Pratiques : Photographie
Christian Flierl
Tjefa Wegener
Meine fotografische Arbeit bewegt sich an der Schnittstelle von Porträt und Fine Art. Im Zentrum steht der Mensch mit seiner Wahrhaftigkeit. Der ungeschönte Körper und die Natur werden dabei zum künstlerischen Spiegel für Achtsamkeit, Natürlichkeit und neue Sehgewohnheiten.
Ein Schwerpunkt meiner Arbeit ist die fotografische Auseinandersetzung mit der Vielfalt und Einzigartigkeit von Vulven. Mit meinen geschmückten Vulvaporträts schaffe ich einen geschützten Raum, in dem Menschen ihre Vulva seitenrichtig und in Ruhe betrachten können. Die bewusste Verwendung der korrekten Bezeichnung ist mir ebenso wichtig wie die Sichtbarkeit. Durch das Schmücken und Fotografieren entsteht ein intimes Porträt, das den eigenen Körper würdigt und als eigenständiges Kunstwerk erfahrbar macht.
In meinen Frauenkreisen, die ich mehrmals im Jahr organisiere, lade ich Menschen mit Vulva ein, das Nacktsein in der Natur neu zu erleben – jenseits von Scham, Schönheitsnormen und Sexualisierung. Wir alle werden ohne Körperscham geboren. Im Laufe unseres Lebens lernen viele von uns, den eigenen Körper kritisch zu betrachten. In meinen Kreisen darf dieser Blick weicher werden.
Ich begleite die Gruppen prozessorientiert und greife nur wenig ins Geschehen ein. Es entsteht, was sich im Moment zeigt. Mit meiner Kamera halte ich Begegnungen fest, ohne zu inszenieren. Die Natur wird zum urteilsfreien Raum, in dem Körper verschiedenster Generationen sichtbar werden – von 1 bis 75 Jahren. Falten, Narben, Asymmetrien, graue Haare und Weichheit erzählen vom Leben, vom Altern, vom Überleben.
In einer Zeit, in der wir täglich optimierten und digital retuschierten Körpern begegnen, setze ich mit meiner Arbeit reale Bilder entgegen. Ich möchte Körpernormen auflösen und einen Beitrag dazu leisten, dass wir beginnen, uns selbst mit mehr Wohlwollen betrachten. Wenn wir andere in ihrer rohen Schönheit sehen, kann sich auch der Blick auf den eigenen Körper verändern.
Meine Arbeiten sind eine Einladung zur Selbstbegegnung – leise, unaufgeregt und respektvoll. Sie eröffnen Räume, in denen Verletzlichkeit sichtbar werden darf und aus Sichtbarkeit Stärke entsteht.
Laura Fandiño Mojo
I experiment video-creation as an extension of the photographic image, documenting in sequences the pulse of the action. I have been studying the documentary authenticity as fiction for some years, using memory in this auto-investigation which lies halfway between the real/visual and the staged scene. Silence, sound or absence are present, as is uncommunication.
Regarding drawing, I have been working on inexactitude and disproportion. This has led to a degenerate effect, a result of inconclusive aspect (in the same way a memory is incomplete too), unmeasured and with no meaning in space. For me, a blank piece of paper or canvas are spaces of negotiation.
Raphaëlle Müller
Raphaëlle Mueller est une photographe, artiste et une chercheuse basée à Bâle et à Genève qui inscrit ses travaux dans une pratique pluridisciplinaire. Sa pratique artistique fusionne l’art et la science dans un agenda géopolitique discursif et ses méthodologies exploratoires impliquent des dialogues multilatéraux qui questionnent les relations cachées et spéculatives entre l’écologie, la politique, l’humain et le non-humain. Son travail vise à établir un lien entre les mondes scientifique et non scientifique, notamment dans le cadre de problématiques environnementales. Ses explorations visent donc à appréhender et à comprendre la matérialité toxique de l’Anthropocène/Capitalocène et à tenter de forger de nouveaux liens inter-espèces et inter-médias. Si elle porte une attention particulière à l’image et à ses moyens de production dans ses usage (post)photographiques, elle réalise également des performances, des films, des vidéos et des conférences. Le format original de ses expositions propose des restitutions d’expériences et de recherches au long cours. Il prend aussi souvent une forme évolutive. Ses recherches engagées se situent dans la lignée d’une pensée éco-féministe, et convoquent l’analyse forensique (étude de terrain, analyses de données, statistiques etc.) qu’elle applique à des méthodes et à des expériences artistiques développées en collaboration avec des chercheur-eus-s, biologistes, performeurs-e-s-et bio-hackeur-euse-s. Raphaëlle Mueller travaille aussi avec des matériaux inusuels qui relèvent du vivant (Exogenesis, 2019-2021), des molécules synthétiques (Chemical Charm, 2018), ou des toxiques (T(t)erraforming, 2018). En interrogeant les systèmes de production, en renonçant dans la mesure du possible à engendrer de nouveaux objets et en favorisant le recyclage, elle invite à des réflexions qui résonnent avec une éthique du care (Perspectives on post-capitalist thinking/being, 2021). Elle mène enfin un travail qui met au centre de ses expériences artistiques des processus qui dénoncent l’exploitation de vulnérabilités et invitent à repenser les relations de pouvoir entre les vivants. Elle a exposé dans de nombreux espaces d’art et festivals.
