Jérôme Léger

Architecte de formation, artiste plasticien, il concentre son travail sur une utilisation poétique de la perle d’hématite, avec laquelle ou à partir de laquelle il crée parures, sculpture.
L’apparition de Méduse dans l’exposition «Noir» à Strasbourg donne le ton à de
performances qu’il mène à Paris comme à Strasbourg.
Diversifiant son travail, le portrait est une récurrence dans sa démarche artistique.
Il diversifie ses techniques et se lance notamment dans le dessin, portraits ou
autoportraits qui intriguent. Plus récemment, il se lance dans l’impression de monotypes qui questionnent autant qu’ils étonnent.
Il mène parallèlement une carrière de théâtre et de clown de théâtre.

Etienne Macquet

Étienne Macquet est designer et artiste. D’un pas de côté, il conçoit des formes singulières figurant des sujets complexes. À l’enseigne d’un studio de création et de recherche actif dans les champs du design graphique et du design spéculatif, il dessine des livres, des identités visuelles, des objets numériques et des installations. Dans ses recherches, Étienne explore les questions temporelles de la physique relativiste et quantique pour mieux questionner notre rapport au temps. Depuis 2019, il imagine la fiction quantum.ville avec Grégoire Delzongle. Ce projet de design spéculatif brouille les pistes entre réel et fiction et imagine une ville autosuffisante à temporalité relative. Son atelier est un laboratoire. On y interroge les matériaux, les interactions, les expériences, les encres, les interfaces, les espaces physiques et virtuels, les algorithmes, dans le but de créer des outils innovants de communication et de transmission des savoirs, des idées, des projets, des récits. Il a notamment travaillé avec : Renault, l’Institut français d’Allemagne, le Signe – Centre national du graphisme, l’École des Arts décos, Akoustic arts, Le Parisien, les éditions Hermann, la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Saskia Edens

Souffle de vie. Si un fil rouge doit être ici déroulé, ce sera celui-ci. Avec «Breath», Saskia Edens (Genève, 1975) propose de mêler justement les souffles, deux par deux – les respirations opèrent de petites percées dans une plaque de glace qu’elle emmène de personne en personne et qui va petit à petit se changer en eau jusqu’à rendre le contact possible. La bouche de Flora exhale des fleurs, de la gueule de Fafner jaillit du feu, l’eau surgit des gargouilles de Boboli. Souffle de vie donc, mais aussi traversée des mondes – l’âge de glace, du feu et du métal. Saskia Edens fait partie de ces êtres rares qui savent conjuguer grâce et énergie, violence et poésie. Ses performances font état de la transformation autant de la matière que du corps et côtoient en un sens l’univers scientifique des expériences où l’ultime résultat n’est jamais établi. C’est la magie des métamorphoses que l’artiste offre au regard. Au commencement de A «contre-courant» (2007-2010), Saskia Edens, vêtue de blanc et parée de boucles d’oreilles et de colliers, arrive paisible; une vingtaine de minutes plus tard, elle ressemble d’avantage à Mary Wigman dans sa fameuse danse de la sorcière, à ceci près qu’elle ne porte plus aucun bijou (ils ont fondu) et que son vêtement est maculé de grandes traînées d’encre rouge et bleu. Pendant ce temps, elle a couru à l’envers sur un tapis de course. L’exercice est périlleux et demande de l’endurance, de l’ardeur mais aussi de la joie. Il en va de même pour l’incroyable «Make-up» (2008) où avant d’entamer une danse macabre, Saskia Edens se peint littéralement le corps en creux, laissant la peau s’envisager comme le squelette.

L’énergie déployée dans chacune de ses performances est perceptible dans la série d’objets débutée en 2011 avec les «Contact Imprint». Changer d’état entre le chaud et le froid, passer du liquide au solide et vise versa. Le geste est immédiat, l’explosion est totale, la violence immense : armée d’une casserole, d’un réchaud à gaz et d’un pistolet à air comprimé, Saskia Edens va propulser de l’étain en fusion sur des objets. Assez éloigné de la sculpture (modelage ou taille), plutôt proche de la photographie. Reproduction d’un instant par contact – l’image produite ne partage pas seulement les apparences de son modèle mais sa structure intime. Face : tout n’est que magma de lave séchée et poussière. Pile : perfection et douceur. L’effet est celui du souffle d’une bombe, éruption volcanique. La vie a été captée dans ces images, l’artiste a su montrer l’énergie vitale déferlant à travers le corps et au-delà. (…)

