Ghazal Foroozani

Mon travail naît d’un espace intérieur que je transforme en mouvements, en formes visuelles et en atmosphères singulières.  Au fil de mes projets, j’ai exploré des thématiques variées telles que l’identité, le corps, la figure féminine, l’apparence et l’intériorité, ainsi que les dialogues mentaux et la connaissance de soi. Si les sujets diffèrent, un élément demeure central : le mouvement et la transformation.  Travailler image par image m’a appris à percevoir le changement comme un processus progressif, où chaque modification, même infime, influe sur l’ensemble. Montrer le mouvement constitue une part essentielle de ma pratique artistique : il peut s’agir de transformer une image fixe en séquence animée, de faire passer une photographie vers le film, ou encore de déplacer une peinture vers la sculpture.  La transformation n’est pas pour moi un simple changement de médium, mais une manière de prolonger une idée et d’explorer ce que le passage d’un état à un autre produit dans l’expérience. Aujourd’hui, ma recherche s’oriente vers l’exploration de l’inconscient humain, dans le prolongement de mon intérêt pour le mouvement et les processus de transformation.

Wargnier Zirekian

Ma participation aux Ateliers Ouverts s’inscrit dans la première édition de la résidence Un bruit qui court, initiée à l’Atelier Pierre Kieffer à l’invitation de Renée Kieffer, son épouse, qui a filmé la vidéo éponyme. La magie blanche de l’image numérique y convoque l’artiste : esprit, geste et parole, malicieusement suspendus, nous autorisent au jeu – une forme de ping-pong entre une œuvre interrompue et celles qu’elle pourrait encore susciter.

Investir aujourd’hui cet espace en qualité d’artiste, et disposer du temps nécessaire pour fréquenter ses toiles, n’a rien d’anodin pour moi. J’ai connu Pierre Kieffer. Cette rencontre fut décisive. Pourtant, bien que j’aie occupé durant plusieurs années un local à l’étage inférieur de son cabinet, j’ignorais tout de l’existence de son atelier et de son travail plastique.

Qui était donc ce Pierre Kieffer que je trouvais si peu loquace ? Sa disparition laisse moins un silence qu’une présence active : livres, notes, œuvres, outils et matériaux composent aujourd’hui un paysage dense avec lequel dialoguer.

Ce lieu m’appelle à reprendre la recherche plastique amorcée au début des années 2000 autour de l’intime et des tensions qui s’y déploient – visibles comme invisibles -dans et au-delà de l’amour, du désir et de la mort. Il m’invite aussi à parler de Pierre et avec Pierre : collecter indices et traces, formuler des hypothèses à partir desquelles peinture, écriture, installations ou formes sonores pourraient entrer en correspondance.

Mon travail s’intéresse aux histoires qui surgissent des lieux que nous habitons, publics ou privés : le van des départs en vacances, un salon traversé par la sieste, une place qui respire, une usine habitée de poésie ou un atelier qui continue de travailler après la disparition du peintre. Je cherche moins à raconter une histoire qu’à observer comment elle naît – à travers un espace, un geste, une rencontre.

Mes projets prennent ainsi appui sur des lieux existants que j’explore dans la durée. Par l’immersion et l’échange avec celles et ceux qui les habitent, j’essaie de faire émerger relations, souvenirs et tensions invisibles. Les formes produites, qu’il s’agisse d’installations, dispositifs participatifs ou propositions visuelles, sont pensées comme des expériences ouvertes où visiteurs, récits et espaces entrent en résonance.

Jérôme Rich

Jérôme Rich est un artiste pluridisciplinaire. Musicien, chanteur clavieriste bidouilleur dans Contremeute, Hubert lamentin, et Dribbbbble. Comédien dans le collectif la Bévue, collectif de théâtre de rue avec le spectacle plongeon piscine.  Membre fondateur du collectif noun ( nous ne savons pas) 
Il est aussi plasticien, sculpteur,scénographe.  il travaille avec plusieurs compagnies de spectacles (Atelier Mobile, La bévue,  collectif noun).  Développe une pratique du bricolage avec comme médium principale le métal, la soudure, la découpe plasma. Il a participer a plusieurs exposition collectives,
notamment en forêt sur le sentier des passeurs dans les Vosges
(édition 2015-2017 et 2019). Il participe cette année ( 2026) à l’exposition l’art est dans le pré prêt de Troyes. avec la fabrication de deux portails géants en acier. Exposition prévue de Mai à Novembre.  Aujourd’hui au fruit de toutes ses expériences
multiples, on retrouve dans son travail une intention poétique particulière , à la fois drôle, affecté et sincère. Aujourd’hui il est membre du collectif la semencerie. Il a obtenue son diplôme d’art en 2018 à la Hear en développant un travail de performance. 

