Thomas Jacoulet

Je suis illustrateur de commandes et auteur d’albums et de bandes dessinées. Mes récits se nourrissent de contes régionaux, de littérature fantastique, du cinéma de genre et des épopées antiques et médiévales. le dessin est pour moi une écriture sensible autant qu’une porte vers des objets et des espaces en trois dimensions. C’est par ailleurs un outil, qui m’a servi à animer des marionnettes, pour la réalisation d’accessoires de cinéma et de vues perspectives pour un architecte. En collectif (Bétonite) il devient un autre territoire d’exploration. Il gangrène les murs des sous-sols, on s’y déplace dans des logiciels 3D, il sort de l’ombre lors d’expositions et se propage en festival sous diverses formes imprimées.

Amélie Royer

Mon travail s’articule aujourd’hui entre la peinture, la gravure et le dessin. Je développe ma pratique autour de la représentation du temps et explore différents moyens de le faire résonner plastiquement. Je me concentre dans l’image sur la recherche d’une sensation, celle d’être immergée dans une ambiance jusqu’à m’y oublier. Cette ambiance se caractérise par un temps palpable, si lent, si présent, qu’il semble habiter l’espace.
L’origine de cette recherche s’ancre pour moi dans un désespoir de la jeunesse, du moins de celle qui m’entoure. On se renferme dans la mélancolie, face à un monde qui nous aliène. J’incarne alors un déni de la réalité, je cherche des espaces de refuge, attirée par la marge et fascinée par les espaces qu’elle occupe.
Ces lieux sont d’importants témoins entropiques. Face à la roche, les aménagements humains se détériorent rapidement, rongés par la rouille ou le moisi. Ces empreintes caractéristiques rendent plus appréhensives l’effondrement qui s’étend dans une temporalité difficilement imaginable. Dans ces espaces de liberté, le temps est suspendu. Je me trouve face à une certaine immobilité. Je me fonds dans ce silence hypnotisant et y disparaît. Ce ressenti est la cible de mes recherches plastiques, une expression de la mélancolie, plus précisément de l’acédie, que je retrouve notamment dans la peinture romantique.
La Zone, dans Stalker de Tarkovski trouve un écho dans mon sujet. Le Stalker, personnage principal, y accompagne ceux qui ont perdu espoir. Espace et entité surnaturelle de silence, elle est à chaque instant le produit de l’état d’esprit de ceux qui la traversent, une métaphore de notre for intérieur.
Aussi, c’est dans l’obscurité que je fais apparaître mes images. Cette fascination pour le noir va de pair avec mon expérience des souterrains . Quand je m’engouffre dans le noir, je me renferme sur moi- même, le temps n’existe plus, mes perceptions de l’espace sont sublimées et se mêlent à l’affect. Il y a dans les profondeurs de l’obscurité une sensation d’engloutissement, de désintégration. Puis je vais trouver là de la lumière, un monde à part. C’est comme rentrer dans le sommeil, les lueurs qui apparaissent surviennent comme un rêve. Cette lumière est comme une présence, elle définit l’ambiance, la tension, elle semble flotter dans l’infini.
Il y a dans l’exploration, une sensation similaire à celle que je cherche dans la création. Comme une pulsion d’oubli de moi-même, pour n’exister qu’à travers ce qui m’entoure : l’espace de liberté d’un lieu en marge ou la feuille/plaque/toile, une atmosphère dont m’imprégner. Ma pratique se nourrit de ces moments que j’ai photographié, elle survient comme une nouvelle temporalité ; je reconstruis pendant un long moment suspendu une scène. Cette étape de réalisation plastique, absorbée dans l’espace de l’image en construction, est une façon presque méditative de me réapproprier mon temps. Mes œuvres sont autant d’invitations à faire une pause, contempler le vide.

Germain Wandhammer

Je fabrique des luminaires en rotin et papier aquarellé.
Je sculpte également le bois afin de créer des jouets ou divers objets.

Camille Renault

Camille met en mouvements matières et lumières pour créer des objets-expériences avec l’ambition de rencontrer l’autre. Elle génère des micro mondes qui s’animent et se révèlent entre les mains de ceux qui les découvrent, les conviant ainsi à une convivialité surprenante et sincère. Elle transforme des bouts de matières glanées en baumes réparateurs, du carton en épicerie à échelle 1, du papier en machine à faire des pas dans la neige…Tout fait œuvre, pourvu qu’il y ait une transformation et un émerveillement partagé. Les pages des livres qu’elle fabrique ou les rivières de la forêt sont actuellement ses lieux de monstration favoris. En menant différentes interventions artistiques, elle prend conscience d’un fort potentiel collaboratif et social dans la mise en place de ses projets : elle travaille à une pratique libre, décomplexée où le processus de création collective fait œuvre, où la restitution fait événement, fédère et suggère de nouvelles façons de se rencontrer.

John Caldera

Après avoir eux une longue discussion avec les peuples des animaux de la forêt des hautes Vosges

Cultiver le Cosmos

Johanna Leguay cultive de manière respectueuse les plantes à couleurs dites plantes tinctoriales, qu’elle transforme ensuite en pigments végétaux et aquarelles sous le projet Cultiver le Cosmos.
Désirant faire converger monde agricole, artistique et artisanal, elle rejoint au printemps 2022 les ateliers partagés de la Drêche. En 2023, elle a commencé à explorer avec Maria Luchankina la création d’encres végétales pour la sérigraphie (ateliers Transforme les fleurs en couleurs, septembre 2023). En parallèle, elle poursuit un travail d’inventaire des couleurs des végétaux qu’elle croise ici ou là (teinture végétale, pigments).

Marguerite Caillot

Dans ma pratique, il me plaît d’interroger le signe à travers le mouvement, le geste et l’amplitude. Le travail de la ligne m’envoute ; courbes, plis, boucles, volutes, avec lui je m’empare spontanément des thèmes du Corps et de l’Intime et du Rapport à l’Autre.
Je vois le corps comme un inventaire de signes et de matières, de pleins et de creux… Je vois la ligne et le dessin automatique comme le moteur d’une création libérée d’attentes. Mêler lâcher prise et précision pour faire parler le corps et les émotions.