Sandrine Bringard

Mes formes anthropomorphiques en céramique sont des reflets de nous-même, nous qui évoluons dans un environnement à la fois réel et imaginaire. Avec la thématique du corps associée à celle de l’eau, je réinterprète l’art de la céramique part des détournements ludiques. Considérant l’humain comme une forme contenant morcelable, je dissocie chaque membre, jambe, torse, tête, organe, en lui affectant une identité précise et une intimité propre. L’eau substance qui nous anime et nous échappe. Elle s’appelle imaginaire, rêve, inconscient, matière pensante et nous entretenons avec elle un rapport ambivalent. Les paradoxes des proportions, des matières, des actions des personnages et des fonctions des objets sont les pivots d’une narration suspendues, qui invite irrémédiablement à délier nos imaginaires.

Mathilde Cochepin

Mathilde Cochepin est auteure-illustratrice et artiste sculptrice. Dans son atelier à Strasbourg, Mathilde écrit, dessine et sculpte des objets uniques inspirés de l’univers jeunesse. Le livre animé, qui est au cœur de sa pratique, s’articule avec une production de sculptures. Totems, crocos-tigres, canards-bananes, chauves-souris dodues… Mathilde développe un bestiaire graphique haut en couleur. Cette artiste participe chaque année à des salons, des foires et des expositions où elle expose son travail.

2022 • SALON RÉSONANCE[S], SALON EUROPÉEN DES MÉTIERS D’ART, FRÉMAA, PARC EXPO WACKEN, 67000 STRASBOURG.
2022 • TRESOR[S] ROUGE, EXPOSITION COLLECTIVE, GALERIE NICOLE BUCKFRÉMAA, 67117 HURTIGHEIM.
2022 • CARRÉ SCULPTURE, MARCHÉ DE LA CERAMIQUE CONTEMPORAINE DE GIROUSSENS (81), TERRE ET TERRES.
2022 • ATELIERS OUVERTS, BASTION XIV, RUE DU REMPART, 67000 STRASBOURG.
2021 • ST’ART, FOIRE EUROPÉENNE D’ART CONTEMPORAIN ET DE DESIGN, PARC EXPO WACKEN, 67000 STRASBOURG.
2021 • SALON RÉSONANCE[S], SALON EUROPÉEN DES MÉTIERS D’ART, FRÉMAA, PARC EXPO WACKEN, 67000 STRASBOURG.
2021 • EXPOSITION EN DUO, ESPACE ÉPHÉMÈRE 22.2, 25290 ORNANS.
2021 • ATELIERS OUVERTS, BASTION XIV, RUE DU REMPART, 67000 STRASBOURG.

Fantine Andrès

LE CORPS MORCELÉ DE LA NATURE Fantine Andrès est une observatrice attentive de la nature dont elle apprécie en particulier les écarts, les formes surprenantes et parfois monstrueuses. Mais nul besoin pour les découvrir de se plonger dans des ouvrages de tératologie ni de consulter les archives de ces baraques foraines où l’on exhibait volontiers les femmes sirènes ou les moutons à cinq pattes. L’étrangeté est partout sous nosyeux. La précision des dessins de Fantine Andrès est un merveilleux instrument pour la saisir. En se servant de crayon à mine graphite elle obtient des modelés particulièrement délicats qui donnent aux plantes une apparence que l’on pourrait dire presque sculpturale si le moelleux des rendus ne suggérait si fortement quelque chose comme l’épuisement d’une animation interne dont le sujet représenté serait encore témoin. Mais ce sont essentiellement des fragments qui nous sont montrés, qu’ils soient disposés au milieu de la page ou que celle ci, de par son format, produise comme une coupe franche qui laisse interrompu le geste de l’artiste. La symétrie de ces formes est parfois troublante et fait penser aux motifs ornementaux de certaines architectures tout en nous rappelant l’évidente géométrie deces végétaux saisies par les photographies de Blossfeld à la fin des années 1920qui évoquent des rosaces ou des colonnes gothiques. Montrées ainsi, hors de tout contexte, elles acquièrent parfois la majestueuse abstraction de coiffes océaniennes ou de masques africains. Or Fantine Andrès ne se prive pas d’utiliser aussi la photographie produisant ici une série d’oeuvres énigmatiques, entre figures abstraites et matériaux anthropomorphes dont la plus singulière est sans doute cette image-apparition dans laquelle on ne peut s’empêcher de voir une vierge debout au milieu des bananiers couchés parla tempête. De même le devenir sculpté de ces dessins trouve t-il en quelque sorte sa réalisation à travers les plantes tressées ou simplement assemblées et tenues par une sorte de galette de maïs pliée, de la même couleur gris anthracite, rappelant ces images antiques de corps pétrifiés par les cendres volcaniques qui ont saisit la vie dans son dernier souffle, impression que renforce la vue de ces feuilles de bananier couvertes elles-mêmes de poudre de graphite. Gilles A. Tiberghien

