Philippe Godderidge

2022 03 24  Le travail   Faire une sculpture première Pas primitive mais première. Qui aurait pu se faire avant la symbolisation des signes. Pas d’idée, pas de symbole. Une sculpture abstraite et pourtant ambiguë qui ferait penser à… Une sculpture qui parlerait de la sculpture, des sculptures. Faite comme je fais les dessins. Le simple fait de poser l’encre sur le papier, c’est déjà le dessin. Le simple fait de manipuler la terre, c’est déjà la sculpture. Comme le feraient les enfants et pourtant ailleurs aussi. Ailleurs que dans l’enfance. Dans un monde simplifié au simple fait de faire. Le monde de l’intuition qui me pousse à mettre en forme les images qui surviennent sourdement au moment même où je travaille. Je fais pour penser. Faire pensée. Je m’appuis sur le travail produit ou en train de se faire pour construire mon histoire. Animé par la force des matériaux. Regardant comment ils apparaissent et comment naissent entre eux des relations intimes. Des fusions, des guerres sans merci. Je les rapproche c’est tout. Je les mène en relation avec moi, avec mes mains. Ma peau, ma tête aussi. Un son naît du pot que je construis. Un son comme une échographie au cœur du pot. Issu du pincement régulier, le geste répété. Un son qui perdure dans l’atelier et qui accroche la forme à mes oreilles. Le corps entier est attentif, tendu, concentré sur la fabrication. Je regarde. Comment la terre rencontre mes mains et comment la forme rencontre mes yeux et mes oreilles. La cuisson, c’est autre chose, c’est une affaire de temps : changer le temps de la terre. Ralentir. Changer le temps de mon regard. Rien ne se fait sans ce ralentissement général. Il faut le temps que les choses naissent, qu’elles apparaissent au monde, qu’elles m’apparaissent. Il me faut ce temps de faire pour entrevoir ce que je suis. Et tous les jours refaire. Inlassablement. Sans compter, ni le temps ni l’énergie. Refaire pour voir, enfin. Voir les traits et les espaces du dessin, voir les masses et les couleurs de la sculpture. Voir l’humanité du pot.

Pascal Casson

Je travaille depuis le début des années 90  à  des assemblages  de peintures ( de différentes tailles )  et , ou dessins   contrecollés ensuite  sur  un papier fort   . j’utilise principalement des papiers de récupération .  j’ai aussi développé à côté du  support papier un travail de peintures sur toiles sur châssis .  Depuis  2019  , je travaille également sur yupo (  support synthétique 100%  polypropylène  ) avec le yupo  les compositions se sont complexifiées , associant   un grand nombre d’images   ne se touchant plus  et avec des réserves   contrairement aux assemblages sur papier ou les images étaient bord à bord  sans aucun  espace entre elles . Ces multiples ensembles  (  papiers / toile / yupo )  constituent au fil des années  un archipel d’images  semblable à un inventaire ( comme une improbable encyclopédie ) traitant de multiples domaines  (  Paysage / Végétations / Champignons  / Architectures / Objets divers  etc )  

Jeanne Metz

Je travaille la terre. Ma pratique est centrée sur la production de pièces au tour. Je collabore avec des cuisinier-es, des artisan-es, des artistes. Je crée des objets fonctionnels et artisanaux. Chaque pièce a été pensée pour un usage, est le résultat d’un dialogue entre Humain, Matière et Possible. La fonctionnalité, l’émotion, la beauté sont révélées par la forme de l’objet et par l’émail qui le couvre. Je fais des recherches autour des émaux de cendre et matières naturelles.

Nadezhda Abdullina

J’explore les frontières de l’identité humaine à travers le projet « Qui suis-je ? Humain. » Je m’intéresse à ce qui fait de nous des êtres humains, à la manière dont notre environnement, les événements et les personnes nous façonnent et nous transforment. Dans mon travail, je combine mon expérience en design industriel avec des éléments de la nature, créant des installations interactives. Je crée un art avec lequel le spectateur peut interagir : toucher, manipuler et modifier.  Une partie essentielle de ma pratique est l’utilisation de matériaux recyclés et la minimisation de la consommation de nouvelles ressources. Ce n’est pas seulement un geste écologique, mais aussi une manière de ressentir la voix de la forme au-delà de la fonction du design, en réinterprétant son sens.  Je suis inspirée par les frontières entre le passé et le présent, l’influence du moment présent – unique –, la mémoire et la réalité. Je travaille avec des objets trouvés et des matériaux naturels, créant des structures qui reflètent la fragilité et la fluidité de l’identité humaine en fonction de l’environnement et des événements imprévus.  Mon objectif est d’inciter le spectateur à réfléchir sur son identité. Comment les autres influencent-ils notre construction ? Que laissons-nous dans le cœur des autres ? À travers l’art, je propose un espace de réflexion, d’interaction et de réinterprétation de soi.

