Mes peintures à l’huile réalisées à l’atelier, le sont toujours d’après un modèle ou une photo que j’organise comme un metteur en scène en tenant compte de l’éclairage. La lumière tient une grande place dans mon travail. Des dessins, des esquisses préparatoires me permettent de réfléchir à l’organisation sur la toile. Puis je fais des coulures pour donner du rythme et du volume à l’espace plat du tissu. Je mets en place le dessin avant de commencer le travail avec les pinceaux, les couteaux et la peinture à l’huile. En général, je travaille le fond et la forme en même temps pour donner une plus grande unité à l’œuvre. Je fais également beaucoup de dessins lors de séances avec un modèle vivant. J’utilise alors essentiellement le crayon , l’encre de Chine et les marqueurs.
Dans le cadre de la résidence artistique à la case de Preuschdorf, j’envisage de travailler sur deux projets, l’un partagé et l’autre personnel. La durée de résidence a été fixée à deux semaines et demie. Le premier projet est une installation numérique interactive nommée « Disparition » imaginée par l’artiste plasticienne Maeva Bochin et mise en forme numérique par moi-même. Cette installation a déjà été mise au point et éprouvée à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. Nous allons la remonter à la case en adaptant la mise en espace. Pour ma part, il s’agit essentiellement d’une remise en route d’un système informatique composé d’un ordinateur portable, d’une webcam et d’un vidéoprojecteur. La durée de ce travail technique est évaluée à une semaine. Le second travail est la poursuite d’un projet entamé en 2023 en Nouvelle-Calédonie. Il est basé sur les écrits de Bweyou Eurijisi (1866-1947), considéré comme le premier écrivain kanak. Entre 1915 et 1920, il a écrit une série de vingt deux cahiers consignant plusieurs légendes kanak et décrivant la coutume de son époque. L’un de ces cahiers contient de nombreux dessins d’illustration réalisés à l’encre de chine. Ce manuscrit est disponible aux archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence et a été entièrement numérisé par mes soins Le projet consistait à m’inspirer librement de ces dessins pour créer une série d’estampes numériques hybrides. Cette dénomination générale consiste à réaliser des dessins au crayon de mine sur papier blanc, à les numériser puis à les reprendre dans une succession de manipulations numériques. Le résultat matériel du processus est un tirage sur papier d’art de l’image numérique obtenue. Une série d’estampes a déjà été produite entre 2023 et 2024. Au cours de la résidence à Preuschdorf, j’aimerai poursuivre ce travail hybride et le compléter par la réalisation d’une toile inspirée par une légende particulière racontée par Bweyou Eurijisi.
Diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Nancy, en France, Maeva Bochin a forgé les bases de son expression artistique dans un environnement riche en histoire artistique et culturelle. Sa formation s’est également étendue à l’école territoriale de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, apportant une dimension multiculturelle à son approche artistique. L’univers artistique de Maeva se révèle à travers une série d’expositions personnelles captivantes depuis presque 30 ans. En 2024, elle prend la charge d’actions au sein de l’association « Les Possibles ». Un projet marquant de land art intitulé « Chemin de curiosités » au parc zoologique et forestier de Nouméa a illustré son engagement à fusionner l’art avec la nature. Sa passion pour la promotion des arts visuels contemporains a trouvé une expression concrète à travers la création de deux associations dédiées : « Les Arts Bougent » en 2009 et « Les Possibles » en 2023. Ces organisations ont été des plates-formes dynamiques pour la collaboration artistique et la promotion de l’expression créative en Nouvelle-Calédonie. Les résidences artistiques ont marqué des étapes importantes dans sa carrière. De la création en Land art sur l’île d’Orléans au Québec à sa résidence à La Case de Preuschdorf, chaque projet a contribué à façonner son répertoire artistique diversifié. La biographie de Maeva est une saga artistique dynamique, marquée par une exploration incessante, une créativité florissante et un engagement profond envers la promotion de l’art contemporain, passant de la gravure aux installation land art et les projets numériques. Son engagement dans la promotion des arts visuels contemporains, ses réalisations artistiques variées et sa contribution à des projets collectifs témoignent d’une carrière artistique dynamique et engagée. Maeva préfère encore laisser ses mains s’exprimer en création plutôt que de disserter. C’est encore le cas aujourd’hui. Elle est entière et libre. Pour elle, l’art c’est d’abord des gestes qui s’inscrivent dans la réalité d’une œuvre, la pensée est juste le marqueur d’une intention qu’il faut restituer avec sincérité. Comme elle aime le dire, elle construit son chemin avec l’actualité de sa vie.
