Estelle Hoffert

Estelle Hoffert est une photographe autodidacte née à Strasbourg en 1980. Simultanément à ses projets personnels, elle travaille dans les domaines de la mode, la publicité et l’industrie, assurant les créations de décors comme la direction artistique. Depuis quelques années, elle s’intéresse de près au photo-reportage. Après un travail autour des terres polaires de l’Arctique à l’Antarctique, ses commandes l’ont menées en Afrique et au Proche-Orient. Que se soit de manière directe ou indirecte, son travail est en lien avec l’humain. Estelle est passionnée par la question anthropologique tant sur l’aspect scientifique que culturel. Elle s’en inspire pour inventer ses propres histoires et les mettre en scène dans ses photographies. Estelle vit et travaille à Hindisheim et y a construit une maison avec un atelier photo il y a plus de 10 ans. Elle y élève un dinosaure qu’elle a adopté peu après son arrivée au village. Son travail photographique à fait l’objets de plusieurs expositions et projets artistiques.

Marina Zindy

Marina Zindy vit et travaille à Lauw en Alsace dans la vallée de la Doller. Elle questionne l’identité forte de ce paysage occupé par les anciennes montagnes des Vosges et la rivière de la Doller. Une vallée est par définition un espace situé de part et d’autre d’un cours d’eau. L’eau est bien l’élément de la recherche artistique portée par Marina Zindy, cette exploration qu’elle déplace d’un territoire à l’autre. Pour donner corps à ces horizons qu’elle convoque, Marina Zindy crée des bouteilles en céramique qui semblent comme surgies des tréfonds de la terre, elle interroge une archéologie du voir afin de fabriquer des objets solides, en terre, puissants, presque ancestraux. Texte : Pascale Kieffer-Lietta, responsable de l’Artothèque de Montbéliard

Sarah Makina

Toujours dans cette quête de notre rapport au corps parfois fétichisé, fantasmé ou performé je suis à présent en recherche d’une relation à l’autre, d’un contact. Je vous présente cette année un tryptique photographique résultant d’une performance vertigineuse.

Jacky Schieberlé

Le travail de Schieberlé est proche de celui d’un plasticien réalisant des collages. Dans un premier temps, il crée des images par superpositions parfois multiples, puis après développement, il colle sur ce « fond », des éléments prélevés dans ses propres photos ou dans des magazines, ou pose simplement dessus de petits objets. De cette nouvelle opération, naît par télescopage une nouvelle image qu’il photographie à nouveau. Ce processus rudimentaire qui laisse la place au hasard et à l’accident, produit des images d’une indéniable force visuelle. Dans le cas des images de Schieberlé, on ne peut pas vraiment parler d' »œuvres » au sens d’un achèvement. En effet, il réalise de nombreuses versions de ses photos, qu’il modifie et re-photographie à l’envi. Quant il regarde son travail, c’est toujours avec l’idée d’en retrancher quelque chose ou d’y ajouter des éléments. Il ne s’agit pas de la marque d’une perpétuelle insatisfaction face à un travail qu’il faudrait sans cesse peaufiner pour tendre à la perfection, mais plutôt de l’intuition, que les images rendues visibles sur le papier, sont des objets dont l’essence même est d’être en perpétuelle mutation. C’est sans doute pourquoi Jacky Schieberlé manipule ses images sans ménagement, qu’il ose tailler dedans à coup de ciseaux, qu’elles n’ont pas de format bien déterminé, et qu’elles s’entassent dans ses tiroirs ou sur des clés USB, dans l’attente d’une nouvelle idée qui les transformera. Texte : Inès P. Kubler

