Cet espace est polyvalent. J’y accumule toutes mes recherches plastiques et théoriques tout en étant ponctué par des moments de rencontres et de présentations. L’organisation interne se mue au gré des besoins : prises de vues, réalisations de plâtres, ou encore se vide de son entier pour laisser place nette et afin de tout repenser à nouveau.
Mon travail de modelage se veut pétillant et sans prétention. L’argile me propose un immense champ des possibles où mon imagination se régale à vagabonder. Au fil des textures rencontrées, provoquées, je sollicite la conversation des terres, de la porcelaine, du fer. Les contrastes s’harmonisent avec minutie, le brut côtoie le doux, la matière devient légère. Les techniques virevoltent pour laisser s’exprimer un univers poétique, un appel aux rêves, aux histoires racontées. Melting-pot de finesse, de force, d’humour, de clins d’œil et de gaieté, mon travail s’articule autour de l’équilibre. Parfois subtile, parfois aisé, il est la photographie de l’instant, faisant lui-même appel à celui d’après, celui du mouvement.
Loin des spéculations sur l’esprit et la matière, l’art et l’artisanat, la beauté et l’utilité. Je travaille sur l’objet pour lui donner vie dans l’alliage des matières, la juxtaposition des tons, l’ombre et la lumière. Chaque pièce (unique) devient équilibre, harmonie entre création artistique, design unique, décoration personnalisée. La terre céramique travaillée, sculptée, modelée, émaillée, associée ou fusionnée à d’autres matériaux (métaux, fer, bois, tissus…) devient l’objet décoratif et contemporain dont chaque espace se nourrit pour mieux respirer.
Présentation et démarche artistique de l’artiste
Marina Zindy est une artiste plasticienne, travaillant en Alsace. Elle explore différents médiums en fonction des projets qu’elle développe : peinture, installation, photographie, céramique.
Elle pose toujours la question du lien et du rapport que nous entretenons au monde.
Elle a étudié les arts plastiques à l’Université de Strasbourg et de Paris.
Il y a une dizaine d’années la céramique a retenu son attention, fascinée par la
transformation de la matière, elle explore grâce à l’argile, l’histoire humaine, du patrimoine industriel (anciennes tuileries et la cueillette de terre de rencontre), au temps plus long : le temps géologique. Comment se forme le paysage? Comment expliquer que les montagnes d’aujourd’hui se trouvaient sous l’eau autrefois ?
Grâce à son projet Une bouteille à la mer, elle a pu convoquer ce passé de la biodiversité marine préhistorique, jusqu’aux enjeux écologiques d’aujourd’hui.
Son travail pluridisciplinaire art, sciences et environnement, s’est développé en travaillant avec des scientifiques qui étudient le corail :
– Département de Biologie et de Recherches Marines de l’Université de Lampung, en Indonésie
– L’association Ocean Quest , à Toulon
– L’association ADE Méditérannée, à Menton
Elle poursuit des récits d’aujourd’hui en interrogeant le futur avec la série intitulée Îlot d’incertitude. Elle pose des questions face aux enjeux climatiques, par exemple :
Dans un futur proche, les coraux uniquement ne seront-ils plus visibles que dans les musées d’Histoire naturelle ?
Elle a travaillé en partenariat avec différents musées d’Histoire naturelle :
– Musée d’Histoire naturelle et d’Ethnographie, Colmar, France
– Collections paléontologiques de l’Université de Nancy, France
– Museum Jurassica, Porrentruy, Suisse
Face aux bouleversements d’aujourd’hui, nous sommes en droit de nous poser la
question : peut-on encore changer de trajectoire ?
Le scientifique Olivier Hamant propose de « dérailler » et de montrer en quoi les
imperfections du vivant permettent de trouver d’autres chemins viables, une école de la vie dans un monde fluctuant. Ensemble ils décident de réaliser un livre, un roman graphique adressé à un large public pour raconter différentes histoires : celle de la robustesse mais aussi comment se reconnecter au vivant de façon plurielle.
En 2024, Marina Zindy expose son travail intitulé Îlot d’incertitude, dans différents lieux culturels:
– Galerie des Augustines, à Marseille pour l’exposition intitulée la Mer au plus près
– Kunsthalle Palazzo, à Liestal dans le cadre de la Régionale
– Hôtel de ville, à La Celle-Saint-Cloud pour l’exposition Sur la route des fonds marins.
Elle prépare une mission océanographique en 2027, avec les équipes de l’ENS de Paris pour observer les dorsales de l’Atlantique Nord et un roman graphique avec Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’ENS de Lyon.
Le titre Îlot d’incertitude, est une référence aux écrits d’Edgar Morin : Toute vie est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers quelques îles ou archipels de certitudes où se ravitailler.
Marina Zindy souhaite créer de nombreux îlots grâce à de futurs projets, notamment celui de pouvoir travailler avec l’équipe scientifique de l’ENS de PARIS, afin de continuer à rencontrer des personnes passionnées et engagées, de partager les connaissances afin de constituer une équipe pluridisciplinaire. De pouvoir vivre cette joie collective de la découverte et de la création, et de la partager au public.
Un jour d’octobre 1999, j’ai mis la première fois les mains dans l’argile, matériau qui m’a de suite happé pour ne plus me lâcher. Vingt années sont passées et enfin fraîchement installée au Séchoir, je peux faire de ma passion, mon métier.
Mon travail en tant que céramiste s’articule comme un langage formel autour d’émotions et de sentiments intimes. J’ai le goût de l’esthétisme, de la couleur et du décors. J’aime le beau et la représentation explicite, qui me permettent d’exprimer des ressentis en les sublimant dans la matière et ce de manière plus explicite que par l’oralité.
