Lisa Colicchio

Depuis quelques années, je travaille autour des thèmes de la maison, du chez-soi et surtout des abris, ceux qu’on a choisi de se fabriquer après une tempête, un incendie ou un cœur brisé. Ceux dans lesquels on rentre se réfugier parce qu’ils sont doux, familiers et confortables.

J’ai d’abord beaucoup représenté des accidents, des incidents et incendies qui venaient détruire ces foyers, ou simplement les perturber. Après ces destructions, il fallait donc fabriquer des abris, que j’ai représentés d’abord avec des techniques de peinture et de dessin, puis de gravure, pour pouvoir les multiplier presque à l’infini. 

À force d’en représenter, ma conception de l’abri a évolué : ils étaient d’abord très fermés, dépourvus de portes ou de fenêtres et même parfois sous cloche pour se protéger de l’extérieur, risquant de devenir des prisons. 

Par la suite, ils se sont ouverts et parés d’accessoires pour pouvoir y aller et venir à guise, jusqu’à s’ouvrir complètement sur le monde qui les entoure.

Évidemment, j’ai appris à considérer ces abris comme l’expression de mon « foyer intérieur », de la façon dont je me place dans le monde, comment je matérialise mon intériorité et son rapport avec l’extérieur : le réel, le concret et les autres. J’aime beaucoup la façon dont les femmes-maisons de Louise Bourgeois font du « soi » une construction dans laquelle on peut s’abriter.

Souvent, les abris que je crée sont littéralement des représentations de maisons, de cabanes, etc.   ; parfois, c’est un souvenir doux et agréable qui me sert d’abri, alors je me sers de photos pour construire une peinture, un dessin ou une gravure qui représente un lieu ou un moment qui m’a entourée de douceur. 

En ce qui concerne les techniques de gravure, j’essaie toujours d’expérimenter pour aller au bout de ce qu’une technique peut apporter à mon travail. J’aime beaucoup jouer avec les différentes textures, les jeux de superpositions de couleurs, les nombreux niveaux de détails que la technique que je choisis peut apporter à mon image.

Matthias Ruthenberg

Matthias Ruthenberg est un artiste plasticien et musicien originaire de Berlin. Depuis 10 ans, il cherche, expérimente et élabore des vocabulaires d‘écritures sous forme de lignes, de mots et de sons qui oscillent entre maladresse et poésie, fragilité et bruit. Sa pratique du dessin protéïforme lui permet d’explorer de nouvelles pistes du langage.

Odile Liger

Cette année je présenterai principalement deux axes de mon travail : les Montagnes et les Livres.
La gravure est un lieu d’expérimentation, un lieu d’interférence entre dessin et trait gravé, entre pointe sèche et morsure profonde dans le métal. Jouant de l’impression en creux et en relief avec des éléments mobiles apposés sur des plaques gravées ou des reports de dessins tirés du carnet de croquis, je crée des télescopages énigmatiques. Ces estampes récentes révèlent des réminiscences enfouies qui affleurent à chaque impression sous la presse. Avec les impressions de superpositions de plaques gravées sur bois, c’est aussi pour moi un retour à la couleur :
Les assoupis, Filer dans les Vosges, La montagne magique…
Vous verrez aussi un travail plus souterrain, un lien que j’entretiens avec le livre, de la bibliothèque familiale de mon enfance à mon atelier : la présence sourde des livres anciens mais aussi les correspondances entre l’écriture et le signe, des résurgences d’images théâtrales, des bribes de poésie : Les vieux livres, Les singes et les livres, Ce que tu vois écris-le dans un livre, Bonjour Mr Gutenberg, Dis-moi à quoi tu rêves…
La collaboration avec un auteur, une poétesse ou des acteurs peut déboucher sur la création de portfolios:
Freetime, un portfolio rassemblant 21 gravures à l’eau-forte réalisées sur scène lors des représentations de Freetime de Toshiki Okada, mise en scène par Jean-Marc Eder, 2017.
Un geste Un regard, contenant 11 portraits à l’eau-forte des ouvriers ayant collaboré sur un projet de sculpture métallique, à l’occasion de l’Industrie Magnifique, 2022.

