Vincent Malarte

Travaux en cours:  » térébenthine essentiel, matières encore, énergies, couleurs, …lumière! »

Fabienne Weber

C’est un travail en constante évolution qui oscille entre une abstraction géométrique dont la pièce fondamentale est un polygone cruciforme aux proportions définies et une abstraction libérée de ses contraintes mathématiques.

Fabienne Weber, artiste plasticienne

         Au commencement était l’élément cruciforme tripartite, la particule élémentaire de l’univers de Fabienne Weber. À la fois grain et vibration. Brique et fenêtre. 31 cm sur 17 cm, dans un rapport immuable, la croce (la croix en italien) de la plasticienne s’est démultiplié à l’échelle 1/10eet rythme l’espace. Elle ne le module pas seulement, elle le pénètre. Avec une gourmandise ordonnée.

         Une exploration pointilliste, où il ne s’agit plus de penser l’espace entre les points, mais d’envisager la nature même du point, discerner sa matière, sa profondeur, son étoffe. Les croci, figées dans leur réseau cristallin, en suspens dans le temps, sont autant de fenêtres s’ouvrant sur un au-delà, sur un alter mundus. Le tableau de surface, grillagé par les éléments cruciformes, déplie ses trois dimensions, dans la matérialité même de la cage du monde — dans l’épaisseur des barreaux.

          Ces croci devaient être planes, horizontales, posées comme autant de briques paisibles, nous laissant entrevoir un multivers éclaté, en formation, plein de couleurs et d’espoir. Mais le bruit et la fureur se sont abattus sur l’Ukraine, le monde de l’artiste a basculé et les croci ont basculé avec lui. Elles ne pouvaient résister qu’inclinées à 50 degrés, dans un déséquilibre rageur, tels les hérissons antichars de la grande avenue d’Odessa. Et par ces meurtrières obliques, la plasticienne fut submergée par la douleur du monde. 

           Ainsi est née l’Ère ferrugineuse.

          Les éléments cruciformes tripartites sont faits de ce tourment : peaux de mouton grattées, papiers calcinés, restes de tissus des ateliers de l’opéra, fragments d’œuvres classiques où l’on perçoit encore des restes d’humanité.

         Passé la zone blanche, la stase, une traversée cathartique où la croce est sculptée, creusée, traitée en bas et haut relief, la plasticienne retrouve ses émotions positives et primordiales, dans un flot de couleurs et de chatoiements. Parce qu’il lui faut renouer avec l’espoir. Dire sa foi en la vie.

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Catherine Sombsthay

À la recherche d’un équilibre, Catherine Sombsthay chemine entre théâtre d’objets, musique et arts plastiques. Dès sa première création elle développe un axe de recherche précis : entrer dans la proposition artistique par l’objet manipulé et l’occupation de l’espace. Les objets sont choisis en tant que matériau « sensible » plus que pour leur caractère usuel ou leur capacité à « figurer ». Au fil des années, d’hyperréalistes, ils deviennent matière avant de tendre vers l’abstraction. L’espace est redistribué entre l’aire de jeu et la position du public. Il interroge la place physique et émotionnelle du spectateur dans le dispositif théâtral et promène le public dans l’évocation plus que dans l’histoire. Actuellement, elle développe les relations entre arts plastiques et arts de la scène en proposant une série de formes plastiques théâtralisées ayant pour ambition de développer une idée simple en quelques minutes. Elle s’efforce d’associer physiquement le public présent dans des propositions ponctuelles et ludiques.

Dominique Haettel

Dominique Haettel développe  une pratique artistique axée sur la réinterprétation  d’éléments oniriques, surréalistes et irrationnels.  Dans ses  créations (dessins, peintures, assemblages, photographies) il est constamment à la recherche de ce qui se cache derrière… au delà des apparences.  Le côté « inachevé » de ses représentations imaginaires crée un sentiment de mystère et d’attrait  et amplifie le pouvoir suggestif de l’œuvre, entraînant ainsi  le spectateur dans un monde  chimérique et fantasmagorique. Ce langage plastique drôle, parfois sarcastique et une esthétique hors norme côtoient la notion d’« Unheimlich », (l’étrangeté inquiétante), en nous interpellant de manière sensible, poétique et humoristique sur l’ambivalence de notre rapport à l’image, au beau, au laid, au saugrenu.

Emmanuel Breysse

Concepteur lumière depuis 1998, je conçois et réalise des projets de mise lumière de bâtiments et de sites urbains ou paysagers. Depuis 2017 je réalise des animations lumières sur le principe du vidéomapping et assure la direction artistique et la réalisation des contenus vidéos.

Parallèlement depuis 2001, dans mon atelier, je modèle l’argile avec l’obsession des visages et des expressions. Je me laisse guider par la pâte et voit naître entre mes doigts des portraits sculptés par le temps, figés dans l’expression d’une émotion ou d’un sentiment intérieur. 

J’exacerbe les tensions musculaires, je force le modelé de la peau, je retire cheveux et cils pour renforcer la théâtralité de l’expression et forcer l’attention sur le visage. 

Mes têtes imaginaires inspirées par l’instant ou par des photos de personnes anonymes, cherchent à exprimer un état de l’âme et à provoquer chez le spectateur une émotion similaire en invoquant le souvenir d’un moment de vie ou d’une expérience individuelle. 

