Brendhan Dickerson a travaillé principalement dans le fer forgé, souvent en combinaison avec le bois ou le bronze. Le processus intense, presque alchimique, qui consiste à transformer un matériau résistant en le travaillant tout en le chauffant, résonne avec sa quête de transmutation intérieure.
Bien qu’il cherche souvent à articuler une perspective lyrique, ironique ou satirique, c’est sa perception de la sculpture comme fondamentalement performative qui motive ses choix formels et qui anime le plus sa pratique.
Dans les années 90, parallèlement à son travail en studio, il a commencé à explorer la sculpture performative de feu. Pour lui, il y a quelque chose d’atavique dans la sculpture de feu, quelque chose de primal et de fascinant dans son immédiateté et sa fugacité. En tant que forme d’art éphémère et irrécupérable, elle est un contrepoint à la permanence de la sculpture en fer et en bronze.
Ces dernières années, il s’est immergé plus profondément dans la performance. Fusionnant les aspects durables et éphémères de sa pratique, le travail qui émerge de ce changement explore l’intersection des objets sculpturaux performatifs avec le corps performatif spontané, et avec l’énigme de la présence et de la communion incarnée
Elise Grenois sollicite une dimension qui nous dépasse, propre au mystère des temps géologiques et ce, au moyen d’un simple reste de paraffine démoulé de la cuve qui le contenait afin d’en produire un unique tirage à la cire perdue. C’est précisément cette capacité à entrevoir, lors des processus techniques de fabrication, des instants-clés, des formes signifiantes, ou l’importance d’un élément technique, qui caractérise le travail de l’artiste et lui apporte une justesse formelle et matérielle. Ses formes naissent d’une connaissance approfondie des méthodes sculpturales classiques de fonderie et de travail du verre. Le moulage est une pratique d’atelier qui a longtemps été dissociée de l’expression artistique. Elise Grenois en détourne les usages et en poétise les procédés.
Proche de l’art processuel apparut au début des années 70, la transformation et le mouvement s’inscrivent au coeur de sa pratique, elle s’intéresse aux formes intermédiaires et joue des frontières fluctuantes entre atelier et espace d’exposition.
Extrait du texte rédigé pour l’exposition Shadowban par Jamila Wallentin
Travaux en cours: » térébenthine essentiel, matières encore, énergies, couleurs, …lumière! »
La principale inspiration de l’artiste, Ewa Rossano e st l’Homme, la dualité de l’homme et sa complexité. C’est un travail sur les deux éléments qui nous cohabitent que l’artiste met en vue: la fragilité et la force. Dans ses sculptures, Ewa Rossano fait ressentir la coexistence de deux mondes: le monde physique et le monde spirituel. Le bronze évoque le monde physique, la stabilité, ce qui nous rattache à la Terre, à l’Homme. Le cristal évoque la transparence, la lumière, tout ce qui nous relie à l’air, au ciel, à l’invisible. Nombreuses sculptures d ‘Ewa Rossano sont devenues les Prix pour les personnes d’exception dans les domaines du Droit de l’Homme, de l’Egalité et de la Culture ( pour citer Prix Egalité et Diversité / Conseil de l’Europe, Prix Audentia / Conseil de l’Europe, Eurimages, Prix Jean Rey / Parlement Européen, Prix Angelus / Prix de l’Literature de l’Europe Central etc). Née en 1973 à Wrocław, Pologne Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Wrocław Diplômée de l’école Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg Bourse d’études à Bezalel Academy of Arts à Jérusalem. Commandes publiques : 2009 – 2020 Statuette « AUDETNIA » Eurimage, Conseil de l’Europe Statuette « Angelus» Prix de Littérature de l’Europe Centrale Statuette « Prix Jean Rey » Prix d’Humanité du Parlement Européen Statuette « ELSA » Conseil de l’Europe 2012 « Planète cristal » sculpture monumentale, commande de la ville de Wroclaw, Pologne 2010 « Angélus Silesius » sculpture monumentale, commande de l’Institut Ossolineum, Pologne
Le monde minéral a toujours été l’un des fondements de ma démarche. Au travers de la roche je m’interroge sur notre rapport au temps et au monde dans lequel j’évolue. C’est donc par ce prisme que je pars depuis quelques années en quête des lieux et des histoires qui constituent cet univers fait de roches et de sédiments. Cette envie de faire parler la pierre m’a amené au travers du temps et des expérimentations à explorer les différents domaines que sont l’architecture, la géologie, l’industrie, ou encore l’archéologie. Si la pierre est en soit un moyen direct de créer des formes je tente aussi d’en explorer certains aspects au travers d’autres matériaux. C’est ainsi que je cherche parfois à utiliser d’autres médium pour mieux mettre en avant certains phénomènes liés au passage du temps sur la matière. Dès lors, l’action de l’outil se compare à l’érosion, les rythmes de croissance du vivant se substituent à l’horloge humaine. Les enjeux de pérennité, de rapport d’échelles et de résonance à un environnement sont des sujets qui me préoccupent en tant qu’artiste. Partir à la découverte des carrières, observer des météorites ou des manières de construire nos monuments sont pour moi autant de façon de porter un regard sur notre époque. Tous ces univers fonctionnent entre eux comme des strates. De ces empilements naissent des histoires dont le sens de lecture perd sa linéarité au profit d’une interprétation personnelle.
