, source d’inspiration et support de rencontre.

Cette démarche s’hybride au fil des collaborations que je mène avec d’autres artistes. Les œuvres que je crée sont le fruit d’un travail collectif que nous menons souvent avec des publics extérieurs dans le cadre de projet d’intervention artistique. Nous travaillons par exemple avec des enfants ou des personnes en situation de handicap, il s’agit donc de rendre accessible la production artistique en adaptant nos gestes et nos outils. 

À travers cette démarche artistique et sociale, je tente de questionner notre rapport à la matière des objets que nous produisons. Les œuvres ainsi créées sont sensibles et fragiles, uniques et précieuses.

Loona Sire

Des corps qui s’abandonnent, des végétaux séducteurs, des drapés scintillants, des animaux errants et des paysages déserts composent mes images. Ma pratique photographique oscille entre mises en scène et instantanés. 

Quand la situation est propice à l’étirement du temps, je mets en place des dispositifs longs d’observation. J’attends le moment où mon regard est capté par des personnes qui me troublent et me fascinent dans leur manière d’être au monde, par la densité de leur regard, leur manière de se mouvoir. Je définis ensuite un lieu où le corps de ces modèles prend place de manière centrale dans la composition. Le décor vient renforcer la présence du sujet photographié. 

Le processus diffère lorsque je traverse des villes, des campagnes, des paysages, je suis alors attentive à ce qui apparaît sous mes yeux et collecte des images qui entrent en résonance avec mon univers visuel. 

En plus de présence humaine ou animale, des éléments sont récurrents dans mes images telles que les fleurs qui sont des marques sensuelles, synonymes de puissance féminine, d’éclosion, de vif espoir ; des tissus et drapés qui évoquent une seconde peau ou une matière évanescente. Face à mes images, la perception a du mal à se caler. Il y a confusion entre détails et mise à distance, humain, animal et minéral, peinture et photographie, charnel et éthéré, réalité et songe.

Justine Siret

Le travail plastique de Justine Siret s’ancre dans une articulation précisément établie entre l’euphorie de la spontanéité et la profondeur du travail documentaire. Cette méthode traduit la pensée pétillante de l’artiste, aux ramifications foisonnantes. Tout à la fois formelles, symboliques ou théoriques, les connexions présentes dans ses œuvres sont le résultat d’un processus d’incorporation quasi-encyclopédique. Au sein de son répertoire, la peinture tient une place de choix mais ne sait délimiter à elle-seule la palette technique nécessaire à l’expression de Justine Siret. En effet, son regard est photographique par son sens de la composition et dans le repérage minutieux de détails inattendus. La présentation de ses œuvres est quant à elle essentiellement liée à l’objet dans sa spatialité. Autant que les livres qui s’amoncellent dans (et hors de) sa bibliothèque, ces objets s’accumulent façonnent la fresque mentale de l’artiste, dont les œuvres constituent autant de fragments perceptibles. Justine Siret est présente au Bastion XIV depuis 2024. Les Ateliers Ouverts 2026 sont l’occasion d’y présenter les émergences de deux résidences récentes. Motivées par le thème commun de l’automobile, ces moments de recherche – réalisés respectivement à Stuttgart et au Syndicat Potentiel (Strasbourg) – ont permis l’exploration d’axes multiples sur cette commune de base. Dans ses séries Vade Rétro(s) ou Angles Morts, les rétroviseurs deviennent une célébration de l’acte de voir, surtout quand celui-ci se concentre sur le banal. Par l’intermédiaire de ses travaux développés au Syndicat Potentiel, la place des femmes dans l’iconographie autant que dans l’histoire automobile est mise sur le tapis. Là aussi, les pièces de véhicules détachées deviennent des pièces artistiques. Ces crossovers thématiques rendent possible le questionnement des récits genres créés autour de l’objet technique et fantasmatique qu’est la voiture. Tout cela, bien sûr, à toute berzingue. Maïta Stébé, 2026.

Antoine Paulin – LOU

LOU est un artiste né en 1998, intéressé par la peinture, la sculpture et la photographie. A travers une exploration du thème des masques, il cherche à questionner l’authenticité des rapports entre les individus, et les masques sociaux qu’ils doivent revêtir au quotidien.

Mr Pinkasso

Monsieur Pinkasso, artiste plasticien, performeur et musicien vous ouvrira les portes de son PPP UNIVERS. Il vous propose de participer à la construction du 8ème Continent (8C) via son Utopie Pink poétique par une exposition de peintures, de photographies, de sculptures-installation et de projections de performances. Participez à cette aventure artistique en devenant un acteur en tant que Pinkonaute !
Pink-Punk-Peace !

Expo thématique collective, les vanités la mort.

Vanité des vanités, tout est vanité, adage phare guidant les peuples civilisés depuis des siècles, la vanité, ce sous-genre de nature morte, et le memento mori (souviens toi que tu vas mourir), sont devenus une thématique à part entière, quasiment un genre, qui traverse les époques, les frontières et les civilisations pour encore  toujours passioner les esprits et les imaginaires.
Il s’agit en effet d’interroger la mort, mystère parmi les mystères à la source de maintes philosophies, croyances et angoisses.
Ayant commencé il y a quelques temps un travail sur ce motif dont les premiers éléments de langage sont en gestation, et dans le soucis d’apporter une réponse à la hauteur du faste et de l’universalité de cette thématique, Oscar à décidé d’inviter ses amies et amis – perles parmis les perles –  artistes de tous horizons à se joindre à sa démarche pour explorer collectivement cette thématique et consteller son atelier d’une myriade de pépites graphiques allant de la peinture au collage en passant par le dessin et la gravure.
Crânes fleurs cendres et lambeaux, ou quelconque autre motif ayant trait à cette inéluctable fin sont attendus.
Lou Amoros Augustin, Hélène Cottet, Bill Noir, Quentin Bohuon, Géraldine Legin, Adrien Weber, Cyril Fourny, Nina Imbs, Gregory Avril, Corentin Seyfried, Alexandre Nachbauer et Oscar Hache vivent dans la hâte de vous y voir autant qu’ils en meurent d’impatience.