Collectiv ARTsTRAvers

Le collectif ARTsTRAvers travaille sur la „TRANS-scription du paysage“ dans le  Dreyeckland.

Actuellement, ils posent leurs interventions écrites et auditives sur le Rosenberg une colline entre Hégenheim (France) et Allschwil (Suisse). En traversant la frontière, entre le ventre Hegenheim et le Windzimmerde la Kunsthalle Allschwil, ils produisent des transformations poétiques du paysage perceptible en texte et en son.

Le collectif ARTsTRAvers est pluri-lingual. L’écrivain Victor Saudan écrit en français et en dialecte, l’artiste Mimi von Moos explore la langue allemande, mais fait aussi volontiers des incursions linguistiques dans l’inconnu, et l’artiste et musicien Martin Burr se consacre au vocabulaire des bruits et des choses sonores du Rosenberg.

 

En se consacrant à l’expérience du paysage, le texte et le son alternent et deviennent partie intégrante d’un itinéraire de promenade entre les deux maisons de la culture.

Les textes et les sons déposés par Mimi von Moos, Victor Saudan et Martin Burr sur le Rosenberg seront également mis en ligne sous forme de podcast et pourront être consultés sur les sites web des deux maisons culturelles et via les médias sociaux.

 

De la même manière qu’un tableau apparaît irrémédiablement différent au spectateur après avoir lu la légende qui l’accompagne, il en va de même pour une promeneuse qui perçoit un paysage à travers lequel elle se déplace. Dès que le paysage est associéà un texte qui lui est consacré, qu’il s’agisse d’un texte imaginaire, d’un texte surréaliste, d’un récit fictif basé sur des faits historiques ou d’un récit d’histoires vraies, il se modifie dans la perception des promeneurs qui le traversent.

Les connotations entre l’image, le son et le texte influencent et renforcent la relation et la forme de relation que nous tissons toujours, spontanément et le plus souvent inconsciemment avec notre environnement.

La transcription du paysage permet d’identifier de fins réseaux qui se posent sur le paysage et se densifient à mesure que l’on s’intéresse à son histoire, et aux histoires et possibilités qui s’y jouent. L’histoire est synonyme de stratification. Nous en faisons partie. Nous devenons le paysage et le paysage vit en nous.

 

Cette rencontre d’égal àégal décrit également une forme alternative de coopération entre les institutions culturelles : elle oppose au traitement colonialiste d’Art Basel (Miami Beach, Hong Kong (plus tard Singapour ?) et Paris) une invitation réciproque entre les contenus et l’organisation dans l’environnement de la région.

Sun Choi

L’œuvre de Sun Choi trouve ses racines dans l’observation du quotidien, des phénomènes sociaux ou d’événements traumatiques personnels et historiques. L’artiste y prélève des motifs issus de matières organiques, sédiments ou autres ressources corporelles (souffle, odeur, salive, lait maternel, résidus de produits chimiques ou d’eaux usagées, etc.) qu’il manipule à dessein.
De cette collecte naît une peinture abstraite dont les motifs évoquent la calligraphie traditionnelle d’Extrême-Orient et où co-existent diverses dualités
: celle de la surface et de la profondeur, celle de l’artistique et du non-art, du visible et de l’invisible, de la vie et de la mort, du matériel et de l’immatériel, du beau et du laid.
Les œuvres de Sun Choi tirent parti de ce masque décoratif pour transfigurer l’ordinaire et sublimer le périssable.
Dénonçant l’approche normative du «beau», Sun Choi questionne la valeur intrinsèque de l’art autant qu’il célèbre l’expérience sensible et anoblit le vivant.