Ilana Isehayek débute sa carrière au Canada avant de s’installer en France il y a une vingtaine d’années. Ses origines et son parcours apparaissent dans son travail à travers l’attention soutenue qu’elle porte à la question des racines, du voyage, des cultures d’origine et d’adoption. Une de ses préoccupations majeures est de créer du lien entre le passé et le présent, l’histoire et le vécu, en définissant le rôle du public dans l’œuvre, son regard ou son approche physique du lieu. Travaillant tour à tour la peinture, la sculpture ou l’installation, elle développe un langage très personnel où les motifs de la barque, d’éléments de planisphères en forme de fuseaux et de la toupie sont récurrents. S’y ajoute depuis quelques années une recherche sur la place du corps dans l’architecture qu’elle traite de manière littérale par l’aménagement de sculptures en creux, propres à recevoir des corps. Depuis ses débuts, elle est fidèle au bois qui occupe une place centrale dans son œuvre. Sollicitée à de nombreuses reprises dans le cadre de commandes privées, du 1% artistique ou de commandes publiques, elle travaille sur l’idée de l’écriture d’une partition commune entre un bâtiment et une œuvre d’art commanditée. Barbara Bay
En 1967 Robert Morris réalise à la Western Washington University une oeuvre emblématique intitulée Steam Cloud, simple nuage de fumée s’échappant du sol. A l’époque où l’artiste américain conçoit ce travail, il s’agit de penser une oeuvre comme forme aléatoire, changeante et impermanente. Il parlera d’anti-form dans un texte paru en 1968, en rupture avec les canons du minimalisme qui domine alors la scène artistique américaine. De là, on pourrait tirer les nombreux fils d’une généalogie artistique en étoile, où se mêleraient entropie, hasard, ambiguïté fondamentale, immatérialité, disparitions et effets de leurre. C’est dans cette trame que viendrait se loger le travail de Capucine Vandebrouck, quelque part entre les élevages de poussière de Duchamp et les scribbles de Sol le Witt, entre les tenants de l’arte povera et les coulées d’asphalte de Smithson, entre l’élégance âpre d’Eva Hesse et les alchimies visuelles d’Ann Veronica Janssens ou Edith Dekyndt. […] Capucine Vandebrouck travaille avec des matériaux, des techniques, des méthodes dont elle ne maîtrise pas forcément les tenants et les aboutissants, comme s’il s’agissait de révéler les secrets de la matière et l’aura invisible des objets qui nous entourent, de rendre palpable ce qui échappe. La lumière, la chaleur, l’humidité, l’écoulement ou l’évaporation de l’eau sont autant de phénomènes naturels et immatériels dont elle accueille l’évanescence avec une bienveillance poétique. […] Elle tend d’étranges miroirs qui déforment ou perturbent le monde tel que nos sens le perçoivent […] Semblant suspendre le temps et le mouvement, l’artiste donne forme à des phénomènes invisibles ou insaisissables […] Elle ne nous propose pas de croire à ce que nous voyons, mais elle ne souscrit pas non plus à la doxa minimaliste du « what you see is what you see / ce que vous voyez est ce que vous voyez ». L’artiste suggère plutôt que ce qui se voit est aussi important que ce qui ne se voit pas, ce que l’ont sait aussi intense que ce qu’on l’ont tait. Marie Cozette Rome, janvier 2017 Extrait du catalogue Mirari, imprimé grâce au soutien de l’Institut français de Stuttgart.
Transformation des politiques publiques par le design et la production de formes plastiques. Une production plastique nous permettra d’approcher les lieux par le travail de l’image et de l’édition. Un travail de dessin et d’outils de représentation des espaces en collaboration avec le collectif g.u.i. et un groupe de travail sur la biodiversité en ville. Des dispositifs visuels impliquant des installations spatiales de permettant la manipulation et le jeu, dans la continuité du travail mené dans le projet Echauffement- Lecture. En tant que membre du collectif G.U.I. je réalise des projets visuels qui cherchent les relations de représentation du monde et l’interprétation des images. Je travaille ainsi le dessin et la typographie autant que des dispositifs techniques permettant de mettre les créations visuelles au centre d’un groupe de personnes, habitants, chercheurs, acteurs des territoires. Mon travail comprend alors, à travers une pratique de la collaboration, la création d’éditions, la documentation et la représentation visuelle en temps réel, à l’aide de technologies numérique actuelles autant que par l’utilisation de systèmes de fabrication artisanale et rapide, essentiellement collective et performative. Les représentations visuelles et leurs outils peuvent alors traduire des échanges que l’on pourrait qualifier de diplomatiques. Ces dispositifs, que nous proposons d’appeler des « diplomates visuels », participent à créer un espace d’action et de pensées collectives en rendant présent ce qui rassemble, en permettant, par ajustements successifs, la (re)formulation des intérêts des participant.e.s ou la composition d’un terrain d’entente. Je tente alors d’inscrire mes recherches aux abords de la sociologie visuelle et d’un art situé.