Joseph Bey

Les peintures de Joseph Bey s’étendent devant moi, à l’horizontale, elles ressemblent à un chemin qui se déploie en une masse sombre, boursouflée, toute en pleins et en creux, saupoudrée de touches plus claires.

Il ondule, il reflue comme une marée, lourde, chargée de sédiments dans un long et lent va-et-vient.

Je le suis avec mon regard, avec mon corps qui se projette sur cette surface granuleuse, presque poussiéreuse, souple et forte à la fois.

J’arpente la peinture, pas à pas, sur ce sentier se déroulant à l’infini.

Au mur, le chemin devient muraille, empilant les blocs un à un, il s’élève, entrave notre élan pour nous dévoiler toute la richesse de sa matière. La pierre nous livre ses entrailles et laisse apparaître ses spectres, ombres d’un passé lointain.

Notre regard, tout d’abord surpris, se calme et s’intensifie, prend le temps de l’errance et s’accroche à ces parois. Car elles forment un diptyque avec en son centre un sobre monolithe quelquefois terminé par un arc. Cette rupture, sobre architecture verticale, nous propulse de la terre vers le ciel.

Le chemin se redresse alors, s’étale, se distend, perd de sa densité, ne laissant plus apparaître qu’une vibration obscure aux nuances grises et noires, constellée d’éclats de couleurs.

Il se  déploie et se dilue maintenant dans sa propre matière, il devient espace, rejoint le cosmos piqueté de multiples galaxies.

Il n’est plus que fragments, s’évapore dans l’air et la lumière, le noir nous absorbe et nous révèle une densité insoupçonnée.

Ce chemin est à parcourir avec tous les pores de notre peau, qu’il nous engloutisse dans l’air, le feu et l’eau en navigant sur ces minuscules barques aux mâts sans voilure.

Mais il est aussi souffle, car chaque pas de notre marche nous invite simplement à accorder notre regard à notre respiration profonde, laissant ainsi descendre en nous ces particules célestes.

Emmanuel Antoine

Antonin Mechler

En parallèle de ses projets commerciaux, Antonin Mechler s’investit dans le développement de films documentaires et expérimentaux, souvent nourris par sa passion pour l’urbanisme. Son style distinctif combine un storytelling immersif à une imagerie sensorielle, cherchant à capturer l’âme des environnements urbains.

Monika Rygálová

Monika Rygálová (née en 1994 à Kroměříž) est une artiste audiovisuelle dont le travail mêle vidéo, texte et installation. Sa pratique mobilise des dispositifs de cartographie, d’anthropométrie numérique et de dialogue pour explorer les zones de rencontre entre émotion, technologie et les limites de la perception (in)humaine. Depuis 2018, elle est membre du collectif artistique Lilky_60200. Elle est également cofondatrice et curatrice de la galerie Cejla à Brno.  Son projet de résidence s’appuie sur une recherche autour de la codépendance. À partir de souvenirs fragmentaires, de références théoriques et d’un travail de récolte de témoignages, elle développera un texte expérimental qui constituera le socle d’une œuvre vidéo et d’une installation.

Ghazal Foroozani

Mon travail naît d’un espace intérieur que je transforme en mouvements, en formes visuelles et en atmosphères singulières.  Au fil de mes projets, j’ai exploré des thématiques variées telles que l’identité, le corps, la figure féminine, l’apparence et l’intériorité, ainsi que les dialogues mentaux et la connaissance de soi. Si les sujets diffèrent, un élément demeure central : le mouvement et la transformation.  Travailler image par image m’a appris à percevoir le changement comme un processus progressif, où chaque modification, même infime, influe sur l’ensemble. Montrer le mouvement constitue une part essentielle de ma pratique artistique : il peut s’agir de transformer une image fixe en séquence animée, de faire passer une photographie vers le film, ou encore de déplacer une peinture vers la sculpture.  La transformation n’est pas pour moi un simple changement de médium, mais une manière de prolonger une idée et d’explorer ce que le passage d’un état à un autre produit dans l’expérience. Aujourd’hui, ma recherche s’oriente vers l’exploration de l’inconscient humain, dans le prolongement de mon intérêt pour le mouvement et les processus de transformation.

Safouane Ben slama

L’entre-deux, le seuil, la limite, voilà des notions qui ne sont pas étrangères à son travail. Dans ses séries réalisées aux États-Unis, en Palestine, en Jordanie, à Cuba, ou bien plus proche en banlieue parisienne, il explore des espaces qui interrogent à leur tour l’idée de marge et de territoire. Ses productions révèlent les traces et gestes de ceux qui occupent ces lieux, tout en mettant l’accent sur la jeunesse qui s’y rassemble.

Copa & Sordes

Copa & Sordes s’intéresse aux zones intermédiaires entre l’art et la culture quotidienne.

Les interactions avec les gens sont au cœur de leur démarche artistique. Soit sur les lieux de travail, soit dans la vie quotidienne, soit dans des projets d’art interactifs.

Au fil de jours des ateliers ouverts il vont arranger une installation de nature morte en collective dans leur atelier.

Toutes et tous seront invité de contribuer un fruit ou une legume ou un autre objet comestible.

A la fin cette nature morte se transformera en tableau vivant par une action de cuisiner en collective et de manger ensemble.

