Du sensé au sensible La question de la perception est centrale dans mon travail. Le point de vue du spectateur, la construction de l’espace, sa dépravation (anamorphoses, métamorphoses, perspectives singulières), sont les moyens qui vont permettre de nouveaux agencements visuels, propices à la remise en cause de repères traditionnels. L’équivoque et l’étrange sont les moyens de cette nouvelle donne, interrogeant les références communes et les distinctions généralement admises entre volume, surface, motif. Par le paradoxe, le renversement, l’ambiguïté, ma démarche m’amène ainsi à produire des objets, installations et dispositifs, qui viennent détourner la perception du spectateur, lui proposant une vision étrange, un monde imaginaire qui vient mettre en crise le tangible. Les zones d’ombres, les ambiguïtés spatiales créent le doute, les mettent en évidence et me permettent de révéler les contradictions et oppositions sous-jacentes à notre appréhension du monde. Inhérente au visible, l’obscurité vient affirmer notre perception de l’espace, sa mise en valeur me permet de trouver des points de basculements du réel vers la fiction. De l’altération à l’altérité Sans médium de prédilection, mais très attaché aux principes du dessin, je cherche à faire émerger le poétique à partir de nouvelles combinaisons. La fiction vient effleurer le réel, enrichissant l’imaginaire du spectateur. J’interroge nos visions du monde, en adoptant d’autres points de vue ; de nouvelles logiques donnent forme à mes œuvres. Il s’agit, à la fois, d’interroger un scientifique par la logique du dessin et de transposer des éléments de vocabulaire dans un nouveau champ lexical. Créant ainsi un espace sémantique ambiguë et ludique. Ces opérations me permettent de mettre à jour l’incertitude des choses, d’en préserver sa magie et ses possibles. Il s’agit avant tout de permettre un autre regard.
Ma pratique tente de créer une parenthèse, un souffle ou un arrêt sur image.
Le geste, la répétition, la collecte, le lien, la minutie, l’empreinte participe à ce
temps de pause où j’invite à réévaluer le quotidien. Je traduis par « laisser pour
compte » des fragments du monde qui évoluent comme un contrepoint d’une
frénésie dans laquelle nous sommes inscrits malgré nous.
Face à la saturation progressive de notre univers par des images, à la médiation
croissante de nos relations sociales par l’image et les technologies visuelles, ma
démarche est animée par le désir d’attirer l’attention sur ce que nous ne
remarquons pas ou ce qui nous échappe dans notre quotidien. Ce que
l’accoutumance a déréalisé, mes recherches s’emploient à le révéler, et c’est en
rendant compte de l’évanescent, du presque futile que j’entreprends de prononcer l’existence fascinante des choses.
L’espace et le temps sont des données essentielles dans mon travail. Mes
productions interrogent la condition humaine et la fragile barrière oscillant entre l’absence et la présence, entre le visible et l’invisible.
Letizia Romanini
Prenant principalement ses sources d’inspiration dans la transposition
d’événements autobiographiques, mon travail se décline dans sa majeure
partie sous la forme picturale, mais se déploie aussi en sculptures,
dessins, installations, vidéos ou performances.
Il interroge les liens familiaux et amoureux dans ce qu’ils peuvent avoir
de destructeur et d’aliénant, derrière les représentations enchanteresses
proposées par notre société individualiste où la cellule familiale se
substitue au collectif.
Visant à l’universalisation de récits autobiographiques je me réapproprie
des codes signifiants choisis à travers les époques, et les cultures.
Ainsi les codes et images que je réutilise peuvent être empruntés aux
contes, à des films ou chansons populaires, ou encore à la mythologie.
Brassant high and low culture, icônes, portraits et photos de famille, mon
travail interroge les possibles d’une représentation des liens humains.
Stefano Gioda pourrait être considéré comme un alchimiste moderne décidé à créer un nouveau code de représentation de la réalité constitué de signes en constante mutation. Illustrateur de formation, l’artiste se sert du dessin comme point de départ de la plupart de ses projets pour donner vie à un processus de recherche qui est le fruit d’un travail manuel précis et intense. Son trait minutieux, riche de détails, engendre un univers hybride peuplé de curieuses créatures zoomorphes saisies sur papier à l’encre de Chine, à l’aquarelle et au stylo. Partant d’une étude analytique des insectes, centre et origine de cet univers, l’artiste élabore une oeuvre allégorique de l’humanité : les insectes sont des créatures inconnues en mutation qui dévoilent l’imposture de l’identité, des formes qui évoluent en désordre alphabétique et qui semblent avoir été collectées par un entomologiste surréaliste à l’occasion d’une expédition hors du temps. La technique est méticuleuse, l’approche scientifique, la représentation « immagnifica». La forme insolite qu’il assume provoque grimaces et sourires, répulsion et attraction. La création, limitée à des domaines organiques, est un exercice mu par une impulsion qui veut classifier et montrer un mode d’existence atypique. Les dessins et les oeuvres mixed media exposés ont l’air d’objets vivants figés dans le temps, révélateurs d’une pratique artistique hybride et sérielle, qui ose se répéter et créer l’illusion. Nathalie Fritz
Illustratrice, j’aime m’aventurer dans des champs de recherche différents, et me plais à changer de technique en fonction des projets. La technique du papier découpé est ma favorite, mais le pochoir au crayon de couleur est aussi un mode d’expression que j’apprécie. Le reste du temps, les techniques numériques me permettent de travailler vite, et de m’essayer à des gammes de couleur très vives. Fascinée par les planches de botanique et par les contes animaliers, j’aime mettre en scène des petits personnages se promenant dans une nature luxuriante et une faune chatoyante.
Auteur-illustrateur dans l’édition jeunesse (Hélium, Gallimard jeunesse, Seuil Jeunesse…), il illustre aussi pour la presse adulte et jeunesse et conçoit régulièrement des affiches de théâtre et musique. Né en Bretagne, Il vit aujourd’hui à Strasbourg et partage un atelier avec d’autres illustrateurs.
J’aime dessiner les arbres, le lichen, la mousse, les champignons et les êtres imaginaires qui s’y cachent… dès que le moment se présente je vais marcher en forêt et je scrute le grès rose des Vosges ou le granit du littoral breton… je garde précieusement toutes ces images dans ma tête et quand un projet s’y prête je les laisse se mouvoir et se fixer sur ma feuille de papier.
Je suis illustratrice pour l’édition et la presse jeunesse depuis l’obtention de mon diplôme à la Hear. Mes images sont essenciellement traitées en numérique, mais j’adore aussi explorer d’autres techniques plus plastiques !
Après avoir travaillé plusieurs années avec différents plasticiens à Paris et à Strasbourg, je présente une peinture basée sur le mouvement dynamique et intuitif. Ma préférence va surtout aux toiles de grand format, cependant j’ utilise également des matériaux naturels comme le bois, le carton, et différents supports “papier”. La réalisation de mes tableaux fait appel à des techniques mixtes associant peinture acrylique, encre, pigments, pastels et collage papier. A la fois abstraite et figurative, les éléments, les sites urbains et les voyages sont l’inspiration première de mon travail. Expositions Galerie Le Passage (Strasbourg) 2013 Galerie Art Créenvol (Strasbourg) 2014 et 2015 Librairie Galerie Au bonheur des livres (Strasbourg) 2016 Librairie Galerie Soif de lire (Strasbourg) 2017 Showroom Sté Sermes (Strasbourg) 2017 Atelier Le Passage Bleu (Strasbourg) depuis 2017 Librairie Galerie Au bonheur des livres (Strasbourg) 2019 Centre culturel Camille CLAUS (Strasbourg) 2020