Anna Byskov

Anna Byskov née en 1984 à Quito (Equateur) vit et travaille à Genève et Nice, a
des origines et un parcours difficiles à réduire en trois mots. Partagées entre les cultures et langues danoise, anglaise, suisse, c’est quelqu’un qui cherche souvent ses mots…. Son travail évolue lui aussi dans des zones floues du non-sens, du contre-sens ou de «l’antisens» : L’absurde finit toujours par prendre le dessus. Elle incarne souvent différents personnages dans ses vidéos qui rencontre des problématiques, que ce soit dans la communication ou dans l’action, la tentative d’accomplir une tâche quelconque, rencontre toujours l’échec, produisant frustration, autodérision et répétitions du geste ou de la parole. Elle détient un diplôme d’études supérieures de la Villa Arson à Nice. Elle a participé au 55ème Salon de Montrouge, « A une forme pour toute action » dans le cadre du Printemps de Septembre et « Le Festival » dans le cadre de « Beaubourg-la Reine»
au centre Pompidou. Marion Tampon-Lajariette
Anna Byskov (°1984) est une artiste anglo-danoise diplômée de la Villa Arson en
2008, vit et travaille entre Paris et Genève. Elle pratique la performance où son corps et son esprit sont engagés vers la voie du burlesque et de la folie, l’artiste incarne des personnages à la frontière trouble, mêlant fiction et récit personnel, nous emmenant jusqu’aux confins de l’absurde, de l’incongruité. Ses récentes expositions : Crac Alsace, FABRIKculture, Hégenheim ; La Halle aux Bouchers, Kunstwerk Carlshütte, Büdesdorf ; Le Narcissio, Nice ; Bains-Douches, Alençon ; Maison d’Art Bernard Anthonioz, FNAGP, Nogent sur Marne ; PAC, Printemps de l’Art Contemporain, Marseille , ReActor Festival Performance, Power Station of Art, Shanghai. La Houle, 2021

Frank Morzuch

Artiste visuel franco-canadien, Frank Morzuch explore les questions liées au paysage, qu’il soit virtuel, naturel ou construit, en interrogeant plus spécifiquement le point de vue à partir duquel s’exerce la vision. Ses propositions présentent une intrication subtile de la matière et de la lumière, associant des matériaux tels que branches et cailloux à des dispositifs électriques et magnétiques nécessaires pour tisser et défaire «l’étoffe du visible».S’intéresse aux chiffres et à leur incidence spatiale.D’une manière plus conceptuelle, ce travail le mène, dans le champ de l’histoire de l’art, à partir des gravures d’Albrecht Dürer, à questionner l’espace du regard afin d’imprimer son dessin non plus sur du papier mais directement dans l’esprit du regardeur.

Nicolas Barberot

Nicolas Barberot explore les différents modes de communication pour parler aux gens des changements occasionnés par les bouleversements actuels. Il nous questionne sur notre rapport aux autres, aux groupes, à la cité pour continuer à vivre ensemble de manière conviviale et festive…Le jeu est un moyen, pour rester connecté aux autres, au monde du vivant et à soi-même.Pour faire simple Nicolas Barberot aime l’art populaire, un art qui se revendique modeste, à la portée de toutes et tous.Un art qui ne s’écrit pas avec un grand A mais qui s’écrit à travers une quête permanente de sens.« Une nouvelle ère se dessine, rendant l’homme à sa dignité sauvage et donnant sens, joie et ambition à son existence … L’Art d’aujourd’hui sert d’esquisse à ce nouveau projet de société. » Guillaume Logé,  « Renaissance sauvage » édition PUF .

