Isabelle Garnier Luraschi

Isabelle GARNIER-LURASCHI, artiste peintre développe depuis plusieurs années un travail autour de questions étroitement liées à l’idée de géographie privilégiant la notion de point de vues et de regard sur le monde: « Images satellites, monde balisé auscultable à l’infini, la peinture serait la proposition d’une nouvelle cartographie distanciée convoquant tout autant qu’un territoire naturel les frontières mouvantes de l’espace flottant qui habite notre imaginaire. Retrouver, explorer et questionner la Terra Incognita disparue de nos cartes. » I G L

Fanny Buecher

Ma pratique se développe autour du dessin et de la peinture, oscillant entre petits formats et installations qui se déploient dans l’espace d’exposition. 

Les techniques que j’emploie sont le fusain, le pastel sec et une peinture de ma composition qui s’apparente à l’aquarelle. 

Mon regard se porte particulièrement sur les formes de la nature et je veille à ce que le dessin d’une pierre, d’une fleur, d’herbes sauvages, ou d’un bout de jardin, soit aussi le lieu où s’exprime une présence, une voix. 

Partant souvent d’un geste spontané, qui s’enrichit petit à petit d’images mentales, de photographies, de préoccupations du moment et de références à l’histoire de l’art, mes dessins invitent à regarder le vivant avec une attention renouvelée. 

Les motifs, la couleur, la texture, les traits s’assemblent pour créer des récits sensibles tels des paysages intimes. 

Mon processus est marqué par l’expérimentation et les changements de technique. Ma façon de travailler ne suit pas un chemin tracé. Il s’égare, s’essaie, se transforme. Je fais avec la sève du moment, en conciliant l’affluence autant que les erreurs présumées de manière inclusive.

 

Atelier de l’Écho : https://www.instagram.com/atelierdelechoboersch/

Jacqueline Bilheran Gaillard

Un triple travail de photographie, de peinture-techniques mixtes et de sculptures-assemblages. 

Mon regard saisit de la beauté dans ces continents de déchets produits par la consommation de masse ou dans les lieux désertés d’une industrie périmée. Mon objectif photographique y prélève les couleurs de ma palette et les formes de mes motifs artistiques : métal, papier, plastique, entassés, écrasés, plissés, déformés, colorés. Le fouillis de formes et de couleurs que je saisis dans ces tas de détritus ou ces lieux à l’abandon, deviendra peintures, sculptures, photographies plasticiennes. Mes photos sont donc à la fois le point de départ, le matériau de mon travail pictural par l’usage du transfert, et un aboutissement quand je les retravaille, que je photographie des fragments de sculptures ou que je peins des sculptures photographiées. De la photographie à la peinture, de la peinture à la sculpture, pas de choix exclusif des médiums ni des matériaux, mais un même univers, la poésie de l’abandon, la beauté des objets qui ont perdu leur usage familier et subi l’usure du temps et la déformation aléatoire de l’entassement, celle aussi, volontaire, de l’artiste démiurge qui comprime, écrase, fond, déchire, plisse, assemble, colore, peint.

Mes peintures et mes sculptures empruntent au Pop Art américain ou au Nouveau Réalisme une part de leurs techniques et leur fascination pour l’univers de la culture populaire à l’époque de la consommation de masse. Tout dans le monde qui nous entoure, même les objets les plus triviaux, peut faire art. Il n’y a pas de hiérarchie des formes et des matières. Le sens, l’émotion et le beau peuvent surgir là où on ne les attend pas. En cela je produis sans doute comme une archéologie et une mémoire de ma propre culture, celle de la pénurie de l’après-guerre où l’on ne jetait rien, où tout pouvait être réutilisé. Celle aussi des Trente Glorieuses et de l’abondance inouïe promise par de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques.  

