Dominique-Paul Strubel

Chaque identité a son inventeur, toutes n’ont pas vocation au mystère. Car on peut considérer l’opposition entre regarder une photographie et résoudre une énigme, mais faut-il les opposer dès lors que tu les conjugues ? Le débat de la photographie et de la gravure est au centre de tes dispositifs. Mais au centre centrifuge, si l’on peut dire, car l’une et l’autre fuient le centre. Peut-être les deux directions opposées à l’origine se rejoignent-elles : formes intermédiaires, témoins de la connivence des techniques ? Un point de fuite qui prend l’habit de la gravure sans perdre l’identité de la photographie ? Soudain tout se brouille dans la foule des vibrations. Un certain mystère, en effet, subsiste : mystère de l’identité, qui n’est qu’allusivement révélée, plongeur, chasseur, faunes ; mystère de la suggestion, de l’effet, de l’efficience d’une photographie qui voudrait animer un corps, qui semble immobile mais se déploie, diptyque, triptyque, séquence, sillons de la gravure à la surface de la plaque de cuivre ; mystère de la nuit, des pièces d’eau et des forêts dans lesquelles le jeune héros est invité à entrer. Il crie : « L’usage de ma jeunesse fut rapide et rempli d’agitation. Je vis de mouvement et ne connais pas de borne à mes pas ». Stéphane Gounel

Jean-Luc Braesch

Les tableaux que je présente, en technique mixte, acrylique et sablages, scrutent dans les hauteurs des cathédrales les traces fantastiques des chimères, gargouilles et animaux qui s’y cachent. Outre leur inspiration animalière, on pourrait les associer à un courant d’art qui vient de la figuration narrative des arts du Rhin, entre réalisme et onirisme.

Olivier Chatté

« De la méthode à suivre dans l’étude de la nature : Il faut procéder des faits particuliers et composés, qui sont pour nous les plus notoires et les plus clairs, et remonter par l’analyse jusqu’aux principes universels, aux causes des choses, et à leurs éléments simples, qui sont les plus clairs et les plus notoires en soi. » Aristote, Physique. Tome I : Livre I – Des principes de l’être.

Ka

Luka MATHIS alias KA, vit et travaille à Strasbourg. C’est un artiste couteau-suisse, qui aime explorer les techniques et leurs contraintes, mais c’est un dessinateur avant tout. Pour lui tout part du dessin, il crée des banques d’images personnelles dans lesquelles il puise son inspiration. Tel un D.J il aime mixer, assembler, déconstruire pour rebondir, afin de développer une œuvre organique et chimérique, qui s’adapte et évolue sur les différents espaces et supports qui s’offrent à lui. Du feutre sur la feuille de papier, en passant par le collage, le marouflage, la peinture sur toile, jusqu’à la bombe sur les murs, et plus récemment l’aiguille sur la peau avec le tatouage-handpoke.

Pierre Schwarb

De la rencontre au coeur d’un garage avec les fûts d’acier peints et décorés est née l’idée de les transformer à la façon dont un sculpteur travaille un billot de bois. Pierre Schwarb leur donne une seconde vie plus tranquille où il passent du rôle d’objet commun à celui de compagnon élégant et utile d’un quotidien heureux. Toutes ses réalisations sont uniques et élaborées avec le plus grand soin, elles trouveront naturellement leur place dans vos aménagements professionnels ou privés (étagère, comptoir, bar, présentoir, mange-debout, horloge, lampe..)

Anne-Lise Moreno W.

Plus de 25 ans se sont écoulés depuis mes premières recherches artistiques autour du thème insaisissable de la NUIT (et de ses dormeurs) que je ne cesse de creuser, d’éclairer. Partant de ce monde de tous les possibles, je déforme, transforme, RE-forme une « réalité » (celle que l’oeil veut voir), nous renvoyant sans cesse à nos propres et insoupçonnées aspérités.

En parallèle, d’autres thèmes se sont invités dans mes carnets de croquis et réflexions. L’Art est (par)tout… ! Côté technique, l’emploi de couleurs se limite à des touches ou usages précis, ponctuels. Traduire le mouvement, faire émerger une forme à travers quelques traits, une texture, demeure mon objectif. 