Joly Papiers

C’est à travers différentes techniques comme la reliure, la peinture, la photographie, l’illustration, l’impression que j’exprime ma créativité.De nature intuitive, je laisse émerger les projets en conciliant forme, couleur et poésie. La matière principale qui m’émerveille est le papier. J’aime le « glaner », lui donner une seconde vie, lemanipuler, le déchirer, le coller, le coudre, le mettre en lumière.Entre artisanat et création de livre d’artiste, j’exprime ma sensibilité artistique en donnant sens au lien. Ma pratique artistique m’invite à relier les pages les unes après les autres, à trouver du lien entre image, ressenti et mot et à créer du lien dans les projets que je mène.

a.p.o.G

Turlupinée par les thèmes de l’humain et de la nature.

Myriam Fourmann

L’art interroge notre perception du monde
Un monde toujours en mouvement où rien ne dure, tout change , nos pensées, nos émotions, les choses de l’extérieur, chaque instant qui passe, chaque échange, chaque discussion nous rend différent.
La gageure de mon travail tente de traduire l’impermanence de la vie, du mouvement perpétuel dans des objets, des installations qui, par essence, se fixent, se figent dans le temps.

Aude Dimofski

Aude Dimofski est une artiste et pédagogue française basée à Strasbourg depuis 2020. Elle a étudié la photographie d’art à Lyon avec Dominique Sudre : un maître dans les procédés photographiques du XIXe siècle.
Elle a vécu 15 ans à Cork en Irlande, où elle a été diplômée d’une licence en beaux art et d’un master en éducation. Après avoir obtenue une bourse de 12 mois à l’atelier professionnel de gravure « The Cork Printmakers », Aude a continué à y travailler et à développer des techniques d’impressions hybrides. Son travail artistique est exposé en France et en Irlande. Il mêle photographie, gravure, sculpture et installation. Sa pratique associe des techniques artistiques traditionnelles et des procédés de créations modernes.
Mon travail artistique, Breath in, Breath out a émergé de la recherche sur l’idée de perception. La perception nous permet de voir le monde d’un point de vue subjectif qui, tout en nous libérant, peut aussi nous emprisonner en nous-mêmes. J’explore les sentiments de claustrophobie, en utilisant une combinaison d’images et de matériaux liés aux espaces ouverts et aux organes intérieurs. Le fait que l’œuvre soit partiellement occultée crée un sentiment de malaise, et renvoie également aux prisons psychologiques dans lesquelles nous sommes piégés soit par la société, soit par nous-mêmes.

Léa Hussenot

Je crée des ponts, des liens entre les lieux et le temps. Je convoque des évènements vécus seule ou à plusieurs pour les transporter vers de nouveaux lieux, dans une nouvelle temporalité, sous de nouvelles formes et avec de nouvelles matières. Eprouver l’élasticité du temps, pouvoir le répéter, l’effacer ou le faire ressurgir. Ça pourrait s’appeler le souvenir mais, il n’y a rien d’automatique, seulement le temps qui se superpose. Mon travail trouve une forme matérielle par le papier, qui passe par des procédés de gravure, de reliure, de pliage, de découpe. S’ajoute souvent le dessin et l’écriture. Il s’incarne lorsqu’il est sous forme d’installation ou de son, là, le corps rentre en jeu. Le corps se révèle pleinement dans la performance pensée en collectif, aussi bien dans un espace défini que dans l’espace publique. Les Ateliers Ouverts invitent le public à voir les productions les plus récentes ainsi que le travail de recherche en cours dans l’atelier, l’esquisse des idées.

Florencia Escalante

Au fil des années, la lithographie s’est imposée comme ma technique de prédilection. J’aime dessiner directement sur la pierre, transformer et enrichir le dessin, puis le transférer progressivement sur le papier. Ce processus me permet de jouer avec les superpositions de couleurs, les transparences et l’imprévu. Chaque création est unique, influencée par des facteurs extérieurs, qui insufflent une dimension vivante et organique à mon travail.  Tout commence avec le dessin sur la pierre, matière brute où naît l’image. Ce dessin se métamorphose en s’imprimant sur le papier, créant une empreinte singulière, un lien intime entre la pierre, ma main et le support final. La broderie prolonge cette démarche : le fil devient le prolongement de ma main, tissant un dialogue entre mes idées et la matière, dans une exploration infinie de formes et de textures. Ensemble, ces gestes donnent naissance à des images poétiques de la nature.