Alexandra Weisbeck

Entrer dans l’univers d’Alexandra Weisbeck c’est accepter de perdre ses re-pères et parfois en retrouver d’autres qu’on croyait enfouis. Cette bâtisseuse de mondes singuliers procède par accumulations et confrontations, c’est par le dé-calage qui place côte à côte deux choses dissemblables que se crée une nouvelle vision. Les échelles sont bouleversées, les temporalités inversées, les espèces croisées-décroisées. Dans son atelier qui tient à la fois du cabinet de curiosité et de la clinique pour objets blessés, on s’émeut de ce petit peuple incongru et tou-chant qui vous observe, de ces rescapés rafistolés, le bras de l’un remplaçant sou-vent l’aile de l’autre. Alexandra récupère, amoncelle, répare, recycle, réinvente, passant de maquettes miniatures dans lesquelles on aimerait se lover à des es-paces scénographiques aux dimensions extrêmes où l’on peut s’abandonner. Elle construit ses mises en scène avec une dextérité et une invention rares, maniant la perceuse comme un pinceau chinois et la cloison colossale comme une page de carnet. On pense au bricoleur de Levi-Strauss, apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées et pour qui l’enjeu est de transcender l’occasion avec les « moyens du bord ». Et puisque pour elle le monde ne serait pas concevable sans la musique qui lui irrigue les veines, elle mixe avec ce même sens du métissage fortifiant qu’elle applique en toute chose. Très impliquée dans le tissu associatif local, elle est bénévole hyperactive au sein de l’Art et la Matière (plateforme de collecte et de revente de matériaux à l’usage des créatifs) et présidente de la pétulante association Microsiphon, caisse à concerts et vitrine à micro-édition.

Celine Lachkar

L’ensemble de mon travail se déploie comme une chambre d’échos, un conte à multiples facettes. Du dessin comme port d’attache, je tisse finement différentes techniques et joue de compositions en filigrane.  J’y opère à la manière d’une miniaturiste, non par le petit format, mais par la finesse, l’attention aiguisée, l’intérêt pour le symbole et les multiples niveaux de lecture.   J’ai à coeur d’inviter à entrer dans des espaces de soin, à représenter cet espace de  concentration, indicible, centre de toute création, à partager ce cheminement profond et la  magie du précieux qui ressurgit et affleure la surface. Cette attention est un instrument de  renversement du regard, qui permet d’introduire un point d’inflexion, une verticale dans  l’horizon.  Elle permet de décompacter et creuser dans la surface pour faire remonter nos trésors, pour s’émerveiller du beau comme reconnaître notre infini. Je cherche à créer ainsi des images qui nous réparent, nous abreuvent, des surfaces qui chantent. A relier les fragments, trouver les résonances2, écouter ce qui vibre encore, ce qui brille dans le noir.  En cela, mon travail est une mise en abîme, puisque le geste de créer, de dessiner, devient le  sujet lui-même. Je vois ce geste comme un acte puissant qui dissoud les rigidités, les nôtres et celles du monde. C’est une première écologie. Un acte poétique3, de quête du vivant, de ce qui vibre encore, remet en circulation, remet le coeur en mouvement. Un acte de jardiner, fertiliser le plus subtil en nous, planter une image-graine pour qu’elle croisse en celui qui la regarde. Un acte de beauté4 aussi .   D’abord intéressée par la question de l’origine des formes et de l’illusion perceptive, j’ai développé par la suite celles de la perte de lien et de sens, et en même temps sa quête.  Deux visions cohabitent ainsi dans mon écosystème et que j’aime à raconter :  celle de notre société moderne, réductionniste, cloisonnée et fragmentée. Ce premier regard, mécanisé et aride, nourri de quantité, de vitesse et de spectaculaires reflets, s’arrête à la surface du monde. Comme une terre mal irriguée, il sèche et se casse. Cet état de minéralité avancée5 appelle à irriguer et redonner une profondeur. Ainsi naît la vision du chercheur ou du créateur qui par sa concentration peut recréer cette  cohérence. Une quête de réenchantement, par une démarche archéologique, mais aussi  alchimique où je distille et condense le plus précieux. Un chemin initiatique des contes et des mythes, qui induit l’idée de réconciliation. Celui qui permet de se défaire d’un mauvais sort, un acte magique ou conjuratoire.