Magali Hedouin

Illustratrice, je vous présenterai lors de ces ateliers, des » démones aquarellées » et des MicroCéphales* toujours aussi sympathiques ! * Créés en 2003, « Les MicroCéphales » sont, à l’origine, des personnages à grosse tête, évoluant dans des univers imaginaires ou réels. D’un style simple (mais pas simpliste), ils sont, aujourd’hui, le fondement de mon travail. Outils de prédilection : Aquarelle, plume, Rotring, Pantone…

Isabelle Deloron

Yza, véritable touche à tout, est autodidacte. Elle s’essaye à l’acrylique, à l’huile, à l’aquarelle, pour enfin trouver son univers de prédilection dans les variations proposées par l’encre de chine. Ce noir puissant décliné en abstraction suggestive toute en mouvement, au pinceau jouant avec l’eau ou au point précis en figuration la passionne. Le support est important. Papier japonais washi ou papier Lana texturé … chacun apporte par sa structure une dynamique à l’univers du dessin. Les thèmes suggérés ou figuratifs représentent des ambiances de paysages ou animales influencé par la découverte de la calligraphie contemporaine asiatique et les voyages. La découverte de la céramique lui ouvre de nouvelles perspectives : transformer son univers graphique en 3D. Mais cela demande du temps d’essayer de dompter la terre. Son univers pictural influence largement des décors des pièces réalisée au tour en grés blanc, grés noir et récemment porcelaine.

Élise Planhard

Après les fleurs factices singeant les véritables fleurs, il voulait des fleurs naturelles imitant des fleurs fausses. (Huymans, A Rebours, 1884)   « On entre dans le travail d’Elise comme dans un jardin : une tige, un feuillage, une barrière, une tente, un rocher, une arche. On connaît tous les éléments, on les reconnaît, et pourtant ils ne sont pas ce qu’ils sont. (…) Ses matières en attente d’être définies, redéfinissent pourtant les notions de nature et culture. Elles seraient d’une « nature-culturée » ou plutôt d’une nature « cultivée » par la main de l’artiste-jardinier. Ainsi elles nous prennent au piège de leur (faux) semblances. Pièges de lumières et de couleurs, mais aussi de sensations : Elise active une forme de prestidigitation de l’image et de l’objet qui fascine autant qu’elle inquiète. Le simulacre agit jusque dans nos imaginaires, nous voilà dans un deep-fake sculptural et assumé.  Alors on entre aussi dans le travail de l’artiste comme dans un théâtre, ou plutôt une maquette. Elle met en place un décor dont les limites se laissent volontairement discerner, où les loges ne sont pas cachées, et où le rideau ferait autant partie de la pièce. Chaque élément laisse voir ses contours – elle fait du cloisonnement un art à part entière – mais nous ne distinguons pas la bordure de la scène sur laquelle ils sont disposés. C’est parce qu’il s’agit d’un théâtre-jardin sans fin, et bientôt d’un labyrinthe, qui nous met face au vertigineux désir de l’humain à maîtriser ses environnements.  (…) En passant par l’autre face du décorum (dans tous les sens du mot), l’artiste nous invite à habiter le potentiel narratif de nos objets, en recréant leurs versions manufacturées. Mais il y a un soin nécessaire à ses fac-simile. Il s’agit de revenir à une ingéniosité de la matière et du faire, ramenant à une époque où nous habitions autant la maison que le jardin. Par cela il s’agit d’imaginer les autres possibles d’une société fragmentée par la modernité.  Peut-être Elise invite à penser le monde comme une permaculture à décloisonner : en conscience de notre empreinte sur nos environnements (il n’existe à ce jour plus vraiment de nature non domestiquée par l’humain), elle rend visible cette frontière- rupture avec la nature, et à la fois invite à la laisser pousser en dehors des sentiers que nous lui avons battus. Et par cela, à valoriser notre essentielle co-dépendance, et le besoin de renouveler nos contemplations envers elle. Comme lorsque l’on ramasse une graine et lui imaginons une histoire. Elle se plante dans notre esprit, cette image de graine, pour faire germer encore mille autres comme elle. Elise façonne ces nouveaux écosystèmes, facto-factices, naturo-culturels, scientifico-mythologiques, antico-contemporains.  (Extrait d’un texte de Valentine Cotte, Artiste-chercheuse.)