Matt Crime

Matthieu Crimersmois aka Matt Crime, lui, n’a jamais vraiment choisi entre la peinture et la platine, entre l’objet trouvé et la machine bricolée. Il installe ses œuvres comme on déploie un laboratoire nomade, quelque part entre le théâtre anatomique, le plateau de scratch et l’atelier d’un archiviste halluciné. Ce qu’il cherche ? Peut-être à faire résonner le geste dans ses plis les plus ténus, à injecter dans l’image l’écho sourd d’un vinyle rayé ou d’un spectre sonore.

Dans son atelier ouvert — aussi ouvert que mécanique, vibrant, câblé — il ne montre pas, il rejoue. Les dessins s’y font en temps réel, tirés au cordeau ou aux pulsations, accompagnés de machines qui grincent, respirent, convertissent l’inaudible en visible. Un bras qui trace, une boucle qui recommence, un trait qui devient partition. Ici, les tableaux se frottent à la matière même de leur production, dans un chaos savamment orchestré de courroies, de pinceaux suspendus, de sons enfouis dans l’image.

On vient chez lui comme on viendrait à une séance de spiritisme technologique, pour écouter ce que les objets ou sons enregistrés murmurent quand ils sont mis sous tension. Et peut-être, repartir avec un fragment du récit.

Compagnie MAYBEFOREVER

La Compagnie MAYBEFOREVER a été fondée en 2020, elle est basée à Marseille et son périmètre de travail est international. Elle situe ses activités dans le champ des arts plastiques et des arts de la scène en espace public et se positionne comme interdisciplinaire. Les espaces investigués sont pluriels : espaces dédiés aux domaines artistiques et espaces non dédiés comme les espaces publics. MAYBEFOREVER est composé des créations dont Lilli Döscher est à l’initiative où dont elle fait partie. Les projets de la compagnie sont second wind/second souffle/zweite luft – performance dansée in situe en espace public dont le propos est le mouvement des situations figées et now is already today un dispositif performatif pour et avec les enfants autour de la question de nos relations à l’environnement et au changement climatique.

Afi Sika Kuzeawu

Dans sa performance, Afi Sika porte des vêtements faits main, fabriqués à partir de tissus qu’elle a collectionnés pendant des années. Ces vêtements uniques sont l’expression de sa réflexion artistique. Lorsqu’elle se produit dans des lieux choisis, elle invite le public à ralentir le pas et à vivre le moment présent en ralentissant sa perception. L’escargot est un motif central de son travail : les ornements sur les vêtements symbolisent une « maison portable », un symbole des expériences migratoires que partagent de nombreuses personnes de la diaspora africaine. Cela reflète le mouvement constant entre les cultures et la recherche d’un ancrage intérieur au milieu d’une biographie fragmentée. En même temps, cela met en lumière l’importance de l’auto-régénération pour exister en tant qu’individu et être actif économiquement et socialement.

