Kiki DeGonzag

Mon travail se construit essentiellement par mon intolérance ambivalente face aux systèmes de dominations. Mon travail questionne, parfois avec humour et poésie, parfois avec sensibilité et chaos, le déséquilibre de certaines relations.
D’abord inspirée par l’ouvrage de Pascal Quignard, Le Sexe et l’Effroi, ma pratique a commencé par se jouer des mythes, des stéréotypes culturels et des symboliques inconscientes qui influencent nos perceptions et nos relations. A travers des représentations phalliques, j’interrogeais autant la peur, le dégoût ou la fascination, les culpabilités inconscientes ainsi que la place de la sexualité dans nos sociétés ou les relations genrées… Les broderies anatomiques, par exemple, sont une forme de désacralisation de la place du sexe et de la prédominance de la sexualité. En donnant la même valeur aux différents organes.
Depuis quelques années, ma recherche se précise à travers des performances par
lesquelles j’expérimente différents types de contraintes : celles du corps, de l’autre, de l’espace, du contexte. Ces « empêchements » créent un geste nouveau.
A la suite de ma recherche liée aux questions de genres, l’expérimentation s’étend aujourd’hui vers les relations humains/animal et les dominations de pouvoirs inspirées par toutes les vérités absolues et les pensées uniques et totales. Chaque instance humaine qui semble provoquer en moi un sentiment de malaise, d’indignation, de dégout ou de rage, m’attire et m’interpelle par ses contradictions.
En 2022, l’œuvre intitulée « Quality Time Remains » incarne un virage dans la forme de mon travail : Premier volet d’une série de mises en scène de mes « folklores imaginaires » qui s’inspirent d’images oniriques, de rituels intimes, de mythes individuels qui prennent forme dans l’entrelacs des croyances dominantes et des rites identifiés. En mettant en scène mes propres folklores, mes rituels confidentiels et inavoués, j’invite le spectateur à questionner la crédibilité des cultures dominantes face aux cultures privées : existe-t-il qu’une seule vérité au cœur de nos multiplicités singulières ? N’avons-nous pas la liberté de remettre en question nos propres perceptions autant que le font les « Lois » qui nous gouvernent ? Je m’intéresse notamment à ce qu’on nomme folie, maladies mentales ou troubles psychiques qui sont des formes de langages et des manières d’être au monde.

Margaux Michel

Ma pratique pourrait être décrite comme une tentative de transposition de la dynamique propre au carnet de voyage, vers l’espace de la scène. Je piste, récolte, grave sur le papier l’instant T. Sur la page du carnet comme sur scène, différents espaces – temps cohabitent. Une pensée en voyage, qui invite à la rêverie, par la mise en mouvement des corps, des objets, des espaces. Depuis mon passage à l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq, je conçois la scène comme la réunion du théâtre et des arts plastiques. Au sein du Laboratoire d’Etude du Mouvement de cette même école, j’avais pris goût à l’exploration des dynamiques de l’espace par mon corps en jeu, et ses interactions avec des corps autres : objets, personnes, environnements. Traduire les dynamiques du mouvement en atelier, par la création plastique était pour moi un exercice aussi évident que ludique. Aujourd’hui dans mon travail, je me place dans la démarche d’artiste-enquêtrice. Ma pratique est marquée par un intérêt pour des dispositifs qui repensent les rapports entre l’œuvre et le public, entre créateur.rice.s et participant.e.s. J’aime mettre nos corps et ceux de nos interlocuteur.rice.s en mouvement, et penser des dispositifs de rencontre singuliers. En parallèle de mon activité de metteuse en scène et scénographe, je pratique le dessin, l’aquarelle et la gravure au travers de carnets de voyage et illustrations. Souvent réalisés en série, ces travaux traduisent des recherches sur l’espace et le temps. La scène prend des allures de carnet de voyage et l’espace du livre devient scène.

