Clément Bedel

Radiant as the End of the World
“Anthropocene” is the proposed name for a geologic epoch in which humans have become the major force determining the continuing livability of the Earth. Living arrangements that took millions of years to put into place are being undone in the blink of an eye.
The massive increase in carbon dioxide, methane or nitrate emissions into the atmosphere from industrialized agriculture, petroleum-driven production and globalized transportation networks has outpaced all rhythms of life. Yet this whirlwind is best recognized through immersion in various small and situated rhythms. Big stories take their form from seemingly minor contingencies and asymmetrical encounters in its moments of uncertainty.
Clément Bedel through his art reminds us that we live in an impossible present – a time of rupture, a world haunted with the threat of extinction. His paintings offer vibrant scenes of more-than-human attempts to stay alive. Motions that he is depicting are whispers of the many pasts and yet-to-comes that surround us. Considered through his canvases – the world has ended many times before.
Bedel’s paintings approach this problem by offering visual attention to overlaid arrangements of nature’s resilience. His practice stands up to the constant barrage of messages asking us to forget – that is, to allow a few private owners and public officials with their eyes focused on short term gains to pretend that environmental devastation does not exist. These canvases are also preyed upon by radiant, striking, sharp strokes of oil paint that travel in depicted water and soil; polluting the air; getting inside the plants and trees with dazzling, intense
colors and mutation of contort formations. We cannot see it but we learn to find its traces. It disturbs us in its indeterminacy; this is a quality of ghosts.
Many species stronger than time – potentially immortal filamentous fungi, photosynthetic algae or cyanobacteria – spread and meet on the gravestones of brutalistic man made cement vestiges.
The ghosts of multi metabolic landscapes unsettle our conventional sense of time, where we measure and manage one thing leading to another. What Bedel presents are examples of what Timothy Morton calls “hyperobjects” – entities of such vast temporal and spatial dimensions that they defeat traditional ideas about what nature and time should be. When we notice their tempo, rather than impose ours, they open us to the possibility of a different aspect of livability.
This series of paintings question the logical foundation of the ecological crisis, which is suffused with the melancholy and negativity of coexistence, and is offering the evolvement into something playful, anarchic, and unpretentiously witty.
His oeuvre is a skilled fusion of phenomenology of Aposematism and biology of Batesian mimicry, fueled by ambition to reestablish our ties to nonhuman beings and to help us rediscover the hope and joy that can brighten the dark, bizarre loop we traverse.
Change is constant. The world is in a continual state of flux. It is a stream of ever-mutating, emergent patterns. Rather than steeling ourselves against such modulation, Clément Bedel invites us to feel, map, assess and grasp from the swirling pathways around us in order to better understand and influence them as they happen. This is a frank, luminous set of dispatches from future systems and fractured pasts, based equally on art, science and science fiction, an incantation to transform what ultimately transforms us.
Grandiose guilt will not do it, we need to learn by noticing what we were blind to.
Anja Tončic

Ouissem Moalla

 » Diplômé de la Haute école des arts du Rhin (2015), Ouissem Moalla (*1990) vit et travaille à Mulhouse.

Sa démarche artistique se nourrit de recherches autour de l’image ainsi que d’analyses textuelles, historiques et anthropologiques concernant les hybridations culturelles.
Son champ d’investigation principal est le langage. Ouissem Moalla s’intéresse également aux spécificités des sociétés contemporaines et à son environnement. Il en examine les caractéristiques (architectures, représentations visuelles locales, productions artistiques populaires) et en étudie les origines historiques.
Ses recherches anthropologiques donnent naissance à des œuvres performatives (Monkey, 2018) et ses recherches scientifiques se déploient au sein de projets d’installation ou de peintures abstraites, tirées d’une logique géométrique ou de schémas de représentations scientifique (Hermes series, 2022).
Son œuvre convoque à la fois le corps, les matériaux et le mouvement dans l’espace (œuvres performatives, peinture, sculpture). Ses pièces s’élaborent en série, à partir de composantes hétéroclites.
Se référant aux recherches de l’historienne britannique Frances A. Yates qui présente son analyse des méthodes mnémotechniques au sein de l’ouvrage L’art de la mémoire (1966), Ouissem Moalla explore la perception de l’espace, ses fonctionnalités et potentialités. « 

Shohyung Park

Gargouille : sens unique Le projet « Gargouille », qui explore les langues et les sons, s’intéresse à différentes langues. Une gargouille crachant de l’eau sous la pluie intense sert de métaphore à la communication humaine, exprimant les défis de traduire les pensées en paroles. Je partage ses propres difficultés de communication et réfléchit sur l’irréversibilité des mots une fois prononcés. Je suggère que parfois, pour exprimer pleinement les pensées et les émotions, il faut dépasser les limites du langage. La première fois que j’ai vu un panneau en alsacien, je n’arrivais pas à le lire, ce qui m’a donné l’impression d’être dans un autre pays. Écoutez les mots en alsacien que j’ai récoltés en Alsace passer par la bouche d’une gargouille. En suivant ces sons, vous atteindrez leur signification et pourrez imaginer tout un monde.

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

NIACK

« Artiste mulhousien,  Niack, 34 ans, passionné de culture Hip-Hop et influencé par les scènes de Bâle et New York,

 le graffeur s’est d’abord forgé une identité singulière par son intense pratique du lettrage sous de multiples aspects.

Oeuvrant depuis plus de 15 ans au développement de sa production artistique sous ce pseudonyme,

 il travaille à la réalisation d’une œuvre résolument plus contemporaine où le figuratif se mêle au post graffiti.

