Audren Brisset

Après avoir partagé plusieurs ateliers strasbourgeois, de la Plaine des Bouchers au Parc Grüber, j’ai posé mon chevalet depuis trois ans à la Villa Haslach, un atelier collectif à la Montagne Verte, co-construit par Thomas Bischoff et Fantine Andrès.
Dans cet espace aux allures de maisonnée, je développe un travail plastique plus intime, principalement inspiré par mon histoire personnelle et mes expériences vécues. Oscillant entre peinture à l’huile, techniques de gravure ou dessin, je combine les images, croise les points de vue, articule cet ensemble de rencontres et de visions partagées au sein-même de ma production.

Sandrine Rummelhardt

Mon travail photographique est constitué pour l’essentiel par des portraits, plus exactement par des séries de portrait, en noir et blanc ou en couleur. Partir à la rencontre de personnes, de lieux, de paysages, en laissant le regard et le corps parcourir l’espace environnant. Laisser libre cours aux cheminements de la pensée et de l’imaginaire. Explorer le réel. Interroger la place de l’humain et de la nature dans notre société contemporaine. C’est là quelques-unes de mes préoccupations artistiques.

Pierre Rich

Vibrations violoncelle
C’est, au départ de l’aventure, un pari fou : parvenir à capter les vibrations des cordes de l’instrument, défi paradoxal, car une photographie est par nature immobile, tandis que la musique est mouvement. Elle n’est qu’une bouffée du souvenir du temps, dit Pascal Quignard. C’est en cela qu’elle rejoint la photo, car toutes deux usent des sortilèges de la nostalgie. Je rejoins ainsi, très inconsciemment, la chronophotographie de Marey et Muybridge à la fin du XIXème siècle. Beaucoup d’autres photographes depuis ont expérimenté la captation du mouvement. Depuis ce temps, la recherche se poursuit avec d’autres musiciens.
L’image est une brèche dont une des définitions du Larousse – ouverture ou cassure produite par des fragments de matières enlevées – pourrait correspondre à cette série photographique : rendre compte autant de la matérialité du violoncelle – ses matières, ses poussières, ses écorchures, ses brillances, que du surgissement de l’inattendu, sans crier gare et comme par magie, d’une sorte d’abstraction résultant des actions et des mouvements. Des traces, des fuites, des interférences sensibles, des coïncidences improbables, des transparences, des démultiplications, des flous, des bougés, des scintillements, des flottements, des vitesses lentes, des points de netteté décalés – seuls à même de capter ces étranges apparitions  : voilà le laboratoire du photographe. Les artifices techniques révèlent cette énergie où tout s’anime conjointement, bras, mains, doigts, archet, cordes, caisse de résonance.
Tirages 40×40 cmm sur papier fine art ultra smooth.
http://www.pierrerich.com/vibrations-musique.html#vibrations_violoncelle

Martyn Greenhalgh

Mon travail est purement photographique. Ce qui m’intrigue et m’attire dans la photographie est sa dépendance au sujet; l’appareil doit être pointé vers quelque chose. Je ne me lasse pas de la transformation qui a lieu quand le déclencheur est activé, et par la façon dont cette association entre le sujet et cette transformation peut être canalisée pour exprimer des idées et des expériences. Quand je commence à photographier j’ai une fascination presque obsessive pour le sujet qui dure jusqu’à l’achèvement du travail, moment où elle se reporte alors vers les photographies elles-mêmes. Le paysage est une de mes obsessions constantes, particulièrement la frontière entre l’homme et la nature. Je travaille en argentique dans tous les formats (35mm à chambre 20x25cm.) et en numérique.J’ai exposé à travers la Grande-Bretagne, en Europe et aux Etats-Unis. Mon travail se trouve dans les collections privées et publiques dont: Victoria and Albert Museum, Londres.National Gallery of Scotland, Edimbourg.MACBA Museo d’Art Contemporani de Barcelona, Edinburgh City Council.City Arts Centre, Edimbourg.North West Arts, Manchester.Kunsthalle, Bâle.Leipziger Galerie für Zeitgenössische Kunst, Leipzig.Motherwell District Council, Ecosse.

Philippe Lutz

Depuis plus de vingt ans, je publie quotidiennement une photo que j’ai prise en cours de journée, en la mettant en ligne sur mon site Internet La photo du jour. Ces photos sont un peu des haïkus visuels, qui rendent compte d’un instant où il m’a semblé « voir » quelque chose. À ce titre, elles témoignent de mon regard tout autant qu’elles témoignent du monde où je vis. Ces milliers de photographies prises au fil des jours constituent également un énorme réservoir d’images, dans lequel je puise à l’occasion pour concevoir des expositions…

Julien Schleiffer

Graphiste, illustrateur et animateur indépendant, son travail tente de tisser un lien entre un intérêt pour le portrait – thème classique de l’histoire de l’art – et la recherche d’une voie singulière et originale dans la pratique de ce même thème. Confrontant le dessin d’observation à l’expérience graphique au travers d’un médium encore relativement jeune, la peinture numérique. Conjuguant une pratique assidue du croquis in situ (carnettiste et membre de la communauté Urban Sketchers) à une réflexion sur les contraintes et les libertés inhérentes au « digital media ». Ces prises de notes quotidiennes deviennent un champ d’expérimentation, une recherche du point de rupture entre l’essentiel et le superflu. Il présentera quelques carnets et impressions lors des ateliers ouverts.