Travail de généalogie, d’interprétation, pour retrouver, sous les strates du présent, dans ces restes relégués aux marges, ce qui fait encore sens. Mais travail d’une époque qui n’est plus celle de l’émerveillement devant le ready made ou la vitrine de Noël du Grand Magasin, mais celle de la catastrophe annoncée et du tragique de l’excès, de l’accumulation et de la décrépitude. Fascination pour les pertes, les destructions, les formes du difforme, pour les formes de ce qui est exclu comme déchet, déprécié par la culture dominante et qui devient signifiant pour l’artiste.

 

Hedy Adriaansz

Ma peinture est figurative, impressionniste et colorée; on y retrouve des
influences Occidentales et Asiatiques.
L’art japonais m’inspire, souvent de manière inconsciente. Dans mes
compositions, j’intègre des espaces vides pour créer du mouvement et
donner une signification particulière à certaines parties du sujet.
J’aime laisser place à l’imagination, permettant au spectateur de
s’évader et au tableau de ‘respirer’.
Je suis attirée par la beauté de l’inachevé, et je peins l’instant présent ;
mon objectif n’est pas de « figer » mes sujets, mais de permettre au
spectateur de « lire entre les lignes» de mes œuvres.
Cette approche se retrouve également dans mes techniques de
gravure, ou je crée des « accidents » plus ou moins intentionnels.
La découverte de la teinture végétale sur tissus pendant les stages dans
le sud de la France influence mon travail. La couleur indigo me fascine
comme les pigments naturels et leurs pouvoirs colorants.
Pour cette édition d’ Ateliers Ouverts 2026, je montrerai une
présentation de travaux récents avec différents médiums (peinture
acrylique, peinture avec des pigments naturels, gravure, monotype
céramique et vannerie) sans distinction entre art et artisanat. Pendant
un voyage en Colombie-Britannique, Canada, l’art des Premières
Nations m’a beaucoup impressionnée comme les actions de défendre
leur environnement. J’ai appris que dans la tribu de Haida il n’existe pas
de mot pour désigner l’art. Chez eux, l’art est une partie intégrante de la
vie. Cette idée de l’inclusivité me parle beaucoup.

Laure Nantois

Le végétal est devenu ma source d’inspiration. La nature comme barrière végétale, foisonnante, lumineuse ou obscure. Elle renvoie pour moi à un imaginaire fort et riche d’ambivalences : le visible/le caché, la permanence/la disparition, l’idée d’un abri, d’un endroit ou l’on peut se perdre ou se retrouver. Je joue de la tension entre photographie et peinture, à partir de quoi je créé de nouveaux contours, une nouvelle réalité, intemporelle. Le regard s’y fraye un passage, entre ce qui jaillit de ce paysage et la part d’invisible qu’il contient.

Stephan Jon Tramer

Tramèr erachtet das Experimentelle als nicht wesentlich. Das unkontrolliert Gestische als Ausdruck kreativen Ausdrucks spielt für ihn keine Rolle, da es nicht seiner Eigenart entspricht. Er legt aber Wert auf die Bedeutung des im Momenthaften, in der zurückhaltenden Handschrift des Malvorganges  befindlichen Duktus, der sich aber durchaus in Eruptionen, sinnlichen Erregungen und visuellen Sensationen niederschlägt. Aufblitzende Lichtpreziosen sind mit Umsicht gesetzt. Jedem Farbfleck wird sein Platz zugewiesen. Farben werden abgeschwächt und verstärkt. Strukturen werden zusammengefasst, gerafft und akzentuiert. Licht und Bewegung sind Haupttriebe des Bildgeschehens. Die Malerei bündelt anstürmende Innenkräfte und zwingt das Chaotische in Form und Gestalt. Es sind Bilder von Feurigem und Wässrigem, welche die Horizonte aufbrechen, wo Eis aus schwarzen Himmeln fällt und glühende Galaxien auseinanderdriften. Alles ist in Bewegung. Unnennbares wird sichtbar, was nicht heisst, dass es verstandesmässig begriffen werden könnte.