 

GiZi

Les inspirations profondes de Gisèle, alias GiZl, puisent dans ses racines familiales, ces moments de joie partagés, des liens qui nous unissent et interpellent sur l’évolution de l’humain dans un univers en perpétuelle extension. Dans le cadre de sa formation de céramiste à l’IEAC, elle réalise sa première installation artistique, une allégorie parlant de transmission et de diversité. L’installation, occupant 3 à 4 m2, se compose de 26 sphères de différents diamètres disposées en spirale. Ouverte par nature à l’expérimentation, elle s’associe à l’artiste-peintre Sophie Gouvion pour présenter une nouvelle installation sur la thématique des liens, résumée en ces termes par la presse: « Leur installation ne laisse pas insensible tant l’implication des deux artistes lie les deux disciplines. La continuité de la couleur des tableaux dans la présentation des modelages renforce le moi et le double de l’humanité multiple. Les chaînes ne sont pas forcément des entraves mais peuvent servir de liens vers une fenêtre de liberté ». En effet, il parait difficile de parler de chaines sans évoquer le côté sombre de ce lien voulu solide, de l’esclavagisme à l’addiction, l’emprisonnement parfois consenti de notre plein gré. La gravité du sujet se trouve néanmoins conjurée par les couleurs vives qui s’échappent des toiles de Sophie pour coloniser les céramiques de GiZl, harmonie salvatrice pour un message positif au final. Dans le cadre de l’exposition Art au Vert 2019, GiZl explore de nouvelles associations, toujours sur ce thème, en associant le végétal et la terre de grès modelée dans un esprit racinaire. Ainsi les plantes s’enchevêtrent naturellement avec la céramique, le contenu part à la conquête du contenant pour former un ensemble harmonieux, un havre de paix. En relation avec son passé d’aide-soignante, elle aborde également des sujets plus difficiles tels que la maladie, la déchéance. Lors de l’exposition d’Art en Art 2019, elle présente ainsi un buste décharné en relation avec l’opération Octobre rose.

François Bauer

Révéler une archéologie des restes.
Collecter et accumuler des fragments comme de multiples archives, des morceaux de formes, d’architectures, de sculptures, d’objets (…) est au coeur de ma pratique. Ces traces qui demeurent, leurs histoires et celles qui ont disparues sont les bases de mon travail plastique.
Je colle, re-colle, assemble, et fixe les restes et les images. Je creuse les strates et met à jour des vestiges. Je sculpte les traces éphémères, leurs réminiscences, et créer des objets à mémoires.

Sabine Mugnier

Du quotidien, des rues, des jardins, des rebus de journaux, Sabine Mugnier ramène des petits riens, des pt’its bouts de tout : feuilles séchées, branches tordues, mues de cigales, pétales de coquelicots, photos …

Elle découpe des fragments d’images dans les journaux, fixe des instants du quotidien et de la vie : lessive qui sèche, jeux d’enfants éparpillés sur le sol, cartes routières, fleurs, volcans, poissons, oiseaux…
Puis les assemble sur la toile en une mosaïque bigarrée …

Elle récupère des mystères et merveilles du monde a travers des photos d’hebdomadaires, les découpe en une palette de forme, de couleurs de graphisme, qu’elle maroufle sur la toile, puis les transforme avec des poudres, des pigments, de la couleur, du blanc.

Elle y inscris des mots, des personnages, des arbres, des oiseaux, dans l’émotion du moment où la poésie d’instants vécus. Lorsque les mots lui manquent, il reste la toile, la peinture, la sculpture en papier ou en porcelaine …

Un questionnement sur l’absence, les petits riens du quotidien, et du mystère de la vie traverse sa recherche.

Peintures, sculptures en papier, installations, travail de la porcelaine, petites éditions personnelles, son exploration des différents médiums est minutieuse et intuitive.

Harmonie Begon

Je m’intéresse à différentes problématiques liées aux conditions de production artisanale des objets et leurs enjeux ainsi qu’aux notions de patrimoines matériels et immatériels. En développant l’étude de terrain comme méthode de travail et outil de projet, je tente de déconstruire les dichotomies entre théorie et pratique, ou encore conception et réalisation. En effet, ce qui m’intéresse n’est pas tant la production de l’objet en soi, que la co-construction de son contexte, la co-intentionnalité qui émerge de la situation étudiée. Cette vision du design comme discipline située ouvre ainsi mon rapport à l’objet à de multiples dimensions sociales débordant très largement de la seule question des usages, de la fonction ou de la forme. Il s’agit en effet de prendre en compte aussi bien le contexte d’émergence de l’objet que les conséquences sociales, morales, politiques, environnementales ou encore spirituelles de sa production. Jusqu’alors spécialisée dans le domaine de la production artisanale, je l’envisage comme un moyen, comme une alternative, pour une humanité du design où le coût social des objets est un soucis premier.