Les ensembles typographiques et les combinaisons de couleurs soigneusement choisies répondent à un univers graphique influencé par la musique et les voyages. « 

Jean-Baptiste Blocquaux

Peintre et dessinateur autodidacte, le premier intérêt artistique de Jean-Baptiste Blocquaux lui vient du graffiti qui occupera plusieurs années de sa vie.
De l’envie d’entamer un travail plus personnel et de s’employer sur des supports différents il entre en résidence durant deux ans au sein de la friche artistique « la fileuse » à Reims.
Il travaille par thématiques qui donnent lieu à des séries de peintures et de dessins qui murissent jusqu’à l’asséchement naturel du sujet. Ces thèmes peuvent être aussi bien politiques que plus intimes et symboliques. Volontairement à la limite entre l’abstraction et la figuration, ses travaux se penchent sur la dualité de l’intérieur et de l’extérieur et tentent de figurer
l’espace intime de l’être, spirituel et dématérialisé en le traduisant plastiquement en une dimension physique, visible et palpable.
Il vit et travaille en France. (cf www.ateliersmedicis.fr)

Sherley Freudenreich

Sherley Freudenreich, peintre
Livre / Fresque / Scène

Depuis son atelier à Strasbourg, elle peint et écrit des histoires. Sortie de l’école des Beaux Arts d’Epinal en 2005, elle poursuit sa formation à Bruxelles, à l’Ecole de Recherche Graphique. Après quelques années dans l’édition et l’illustration, elle démarre une carrière dans le spectacle, en 2013 avec sa première performance dessinée.
Artiste associée aux Amuse-Musées de 2014 à 2016, elle programme des spectacles et des concerts destinés au jeune public dans les musées du Parc naturel régional des Vosges du Nord.
En 2015, elle crée sa Compagnie Directo Cinéma où les images projetées sur écran sont réalisées en temps réel. Sur sa table lumineuse, la peinture s’anime avec des marionnettes au rythme de la musique. Cette pratique de peinture en temps réel, elle la partage en travaillant avec différentes compagnies.
En parallèle à ces performances scéniques, elle crée également de grandes fresques colorées en milieu urbain, souvent en participation avec le public.

Ksenia Khmelnitskaya

Performeuse, peintre et plus encore — la pratique de Ksenia Khmelnitskaya s’articule autour de l’expérience du corps, de travail, de voyages et de migrations. Ses projets sont souvent co-construits et co-conçus à l’aide d’un vocabulaire qu’elle invente avec ses complices de différents collectifs. La dimension collective transparait également dans ses expériences d’enseignement. Ses pratiques de recherche, les créations performatives et picturales sont inséparables, contaminantes et communicantes. Elle met en jeu les souvenirs personnels, les révoltes, les contre-courants et explore les multiples facettes de l’identité de sa génération, née dans la fracture des régimes politiques.

Jules Maillot

J’entends faire usage du temps de résidence AZ – ALLER & ZURÜCK ? comme la possibilité de poursuivre l’examen des thématiques qui parcourt mon travail. Le corps occupe toujours en creux mes productions plastiques. Plus que le corps, ce sont toutes les activités somatiques et esthétiques qui me stimulent. La mode vestimentaire, notre rapport à la technologie, nos habitudes de consommations, de divertissement…
Durant mes études je me suis peu à peu rapproché des figures transgressives, de la performativité sociale des corps marginalisés. La consommation de substances psychoactives, les pratiques bdsm, les genres musicaux « extrêmes » (musique industrielle, black metal…)
Tous ces phénomènes isolés que je mets en forme s’accordent à interroger en creux le pourtour normatif de nos existences.
Que signifie la normalité ? La transgression ? L’émancipation ? La coercition sociale ?
J’accorde une grande importance à créer des transversalités entre plusieurs domaines de savoir. Ainsi mes œuvres deviennent des réceptacles rendant visible ce fourmillement des modes de vie contemporains.
Aujourd’hui, la science et le monde médical occupent une place importante dans mes recherches. Je collecte des données autour de l’histoire de la chirurgie, l’usage sociopolitique de l’opium, le·a cyborg, le bio-hacking, le parasitisme, la psychanalyse lacanienne…
La notion d’artificiel me semble est la plus à même de lier cet ensemble. J’envisage l’artificiel comme l’occasion de m’attarder à ses modes de vie «sous substitution», sous influence par l’usage de la technologie ou de certaines
substances.
Pourquoi cette œuvre est-elle advenue ? Dans quel cadre peut-elle s’exposer ? comment s’expose-t-elle ?…

Cléo Garcia

“Mon désir indéniable pour la figure agit comme un tuteur à ma création : elle redresse, donne une direction. Mais ma peinture se débat pour se libérer de son autorité, et ne se laisse pas soumettre, elle lui échappe, comme elle m’échappe. La figure s’éclipse plusieurs fois pour pour revenir sous d’autres formes, elle s’adapte. Elle s’adapte à la matérialité, pour la laisser vivre. Celle-ci est, au fond, ma finalité, avec ce qu’elle propose d’inattendu.
Dans une lutte à la fois avec et contre la figure et la matière, je bute contre mes intentions et, en butant je multiplie les repentirs, accumule des couches que je recouvre, gratte, fragmente. Une rhétorique du palimpseste. Ces opérations m’ouvrent toujours de nouveaux chemins. Je les suis jusqu’à ce qu’ils me mènent à bon port”.

Née à Créteil en 1991, Cléo Garcia Leroy entre à la Haute École des Arts du Rhin de Strasbourg en 2015 après des études d’Histoire de l’Art en Allemagne (Leipzig) et en France. Elle se lance alors à corps perdu dans la peinture et développe une pratique d’atelier avec tout ce que cela comporte comme questionnements nouveaux liés à la création en ce lieu si singulier. Elle obtient son DNSEP en septembre 2020 avec les Félicitations du Jury.