Melissa Decaire

Place à ma toute dernière série photographique, accompagnée d’une installation pour « illetrés, didactique, mnémonique et dévotionnelle ». .. « FAITH » est une analyse visuelle et un travail figuratif sur la foi et les grandes questions qui agitent ce monde désenchanté, complexe et fragile. En m’appuyant sur le langage visuel des images pieuses et du « Surréalisme Pop » ( Mark Ryden, David Lachapelle, Pierre & Gilles, Dina Goldstein ), mouvement fidèle à l’expression de la réalité crue ou à la fabrique d’îcones par le prisme d’artefacts issus de la culture pop, ma série de photographies joue avec la science de l’iconographie chrétienne et explore comment le culte marial et l’hagiographie des Saints & Saintes peuvent être compris dans le monde d’aujourd’hui… Derrière mes compositions «colorées, naïves, acidulées», Marie est grande et «le bon chrétien» se transforme en «bon vivant», mais si l’on creuse sous la surface de toutes les valeurs proposées par notre société ultra libérale, se trouve une réflexion consciencieuse aussi bien sur nos tracas quotidiens que sur des sujets étiques, sur des choix politiques et sur la responsabilité humaine. Le projet met au défi le spectateur – religieux ou laïque – de se lancer dans un voyage d’auto-réflexion sur ses propres croyances (dans le sens sociologique du terme) , tout en observant l’importance, voire l’omniprésence du dogme dans la modernité….

Mélodie Meslet-Tourneux

«A rebours de la révolution numérique et du « tout dématérialisé », Mélodie Meslet-Tourneux investit depuis dix ans la céramique qu’elle marie à la photographie argentique dans un minutieux travail artisanal qui révèle simultanément images et volumes. Travaillant étroitement avec des potiers aux savoirs immémoriaux, elle est guidée par des postures, des façons de préparer la terre, mais aussi d’être potier. C’est par l’observation et le mimétisme gestuel que Mélodie s’imprègne d’un site et de son histoire. Elle modèle, tourne, monte la terre à la plaque ou au colombin, prend autant de notes dessinées, écrites que photographiques, pour constituer une collecte hétéroclite de sources. Elle ne néglige aucun mode d’écriture pour embrasser un sujet. Le résultat de ses recherches génère de multiples traces, documents et objets qui parfois s’hybrident avec finesse et sous la forme de pièces témoins aussi bien inédites que chargées de mémoire. De cette façon, en 2015, l’artiste a travaillé avec les potières de Dioulasso Ba au Burkina Faso aux cotés desquelles elle a réalisé des répliques d’objets traditionnels détournés de leur fonctions premières. Terre Burkinabée présente ainsi des contenants oblitérés par des clichés qu’elle réalisa de femmes façonnant la terre. En 2016, Bleu fassi raconte la rencontre avec des potiers d’un atelier marocain au travers de créations de monotypes, d’une vidéo et de photographies dont certaines sont développées sur la face des stèles modelées. Lors de ces expériences, Mélodie Meslet-Tourneux a perfectionné une technique de travail personnelle. Elle fait apparaître des images à la surface des reliefs de la terre cuite par l’usage de gélatines photosensibles. Ces expérimentations sont parfois longues et aventureuses, mais font partie du processus de recherche qu’elle élabore à chaque fois différemment pour faire advenir ces objets comme des apparitions visuelles et révèle ce qui habituellement ne se voit pas. Des lieux, des gestes, des situations de création, des histoires d’atelier dont l’objet devient le témoin. (…) « Sophie Auger-Grappin Critique d’art Directrice du centre d’art contemporain le Creux de l’enfer, Thiers

Marine Chevanse

« C’est l’environnement qui forme le portrait de la personne » -Donna Haraway Tout est expérience. Comment traduire une sensation, une pulsion, une vibration, un mouvement impalpable ? On se rend parfois compte que ce n’est pas l’action ou le résultat qui importent, mais bien le moment intermédiaire, suspendu, qui nous maintient dans un état de transe. Que reste t-il finalement de ces instants ineffables où l’on se sent véritablement vivants ? A travers mes travaux, j’aborde deux expériences aussi bien individuelles que collectives : celle des fêtes basques, des traditions carnavalesques, et celle du hockey sur glace, au travers desquelles je m’attache à regarder les choses de l’intérieur. Je mets ainsi en parallèle les puissances d’agir et le pouvoir attribué aux objets pendant ces temps de représentation. Les corps en mouvement, les énergies invisibles, l’espace qui unit ou désunit un groupe et les puissances vitales sont autant de réflexions qui me permettent de traduire les moments libérateurs de l’ordre social. L’étonnement et l’émerveillement, à travers une pratique préalable de la vidéo, représentent les moteurs poétiques de ma recherche. Aller de la beauté des gestes préparatoires et leur atmosphère, jusqu’au déclenchement, au passage à l’action souvent produit par un son pour enfin atteindre une vibration pure et libératrice. Devenir l’intermédiaire, la traductrice d’instants journaliers dont je cherche à essentialiser l’invisible.