Véronique Yersin

Jasminka Stenz

Jasminka Stenz est chorégraphe et danseuse de scène et recherche les relations entre les corps, les frontières interpersonnelles et l’esthétique non conventionnelle. Elle se concentre sur l’innommable en se posant la question de savoir ce que l’on veut comprendre quand on regarde la danse. Il évolue dans le domaine de la composition instantanée, de la musique, de l’improvisation et de la performance sur des scènes et des non-scènes ou des lieux qui deviennent une scène au moment où quelqu’un observe des corps en mouvement. COLLABORATIONS avec: Lea Kieffer, Deva Schubert, Rowan BLOCKEY, Michael Shapira, Gilda Bartel, Tarren Johnson, Michael Müller, Diethild Meier, Jennifer Ocampo Monsalve et Zeitgetroffen-Kollektiv, Tresure-Figure-Os-Kollektiv, ICRA, Imprevu #, Dustin Zorn, Gábor Hartyáni, Tobias Giezendanner. En plus de son travail de créatrice de danse, Jasminka Stenz est professeur de danse et coach de danse pour l’improvisation, la performance, la composition, l’improvisation de contact, le tango de contact et le tango-argentin. Vos ateliers s’adressent à différents groupes de personnes. Depuis plus de dix ans, elle travaille également à temps partiel comme aide-soignante dans le Sonnhalde Gempen, un foyer pour personnes handicapées (y compris autistes). Enfin et surtout, ses compétences musicales se retrouvent dans son travail de danse. Elle joue du violon depuis son plus jeune âge et aussi pour accompagner la danse, dans les jams de milonga et CI. Jasminka Stenz a grandi dans le sud de la Forêt-Noire et en Suisse.

Valentin Pierrot

Diplômé de l’École Supérieure d’Art de Lorraine en 2019, je développe depuis
plusieurs années un travail de sculpture de bois par le feu.
Patiemment créée à la !amme, une « ne couche de poussière de charbon
recouvre mes premières réalisations (2014-2018). Animées par le dépôt de la
poussière ambiante, elles palissent. Je les rebrûle inexorablement, luttant
vainement contre leur vieillissement, nous invitant à méditer sur le devenir de
toute chose dans ce corps-à-corps avec la poussière.
Avivant la !amme, c’est avec le feu que je brusque aujourd’hui le temps. Creusant
plus profondément, je dégage le cœur de pièces de bois usinées. Finalement
érigées en monuments, ces pièces perpétuent la mémoire des arbres dont elles
sont issues et plus largement, celle d’une nature disparue.
J’interviens depuis 2019 suite à des incendies, retravaillant l’ossature en bois de
bâtiments détruits par les !ammes. Un acte symbolique permettant de
revaloriser les éléments de construction dont ils étaient constitués et de révéler le
végétal qui jusque là les maintenait.
En mai 2020 je réalise ma première œuvre in situ dans le cadre de la 8ème
Biennale d’art sur le Sentier des passeurs, trait d’union entre la Lorraine et
l’Alsace.

Camille Fischer

L’esthétique baroque développée par le travail de Camille Fischer sur le corps en mouvement, et plus précisément sur la parure et l’ornement, s’inscrit par certains aspects dans un héritage symboliste assumé du reste. Elle fait notamment référence à William Morris ou Huysmans. Comparable par la sophistication, ce travail s’en distingue toutefois, refusant la fascination morbide mais retenant l’inquiétude historique des artistes d’alors, devant les bouleversements annoncés par la révolution industrielle, qui fait écho pour sa génération aux enjeux comparables de la mondialisation contemporaine. En retrouvant à la fois une certaine unité et unicité «artisanale» de l’objet d’art, qu’il soit un bijou modeste ou une mise en scène ambititeuse faisant appel à tous les sens, l’oeuvre émergente de Camille Fischer développe une énergie singulière. Extrêmement convaincante, elle s’inscrit aussi bien dans un héritage artistique et culturel, que dans une recherche expérimentale où interviennent le dessin, la performance, la scénographie… Bernard Goy

CHENI

Chéni, Tyran Archique à Vie de Thurvie, né le 14 avril à 4h14, prédispose péremptoirement le paradigme absolu de l’aquaosmose avec la Thur, le cours primordial, et conçoit par contact éthéré et phagocytage hivernal séculaire l’évolution pure de l’atteinte dans la crainte de le faire. Peinture, sculpture, dessin, bronze, performances, autres et assimilés, en polytechnie par sérendipité maîtrisée font partie des échelons vitaux de l’avancée essentielle résurgencée à la SourcE. Que Thurvie !