Je n’aime pas trop de parler de mon travail, je pense que mes œuvres doivent parler d’eux-mêmes. En ce qui concerne les techniques, je peux dire que toutes les grandes sculptures et céramiques sont montées librement, avec des boudins de terre, de 1-2 cm d’épaisseur seulement. Même si je travaille un certain réalisme, je veille à ce que les formes soient claires et que l’œil puisse suivre la beauté des lignes. J’aime beaucoup le jeu de lumière et d’ombre à la surface, ainsi les ornements celtique, qui soulignent la forme et donnent un sens symbolique et parfois mystérieux. Les découpages sur certains sculptures approfondissent l’ombre ou laissent rentrer la lumière ce qui peut donner à la sculpture une légèreté mais peut aussi montrer qu’elle est le récipient d’un esprit. Des fois l’imagination en moi est si grand que je peux habiller cette âme, les yeux fermées et avec une peau de terre. Pour les portraits, je cherche à trouver une ressemblance extérieure des formes typiques de chacun, mais surtout à trouver une expression unique de sa nature profonde. Pour atteindre cette expression, il faut améliorer des millimètres d’épaisseur autour des yeux, des joues, des lèvres et des sourcils. La technique pour les portraits et les petites sculptures est différente : ils sont modelés, d’après une technique conséquente pour leur forme extérieure, puis je fais une moule en plâtre ou en silicone, pour avoir la possibilité de faire des tirages en différents matériaux (plâtre, cire, céramique, aluminium etc…). Ces tirages ne sont pas très précis et doivent être retravaillés longtemps pour lisser, éventuellement décorer et donner l’expression souhaitée. A la fin, j’ajoute parfois quelques oxydes ou traces d’émail, mais il y a la possibilité d’une coloration après la cuisson (cirage, dorure…). Pour moi, l’art est quelque chose de sacré, la beauté me guérit pendant la création et je sens la responsabilité de laisser uniquement des émotions positives couler par mes mains, pour réjouir et guérir ceux qui regardent l’œuvre.
Ishmat Habib vit et travaille entre Prague et Francfort. Il a étudié à l’Institut indonésien des arts de Yogyakarta (2017-2021), a passé un semestre à l’Académie des beaux-arts de Prague en 2021 dans le cadre d’un programme d’échange, et a obtenu son diplôme de Meisterschüler (2021-2023) à la Städelschule de Francfort-sur-le-Main, sous la direction du professeur Willem de Rooij.
Sa pratique de la peinture est basée sur la philosophie javanaise. L’artiste travaille avec la mémoire des lieux et l’histoire orale transmise de génération en génération. Sa pratique s’inspire des forces motrices et des êtres qui peuplent le paysage et des règles non écrites qui maintiennent l’équilibre entre le monde originel et le monde humain.
Conscient que ces relations et ces savoirs disparaissent rapidement, il s’appuie sur une narration intuitive et cherche à allégoriser.
Audrey Pouliquen est artiste, sonore et plasticienne. Elle a plus d’une corde à son arc et plus d’une casquette sur la tête : après des études aux beaux-arts et à l’EHESS, elle navigue du travail du son, à la traduction littéraire, aux installations et performances costumées, tout en ayant un pied dans la régie d’expositions.
Son travail plastique à la croisée des formats et des médiums déploie des situations et des mises en scène à minima qui se jouent de nos impensés face à notre environnement et à notre quotidien. Ses productions récentes se focalisent sur notre rapport à la nature et aux modes d’existences non-humain·es.
15ans de pratique autodidacte, puis diplômée à 38ans à l’école Estienne à Paris, directrice artistique depuis 2010, je questionne la place de l’individualité
à travers plusieurs médiums. Mes interprétations visuelles s’expriment par la
technique de la photographie et le graphisme et plus récemment, le film photographique. J’effectue un travail de commandes en plaçant ma position d’artiste queer militante au cœur de ma pratique pour tenter d’aller à contre courant des regards hétéronormatifs et cisgenres.
Mes reportages explorent les actions progressistes locales en visibilisant le militantisme au quotidien. Je questionne également l’aspect politique qui peut
avoir une place centrale chez les personnes issues des minorités de genre et comment cela influence leur manière d’évoluer au sein de la société. En 2019, j’ai co-fondé le studio D’ailleurs , un collectif à volonté éthique qui propose des créations engagées à des acteurices portant des projets d’intérêt général qui répondent à une charte de valeurs.
En 2020, j’ai été publiée dans l’ouvrage Notre corps, nous-mêmes (version inclusive) pour illustrer le chapitre corps et genre. En 2020, la crise sanitaire, économique et écologique m’a amenée à collaborer à une réflexion en groupe
initié par Le Signe, Centre national du graphisme, autour de la notion de commun(s) mettant en lumière les contradictions et les impasses d’un modèle de
société patriarcat basé sur l’intérêt individuel, la compétition et l’exploitation des humains et de la nature.
En 2021, j’ai créé Royale Canine, un projet de réappropriation de mots détournés de leurs sens par le patriarcat. Les bénéfices sont reversés à des associations luttant pour les droits des femmes et les minorités de genre. Depuis 7 ans, je documente les milieux queers à Strasbourg et à Paris dans ma sphère privée et dans les milieux militants.
Mein künstlerischer Ansatz ist stark mit der figurativen Malerei verbunden. Die Figuren und Szenen entwickeln sich aus Gedanken und ersten Zeilen, die mir ständig in den Sinn kommen. Ich arbeite in Serien. Meine Werke sind derzeit kleinformatig (18 x 39 cm / 42 x 55 cm und oft als Tryptychon aufgebaut. Zur Zeit beschäftige ich mich sehr mit den Archetypen in uns / in mir. In mir erwacht der Held im leisen Ringen, der Weise fragt, woher die Wege gehen.Das Kind weint still, will lachen, tanzen, singen, der Liebende lernt Nähe neu zu sehen.Der Schatten flüstert Wahrheiten im Dunkeln, der Herrscher zählt die Stunden, baut sein Reich.Der Narr lässt Zweifel kurz im Lachen funkeln, die