Michaël Reinhold

Michaël Reinhold (geb. 1990) ist ein schweizerisch-französischer Künstler tunesischer Herkunft, der derzeit zwischen Berlin und Mulhouse lebt. Seine künstlerische Praxis umfasst eine Vielzahl von Medien, darunter Performance, Film, Video, Schreiben und Malerei. Reinhold hat einen Bachelor in Bildender Kunst von der Zürcher Hochschule der Künste sowie einen Master in Kunst und Medien von der Universität der Künste Berlin mit einem Schwerpunkt auf experimentellem und narrativem Film.
Reinholds grenzüberschreitende Arbeiten befassen sich mit den komplexen Schnittstellen von Identität, Liminalität und Masculine Fragility. Durch seine Performances und seine stetig wachsende Besetzung von Alter Egos lädt er das Publikum dazu ein, gesellschaftliche Normen zu hinterfragen, vorgefasste Meinungen aufzubrechen und sich mit tiefgründigen Diskussionen über Selbstbild und die Rollen, die Individuen in der heutigen Gesellschaft einnehmen, auseinanderzusetzen. Indem er zutiefst persönliche Narrative mit kultureller Kritik verbindet, schafft Reinhold kollektive Erfahrungen, die nicht nur zur Reflexion anregen, sondern auch dazu ermutigen, neue Perspektiven auf die Welt zu entwickeln.
Seine Arbeiten wurden unter anderem im Kunstverein Friedrichshafen, im Kunstmuseum Winterthur, beim Tokyo Image Forum Festival, im Run Run Shaw Creative Center (Hongkong) und im Superblue Miami präsentiert. Er wird von der Kunststiftung des Zeppelin Museums sowie in mehreren privaten Sammlungen in der Schweiz und Frankreich vertreten.
Michaël Reinhold versucht derzeit, in Berlin, Zürich und dem Elsass zu schlafen.
Michaël Reinhold (né en 1990) est un artiste suisse-français d’origine tunisienne vivant actuellement entre Berlin et Mulhouse. Sa pratique artistique englobe une grande diversité de médiums, notamment la performance, le film, la vidéo, l’écriture et la peinture. Reinhold est titulaire d’un Bachelor en Beaux-Arts de la Zürcher Hochschule der Künste ainsi que d’un Master en Art et Médias de l’Université des Arts de Berlin, avec une spécialisation en cinéma expérimental et narratif.
Les œuvres transdisciplinaires de Reinhold explorent les intersections complexes entre identité, liminalité et fragilité masculine. À travers ses performances et sa constellation grandissante d’alter egos, il invite le public à questionner les normes sociales, déconstruire les idées préconçues et s’engager dans des réflexions profondes autour de l’image de soi et des rôles que les individus occupent dans la société contemporaine. En mêlant récits intimes et critique culturelle, Reinhold crée des expériences collectives qui encouragent autant l’introspection que l’ouverture à de nouvelles perspectives sur le monde.
Son travail a notamment été présenté au Kunstverein Friedrichshafen, au Kunstmuseum Winterthur, au Tokyo Image Forum Festival, au Run Run Shaw Creative Center (Hong Kong) ainsi qu’à Superblue Miami. Il est soutenu par la fondation artistique du Zeppelin Museum et figure dans plusieurs collections privées en Suisse et en France.
Michaël Reinhold tente actuellement de dormir entre Berlin, Zurich et l’Alsace._

Elisa Sanchez

La pratique artistique d’Elisa Sanchez – qu’elle soit performance, texte, installation, pièce textile ou vidéo – cherche à créer des narrations hybrides afin d’imaginer des futurs désirables.  Ses propositions tendent à former des écosystèmes propres à déployer des dispositifs fictionnels. Son territoire de recherche se situe entre le Far West et les étoiles, les rues de Strasbourg et celles de Shanghai, l’univers virtuel des jeux vidéo et l’infini de l’espace. Les histoires qu’elle raconte sont peuplées de fougères attentives, d’astronautes lesbiennes et de vaches rebelles. Par glissement, humour et détournement, Elisa questionne la manière dont on fait monde tout en y inscrivant des éléments poétiques. Elle développe une réflexion sur les possibilités de faire de l’art dans une écologie de production, une économie de moyen et une présence à la fois douce et militante.

Rose-Mahé Cabel

Né en 1995, Rose-Mahé Cabel a étudié à la Hear Strasbourg de 2014 à 2020 en option art-objet atelier verre, puis a suivi une formation d’herboristerie de 2020 à 2023. Aujourd’hui, Rose-Mahé Cabel est plasticien, performeur, chercheur indépendant, travaille entre Strasbourg et Paris. Iel fait parti de plusieurs collectifs d’artistes ; collabore régulièrement avec Aëla Maï Cabel, autour de savoir-faire vernaculaires textiles, teintures naturelles et tissages. Notamment, dans le projet créé par Aëla Maï Cabel et Jeremy Piningre, Adventices, Callune, Ailante, Lichens et plantées – Teinture naturelle en Limousin & ailleurs. A co-créé la collective Æchillea, en 2020, avec Zoé Joliclerq et Valentine Cotte, collective autour des pratiques de soins. En creusant la faille de la fragilité, du soin, de l’attention, du changement de perspective, le travail de Rose-Mahé Cabel questionne la rationalité et l’ordre établi, avec la mutation comme dispositif, la dédicace comme langage et l’organique comme matériau*. Avec son alter-égo fictionnel Rose, iel convoque les chimères, les créatures déviantes ; figures intermédiaires au sein d’écosystèmes élargis, entre les humains et les non-humains, le vivant et l’inanimé, le visible et l’invisible. Sa démarche s’inscrit dans celle de la mythopoétique, consistant à historiciser et à analyser les mythes à travers leurs variations, leurs réinventions et leurs reconfigurations – dans une nécessité de multiplier les points de vue et de se réapproprier des histoires trop souvent construites et racontées conformément à une doxa dominante. L’ensemble de ses recherches se structurent dans un jeu d’allers-retours entre un travail de remembrance iconographiques et une pratique d’investigations et d’enquêtes de terrains ; prenant en exemple les vivants non humains et portant une attention toute particulière aux circulations de partages de savoirs et savoir-faire. *Céline Sabari Poizat, NONFICTION, 2023.