Carolle Masson

Carolle Masson est une artiste pluridisciplinaire avec une prédilection pour la mise en image. Elle additionne plusieurs activités en parallèle, comme celle de professionnelle soignante, d’initiatrice à l’escalade, ou tout simplement celle de mère, ce qui influe de manière conséquente ses champs de recherches. Elles sont le relief de son travail. Ses différentes questions se tissent dans les symboliques de l’intime, jouant sur la singularité et l’universel. Elle aime interroger l’ambiguïté entre la notion de frontière et de limite, de ce qui est étranger mais aussi ce que l’on reconnaît de soi chez l’autre. Ses explorations prennent forme par la photographie, la vidéo, des installations, ou d’autres médiums selon les projets. Née en 1980, elle vit et travaille en Alsace.

Vincent Chevillon

Initialement formé aux Sciences de la Terre, Vincent Chevillon convoque dans ses oeuvres différents champs d’études naviguant de l’anthropologie, la géophysique à l’iconologie. Il mène une recherche au long court qui l’amène depuis plusieurs années à réétudier et réévaluer les fondements de notre société moderne à savoir l’invention d’une séparation franche et théorique entre culture et nature, d’un monde sans limites à conquérir et à domestiquer. Depuis 2010, il poursuit des recherches plastiques et théoriques sur les imaginaires rapportés et construits par le colonialisme. L’étude approfondie de l’ouvrage Moby dick d’Herman Melville a inspiré le nom de ce vaste projet: The Spermwhaler’s dream (Rêve de pêcheur de Cachalot). Par un va et vient entre des actualités spécifiques et leurs inscriptions dans des systèmes géographiques, historiques et culturelles plus obscures, ses recherches œuvrent à la cohabitation de formes, d’attitudes et de savoirs au sein de cosmogonies croisées. Sa pratique tend à rendre manifestes des états de surface, des agencements, prononce ce qui à l’abri des regards, agite secrètement le monde. Elle s’interroge sur notre relation à l’ailleurs par le biais de ces marges, à ce qu’elles limitent et prononcent de part et d’autres. Ces travaux se développent en dispositifs généralement évolutifs à partir d’éléments récoltés ou façonnés, des images, des récits qui se formalisent sous forme d’installations, d’éditions, d’oeuvres numériques, d’objets. Généralement ses recherches s’élaborent par des dispositifs d’enquêtes qu’ils associent à une pratique volontaire de la dérive. En 2013-2014, il entreprend un périple à bord d’un voilier au travers d’une itinérance de 7 mois en mer de part et d’autres de l’océan Atlantique. Il enseigne depuis 2014 à La Haute Ecole des Arts du Rhin (HEAR) à Strasbourg.

Jacqueline Bilheran Gaillard

La métamorphose des choses abandonnées Dans l’œuvre de Jacqueline Bilheran-Gaillard, il y a un va-et-vient de la photographie à la peinture et à la sculpture. Pas de privilège de l’un de ces médiums, pas de choix exclusif des matériaux – métal rouillé, papier, plastique, tissu, résine -, mais l’unité d’une même thématique, la poésie de l’abandon, la beauté des objets qui ont perdu leur usage familier et subi l’usure du temps et la déformation aléatoire de l’entassement, ou celle, volontaire, de l’artiste démiurge qui comprime, écrase, fond, déchire, plisse, assemble, déforme, colore, photographie, transfère, peint… En imprimant une valeur durable à ce qui n’était que passager, l’art confère une autre réalité aux objets insignifiants, il les arrache à leur existence banale pour transformer l’instant fugitif du regard de l’artiste en permanence : métamorphose. Les toiles mêlent report photographique et peinture (huile et/ou acrylique), les sculptures sont des assemblages de matériaux et objets divers, métal, carton, tissu, plastique, collages, peinture et résine. Elle travaille par séries, pour les peintures comme pour les sculptures, qui sont liées soit à un site industriel ou un thème, soit au privilège d’un matériau.