Dripping, coulures, taches et assemblages improbables de médiums composent ma « pâte » et les supports utilisés – atypiques, de préférence – s’articulent de façon à jouer avec nos diverses lectures et perceptions de l’espace, de la profondeur comme celles du sujet abordé.

Tous les moyens sont bons pour nous laisser traverser par nos émotions et déjouer nos premières perceptions, toujours trop hâtives, de ce qui nous entoure.

Mannee Saki

L’artiste mauricienne MANNEE développe depuis 10 années une langage solitaire de la performance rituelle contemporaine, qui due à ses procès intimes se manifeste principalement dans des video-performances, des installations et des peintures rituelles. Son corps de travaille prend racine dans son vécu des rituels traditionnels hindou. Mais elle y relie à travers des formulations contemporaines des forces subtiles perçu dans le Ici et le Maintenant. Ainsi elle choisit des thèmes d’importances actuelles de nos sociétés globales de cultures nomades qui sont l’exile, l’individu et la masse, aise et malaise sociale, intimité et identité; élaborées par des matériaux comme le sang menstruel, la terre, le safran, les pigments, les cheveux, le vernis et la résine et des objets comme des vêtements, des pierres et autres objets portant les traumas sociaux et sociétales de notre civilisation. Son principal sujet de recherche et de travail est basé sur le traumatisme transgénérationnel, ses conceptions scientifiques et leur guérison. Les dimensions multigénérationnelles du traumatisme se réfèrent à la transmission physique et psychique des horreurs du passé comme «histoire incarnée» dans le présent; comment les individus et la société sont modelés par les actions passées de leur ancêtres, leurs angoisses et peurs et comment les perceptions sont influencées par cela. Une autre source d’inspiration sont ses rêves, un médium puissant et un guide, menant de l’autoréflexion et de l’histoire familiale à une vision élargie de l’histoire du monde; les vagues de mouvements évolutives de l’Homme, la «criminologie» de l’Homme et de son existence même, le monde des rêves comme une plateforme de conscience collective et de souvenirs mondiaux. En tant que langage, elle utilise la performance rituelle vidéo, l’écriture de la poésie et de proses ainsi que de la peinture et du chant performatif.

Decko

…/Decko/veut embrasser le monde, en saisir l’unité profonde – de l’infiniment grand à l’infiniment petit – dans ses rythmes sériels et ses variations fractales ; mais aussi en appréhender les fréquences et les vibrations, les forces et les énergies, pour en traduire à la fois l’ordre et le désordre, la genèse et le chaos… Tout cela par des lignes et des couleurs où la symétrie joue un rôle majeur autour d’un axe dont les irrégularités demeurent aléatoires : les lois de la physique se confrontent aux théories de l’incertitude !   Dans l’univers de Decko, la place de l’homme n’est pas oubliée, la sienne en particulier avec l’inclusion dans ses toiles de souvenirs personnels (Carnet de route) et familiaux (Ouranopolis). Quant aux symboles et aux signes, empruntés à diverses civilisations ou inventés, ils traduisent l’héritage commun de l’humanité (Traces). Mais l’artiste sonde avant tout la matière et trace son chemin dans des espaces indifféremment réels ou imaginaires qui mêlent géographie personnelle, rêverie scientifique et interrogation transcendantale. La peinture de Decko, méticuleuse et précise jusqu’à l’ascèse voire l’obsession, se donne ainsi comme une invitation à la méditation. Joël Delaine, conservateur en chef des Musées municipaux de Mulhouse in catalogue « Echo des origines », Mulhouse, novembre 2014 Ces résonances jouent une partition énigmatique dont on ne peut que ressentir la fréquence secrète, telle un soubresaut tellurique surprenant de sa secousse inattendue la quiétude d’une surface endormie. Dominique BANNWARTH (“L’harmonie invente le chaos  » in catalogue « Voyage à travers la matière », mars 2003, Musée de Voïvodine, Novi Sad, Serbie). « …Et puis il y à l’incessant aller retour devant la surface ; comme l’on peut se placer devant un mur infranchissable pour prier. Le peintre y revient tous les jours de nombreux jours, voir des années… ». Claude ENGEL, (in « La durée du désir », lettre à Decko, La Réunion, 2014)