Amélie Royer

J’ai une pratique de la peinture à l’huile, de la gravure taille douce, ainsi que du dessin au fusain, à la pierre noire et à l’encre de Chine. La notion centrale dans mes recherches picturales est celle d’ « espace-temps ». Je cherche une sensation, celle d’être immergée dans une ambiance jusqu’à s’y oublier. Cette ambiance se caractérise par un temps palpable, si lent, qu’il semble habiter l’espace.
L’origine de cette recherche s’ancre pour moi dans un désespoir de la jeunesse, du moins de celle qui m’entoure. On se renferme dans la mélancolie, face à un monde qui nous échappe. J’incarne alors un déni de la «réalité». Je cherche des espaces de refuge, de liberté, attirée par la marge et fascinée par les espaces qu’elle occupe : terrains vagues, zones industrielles, friches, etc. Se trouver dans des ruines, c’est être face à une certaine immobilité ; quand on sort de la temporalité commune, on s’engouffre dans un vide. Je me fonds dans ce silence hypnotisant et y disparaît. Ce ressenti est la cible de mes recherches plastiques, une expression de la mélancolie, plus précisément de l’acédie, présente notamment dans la peinture romantique.
Aussi, c’est dans l’obscurité que je fais apparaître mes images. Cette fascination pour le noir va de pair avec mon expérience des souterrains . Quand je m’engouffre dans le noir, je me renferme sur moi-même, le temps n’existe plus, mes perceptions de l’espace sont sublimées et se mêlent à l’affect. Il y a dans les profondeurs de l’obscurité une impression d’engloutissement, de désintégration. Puis je vais trouver là de la lumière, un monde à part. C’est comme rentrer dans le sommeil, les lueurs qui apparaissent surviennent comme un rêve. Cette lumière est comme une présence, elle définit l’ambiance, la tension, elle semble alors flotter dans l’infini.
De plus, la lumière dans l’obscurité incarne le mystique. Elle révèle un besoin de croire en quelque chose qui nous dépasse. J’en suis fascinée, mais les images que je crée n’évoquent aucune croyance comme une incarnation du néant.
Il y a dans l’expérience de ces lieux, une sensation similaire à la création : l’espace de liberté d’un lieu en ruine s’apparente à celui de la feuille/plaque/toile.
Aussi ma pratique artistique prend source dans des moments que j’ai photographié. C’est une manière de revivre ces souvenirs, leur donner une nouvelle lecture proche de mes états d’âme. Ma pratique vient alors s’ajouter comme une nouvelle temporalité, je reconstruis une scène, son ambiance et pendant plusieurs heures, plusieurs jours, je ne vis plus que dans cet instant suspendu.
J’aime travailler en plusieurs couches, monter en contraste, en profondeur. L’image est alors empreinte du temps que j’aurai passé dessus.
Par ailleurs, je m’intéresse à la figuration. En m’approchant d’un certain réalisme je me rapproche de cette réalité un peu parallèle dans laquelle je me réfugie, je vis dans mes films et les images que je crée en sont des décors.

Sylvestre Bouquet

Je suis illustrateur, graveur et auteur de BD.
Je sculpte aussi dans le bois des bas reliefs qui prennent la forme de portraits-totems.

Julie Poutrieux

La photographie est une pratique que je relie au métier d’orthophoniste que j’exerce auprès de mes patients. Par le biais d’images capturées, je tente de prendre soin de ce qui m’entoure. Je m’attache à ces petits riens, marqueurs d’intimité, de banalité. En me laissant guider par mes sensations et intuitions, à l’instar de mon travail clinique, j’essaie de faire émerger une certaine délicatesse de ces détails qui ont tendance à bien souvent glisser devant nos esprits distraits et pressés.

Au cours de mes errances urbaines ou en pleine nature, la spontanéité me guide, l’urgence de déclencher se fait régulièrement sentir. La photographie constitue pour moi une compagne qui m’aide à faire émerger des notions d’intimité, de silence, parfois de solitude et de peur.

Mon travail se veut être une ode à la simplicité, à l’inverse du spectaculaire qui nous est parfois donné à voir. Une certaine pudeur s’en dégage (sans doute?), la photographie étant pour moi une façon de parler de l’humain et de sa fragilité de manière tout à fait détournée. Les sujets ainsi que la gamme chromatique choisis peuvent évoquer un certain mystère. Toutefois, dans la même idée de pudeur et de retrait, j’aime à ne pas guider outre mesure les observateurs, les laisser faire émerger leurs propres évocations.