 

TOV

Christophe Schircker, connu sous le nom d’artiste TOV, développe depuis 2007 un langage pictural singulier, fondé sur la liberté absolue du geste et la puissance expressive de la ligne.

Tout part d’un acte. La toile est posée à plat sur le sol, et le peintre se met en mouvement autour d’elle. Le bras s’élance, la peinture coule, glisse, se répand en arabesques imprévisibles. Cette technique du dripping et pouring, héritée de l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, est pour TOV bien plus qu’un procédé : c’est une philosophie. Celle de l’instant capté dans toute sa vérité, avant que la raison ne vienne corriger, lisser, contrôler.

De ces premières coulures émergent des formes vivantes — des visages, des corps, des silhouettes en mouvement. La figure humaine s’impose naturellement, comme si elle était toujours là, tapie dans les lignes, attendant d’être révélée. TOV la libère, la réinterprète, la célèbre avec humour et chaleur. Ses œuvres dégagent une énergie communicative, portée par des couleurs vives et des lignes qui semblent danser sur la toile.

Le travail de TOV se déploie en plusieurs séries complémentaires. Les TETOTOVs explorent les expressions du visage, principalement le sourire, avec des lignes courbes et déliées qui insufflent joie et vitalité. Les Inseparables représentent une communauté humaine épicurienne, avide de partage et de présence. Les Triptyques et Diptyques jouent avec la structure, le relief et la profondeur, donnant à chaque ensemble une dimension architecturale. Les Tableaux Design transgressent les formats habituels, explorant des supports aux formes inattendues. Enfin, les Monotypes ouvrent la voie à l’expérimentation pure, où la surprise du résultat est elle-même source d’émotion.

Ce qui unit toutes ces séries, c’est une même exigence : rester fidèle à l’énergie de l’instant. Ne jamais trahir la spontanéité du premier geste. Laisser la ligne raconter ce que les mots ne peuvent pas dire.

TOV expose régulièrement en France, en Allemagne et en Suisse, où son travail rencontre un public sensible à cette alliance rare entre liberté formelle et profonde humanité.

Une ligne. Un souffle. Un visage. L’essentiel.

Julia Leuenberger

Ich arbeite mit unterschiedlichen Maltechniken , jedoch beschäftige ich mich vorallem mit der Ölmalerei. Ich stelle die Farben oft selber her. Aktuelle Themen und das  Zeitgeschehen verändern und beeinflussen meine Malerei. Zentral bleibt die Auseinandersetzung und das Spiel mit fiktiven Wohn und Lebensräumen.

Claudia Eichenberger

« L’homme se trouve au centre ma création. » « La nostaligie de regarder derrière augmente, mais le secret reste » « Les symboles des diverses confiances. » « Le blanc de la toile en lin et celui de la peinture ont la même intensité que les couleurs. » « Laisser couler la couleur entre les picots des coussins d’air et moucheter la couleur. » « La tache et le cercle m’inspirent. » « Je peins dans la concentration sereine et la spontanéité délibérée. « Mes expériences de performance des dernières années me conduisent vers de nouveaux domaines créatifs, j’investis tout mon corps dans la peinture. » « Je retravaille la peinture colorée avec de la peinture blanche et réduis ainsi aux formes essentielles. » « J’expérimente dans ma peinture, divers matériaux et ustensiles de nettoyage et laisse apparaître la toile blanche. » « Des images de rêve induisent des processus intuitifs et me guident vers la peinture dissolue. » « La couleur expressive me permets de me détacher des formes claires. » « Dans mes précédents tableaux, je mets en évidence, dans la lumière de l’ironie, des personnes dans des situations quotidiennes. »

Jean-Luc Braesch

Les tableaux que je présente, en technique mixte, acrylique et sablages, scrutent dans les hauteurs des cathédrales les traces fantastiques des chimères, gargouilles et animaux qui s’y cachent. Outre leur inspiration animalière, on pourrait les associer à un courant d’art qui vient de la figuration narrative des arts du Rhin, entre réalisme et onirisme.