Calm waters that nurture trees surging strongly branches that reach to flights of freedom dark ranges surrounding fluttering refractions under skies connected by blood.
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L’atelier est le lieux, le support et le sujet de mes peintures. Au cours du travail, des choses tombent. Impressions sur papier A4 souillées ou chiffons raidis par la matière, les chutes s’entassent dans l’atelier. Elles ont été les consommables utiles à la fabrication d’une peinture. Certaines deviennent le sujet d’un prochain tableau et à nouveau, des choses tombent. Mon travail produit des déchets dont il s’alimente par la suite. Je peins sur du bois apprêté à la colle de peau et à la craie, sur mes chiffons tachés que je tends sur châssis et que j’encolle, sur le verre, sous le verre, souvent celui de mes palettes. Il m’arrive de compter jusqu’à neuf tableaux en cours. Cela me permet de penser à la fois à la raideur d’un portrait de Memling, aux couleurs de Martial Raysse, à Robocop, à Malcolm Morley, à des erreurs d’impressions, à Mondrian, à Christian Schad, à Franck Stella… J’aime travailler à la grisaille dun drapé tout en réfléchissant à un moyen de peindre comme une imprimante. Des « familles » de tableaux naissent de la diversité des supports. Ces ensembles ont des formes différentes mais sont cependant perméables les uns aux autres. Il y a des traits communs. J’ai, par exemple, régulièrement recours au trompe l’oeil. Je cherche à faire passer la peinture pour ce qu’elle n’est pas: du papier, du scotch, une impression jet d’encre… Dans la série Studio et dans Un café à l’atelier, j’intègre dans l’espace que je peins l’image imprimée dont je me suis servi comme modèle. Je reproduis la feuille à échelle un, scotchée au mur. Je confronte ainsi l’échelle de la scène représentée à celle du A4, d’un bout de ruban adhésif, du réel. Un objet dont la place est en coulisse se trouve dans le cadre. En rapprochant la mise en scène du tableau et celle de sa fabrique, je veille à ce que le travail du peintre soit aussi le sujet.
Je peins à l’huile sur toile ou à la gouache sur papier. Je peins d’après des photos prises à l’extérieur ou en studio. Je mets en scène mes proches en m’inspirant, de grands tableaux de l’histoire de l’art, de la publicité ou de concepts psychanalytiques. Dans tous les cas, il est question de problématiques intimes et les mises en scène me permettent de mettre une distance, un filtre, pour que ces données personnelles deviennent des sujets. Je peins directement ce que je vois dans mon atelier: L’espace, les outils, les objets, la plante verte. Je peins des autoportraits. La peinture me permet, grâce à ses différents états, de créer l’illusion d’une unité, alors que je compose mes images avec des éléments provenant de sources diverses. Je prends les décisions de couleurs, de formes ou de traitements en peignant, un choix en entraînant un autre. J’use de la matière picturale, de sa capacité à recouvrir, à voiler, à colorer, pour créer une unité artificielle. Puisque je laisse beaucoup de place à ce qui advient pendant le temps même de la peinture, en général, les idées premières ne résistent pas longtemps. Les sujets sérieux ou affectifs basculent dans l’absurde, ceux plus légers gagnent en gravité. Cette mécanique découle, à mon avis, de l’ambivalence des sentiments que m’inspire le monde.
Les œuvres de Ben Jack Nash pointent du doigt un état larvaire dans lequel une forme, une identité, en chevauche une autre et passe d’un état à un autre. La vitesse et la fréquence des changements d’identité (en termes sociologiques, environnementaux et technologiques) sont des marqueurs de notre époque dont les passages furtifs d’un état à un autre constituent les traces. Inaccessibles de façon directe et imperceptibles sur le moment, ces instants ne peuvent être perçus que rétrospectivement par leurs sous- produits et leurs conséquences. Le lieu et le temps exacts où se produisent ces passages sont flous, mystérieux et ouverts à l’interprétation. Occulter momentanément le sujet de notre attention libère et épanouit la dimension secondaire de l’arrière-plan à la fois caché et pourtant bien présent. Pendant un instant, l’effet est libéré de sa cause et l’objet devient le sujet, doté d’indépendance. Certains travaux attirent l’attention sur cette ambiguïté qui superpose deux dimensions; d’autres soulignent leur imprécision et leur subjectivité.Les portes sont souvent utilisées comme objets symboliques de chevauchement et sont démantelées afin de désigner les changements de matière comme un passage entre le réel et le virtuel.
Après une formation universitaire de trois ans, Je me consacrais à mes propres expérimentations. Pour moi la matière picturale n’est pas prédéfinie, mais présente dans tout. Ma sensibilité me poussant vers des techniques éthérées, non immédiates et en perpétuelle évolution, je me suis tournée vers une technique mixte à l’encre, à l’acrylique parfois, et au papier collé, arraché, gratté, déchiré, superposé. La vision du paysage s’impose d’emblée comme un référent, un champ d’expérimentation et d’expression. Bien qu’omniprésent et commun à tous, le paysage côtoie l’intime, le particulier, le souvenir, l’émotion. Je travaille souvent d’après une photo. L’image se retrouve alors nue et brute. Un souvenir se superpose à un moment ou à un autre et imprime une émotion, et l’image retrouve avec la peinture, substance et présence physique. Ce mécanisme d’éloignement et de rapprochement successif apporte la distance nécessaire pour revenir à l’essentiel, à l’essence du paysage.
Je crée à partir de mon désir de manipuler et façonner les formes, de les collecter, notamment les formes corporelles que ce soit les miennes ou celles plus imaginaires d’un corps qui se veut varié et mouvant. Dans mes créations plastiques, je considère le corps, de par sa fragilité et son instabilité, comme un outil formel et esthétique. Je traite plus spécifiquement de la peau, des surfaces, de la matière. J’assemble des fragments en mêlant organique et fabriqué. On retrouve dans ma production une dimension de représentation personnelle. Il s’agit de suggestions, d’évocations et de tensions entre des apparences sages et maîtrisées et des orientations sourdement ou manifestement charnelles et davantage instables. Je joue et questionne également les formes, les signes de mon identité. Je joue avec les ambivalences sexuelles, avec les formes du genre, avec comme volonté de partager mes expériences et questionnements avec le spectateur autour de la représentation de soi. Mes créations se évoluent pourtant davantage en une relation entre corps et surface, sur ce qui est visible et palpable.
Le travail artistique de Véronique Moser se nourrit des contradictions de notre époque mais aussi de leur charge poétique.
La profusion des informations, des objets, des statistiques et d’événements sensationnels agissent en permanence sur notre quotidien et le rendent multiple. « Amasser, accumuler, collectionner, thésauriser pour finalement jeter… nous rend paradoxalement fragiles et déraisonnables ». Cette constatation est le socle de son travail.
Ne voulant privilégier aucune technique particulière, sa pratique raconte ou conte cet état des choses.
Répéter, multiplier, imiter, reproduire, copier c’est aussi propager, diffuser, disséminer et défendre ainsi une conception de l’art qui transforme cette surabondance matérielle en une richesse immatérielle en gommant les frontières entre les disciplines (spectacle vivant, arts plastiques…), entre divers champs (culturel, social et éducatif) et entre les pratiques qu’elles soient celles d’amateurs ou de professionnels.
Par la confrontation du Destructuré représenté par les affiches déchirées, lacérées et délavées et du Structuré symbolisé par les lignes et les trames issues de ma profession d’architecte, ma démarche tente d’équilibrer, de reconstruire voire de sublimer cette production urbaine éphémère à forte charge artistique.