Je travaille par série pour explorer différentes approches dans la relation de la sculpture au socle ou encore pour appréhender le lien entre l’expression des visages et leurs corps, corps et mouvement ébauchés ou présents.

Le travail de séries me permet d’écrire une narration et de provoquer des interactions nouvelles entre les pièces mises en scène. Ainsi chaque pièce devient l’élément élémentaire d’un ensemble qui permet d’opposer l’individu à la foule, le singulier à l’universel.

L’argile une fois façonnée, est cuite à haute température dans mon propre four. En fonction des séries, j’aborde alors le biscuit selon plusieurs techniques inspirées par les traditions de la polychromie. Par une succession de couche, de patines et de lavis à l’huile je souligne les expressions par un rendu hyperréaliste.

Sur d’autres séries j’applique plusieurs couches d’émaille ou d’engobe à la façon des Terracotta et prends beaucoup de plaisir à explorer et me laisser surprendre par l’aléatoire, par les accidents et merveilles que je découvre en ouvrant le four.

Les effets de matière enrichissent alors les volumes du corps et de la tête.

Corine Kleck

Ce que j’aime, c’est prendre un élément et le transposer, changer sa taille, sa matière dans un travail de recomposition et d’assemblage. Sélectionner un objet du quotidien et le faire devenir alors l’élément de départ du processus de transformation. L’affranchir de  sa condition, de son utilité. Utiliser des matériaux divers pour créer des rencontres inattendues.   La thématique qui m’occupe en ce moment est liée aux questionnements posés par les incertitudes qui pèsent sur le monde et plus particulièrement les questions environnementales.  Pour interroger des concepts d’adaptabilité, de transformation et d’hybridité, j’ai – paradoxalement – choisi de me tourner vers une forme de réenchantement en explorant la notion de merveilleux.  Du latin Mirabilia : choses étonnantes ou admirables, qui nous entraînent du coté des contes et des chimères, de l’étrange et  de l’inquiétant parfois.                                                      Je privilégie des procédés appartenant aux champs de l’art populaire, de l’artisanat ou du bricolage. Ils permettent une pratique diversifiée et libérée des contraintes techniques. Une pratique qui expérimente le langage des matériaux et confronte les matières. Faisant apparaître des tensions, suggérant des points de rupture, la recherche plastique est engagée dans une tentative de production de sens à travers un travail pointant les contraires, les oppositions et les dualités.   Il en résulte une création d’objets mélancoliques qui traduisent une méditation sur la fugacité et l’impermanence et qui se révèlent objets de conjuration autant que de consolation.

Hélène Thiennot

Mon travail s’articule autour des notions de trace et de mémoire, ce que j’appelle le fantôme réel , soit une réflexion picturale autour de ce qu’il reste d’une existence ou d’un événement. Chaque trace laissée sous quelque forme que ce soit est un indice précieux qui nous permet de se faire une image plus ou moins précise de ce qui a pu se produire. Ma démarche est avant tout observatrice : je collecte, je contemple, je photographie chaque détail qui me touche, qui pourrait par sa seule présence raconter une histoire. Je veux faire parler les objets morts , leur donner de la voix là où justement leur utilité s’est évanouie. Tout ce que nous touchons, tout ce qui nous entoure est un prolongement de notre propre corps ; le paysage, les bâtiments, les objets sont des extensions. On pourrait dire qu’ils sont les organes inorganiques de notre existence et témoignent ainsi de notre vécu après même notre disparition. C’est principalement au travers de la photographie argentique que je construis mon travail, je la vois comme un spectre, un instant qui n’apparaîtra plus jamais, le fameux « ça a été » de Roland Barthes. Elle est une apparition, créée par la lumière qui devient image, elle se matérialise. Cette idée de matière persiste également au travers d’autres expérimentations dessinées, installées car c’est bien la matière qui est marquée par le temps, grâce à quoi on peut deviner les traces et les faire parler. Ma recherche, à la fois archéologique, artistique et matiériste se veut l’interprète d’un certain passé,le mien, celui des autres. On ne peut construire un « après » sans connaître l’ « avant ». Nous déambulons dans un monde jonché de stigmates qui contribuent à nous façonner

Jean-Louis Kuntzel

Mon travail porte sur le sentiment de foisonnement vital.
En résonance avec le désir, porté par les corps, la nature et le rythme des
saisons.
«Je peins
Quand je peins, il est question de puissance, il est question des
palpitations du désir.
Je peins le désir, la vie, les bourgeons tendus, les fleurs qui éclosent, le
vent léger dans les feuilles, le ciel bleu à travers les arbres, la moiteur et
la chaleur de la peau, l’odeur de la sueur et les sourires à ces moments.»
2.09.23

ROM

Robert, après avoir passé un CAP de modeleur sur bois est parti à l’âge de 19 ans pour un tour du monde de 3 ans en s’inspirant de Châteaubriand qui disait que « les voyages forment la jeunesse ». Ayant toujours eu une âme d’artiste, cet autodidacte de l’Art se retrouva dans différents pays où il s’initia par exemple en Afrique et en Asie particulièrement aux sculptures locales et par la suite au Canada à la photo.