Mr Rozarc

Présentation J’ai grandi en Alsace où j’ai entrepris des études d’architectures. Durant mon parcours, j’ai toujours été attaché à la question du « chez-soi », la façon dont les humains s’approprient l’espace, y créent des souvenirs, et le gardent en mémoire. Dans ma pratique de l’art, j’explore cette interaction fragile entre les éléments à ma disposition, et la manière de les réassembler pour créer un nouveau « tout »; Cet acte traduit le point de rencontre entre mon imaginaire, le lieu, les matériaux, et ma temporalité propre. Ainsi, mes œuvres peuvent prendre la forme d’assemblages en pierre et bois, à la limite entre équilibre et effondrement; Traduisant l’idée d’appropriation physique du lieu, puis sa disparition lorsque je le quitte, seule la photo demeure (ma mémoire). Ou des altérations de photographies, mettant en valeur des formes perçues dans le paysage et traduisant l’appropriation mentale, l’imaginaire. Ou encore de simples statuettes en terre crue, pouvant soit disparaitre sous les intempéries, soit être recueillies par quelqu’un qui se les approprie, prolongeant ainsi leur durée de vie.

Laurent Kling

Au fil des années, j’ai développé une typologie, un catalogue des choses et du monde ; j’ai dessiné un grand nombre d’objets, de la faune, de la flore, en y apportant à chaque fois un regard particulier qui tient de la drôlerie et de la désinvolture. Au fond, le dessin compte moins que le regard ; c’est une prise de notes d’un état d’esprit poétique, la poésie des choses, en saisissant l’essence humoristique.  Mes collages tiennent du dessin et du travail de l’entomologiste : je récupère des éléments dans une masse de journaux anciens, avec petites pinces et ciseaux, que je colle pour en faire de petits poèmes graphiques, des rébus absurdes, dans lesquels le trait se fait discret tout en restant vif.

Garance Bertin

Créer des poupées, c’est un voyage. Un voyage vers la douceur, vers les rêves d’enfants. Il y a six ans, j’ai façonné ma première poupée pour ma fille. Je voulais lui offrir une compagne unique, une confidente avec laquelle elle pourrait rêver, partager ses peurs et grandir. C’était Ophélie… son Ophélie. En la créant, j’ai découvert un univers de poésie et de tendresse. Tout commence par les matières : la laine, le coton. Chaque fibre glissée entre mes doigts devient une invitation à ralentir, à savourer l’instant. Chaque geste est un voyage sensoriel qui m’ancre profondément dans le présent. Puis vient le moment clé, celui où tout bascule. Point après point, je brode les yeux… et un univers s’ouvre. Une présence naît. Alors, délicatement, je l’accompagne dans sa métamorphose. Je choisis ses cheveux, je dessine ses vêtements. Peu à peu, imperceptiblement, elle entre en résonance avec une part de moi-même. Des valeurs, des souvenirs et des rêves que j’offre à ma fille. Depuis, je n’ai jamais cessé de créer. Mes inspirations viennent des rêves de mes enfants, des saisons, de la nature qui m’entoure. Chacune de mes poupées porte en elle un fragment du vivant : par les matières qui la composent, par la teinture végétale que je réalise moi-même, avec des plantes sauvages cueillies au fil du temps. Chaque poupée m’invite à l’écoute, à la contemplation. Ce dialogue silencieux m’apaise et me nourrit en profondeur. À travers elles, je célèbre la simplicité, la beauté du naturel, l’émerveillement de l’enfance et l’amour du fait-main. À travers elles, je vous invite à une rencontre. Une rencontre avec la nature… Et peut-être, avec une part de vous-même.

Thierry Amarger

Fragilité mais aussi hasard, mouvement, ordre et chaos sont au cœur de la démarche plastique de Thierry Amarger. La simplicité des moyens et des matériaux mis en œuvre caractérise son travail. Que ses créations prennent la forme de dessins, sculptures, installations ou encore d’actions faisant intervenir le public, elles ont pour point commun un travail graphique : signes accumulés, superposés, enchevêtrés qui deviennent réseaux, structures simples ou complexes.

Anne Vigneux

Anne Vigneux, plasticienne, vit et travaille en Alsace. Après une maitrise en Arts Plastiques, elle a étudié la scénographie aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Attentive au monde végétal, elle aime travailler à partir d’éléments glanés dans la nature. Ses récoltes, qui alimentent son cabinet de curiosités, constituent le matériau de ses créations. Pistils, graines, feuilles, branches deviennent de fragiles sculptures végétales, servent de médium ou posent silencieusement afin d’être dessinés. Son intérêt pour la botanique l’amène à poser un regard curieux et contemplatif sur le monde vivant.