Jonathan Naas

Né en 1987, vit et travaille entre Bâle et Strasbourg. Jonathan Naas obtient un DNAP à la HEAR de Mulhouse, ainsi qu’un Bachelor et un Master en Arts Visuels avec mention à l’ÉCAL de Lausanne. Après quelques années de voyages et de direction artistique, il présente son travail en France et à l’étranger, lors de résidences et d’expositions. Son travail contextuel s’appuie sur la récupération d’éléments du réel, mis en scène dans des installations sombres et minimalistes. Ses œuvres questionnent les symboles et leurs codes, ainsi que les croyances et la transmission des savoirs par un protocole rituel, influencé par le folklorisme, la mythologie, l’ésotérisme et la culture underground. Sa pratique est majoritairement dominée par une peinture radicale et des volumes issus de son quotidien, empreints de magie et d’invisible. Il présente, à la façon d’un intercesseur, des dispositifs rythmés reformulant la réalité au travers de la fiction, tel un conte, accentuant un présent tout en suggérant la possibilité d’un ailleurs.

Architecture sonore

De 1994 à 2017, Bruno Friedmann (1954, Bühl / Baden, Allemagne) a été professeur à la Faculté des médias numériques de l’Université de Furtwangen. Au cours de ses études de base (dans les années 1980) à l’Universität Karlsruhe et en partie à la Hochschule für Musik Karlsruhe de technique de communication, génie biomédical et cybernétique, il aimait déjà se concentrer sur la théorie des systèmes et les aspects cybernétiques et ses applications à l’interaction humaine comme la perception et faire du son et de la musique, agir et réagir physiquement et mentalement. À l’Université de Furtwangen, il enseignait des langages informatiques comme Java et JavaScript et dans le cadre de «l’expérience auditive dans les médias numériques», ses conférences portaient sur la génération de sons numériques, la psychoacoustique et la perception du son, de l’espace et de la musique. Ses intérêts et sujets de recherche se situent toujours dans le cadre de la perception du son et de l’espace, des interactions transmodales, de la théorie des systèmes, de la modélisation et de la composition algorithmique. Un projet comprenant et exemplaire est sa composition Sequenza III spatialisée: la musique de la composition de Sequiano III de Luciano Berio, est intensément déplacée dans l’espace, contrôlée par des descripteurs audio du contenu musical lui-même. Il a été présenté au festival BEYOND 2013, ZKM Karlsruhe. Le professeur Bruno Friedmann a été co-fondateur de l’étude de baccalauréat Musikdesign, un projet commun de l’Université de Furtwangen et de la Staatliche Hochschule für Musik Trossingen, axé sur la musique assistée par ordinateur, le son et l’amélioration multimédia. Depuis qu’il a passé un congé sabbatique à l’IRCAM 2007, il utilise le logiciel IRCAM complet et distingué et principalement Max / MSP pour réaliser ses idées, compositions et projets de logiciels musicaux, qui ont été exécutés au Zentrum für Kunst und Medien (ZKM) Karlsruhe, Staatliche Hochschule für Musik, Trossingen, Théâtre Pforzheim, Le Séchoir, Mulhouse.

Vincent Campos

Je développe un travail oscillant souvent entre le jeu et la mise en avant d’une réalité où l’humour peut retentir comme un écho à l’adversité des choses. Au travers de récits bercés d’une insouciante légèreté, le temps semble s’être arrêté mais nous sommes invités à suivre le mouvement. Bâtir des forêts, ériger des ponts fragiles, faire résonner des tours de papier ponts sont des actions potentielles. En jouant sur des territoires en pleine mutation, je questionne notre rapport au monde et ses potentialités. Je me laisse surprendre par la matière, pris dans une nouvelle temporalité, saisi par un bouleversement qui ne saurait témoigner des évènements à venir.