Michael Hein

Je considère mon travail artistique comme un contrepoint de mon travail de peintre de théâtre, mon gagne-pain, qui se caractérise par un travail planifié en équipe. Tout au contraire les points de départ de ma création artistique: C’est d’errer à travers et travailler devant la nature. De capturer un motif, c’est comme partir à la chasse. La réussite est toujours un grand bonheur. Dans mes œuvres abstraites il s’agit d’inspirations par des matériaux que je sors des déchets et des objets trouvés lors de mes promenades au fil du l’hasard dans la nature. Il en résulte des œuvres multicouches, constitués de structures colorées avec des pénétrations et des superpositions. Mes œuvres sont involontaires, elles ne sont pas formulées conceptuellement, ce sont des émotions délibérément libérées. Elles s’orientent vers la forme libre, loin des limitations telles que le format et le cadrage.

Léontine Soulier

Léontine Soulier a grandi dans les grandes forêts vosgiennes. Elle partage aujourd’hui son temps entre sa douce région d’enfance et un Strasbourg animé, où elle partage un atelier collectif.
Elle construit de très petites images sur papier comme de très grandes sur des murs. Inspirée de l’environnement qui l’entoure, et qu’elle traverse à pied, à vélo, elle raconte la nature et part de son quotidien, de sa vie de femme, de ses contes d’enfance pour raconter des récits qui résonnent chez d’autres. Elle distille une poésie colorée, fabrique des sensations. On y lit ce qui la fâche, l’apaise ou la questionne.
Les techniques traditionnelles lui permettent de faire corps avec le médium, d’explorer la matière. Elle offre une balade dans un monde en pleine nature, où des personnages hybrides, souvent féminins, prennent vie. Des récits qui se déclinent dans des livres, ou qui se synthétisent dans des images indépendantes.
Nourrie par les rencontres, animée par la transmission, son travail trouve sa forme finale dans le partage et l’échange.
Elle part d’elle-même pour raconter dans son premier livre « Nauplius », sorti en 2022 aux éditions Lapin. Elle pose aussi ses lignes sur le récit des autres, comme pour le livre « Vagi-quoi ? », sorti en 2025 aux éditions Lapin, et pour lequel elle a obtenu une bourse d’écriture de la région Grand Est.
Sa pratique l’emmène vers des territoires ruraux où elle apporte son imaginaire, notamment lors de résidences comme celle réalisée avec l’association REEL dans le Tarn-et-Garonne en 2022, soutenue par la DRAC et la région Occitanie.
L’aventure, la recherche de nature et la rencontre sont au cœur de son travail, ce qui l’a emmenée au Groenland en juillet 2026 pour une résidence dans le village d’Akunnaaq avec l’association du Manguier.

Christian Vogt

Depuis la fin des années 1960, Christian Vogt (né en 1946) a créé une œuvre photographique qui impressionne par son inventivité créative et ses rebondissements surprenants. Il maîtrise l’art du haïku photographique ainsi que la virtuosité du récit associatif avec les images. Pour Christian Vogt, la photographie n’est jamais seulement une image, mais toujours aussi une question de ce qui se cache derrière la surface en termes de sens ou d’histoire. Il s’agit d’une réflexion sur la subjectivité du regard photographique, sachant que l’image réelle n’émerge que dans la perception du spectateur… ». Martin Gasser

Helen Von Burg

Depuis la fin des années 1980, Helen von Burg se concentre sur la peinture abstraite dans laquelle la couleur et le rythme jouent un rôle central. Avec les moyens de peinture délibérément réduits, des reflets de couleur sont créés, qui, lorsque la perspective du spectateur change, font vibrer différents éléments de couleur, créant ainsi une plasticité et évoquant des images mentales ultérieures. Dans le cadre de sa production d’images, elle a commencé à peindre sur des textiles imprimés et tissés en 2005. Dans ses dernières œuvres, elle expérimente, entre autres, des rubans et des cordes qu’elle détourne de leur fonction première et qu’elle réévalue esthétiquement. Ses œuvres se sont ainsi développées de manière cohérente en peintures murales tridimensionnelles, dont les matériaux eux-mêmes deviennent le sujet du tableau.