Amélie Royer
67000 Strasbourg
 
Dernière participation aux ateliers ouverts
2024
 
Techniques
- Dessin
- Gravure
- Peinture
 
contact
1 rue du Rempart
67000 Strasbourg
royerame@gmail.com
tél : 06 51 73 06 58
https://amelieroyer.com/
 
Présentation
Mon travail s’articule aujourd’hui entre la peinture, la gravure et le dessin. Je développe ma pratique autour de la représentation du temps et explore différents moyens de le faire résonner plastiquement. Je me concentre dans l’image sur la recherche d’une sensation, celle d’être immergée dans une ambiance jusqu’à m’y oublier. Cette ambiance se caractérise par un temps palpable, si lent, si présent, qu’il semble habiter l’espace.
L’origine de cette recherche s’ancre pour moi dans un désespoir de la jeunesse, du moins de celle qui m’entoure. On se renferme dans la mélancolie, face à un monde qui nous aliène. J’incarne alors un déni de la réalité, je cherche des espaces de refuge, attirée par la marge et fascinée par les espaces qu’elle occupe.
Ces lieux sont d’importants témoins entropiques. Face à la roche, les aménagements humains se détériorent rapidement, rongés par la rouille ou le moisi. Ces empreintes caractéristiques rendent plus appréhensives l’effondrement qui s’étend dans une temporalité difficilement imaginable. Dans ces espaces de liberté, le temps est suspendu. Je me trouve face à une certaine immobilité. Je me fonds dans ce silence hypnotisant et y disparaît. Ce ressenti est la cible de mes recherches plastiques, une expression de la mélancolie, plus précisément de l’acédie, que je retrouve notamment dans la peinture romantique.
La Zone, dans Stalker de Tarkovski trouve un écho dans mon sujet. Le Stalker, personnage principal, y accompagne ceux qui ont perdu espoir. Espace et entité surnaturelle de silence, elle est à chaque instant le produit de l’état d’esprit de ceux qui la traversent, une métaphore de notre for intérieur.
Aussi, c’est dans l’obscurité que je fais apparaître mes images. Cette fascination pour le noir va de pair avec mon expérience des souterrains . Quand je m’engouffre dans le noir, je me renferme sur moi- même, le temps n’existe plus, mes perceptions de l’espace sont sublimées et se mêlent à l’affect. Il y a dans les profondeurs de l’obscurité une sensation d’engloutissement, de désintégration. Puis je vais trouver là de la lumière, un monde à part. C’est comme rentrer dans le sommeil, les lueurs qui apparaissent surviennent comme un rêve. Cette lumière est comme une présence, elle définit l’ambiance, la tension, elle semble flotter dans l’infini.
Il y a dans l’exploration, une sensation similaire à celle que je cherche dans la création. Comme une pulsion d’oubli de moi-même, pour n’exister qu’à travers ce qui m’entoure : l’espace de liberté d’un lieu en marge ou la feuille/plaque/toile, une atmosphère dont m’imprégner. Ma pratique se nourrit de ces moments que j’ai photographié, elle survient comme une nouvelle temporalité ; je reconstruis pendant un long moment suspendu une scène. Cette étape de réalisation plastique, absorbée dans l’espace de l’image en construction, est une façon presque méditative de me réapproprier mon temps. Mes œuvres sont autant d’invitations à faire une pause, contempler le vide.
 
Parcours
Amélie Royer est une artiste française née en 1998 à Caen. Elle vit et travaille à Strasbourg. Diplômée de l’École Estienne en gravure, elle poursuit sa formation à la HEAR Strasbourg, dans l’atelier Peinture(s), où elle obtient le DNSEP en 2024 avec les félicitations du jury.
En 2025, elle reçoit le premier prix Pierre David-Weill de l’Académie des beaux-arts, à l’occasion duquel ses dessins sont exposés au Pavillon Comtesse de Caen de l’Institut de France à Paris. Elle est également finaliste du prix Gravix 2024 de la Fondation Taylor. En 2026, elle est présentée par la galerie Binôme à Drawing Now.
Elle effectue plusieurs résidences, notamment une carte blanche à La Menuiserie (Picardie) au printemps 2025 et une résidence croisée à la Grafikwerkstatt de Dresde au printemps 2026.
Son travail a été présenté dans plusieurs expositions, dont Enterrer le soleil au Quadrilatère (Beauvais), Monotype & Collection en collaboration avec le FRAC Picardie, Jouer dans la tempête à la Fabrikulture (Hégenheim, Suisse), Sortie de Route et 22 years later… à 22’L’Galleux (Ivry-sur-Seine), ainsi que Paysages incertains à la MISHA (Strasbourg).
Elle fait partie du collectif Bétonite, avec lequel elle réalise notamment les expositions Cave of Doom et Le Puits du Dindon à Strasbourg, ainsi qu’une édition primée par le Prix Unique du Livre et présentée à la 5e Biennale internationale de design graphique de Chaumont.
Elle est lauréate d’un atelier d’artiste de la Ville de Strasbourg au Bastion XIV.