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

 

Anaïs Touchot

Anais Touchot, est née en 1987. Diplômée des beaux-arts de Brest en Art et Design, en 2011 et 2010, elle produit des installations en utilisant des matériaux modestes, pauvres pour créer des espaces majoritairement praticables.
Selon une esthétique du « Do it yourself» à partir de gestes simples, elle déconstruit et reconstruit des objets, des espaces, des situations, inspirés par des coutumes locales, des bricolages mal foutus. »

Laurent Hunzinger

Mon activité de mosaïste Représente un travail de recherche sur la matière minérale, principalement : Galets, cailloux, pierres semi-précieuses et précieuses, pierres de taille, moellons, marbres et dalles de calcaires plus divers. Représente un espèce de tissage minéral dont la trame serait le mortier. Recherche sur la juxtaposition ou côtoiement des matières minérales mais aussi sur les teintes et les différentes formes de fragmentation. Il faut casser pour reconstruire. La matière est heurtée, malmenée, jusqu’à nous faire découvrir son intérieur, l’âme de la roche. Le morceau polyédrique s’appelle la tesselle, sa multiplication à volonté en constitue la mosaïque. Celle-ci peut être perçue comme une société et chaque tesselle comme un individu. Chaque individu est unique et, de par sa multiplication, contribue à la collectivité.

André Schoenfeld

Je suis fabricant d’absurdités, inutiles et incongrues, drôles et pas drôles, qu’on pose ou qu’on accroche, avec des choses à voir et à imaginer si on les regarde de front.
Mes idées naissent le plus souvent d’un jeu de mot ou d’un malentendu ( voire d’un malvu ). Puis sous l’effet de techniques hasardeuses et variées mais relativement efficaces, elles prennent vie et peuvent enfin se répandre et proliférer librement sous l’œil attendri de leur créateur.

Patrick Steffen

Patrick Steffen *1969 vit et travaille à Bâle CH et Hégenheim.

Patrick Steffen utilise différents médiums allant de l’installation à la vidéo en passant par le dessin et l’anagramme.

«L’oeuvre de Patrick Steffen met en évidence l’essence des phénomènes naturels ou des artefacts trouvés, en les présentant dans un dispositif poétique et fragile. (…) Il joue avec l’effet de la matérialité et sa transformation. En voilant le regard sur ses sujets, il les réinterprète sans excès d’effets.»
(Philipp Grünenfelder)

Dorothée Haller

Je comprends le textile comme un lien entre l’architecture et ce que nous portons sur la peau. De ce lien, je tire des conclusions sur les comportements humains, les changements culturels et leur influence sur l’environnement.

 

Mes travaux naissent de photos qui témoignent d’observations anthropologiques urbaines.

Un autre aspect important dans mon travail est la création avec mes mains, de toucher la matière et inventer des textures. Le tissage est particulièrement important, il reflète l’idée profondément humaine de la construction, de l’organisation et du besoin de façonner l’environnement immédiat.

 

Je suis designer textile et fondatrice du studio dorothee haller à Mulhouse. Je travaille principalement avec des chutes et des surplus de l’industrie textile locale ou des produits à faible empreinte écologique. Je les comprends comme ressource de haute qualité qui mérite d’être revalorisé. Ma pratique oscille entre art, artisanat et design. Je conçois des pièces uniques, mais aussi des séries limitées de plaids, tapis et coussins.

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

 

William Drummond

Du métissage Hopi à la gueule de bois coloniale en finissant par l’exotisme noir, mon travail se lit et se raconte comme une succession d’événements à la fois intimes et collectifs, pour donner naissance à une réinvention du monde.
Mon travail prend la forme d’installations, de dessins, d’éditions ou encore de performances.
En cristallisant mes expériences sous la forme d’expositions, j’ai pour ambition de faire pénétrer le spectateur dans un instant révélateur de nos fantasmes et de nos angoisses. La réalisation d’éditions, de recueils, d’écrits et de conférences vient éclairer mes recherches sous un autre jour : j’organise ainsi le sauvetage d’une pensée en devenir, laissant mes recherches, toujours inachevées, hors de tout enfermement dogmatique.

Elise Alloin

Les recherches d’Élise Alloin engagent les notions contemporaines depaysage, de no man’s land, de dispositifs, d’*in-situ* qui impliquent ainsi
les corps et la mémoire de l’expérience, sans quoi il ne serait jamais
question d’*habiter*, ni de la construction de *lieux*.
Toutes les oeuvres de l’artiste interrogent des manières de prendre position
– dans un espace artistique, mais aussi social et politique au sens du
commun – la sculpture étant à son sens une affaire de « position de corps
dans un espace ». Par une mise en tension entre des matières, entre des
corps et des choses et par la confrontation de temps et d’espaces étrangers
les uns aux autres, les oeuvres d’Élise Alloin agencent dans l’espace une
équation entre ces éléments pour produire des questions spécifiques aux
contextes d’accueil de l’oeuvre, permettant d’offrir une forme à appréhender
pour l’impensé.
Depuis 2011, les recherches de l’artiste autour du phénomène physique
invisible et insensible qu’est la radioactivité catalyse l’ensemble de ses
réflexions sur la sculpture comme expérience donnant *lieu*. Son travail se
développe notamment depuis 2014 dans le cadre d’une collaboration active
avec des chercheurs en physique nucléaire de l’Institut Pluridisciplinaire
Hubert Curien (CNRS/Université de Strasbourg).