Lili Kos

Mon travail de modelage se veut pétillant et sans prétention. L’argile me propose un immense champ des possibles où mon imagination se régale à vagabonder. Au fil des textures rencontrées, provoquées, je sollicite la conversation des terres, de la porcelaine, du fer. Les contrastes s’harmonisent avec minutie, le brut côtoie le doux, la matière devient légère. Les techniques virevoltent pour laisser s’exprimer un univers poétique, un appel aux rêves, aux histoires racontées. Melting-pot de finesse, de force, d’humour, de clins d’œil et de gaieté, mon travail s’articule autour de l’équilibre. Parfois subtile, parfois aisé, il est la photographie de l’instant, faisant lui-même appel à celui d’après, celui du mouvement.

K-shoo

Loin des spéculations sur l’esprit et la matière, l’art et l’artisanat, la beauté et l’utilité. Je travaille sur l’objet pour lui donner vie dans l’alliage des matières, la juxtaposition des tons, l’ombre et la lumière. Chaque pièce (unique) devient équilibre, harmonie entre création artistique, design unique, décoration personnalisée. La terre céramique travaillée, sculptée, modelée, émaillée, associée ou fusionnée à d’autres matériaux (métaux, fer, bois, tissus…) devient l’objet décoratif et contemporain dont chaque espace se nourrit pour mieux respirer.

Marina Zindy

Marina Zindy vit et travaille à Lauw en Alsace dans la vallée de la Doller. Elle questionne l’identité forte de ce paysage occupé par les anciennes montagnes des Vosges et la rivière de la Doller. Une vallée est par définition un espace situé de part et d’autre d’un cours d’eau. L’eau est bien l’élément de la recherche artistique portée par Marina Zindy, cette exploration qu’elle déplace d’un territoire à l’autre. Pour donner corps à ces horizons qu’elle convoque, Marina Zindy crée des bouteilles en céramique qui semblent comme surgies des tréfonds de la terre, elle interroge une archéologie du voir afin de fabriquer des objets solides, en terre, puissants, presque ancestraux. Texte : Pascale Kieffer-Lietta, responsable de l’Artothèque de Montbéliard

Eleonore Descazals

Titulaire d’un Deug d’Histoire de l’art à Paris X et d’un CAP de fleuriste, la création artistique a toujours fait partie de ma vie. En 2014, gardienne d’exposition dans un centre d’art contemporain en banlieue parisienne, la Graineterie à Houilles, j’ai pu en parallèle suivre des cours de modelage avecSophie Gaucher, puis de retour à Cergy avec Rose Coogan qui m’a orienté sur la formation au sein de l’Institut Européen des arts Céramique à Guebwiller. Certifiée créatrice en arts céramiques en décembre 2017, je travaille maintenant dans un atelier au Séchoir.

Marion Mouret

Une fois dans dans mon atelier, je suis guidée par le plaisir et par la spontanéité. Chaque jour est différent … Je peux voguer de la caricature moqueuse et tendre à la représentation académique. Je cherche jusqu’à ce que mes personnages prennent vie. Par plaisir de perpétuer un art ancestral proche de notre quotidien, je crée aussi des objets utilitaires, mais l’humour et la spontanéité sont toujours là … J’aime me surprendre.

Vincent Campos

Je développe un travail oscillant souvent entre le jeu et la mise en avant d’une réalité où l’humour peut retentir comme un écho à l’adversité des choses. Au travers de récits bercés d’une insouciante légèreté, le temps semble s’être arrêté mais nous sommes invités à suivre le mouvement. Bâtir des forêts, ériger des ponts fragiles, faire résonner des tours de papier ponts sont des actions potentielles. En jouant sur des territoires en pleine mutation, je questionne notre rapport au monde et ses potentialités. Je me laisse surprendre par la matière, pris dans une nouvelle temporalité, saisi par un bouleversement qui ne saurait témoigner des évènements à venir.

Claudine Cibray

Je couple dans ma pratique dessins et volumes céramiques . De ce jeu de réponse entre la fragilité du papier et la matérialité du grès s’initie un espace de signes, traces éparses ; ma pratique céramique développe une série de pièces en grès émaillé : trophée évoquant l’arme, l’outil, la branche, le pot … Les dessins, sur feuilles épinglées au mur, illustrent et détournent, invoquent et dansent autour.

