Claire Boireau

Des lutins qui font les andouilles, des jouets qui prennent vie ou des lapins malicieux, quelque soit son dessin, le travail de Claire Boireau plonge toujours le lecteur dans un univers fantastique: « j’adoré placer des petits détails humoristiques dans mes illustrations, il y a toujours une scène derrière la scène. Je dirait que cest mon style: l’humour illustratrif ».

Martin Schultz

« Martin Schultz compose des sculptures à l’identité trouble, où la fragilité latente de ses assemblages dialogue avec une histoire qui cultive le mystère de son dénouement.  Son répertoire orchestre la rencontre entre des objets trouvés sur son chemin et des formes créées de toute pièce à partir de différents matériaux, tels que le verre, le plâtre ou le bronze. En suivant le fil impalpable son intuition, l’artiste s’empare du pouvoir physique et symbolique des éléments qu’il choisit pour créer un jeu de combinaison régi par les propriétés de la matière. Ainsi, texture, poids, densité, résistance deviennent les ponctuations d’un langage silencieux constitués de fragments de monde.   Émanant d’épisodes autobiographiques, ses œuvres convoquent également certains motifs corporels récurrents, comme la main et le pied. Souvent représentées en pleine action et de manière légèrement dissonante, ces extrémités du corps, façonnées d’après la silhouette de l’artiste, contrastent avec l’immobilisme des objets existants.  Entre l’organique et le synthétique, les creux et les pleins, ses sculptures font tantôt s’empiler ou soulever, tantôt traverser et soutenir les différentes matérialités qui les composent, venant ériger dans l’espace des lignes simples et épurées, presque élégantes, malgré leur équilibre précaire.  Par ses agencements précis, témoins d’une introspection profonde, Martin Schultz s’amuse des rapports poétiques qu’il décèle dans son environnement quotidien. Il les cristallise dans un temps suspendu, mettant en scène leur sort incertain, tels des châteaux de sable portant en eux la promesse de leur effondrement futur. »                                                                                   Par Licia Demuro, critique d’art et journaliste indépendante 

Nahrae Lee

Diplômé d’un DNSEP Art à la HEAR de Strasbourg, Nahrae Lee née en Corée du sud, ayant grandieen Chine et aujourd’hui vivant et travaillant en France, explore les différences et les points communsqui, aujourd’hui, lient et définissent les êtres humains. En associant plastiquement et conceptuellement des éléments autobiographiques à d’autres plusuniversels, elle interroge la notion de norme et en propose une nouvelle définition à travers un monde qu’elle s’est créé au fil de sa vie et de ses expériences familiales, professionnelles et introspectives. Sa pratique s’étend de la vidéo à l’installation en passant par la gravure monotype

Cotte de maille

Les œuvres de Valentine Cotte s’inspirent librement de l’esthétique médiévale, convoquant un imaginaire d’avant la modernité, empreint de spiritualité, de mysticisme et de luttes collectives. Dans ses images le corps, ses blessures, ses soins et ses cicatrices, occupent une place centrale, et la mémoire des souffrances vécues côtoie celle des guérisons possibles. Les chevaleresses qu’elle imagine sont revêtues d’armures en porcelaine brisées et réparées à la feuille d’argent, ou recouvertes de cotte de mailles minutieusement assemblées. En revisitant l’iconographie martiale et virile des chevaliers traditionnels, l’artiste inverse leurs symboles et célèbre la fragilité, la résilience et le soin. L’univers de Valentine Cotte aborde de manière détournée des thèmes sensibles comme la famille, la santé mentale et l’effacement des voix minoritaires dans l’histoire de l’art, et se présente ainsi comme une réflexion sur la réparation, intime et collective, et sur la capacité à se relever. (Texte de Julien Bouharis)

Cécile Pétry

Le travail de Cécile Pétry tourne autour du dessin et du processus du dessin. Son intérêt pour la ligne la mène à explorer différents médiums; du dessin en réalité augmentée à l’animation; en passant par la mise en place dans l’espace ou encore le travail du textile et de la broderie, pour arriver au dessin performé.

Mais quel que soit son médium, ses œuvres sont toujours remplies d’humour, de dérision sans moquerie. Elle nous emmène dans ses explorations (en Chine, en Italie, en littérature…) y apportant son regard décalé. Ses oeuvres ont souvent un caractère interactif, le visiteur peut rentrer dans une grande cabane brodée, jouer à un jeu de cartes quasi infini, construire sa propre aventure à travers ses travaux. 

Ces dernières années, son travail a évolué et l’installation est devenu un aspect important de sa pratique, ainsi que la vidéo ou l’écriture.

Yoshikazu Goulven Le Maître

Yoshikazu Goulven Le Maître développe une pratique de sculpture autour de la récupération et de la revalorisation de matériaux usagés pour créer un étrange bestiaire, à l’heure où la diversité du vivant disparait en masse. L’artiste recherche l’illusion de vie dans les objets délaissés du quotidien, dans les matériaux en marge de nos circuits de consommation. Il interroge leurs valeurs et tente de saisir une forme d’altérité qui leurs sont propres. Cette pratique évolue en s’adaptant aux contextes et contraintes, à la fois économiques et écologiques de son quotidien. Il essaie de penser son atelier comme un écosystème respectueux, de fonctionner en circuit-court, et de faire résilience vis-à-vis des méthodes de production contemporaines, tout en enrichissant sa technique par l’expérience de gestes instinctifs et répétitifs. C’est alors aussi, un moyen de faire du bricolage un outil de résistance politique, face à un monde où on ne comprend plus les mécaniques de nos objets. Yoshikazu tente ainsi d’interroger le fonctionnement de nos sociétés, en faisant appel à mes souvenirs d’enfance mais aussi à une grande mémoire collective. Son inventaire plastique dépeint un écosystème culturel contemporain façonné d’artefacts, sous la forme de représentation du vivant, mais aussi de nature morte.