Ludivine Ledoux

« Dans mon parcours comme dans mon processus de création, je recherche le mouvement et la mobilité. J’aime découvrir et créer en lien avec le paysage qui m’entoure, étudier les pratiques qui nous lient aux espaces que l’on occupe et comprendre les processus d’adaptation à notre environnement. Mon travail parle de ce qui a trait à la métamorphose, à la réparation, au mouvement. Je réinvestis les pratiques et les connaissances traditionnelles, les rituels individuels et collectifs, les objets usuels anciens. À mes yeux, ce sont des supports de réflexion et de compréhension du monde actuel ainsi que des outils d’expérimentation pour trouver des réponses résilientes. J’explore leurs influences sur nos imaginaires et opère des déplacements pour leurs attribuer de nouvelles fonctions et créer de nouvelles narrations.

Je suis intéressée par tous ces mouvements qui font qu’une pratique,un objet ou un statutglisse d’un milieu, d’une temporalité ou d’un sens à un autre. Mes pièces sont habituellement pensées pour être actionnées et adaptables.

Soucieuse de l’impact écologique de ma pratique, mon travail devient peu à peu indissociable de ma manière de produire. Je développe actuellement une recherche autour des plantes afin de produire mes propres matériaux, mes couleurs et mes supports. »

NiNi Yu

YU NINI, Elle est une artiste contemporaine, réal- isatrice et performeuse, née à Taiwan en 1980.

Elle réalise en alternance des films et des per- formances. Elle met en scène des histoires so- ciales à travers le corps. Elle réalise d’abord des performances et des vidéos courtes à Tai- wan et en France, puis elle vient en France pour continuer ses recherches dans l’art con- temporain, Elle diplômée de Art Contempo- rain et Nouveaux Médias à Universté Paris 8, elle se passionne pour les questions social- es et sait créer des ambiances humaines en observant de manière subtile les gens et les choses qui l’entourent dans le coin de la ville. Reproduit dans l’image, en créant des projets sur le corps et les violences de la société. En parallèle, elle poursuit une œuvre graphique voire cartographique.

VGthal

VGthal est un artiste basé à Strasbourg. Anciennement chimiste, aujourd’hui pyrotechnicien d’intérieur, sa pratique s’articule autour de la performance, de la vidéo, de l’installation et de la sculpture.Il prend le parti de positionner le jeu comme générateur de ses créations. Il détourne les mots, les objets, les images. Une grande partie de sa réalisation est basée sur le feu. Il en découle une série de peintures projetées à l’explosif, des sculptures d’objets de récupération, des installations d’objets carbonisés. Chaque séance est documentée par des vidéos.

Laurine Wagner

Née en 1997, Laurine Wagner est une artiste-chercheuse strasbourgeoise qui vit et travaille à Paris et à Strasbourg. Elle conçoit des installations vidéographiques et/ou sonores, poétiques et immersives, des photographies, voire des performances. Entre arts, sciences et société, l’expérience est au centre de sa réflexion en interrogeant des états « d’entre-deux ». Elle soulève des processus de transformations, des problématiques environnementales, sociales et mentales afin d’interroger les croyances, ressentis et expériences de chaque personne. Techniques Arts visuels et sonores (vidéo, photographie, son, performance)

Frank Hügle

Mon principe d‘après Man Ray (14 mars 1945)“La liberté, c’est un autre élan – ce terme ne se réfère pas a la liberté de réaliser ses objectives au détriment des autres – mais c’est la liberté d’atteindre la réalisation de ses propres idées.” La photographie transforme l‘instant entre l’avenir et le passé en présent. Un spectateur peut s’immerger dans ce présent – malgré son absence physique – par les photos et s’attarder aux images.C’est un concept qui sous-tend mes photos et emmène leur spectateur avec eux à un lieu, un moment, une pensée, un sentiment qui a trouvé son expression à partir d’une réalité dans une image.La plupart de mes photos possèdent une intention: imaginé, ressenti, subit par mon existence. Les autres photos m’attrapent dans l’instant.La deuxième partie de la création de l’image commence par déclencher la caméra. Cette deuxième partie est réfléchir, comprendre, compatir, enrichi d’une autre grande passion de moi: la musique.Pour moi, la photographie est un moyen de produire des images, comment la cuisine est un moyen de faire de la nourriture: c’est le résultat wui compte, mais le processus pour y arrive, c’est la vie.Je pense en photos – je parle en images.