Michaël Reinhold

Im Rahmen des Atelier 2026 laden Ronja Römmelt und Michaël Reinhold dazu ein, in ihre aktuellen künstlerischen Arbeiten einzutauchen. Gezeigt werden bestehende Videoarbeiten, Fragmente, filmische Skizzen und installative Elemente beider Positionen, die Einblick in ihre jeweiligen künstlerischen Praktiken geben und zugleich den Ausgangspunkt für eine neue gemeinsame Arbeit bilden.
Während des Wochenendes entwickeln sie ihre erste kollaborative Videoarbeit. Diese entsteht nicht als abgeschlossenes Werk, sondern als offenes Gefüge aus Versuch, Annäherung und Reibung. Zwei unterschiedliche künstlerische Sprachen treffen aufeinander, überlagern sich, widersprechen sich, finden temporäre Übereinkünfte – und lösen sich wieder voneinander.
Im Zentrum steht eine ebenso absurde wie ernst gemeinte Frage:
Was geschieht mit dem „Fisch nach der Sushi“?
Oder anders: Was bleibt am Ende eines Lebens übrig – insbesondere dann, wenn nicht alles verarbeitet, nicht alles verstanden, nicht alles abgeschlossen werden konnte?
Zwischen Bildproduktion, Performance, Installation und Gespräch bewegt sich die Zusammenarbeit als fortlaufender Aushandlungsprozess. Entscheidungen werden sichtbar, Zweifel bleiben bestehen, Bedeutungen verschieben sich. Das Publikum ist eingeladen, diesem Zustand nicht nur zuzusehen, sondern sich darin zu positionieren.
Im Rahmen der Ateliers Ouverts können Sie diesem Prozess beiwohnen – dürfen – oder vielleicht sogar müssen. Die Grenze zwischen Betrachtung und Beteiligung bleibt dabei bewusst unscharf.
Die präsentierten Arbeiten beider Künstler:innen fungieren dabei nicht bloss als Hintergrund oder Rahmenprogramm, sondern treten in direkten Dialog mit der entstehenden Kollaboration. Frühere Motive, Figuren und filmische Atmosphären werden aufgenommen, weitergeführt oder unterlaufen. Das Atelier verwandelt sich temporär in einen Ort zwischen Ausstellung, Filmset, Proberaum und sozialem Experiment.

 

Dans le cadre des Ateliers Ouverts 2026, Ronja Römmelt et Michaël Reinhold invitent le public à plonger dans leurs recherches artistiques actuelles. Seront présentés des vidéos existantes, fragments, esquisses filmiques et éléments installatifs issus de leurs pratiques respectives, offrant un aperçu de leurs univers tout en constituant le point de départ d’une nouvelle œuvre commune.

Au cours du week end, ils développeront leur première collaboration vidéo. Celle ci n’émerge pas comme une œuvre achevée, mais comme une structure ouverte faite d’essais, de rapprochements et de frictions. Deux langages artistiques distincts se rencontrent, se superposent, se contredisent, trouvent des accords temporaires puis s’en éloignent à nouveau.

Au centre de cette collaboration se trouve une question à la fois absurde et profondément sérieuse :
Que devient « le poisson après le sushi » ?
Ou autrement dit : que reste t il à la fin d’une vie, surtout lorsque tout n’a pas pu être transformé, compris ou achevé ?

Entre production d’images, performance, installation et conversation, cette collaboration se déploie comme un processus permanent de négociation. Les décisions deviennent visibles, les doutes subsistent, les significations se déplacent. Le public est invité non seulement à observer cet état, mais aussi à s’y positionner.

Dans le cadre des Ateliers Ouverts, vous pourrez ou peut être devrez assister à ce processus. La frontière entre observation et participation demeure volontairement floue.

Les œuvres présentées par les deux artistes ne servent pas simplement de décor ou de programme parallèle : elles entrent en dialogue direct avec la collaboration en train de se construire. D’anciens motifs, figures et atmosphères filmiques sont repris, prolongés ou détournés. L’atelier se transforme temporairement en un espace situé entre exposition, plateau de tournage, salle de répétition et expérience sociale.

Nelly Massera

Nelly Massera est artiste et réalisatrice. Elle développe un ensemble de vidéos et
d’installations qui jouent avec les frontières narratives du cinéma. Ancrées dans des réalités humaines, ses œuvres, souvent fragmentaires, placent le corps au seuil du réel. Nelly Massera est invitée pour de nombreuses résidences d’artistes et expositions en France et à l’étranger. A partir de 2014 elle développe un projet de long métrage documentaire en Algérie. Finalisé en 2018, il reçoit un bel accueil dans diverses salles. Pour le théâtre, elle élabore des dispositifs vidéo jouant avec l’espace scénique. Depuis quelques temps , elle replonge ses mains dans différents procédés d’estampe, processus sensible et de réflexion à la base de son travail.
Elle mène par ailleurs des ateliers en milieu scolaire, associatif, carcéral, à l’Université, dans les musées et les écoles d’art.

Amandine Meyer

Amandine Meyer est dessinatrice et plasticienne, elle aime les nouvelles aventures, comme dessiner pour des concerts symphoniques, avec des bébés, faire bouger de la céramique…Elle crée et illustre des livres pour adultes et pour enfants.

Dimæ

Mon travail explore le déplacement, la métamorphose, l’entre-deux et la transmission, nourri par mes expériences multiculturelles en Corée du Sud, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis, en France et ailleurs. Je m’intéresse aux phénomènes subtils et imperceptibles : gestes effacés, langages oubliés, situations muette. À travers mes recherches, je questionne les cadres qui les régissent et imagine des espaces où ces frontières deviennent fluides et poreuses, laissant émerger l’invisible. En explorant ces réflexions à travers la performance, le son, la vidéo et l’installation, je cherche à en amplifier la résonance.