Simon Krebs
Simon Krebs arbeitet mit Fotografie, Film, Animation, Zeichnung und Musik.
Er produziert Ausstellungen, Filme, Musikvideos, Bücher und kooperiert gerne mit Musiker:innen, Autor:innen oder Mode-Designer:innen. Seine Arbeit zeichnet sich durch ein starkes Interesse für Menschen oder deren Fehlen, des Menschen Umgebung und Tätigkeit aus. Scheinbar alltägliches offenbart in Krebs’ Arbeit eine eigentümliche Magie oder ein humorvolles Gruseln.
Carmel Keane
Les recherches de Carmel Keane s’ancrent dans des problématiques sociologiques et féministes, en dialogue avec des questions liées à la subjectivité, au deuil et aux structures de pouvoir. Son travail explore la manière dont l’intime devient un espace politique et comment les récits personnels peuvent révéler des dynamiques collectives. Artiste et autrice, elle développe une pratique à la croisée de la photographie argentique, de la vidéo, de l’installation et de l’écriture poétique. Elle envisage l’image et le texte comme des outils d’analyse permettant de mettre en tension visibilité et effacement, exposition et protection. En 2024, elle a présenté son mémoire intitulé Journal Extime, qui explorait la notion d’« extimité », définie comme « le désir de rendre visibles certains aspects de soi jusque-là considérés comme intimes ». Inspiré par Annie Ernaux, ce travail reliait son récit autobiographique à des thèmes tels que la photographie amateur, les albums familiaux, la psychogénéalogie et l’héritage, tout en interrogeant leurs dimensions sociales et politiques. Elle travaille actuellement sur un recueil de poésie intitulé Arte Survie ainsi que sur un projet d’installation vidéo féministe, Zone Grise.
Jean-Louis Davoigneau
Recherche sonore audionumerique spatialisation live lutherie par modelisation physique du son
RedKoma
« Je suis une artiste pluridisciplinaire dont le travail photographique est dédié, en premier lieu, au portrait et à la mise en scène. Photographe autodidacte, j’ai développé une pratique axée sur la poésie, l’humain et la société. En perpétuelle recherche artistique, j’explore de nombreux sujets, dénonçant les travers de nos sociétés par des images que je veux poétiques et engagées. Mes protagonistes sont très souvent des figures féminines, figures qui portent en elles de nombreux combats et dont les vies sont guidées par la force et la résilience. L’utilisation de plastique, de tulle et de fleurs séchées, est devenue prépondérante dans mes œuvres. Tout comme l’emploi réfléchi et maîtrisé de la lumière et de la colorimétrie, qui permet de donner vie à mes images d’une manière quasi cinématographique. Mon travail artistique est et sera toujours construit sur de nombreux questionnements. Actuellement, mon principal médium est la photographie, mais j’accorde aussi une place importante à la vidéo, l’écriture, et la peinture.»
Élisabeth Brucker
La pluralité est pour moi synonyme de vie. Ainsi il serait impensable de ne pas m’exprimer de plusieurs manières.
Artiste poétesse, j’écris, je peins, je photographie, scénographie. C’est un bouillonnement qui naît de l’envie de traduire une intériorité inaperçue lorsqu’elle est laissée sous silence. On m’a souvent considérée réservée, voire timide, à des années lumières de mes ressentis profonds ; tandis que sous le projecteur artistique l’enthousiasme invisible se déploie.
La poésie se fond dans chacune de mes productions comme dans un souffle. Lorsque je ne prolonge pas les mots jusqu’à la performance, ils imprègnent mes dessins ou ma peinture, qui forment une exploration musicale tout en volutes, en résonnance.
Quelle que soit la technique, je travaille beaucoup sur le trait et la transparence, notamment sur papier, un matériau à la fois fragile et millénaire.
De ces floraisons délicates, je capte encore les fragrances par la photographie d’une autre manière.
Mes créations, même imprégnées des sinuosités interrogatives de la vie, convergent vers l’apaisement et la lumière, cette lumière dont, j’en suis convaincue, nous pouvons tous nous laisser traverser.