Zoé Joliclercq

Zoé Joliclercq est artiste plasticienne et designer d’objets d’art en verre, textile et céramique. Elle crée des pièces uniques et contemporaines au croisement de l’art, l’artisanat et l’archéologie, en puisant dans les savoirs vernaculaires et les techniques traditionnelles. Ses créations sont réalisées avec des matériaux collectés dans ses milieux de vie.   Elle laisse le temps, le feu, la terre ou la pluie être cocréateurs : ils influencent la forme finale des sculptures. Il s’agit de trouver une place au sein de son environnement, d’interroger notre manière de faire mémoire en société, de faire famille, de vivre le deuil. Inventer de nouvelles manières de détruire, de (se) reconstruire, de protéger, de réparer, de se relier au sensible et aux éléments de la Terre.   Transformation de verreries brisées, incinération d’argile médicinale et de souvenirs d’enfance, altération de draps enterrés, tissage de cheveux blancs… Les œuvres témoignent de son cheminement intime et ouvrent un passage vers une voie onirique, introspective et sensible.

Stéphane Clor

Les recherches de Stéphane Clor questionnent l’écoute de notre environnement proche. L’artiste en révèle les détails pour les signifier sur d’autres échelles, proposant une relecture des lieux, des interactions et des mémoires. Sa pratique croise ainsi les domaines des arts sonores, de la cartographie, du dessin, de la photographie et de l’écologie, tout en étant indissociable de son travail musical comme improvisateur, compositeur et violoncelliste.

Collectiv ARTsTRAvers

Le collectif ARTsTRAvers travaille sur la „TRANS-scription du paysage“ dans le  Dreyeckland.

Actuellement, ils posent leurs interventions écrites et auditives sur le Rosenberg une colline entre Hégenheim (France) et Allschwil (Suisse). En traversant la frontière, entre le ventre Hegenheim et le Windzimmerde la Kunsthalle Allschwil, ils produisent des transformations poétiques du paysage perceptible en texte et en son.

Le collectif ARTsTRAvers est pluri-lingual. L’écrivain Victor Saudan écrit en français et en dialecte, l’artiste Mimi von Moos explore la langue allemande, mais fait aussi volontiers des incursions linguistiques dans l’inconnu, et l’artiste et musicien Martin Burr se consacre au vocabulaire des bruits et des choses sonores du Rosenberg.

 

En se consacrant à l’expérience du paysage, le texte et le son alternent et deviennent partie intégrante d’un itinéraire de promenade entre les deux maisons de la culture.

Les textes et les sons déposés par Mimi von Moos, Victor Saudan et Martin Burr sur le Rosenberg seront également mis en ligne sous forme de podcast et pourront être consultés sur les sites web des deux maisons culturelles et via les médias sociaux.

 

De la même manière qu’un tableau apparaît irrémédiablement différent au spectateur après avoir lu la légende qui l’accompagne, il en va de même pour une promeneuse qui perçoit un paysage à travers lequel elle se déplace. Dès que le paysage est associéà un texte qui lui est consacré, qu’il s’agisse d’un texte imaginaire, d’un texte surréaliste, d’un récit fictif basé sur des faits historiques ou d’un récit d’histoires vraies, il se modifie dans la perception des promeneurs qui le traversent.

Les connotations entre l’image, le son et le texte influencent et renforcent la relation et la forme de relation que nous tissons toujours, spontanément et le plus souvent inconsciemment avec notre environnement.

La transcription du paysage permet d’identifier de fins réseaux qui se posent sur le paysage et se densifient à mesure que l’on s’intéresse à son histoire, et aux histoires et possibilités qui s’y jouent. L’histoire est synonyme de stratification. Nous en faisons partie. Nous devenons le paysage et le paysage vit en nous.

 

Cette rencontre d’égal àégal décrit également une forme alternative de coopération entre les institutions culturelles : elle oppose au traitement colonialiste d’Art Basel (Miami Beach, Hong Kong (plus tard Singapour ?) et Paris) une invitation réciproque entre les contenus et l’organisation dans l’environnement de la région.

Flore Cazalis

J’ai eu un véritable coup de coeur pour l’impression artisanale et la richesse d’expression qu’ils offrent.
En effet, la gravure est par le processus, une réelle introspection et un exutoire sans faille.
Flirtant avec le dessin, le travail de la matière et les abondantes possibilités la gravure n’est pas que du multiple elle est un médium à part entière.
Grâce à l’association Papier Gâchette, j’ai pu redécouvrir la sérigraphie qui vient étoffer mes créations.
La linogravure et sa ligne graphique propre me permets de jouer avec son aspect rétro et ses applications infinies, allant de l’impression textile à l’édition.
La pop culture franco-japonaise dont je côtoie l’univers depuis mon enfance est une véritable source d’inspiration. Imprégnée de cette double culture, je navigue sans cesse entre les univers littéraires, culturels et les imageries occidentales et orientales. Ceux et celles qui nous ont abreuvé et suivi durant notre jeunesse, adolescence et encore de nos jours…