Mélodie Meslet-Tourneux

«A rebours de la révolution numérique et du « tout dématérialisé », Mélodie Meslet-Tourneux investit depuis dix ans la céramique qu’elle marie à la photographie argentique dans un minutieux travail artisanal qui révèle simultanément images et volumes. Travaillant étroitement avec des potiers aux savoirs immémoriaux, elle est guidée par des postures, des façons de préparer la terre, mais aussi d’être potier. C’est par l’observation et le mimétisme gestuel que Mélodie s’imprègne d’un site et de son histoire. Elle modèle, tourne, monte la terre à la plaque ou au colombin, prend autant de notes dessinées, écrites que photographiques, pour constituer une collecte hétéroclite de sources. Elle ne néglige aucun mode d’écriture pour embrasser un sujet. Le résultat de ses recherches génère de multiples traces, documents et objets qui parfois s’hybrident avec finesse et sous la forme de pièces témoins aussi bien inédites que chargées de mémoire. De cette façon, en 2015, l’artiste a travaillé avec les potières de Dioulasso Ba au Burkina Faso aux cotés desquelles elle a réalisé des répliques d’objets traditionnels détournés de leur fonctions premières. Terre Burkinabée présente ainsi des contenants oblitérés par des clichés qu’elle réalisa de femmes façonnant la terre. En 2016, Bleu fassi raconte la rencontre avec des potiers d’un atelier marocain au travers de créations de monotypes, d’une vidéo et de photographies dont certaines sont développées sur la face des stèles modelées. Lors de ces expériences, Mélodie Meslet-Tourneux a perfectionné une technique de travail personnelle. Elle fait apparaître des images à la surface des reliefs de la terre cuite par l’usage de gélatines photosensibles. Ces expérimentations sont parfois longues et aventureuses, mais font partie du processus de recherche qu’elle élabore à chaque fois différemment pour faire advenir ces objets comme des apparitions visuelles et révèle ce qui habituellement ne se voit pas. Des lieux, des gestes, des situations de création, des histoires d’atelier dont l’objet devient le témoin. (…) « Sophie Auger-Grappin Critique d’art Directrice du centre d’art contemporain le Creux de l’enfer, Thiers

Skander Zouaoui

« Mes oeuvres dérivent de mes préoccupations, réflexions et interrogations ; il ne s’agit pas de commentaires pour autant, pas tout le temps. Ce sont peut-être plus souvent des questions que des réponses. J’emprunte parfois au quotidien des formes qui sont facilement identifiables, j’aime les manipuler. En les refaisant, j’ai l’impression de les comprendre davantage, de les saisir un peu plus. La matière est un élément important dans mon travail, elle m’impose un temps nécessaire.» SZ PARCOURS Tuniso-allemand, Skander ZOUAOUI est né en 1982 à Tunis, il vit et travaille à Strasbourg, où il y a obtenu en 2005 une Licence d’arts plastiques puis un DNSEP en 2008 (HEAR). Son travail fait régulièrement l’objet d’expositions en France et à l’étranger, notamment en 2010 au Musée des arts décoratifs à Paris, au CRAC le 19 à Montbéliard en 2012, la même année à la biennale de Vallauris… Parallèlement il donne différents cours du soir à Strasbourg à l’ARES et à la HEAR et à l’Université de Strasbourg.

Celine Martin

Dans Je et Tu, texte fondamental sur le principe de réciprocité, le philosophe Martin Buber conçoit la capacité relationnelle de l’homme comme la source de tout renouvellement. Buber identifie trois domaines dans lesquels ce « privilège » se manifeste : la relation de l’homme à la nature, celle qu’il établit avec les entités spirituelles et sa « vie avec les [autres] hommes » où seuls sont possibles ces liens nés du fait d’être « contemplateurs et contemplés, connaisseurs et connus, aimants et aimés ». Ce dernier champ de relations, plus exactement le « point central où les lignes prolongées des relations se coupent » et ce qu’engendre cette intersection, sont au cœur de la démarche créatrice de la plasticienne Céline Martin (…)

« Ce que je fais : je regarde. Je n’ai jamais fait que regarder les gens. Je n’ai fait que voir ou essayer de voir les rapports humains afin d’en parler. Voilà ce qui m’intéresse. Je ne connais d’ailleurs rien de plus important. » Cette phrase de Pina Bausch, qu’apprécie tout particulièrement Céline Martin, apparaît comme la devise de sa propre œuvre, où l’observation et les relations interhumaines occupent une place centrale.

Extrait de l’article de Viktoria von der Brüggen – Toucher l’humain : Gestes de sollicitude dans le processus créatif de Céline Martin