Chaque identité a son inventeur, toutes n’ont pas vocation au mystère. Car on peut considérer l’opposition entre regarder une photographie et résoudre une énigme, mais faut-il les opposer dès lors que tu les conjugues ? Le débat de la photographie et de la gravure est au centre de tes dispositifs. Mais au centre centrifuge, si l’on peut dire, car l’une et l’autre fuient le centre. Peut-être les deux directions opposées à l’origine se rejoignent-elles : formes intermédiaires, témoins de la connivence des techniques ? Un point de fuite qui prend l’habit de la gravure sans perdre l’identité de la photographie ? Soudain tout se brouille dans la foule des vibrations. Un certain mystère, en effet, subsiste : mystère de l’identité, qui n’est qu’allusivement révélée, plongeur, chasseur, faunes ; mystère de la suggestion, de l’effet, de l’efficience d’une photographie qui voudrait animer un corps, qui semble immobile mais se déploie, diptyque, triptyque, séquence, sillons de la gravure à la surface de la plaque de cuivre ; mystère de la nuit, des pièces d’eau et des forêts dans lesquelles le jeune héros est invité à entrer. Il crie : « L’usage de ma jeunesse fut rapide et rempli d’agitation. Je vis de mouvement et ne connais pas de borne à mes pas ». Stéphane Gounel
« De la méthode à suivre dans l’étude de la nature : Il faut procéder des faits particuliers et composés, qui sont pour nous les plus notoires et les plus clairs, et remonter par l’analyse jusqu’aux principes universels, aux causes des choses, et à leurs éléments simples, qui sont les plus clairs et les plus notoires en soi. » Aristote, Physique. Tome I : Livre I – Des principes de l’être.
Luka MATHIS alias KA, vit et travaille à Strasbourg. C’est un artiste couteau-suisse, qui aime explorer les techniques et leurs contraintes, mais c’est un dessinateur avant tout. Pour lui tout part du dessin, il crée des banques d’images personnelles dans lesquelles il puise son inspiration. Tel un D.J il aime mixer, assembler, déconstruire pour rebondir, afin de développer une œuvre organique et chimérique, qui s’adapte et évolue sur les différents espaces et supports qui s’offrent à lui. Du feutre sur la feuille de papier, en passant par le collage, le marouflage, la peinture sur toile, jusqu’à la bombe sur les murs, et plus récemment l’aiguille sur la peau avec le tatouage-handpoke.
De la rencontre au coeur d’un garage avec les fûts d’acier peints et décorés est née l’idée de les transformer à la façon dont un sculpteur travaille un billot de bois. Pierre Schwarb leur donne une seconde vie plus tranquille où il passent du rôle d’objet commun à celui de compagnon élégant et utile d’un quotidien heureux. Toutes ses réalisations sont uniques et élaborées avec le plus grand soin, elles trouveront naturellement leur place dans vos aménagements professionnels ou privés (étagère, comptoir, bar, présentoir, mange-debout, horloge, lampe..)
…/Decko/veut embrasser le monde, en saisir l’unité profonde – de l’infiniment grand à l’infiniment petit – dans ses rythmes sériels et ses variations fractales ; mais aussi en appréhender les fréquences et les vibrations, les forces et les énergies, pour en traduire à la fois l’ordre et le désordre, la genèse et le chaos… Tout cela par des lignes et des couleurs où la symétrie joue un rôle majeur autour d’un axe dont les irrégularités demeurent aléatoires : les lois de la physique se confrontent aux théories de l’incertitude ! Dans l’univers de Decko, la place de l’homme n’est pas oubliée, la sienne en particulier avec l’inclusion dans ses toiles de souvenirs personnels (Carnet de route) et familiaux (Ouranopolis). Quant aux symboles et aux signes, empruntés à diverses civilisations ou inventés, ils traduisent l’héritage commun de l’humanité (Traces). Mais l’artiste sonde avant tout la matière et trace son chemin dans des espaces indifféremment réels ou imaginaires qui mêlent géographie personnelle, rêverie scientifique et interrogation transcendantale. La peinture de Decko, méticuleuse et précise jusqu’à l’ascèse voire l’obsession, se donne ainsi comme une invitation à la méditation. Joël Delaine, conservateur en chef des Musées municipaux de Mulhouse in catalogue « Echo des origines », Mulhouse, novembre 2014 Ces résonances jouent une partition énigmatique dont on ne peut que ressentir la fréquence secrète, telle un soubresaut tellurique surprenant de sa secousse inattendue la quiétude d’une surface endormie. Dominique BANNWARTH (“L’harmonie invente le chaos » in catalogue « Voyage à travers la matière », mars 2003, Musée de Voïvodine, Novi Sad, Serbie). « …Et puis il y à l’incessant aller retour devant la surface ; comme l’on peut se placer devant un mur infranchissable pour prier. Le peintre y revient tous les jours de nombreux jours, voir des années… ». Claude ENGEL, (in « La durée du désir », lettre à Decko, La Réunion, 2014)