Ugo Lange

Dessinateur prolifique, Ugo Lange pratique un art multiforme qui couvre une grande palette d’ex- pressions graphiques, depuis le croquis aide-mémoire jusqu’aux descriptions détaillées et minu- tieuses de ses planches « méta-réalistes ». Il utilise des outils traditionnels : graphite, crayon de couleur, aquarelle, gouache, lavis d’encres, sanguine, sépia… S’exprimant sur difféentes textures de papier, il joue aussi sur la présentation des supports adaptés à l’espace d’exposition. Ne pouvant entrer ici dans le détail de ces nombreuses œuvres qui méritent chacune l’attention du regardeur, nous citerons plus précisément deux ensembles qui font bien comprendre le processus de l’artiste et les valeurs qui le sous-tendent. Installé alors dans une commune populaire
de la région parisienne, l’artiste y effectue de longues balades en solitaire et découvre son environnement, sorte de road-movie au ralenti ! Il nourrit son carnet de croquis de fragments d’objets, de personnes ou de végétaux captés en des instants fugaces. Plus que la photo dont il dénonce la « platitude », le dessin lui permet de projeter simultanément son propre univers mental fait de mémoire et d’imagination. Il compose les pages de U à la ville, en tentant d’exprimer la porosité entre ces deux mondes : le « réel » et les impressions venues d’un ailleurs très personnel. À la fois observateur et celui qui rend compte de ses observations, l’artiste se met parfois en scène comme pour en revendiquer la subjectivité, ouvrant un nouveau champ de liberté au regardeur qui peut proposer d’autres interprétations ou bâtir ses propres uchronies.
L’artiste évoque aussi le biologiste prussien, Ernst Haeckel, grand artiste dans la façon réaliste
et esthétique de dessiner les filaments des méduses et autres cnidaires flottant dans l’eau en pensant dit-on, à la chevelure de sa propre femme…Les planches raffinées de ce scientifique qui étudiait les rapports des espèces vivantes avec leur environnement (il inventa le mot « écologie ») ont suscité l’intérêt de notre jeune artiste, lui-même engagé dans une réflexion écologique et cosmogonique qui rejoint, à partir de l’art, les théories du penseur. Dans ses Portraits-coraux, la tête d’un monstre, identifié comme être humain grâce au vêtement qui habille son buste, apparaît comme un magma très coloré d’improbables madrépores, polypes et autres coraux marins, voire aussi de fragments d’êtres fantastiques issus de son imagination. Par là, l’artiste entend s’opposer aux théories anthropocentriques et redonne à l’Homme sa juste place dans l’univers. À côté du savant naturaliste, l’écologiste établit les rapports qu’il pourrait y avoir entre ladite montagne et la fourmi et comment les entretenir. Quant à l’artiste, il imagine, grâce à eux, des mondes à venir, encore invisibles mais issus de ceux-là, assemblant des formes exubérantes qui expriment la puissance et la diversité du vivant, qui ouvrent tous les champs du possible. Texte d’Odile CRESPY

Sybille du Haÿs

L’anecdote historique et l’archive font partie intégrante de la recherche plastique de Sybille du Haÿs, autant d’outils qui lui permettent de jouer avec les déclinaisons possibles d’un même récit.Elle saisit l’information pour en livrer son interprétation, comme dans l’installation Les oubliés de l’actualité. Histoire et mémoire sont deux notions récurrentes de son engagement plastique. De l’art à l’histoire politique et institutionnelle, elle balise un champ de recherches ambitieux qui se déploie en plusieurs ramifications de pensée.Elle explore par exemple les manifestations d’une spiritualité universelle, inhérente à la vie, et utilise pour ce faire des éléments appartenant au domaine religieux comme le retable ou l’ex-voto. Dans Reconnaissances c’est la dichotomie entre les notions de sacré et de profane qu’elle choisit de mettre en avant, tout en manipulant les références artistiques, hommage caustique rendu aux artistes et penseurs à qui elle s’adresse. Dans Silence, l’accumulation de cire coulée crée un débordement ; l’ancrage au sol devient indispensable à la mise en scène de cette pièce qui évoque un temps figé, celui de l’institution religieuse statique.Ces détournements d’objets interrogent la manipulation de la matière, comme dans la peinture Portrait d’un aumônier militaire. L’image pixélisée, démantelée, morcelée oblige le spectateur à s’éloigner afin de trouver une distance physique et critique. En partant du territoire local (À l’arbre vert) ou international (Who wants to shoot ? et Invitation au voyage), Sybille du Haÿs décline une pratique pluri-disciplinaire et esquive la conclusion hâtive, s’inscrivant, comme artiste, au cœur de la réflexion mémorielle collective et individuelle.Élise Girardot – commissaire d’exposition et critique d’art membre de l’AICA