Une fois dans dans mon atelier, je suis guidée par le plaisir et par la spontanéité. Chaque jour est différent … Je peux voguer de la caricature moqueuse et tendre à la représentation académique. Je cherche jusqu’à ce que mes personnages prennent vie. Par plaisir de perpétuer un art ancestral proche de notre quotidien, je crée aussi des objets utilitaires, mais l’humour et la spontanéité sont toujours là … J’aime me surprendre.
Démarche artistique
Je développe un travail oscillant souvent entre le jeu et la mise en avant d’une réalité où l’humour peut retentir comme un écho à l’adversité des choses. Au travers de récits bercés d’une insouciante légèreté, le temps semble s’être arrêté mais nous sommes invités à suivre le mouvement.
Bâtir des forêts, ériger des ponts fragiles, faire résonner des tours de papier ponts sont des actions potentielles.
En jouant sur des territoires en pleine mutation, je questionne notre rapport au monde et ses potentialités.
Je me laisse surprendre par la matière, pris dans une nouvelle temporalité, saisi par un bouleversement qui ne saurait témoigner des évènements à venir.
Je couple dans ma pratique dessins et volumes céramiques . De ce jeu de réponse entre la fragilité du papier et la matérialité du grès s’initie un espace de signes, traces éparses ; ma pratique céramique développe une série de pièces en grès émaillé : trophée évoquant l’arme, l’outil, la branche, le pot … Les dessins, sur feuilles épinglées au mur, illustrent et détournent, invoquent et dansent autour.
«A rebours de la révolution numérique et du « tout dématérialisé », Mélodie Meslet-Tourneux investit depuis dix ans la céramique qu’elle marie à la photographie argentique dans un minutieux travail artisanal qui révèle simultanément images et volumes. Travaillant étroitement avec des potiers aux savoirs immémoriaux, elle est guidée par des postures, des façons de préparer la terre, mais aussi d’être potier. C’est par l’observation et le mimétisme gestuel que Mélodie s’imprègne d’un site et de son histoire. Elle modèle, tourne, monte la terre à la plaque ou au colombin, prend autant de notes dessinées, écrites que photographiques, pour constituer une collecte hétéroclite de sources. Elle ne néglige aucun mode d’écriture pour embrasser un sujet. Le résultat de ses recherches génère de multiples traces, documents et objets qui parfois s’hybrident avec finesse et sous la forme de pièces témoins aussi bien inédites que chargées de mémoire. De cette façon, en 2015, l’artiste a travaillé avec les potières de Dioulasso Ba au Burkina Faso aux cotés desquelles elle a réalisé des répliques d’objets traditionnels détournés de leur fonctions premières. Terre Burkinabée présente ainsi des contenants oblitérés par des clichés qu’elle réalisa de femmes façonnant la terre. En 2016, Bleu fassi raconte la rencontre avec des potiers d’un atelier marocain au travers de créations de monotypes, d’une vidéo et de photographies dont certaines sont développées sur la face des stèles modelées. Lors de ces expériences, Mélodie Meslet-Tourneux a perfectionné une technique de travail personnelle. Elle fait apparaître des images à la surface des reliefs de la terre cuite par l’usage de gélatines photosensibles. Ces expérimentations sont parfois longues et aventureuses, mais font partie du processus de recherche qu’elle élabore à chaque fois différemment pour faire advenir ces objets comme des apparitions visuelles et révèle ce qui habituellement ne se voit pas. Des lieux, des gestes, des situations de création, des histoires d’atelier dont l’objet devient le témoin. (…) « Sophie Auger-Grappin Critique d’art Directrice du centre d’art contemporain le Creux de l’enfer, Thiers
« Mes oeuvres dérivent de mes préoccupations, réflexions et interrogations ; il ne s’agit pas de commentaires pour autant, pas tout le temps. Ce sont peut-être plus souvent des questions que des réponses. J’emprunte parfois au quotidien des formes qui sont facilement identifiables, j’aime les manipuler. En les refaisant, j’ai l’impression de les comprendre davantage, de les saisir un peu plus. La matière est un élément important dans mon travail, elle m’impose un temps nécessaire.» Skander Zouaoui
Skander Zouaoui est un sculpteur, un metteur en scène d’histoires. Il travaille aussi bien le modelage que le moulage, pour réaliser des pièces en céramique mais également en d’autres matières si le projet le nécessite. L’impression 3D fait également partie des processus de production qu’il intègre dans son travail et vient revisiter le travail manuel.
Parmi ses questionnements, le rapport de l’homme au paysage, et tout d’abord celui qui l’environnait, enfant, en Tunisie. Il rend hommage aux rituels en lien avec les repas traditionnels. Le jardin d’Eden, aux fruits et à la végétation luxuriante, qui l’entouraient, s’oppose à l’aridité des sols. Élargissant son propos à la mémoire des plantes, ou à la transmission des objets fabriqués par l’homme, il dénonce les excès de la consommation dans ses sculptures de fruits en trompe l’œil ou dans des installations en écho à la révolution de jasmin.
Artiste engagé, Skander Zouaoui s’interroge sur la perception par l’Homme de son environnement et de la planète. La curiosité le meut, il interroge les visions des explorateurs du XVIe comme celles des encyclopédistes du XVIIIe. La nature, l’action de l’homme sur son environnement, mais également la poésie du monde, constituent autant de sujets de recherche pour cet artiste, en perpétuel questionnement.