« Ce n’était pas une histoire. Il ne s’y passait rien. Que le vent, les brumes satinées de l’aube, la traîne mordorée des saisons. Les bouquets de buée ou de lilas sur le coin des fenêtres […] Rien ne nous arrivait, que l’essentiel ». Les différentes régions du ciel, Christian Bobin

Jacky Neufinck

Photographe, Jacky Neufinck a le talent de saisir les situations sur le vif. Depuis la fin des années 70 il fixe des scènes de rues sur la pellicule et des mots sur le papier, avec un style très « cadavres exquis », laissant son imaginaire débordant tordre la réalité pour n’en laisser que l’humour ou la dérision.

Sidney Briand

Sidney Briand, est originaire de Paris mais c’est à Strasbourg qu’il pose ses valises ou il débute en 2018 un poste de directeur artistique.

 

Bruno Romain

Le papier mâché est une passion qui me tient depuis mon adolescence et qui ne me quitte plus. J’ai besoin de coller, façonner, sculpter  un objet chaque jour sinon je ressens comme un manque. Cela peut même me réveiller la nuit…Le papier mâché a  aussi été  un fil conducteur tout au long de ma carrière effectué dans le social  ,un support de travail parce que cela ne coute pas cher et que c’est très ludique. J’aime aussi le coté recup : tout faire avec des matériaux (cartons, journaux… ) qui finissent bien souvent dans nos poubelles. Partir d’une simple feuille de papier et en faire un volume est un challenge qui me parle.

Patrick Ernewein

Patrick Ernewein est né en France.

Depuis l’enfance, il s’inspire de la nature.

Dans son processus de création, il se nourrit de la beauté sauvage des paysages

évoluant selon les saisons.

Chaque peinture est une aventure.

Il avance sans savoir où il va.

Des reflets flottants ondulent sur l’eau où se cache un monde mystérieux.

Ses inspirations et ses influences viennent de voyages, de souvenirs d’enfance.

Il reconstruit, casse les lignes pour redéfinir de nouveaux contours discrets, équilibre les

éléments.

Il tache la toile, le papier pour apaiser la lumière du support, créer des mouvements avec

des coulures.

Il aime jouer avec les couleurs, essaie dans son studio de nouvelles palettes de

mélanges, créer une histoire.

Patrick Straub

Patrick Straub est tombé amoureux du land art comme ça, sans raison, déraisonnablement. Dès lors, il se met à converser avec la Terre, sans arrêt. Il entend des « voies » qu’il suit à tâtons ! Il renifle le temps qui passe. Son travail est un cabinet de curiosités, un champ de bataille perdue par avance. Il fait tout et son contraire, le gigantesque et le minuscule ! Il se sert à l’autel du Monde ! Il emprunte le vent, le froid, la marée, la lumière. Parfois aussi, il verse dans le cliché pour partager l’amour qu’il reçoit. Alors ses cœurs de pierre et de glace se mettent à battre la chamade jusqu’à l’excès. Mais surtout, il raconte des histoires – drôles parfois ! Il dit des poèmes sans mots, il communique avec l’invisible et l’irrationnel. Les photographies et les vidéos de ses réalisations, seules traces pérennes, sont les pièces d’un puzzle chimérique dans lequel il se perd lui-même. Un jeu de dupe où se dessinent les contours d’une « mytho-logie » personnelle dans laquelle il se met parfois en scène.

Emmanuel Sanz

La ligne d’horizon est au cœur de l’œuvre d’Emmanuel Sanz, à la fois limite et passage, un seuil où se confondent le tangible et l’infini. Dans cet entre-deux, son art s’inscrit comme une quête spirituelle, une exploration silencieuse de l’invisible.

Inspiré par les paysages contrastés du Pays basque et des Vosges, il puise dans ces immensités une force méditative, un souffle sacré qui imprègne ses toiles et photographies. Ses œuvres ne cherchent pas à reproduire le monde, mais à en capter l’essence, à révéler l’émotion qui surgit face à l’immensité.

Face à ses œuvres, le spectateur est invité à un voyage intérieur, à un moment hors du temps où l’horizon devient un passage vers l’au-delà du visible. Dans cet espace de silence et de vent, l’art d’Emmanuel Sanz ouvre un chemin vers l’essentiel, vers cette part d’infini qui nous habite.