Rémi Voche

Performance comme manière d’être, ou manière d’être comme performance…
Rémi Voche s’implique tout entier dans ce qu’il présente.
‘Il faut répondre énigmatiquement aux énigmes du monde’. Ceci, on le
comprend devant les performances de Voche, ou la notion de question comme
celle de réponse ne semblent plus avoir de valeur propre. Seul compte
l’instant, célébré comme une forme d’absolu; cet instant que Rémi Voche va
gratter, gratter encore, chercher, éprouver dans son être même jusqu’à en
trouver la substantifique moelle.
Né en 1983 à Lagny-sur-Marne, Remi Voche se forme à la Villa Arson de
Nice dont il ressort diplômé en 2012. Depuis, il court partout. C’est aussi
qu’il y est habitué, car on pourrait le définir comme sportif à plein temps.
La course, l’effort, la notion de limite corporelle sont extrêment présents
dans son travail.
C’est en effet ce même rythme de course (un-deux-un-deux) qu’il
s’impose et avec lequel il remplit son espace de représentation. C’est celui
dans lequel, à force de répétitions de gestes, il finit par se confondre
avec le monde. C’est un combat qu’il engage, qui se termine en une forme
d’amour, de réunion quasi-palpable en un point seul du temps et de l’espace.
C’est l’engagement d’un dialogue jusqu’à la perte des deux parties.
Il y a de l’étrange et de l’absurde dans les choses qui se répètent
trop. C’est sur cette notion d’étrange que Voche joue en la poussant au
maximum, en la travaillant par le rythme et par la résurrection de rituels
païens, animistes, dans des lieux qui ne leur semblent absolument pas
ouverts ni réceptifs. Il y a une certaine forme d’ironie dans son travail,
adressée au regardeur, à ses valeurs, à la modernité, à la civilisation, à
la notion d’institution. Tout s’effondre un peu. Ne reste plus que la terre,
et des ruines tout autour.
Condenser, entourer, rappeler à soi par la répétition : remplir
l’espace jusqu’à l’oubli. C’est un travail de sidération, une mise à
l’épreuve entre malaise et hypnose, la création d’une tension :
indéniablement, il se passe quelque chose. Une métamorphose dont personne ne
sait jusqu’où elle ira.
Rémi Voche concentre sa pratique autour de la photographie et de la
performance, les deux étant intimement liés par l’idée de l’empreinte et de
la mise en scène. Il sème des traces de pas de côtés, des traces de fuite,
et les laisse se développer dans nos imaginaires.
En prenant une place de médium, en renouvelant nos perceptions, en
réélectrisant l’espace, peut-être cherche t’il à nous faire vivre un réveil.
Peut-être que nous devrions commencer à courir dans une autre direction.

Lydie Greco

Graphiste & illustratrice de formation, Lydie Greco est une artiste visuelle qui s’ennuie vite seule à son bureau. Alors elle cherche constamment à créer du lien humain avec ses dessins dans tous les pays qu’elle découvre, travaillant entre graphisme, illustration et performance dessinée.

Originaire de Strasbourg, elle part faire des études de graphisme à la Martinière Diderot à Lyon. Après son diplôme, elle se rend à New York pour travailler dans un studio de design et prendre des cours d’animation. Elle s’installe à Londres en 2010 et commence une pratique en indépendante en 2014. Elle crée le Magic Depictor, un entresort de 3 minutes où elle dessine des portraits cachée derrière un miroir sans teint, tout en proposant de la musique et des jeux au public. Chaque interaction est personnelle et totalement magique. Elle fait plusieurs performances en Corée du Sud en 2018, puis en Nouvelle Zélande et au Japon en 2019. Après 10 années à Londres, elle revient vivre à Strasbourg, sa ville de coeur, en 2021, où elle partage les locaux du CRIC. Elle y crée une autre performance « Les Gens qu’on aime », et travaille actuellement sur des projets de BD, de fresques et d’illustrations.