Pierre Kieffer

… Où peindre serait plus de l’ordre de l’expérience , non pas d’une expérience technique apte à la fabrication d’images mais des expériences de confrontations avec la matière provoquant accidents et évènements, surgissements    souvent à son insu et qui changent la donne , qui redistribuent les cartes, qui dispersent ce qui était coagulé en une belle forme.
  Il ne s’agit pas ici de reprendre un motif    mais de poursuivre , de rejouer l’alternance des couleurs , des formes . Un seul trait peut être à l’origine de bascule, d’équilibre précaire, un changement de couleur peut ouvrir à l’enthousiasme , à la dépression , à l’amour , à la haine … bref peindre c’est aussi dé-peindre , mettre en jeu ce qui était en jachère , nouvelle mise en tension dans un rapport à un impossible à dire.
  Il ne s’agit pas de trouver la dernière pièce du puzzle mais de faire l’expérience comme disait Amy Sillman que « la peinture est expérience, que l’art est la sensation de morceaux qui ne vont pas ensemble ».
  Retravailler à partir de l’accident , de l’évènement , c’est accepter une relance et non pas faire oeuvre de repentir.
  Sont à l’oeuvre le trait , la forme et la couleur . Leur appariement est producteur d’évènements.
La peinture n’est pas la production d’images mais la dispersion. Julia Kristeva dit de la couleur qu’elle est « l’éclatement de l’unité ».
La couleur n’a pas fonction de coloriage , la forme ne reproduit pas l’existant . Le trait n’est pas trait d’union , il peut être      trait d’humour, voire trait d’esprit , fissure , limite… Le trait peut aussi faire figure tout en défigurant. Pierre Kieffer
31/12/2023

Jacky Neufinck

Photographe, Jacky Neufinck a le talent de saisir les situations sur le vif. Depuis la fin des années 70 il fixe des scènes de rues sur la pellicule et des mots sur le papier, avec un style très « cadavres exquis », laissant son imaginaire débordant tordre la réalité pour n’en laisser que l’humour ou la dérision.

Claude Bernhart

A l’origine peintre réaliste, j’ai beaucoup travaillé sur le thème de la mort, de la limite de la vie et des gisants (et notamment une exposition mémorable au Fort Rapp en 1984), avec un travail sur l’anatomie et la fragilité de la vie, la décomposition du corps.

2007 a posé une rupture à la suite d’une dépression et je me suis éloigné du réalisme ; mes œuvres ne comportant plus aucun être vivant.

Petit à petit ma peinture a évolué vers une recherche vers la structure des matières, le mouvement, la lumière, je joue avec les transparences et la matité, réminiscence du métier que j’avais appris : la peinture sur verre. Je travaille sur le reflet ce que renvoie la lumière quand elle rencontre un obstacle. 

Ce qui m’intéresse : les brèches, les failles, les traces. 

Je voudrais que le spectateur laisse venir son ressenti, sans tenir compte de ce qu’il a appris ou des mots imposés par d’autres, l’émotion n’étant pas une faiblesse à mes yeux.

Sidney Briand

Sidney Briand, est originaire de Paris mais c’est à Strasbourg qu’il pose ses valises ou il débute en 2018 un poste de directeur artistique.

 

Bruno Romain

Le papier mâché est une passion qui me tient depuis mon adolescence et qui ne me quitte plus. J’ai besoin de coller, façonner, sculpter  un objet chaque jour sinon je ressens comme un manque. Cela peut même me réveiller la nuit…Le papier mâché a  aussi été  un fil conducteur tout au long de ma carrière effectué dans le social  ,un support de travail parce que cela ne coute pas cher et que c’est très ludique. J’aime aussi le coté recup : tout faire avec des matériaux (cartons, journaux… ) qui finissent bien souvent dans nos poubelles. Partir d’une simple feuille de papier et en faire un volume est un challenge qui me parle.

Virginie Hils

Ma pratique du dessin et de la peinture est intuitive et puise ses racines dans l’art brut et l’inconscient collectif. Au cœur de mon travail il y a le corps et ce qui le traverse (chants, cauchemars, fauves, cris, ancêtres.. ) ainsi que sa mémoire et ses bribes.

Patrick Ernewein

Patrick Ernewein est né en France.

Depuis l’enfance, il s’inspire de la nature.

Dans son processus de création, il se nourrit de la beauté sauvage des paysages

évoluant selon les saisons.

Chaque peinture est une aventure.

Il avance sans savoir où il va.

Des reflets flottants ondulent sur l’eau où se cache un monde mystérieux.

Ses inspirations et ses influences viennent de voyages, de souvenirs d’enfance.

Il reconstruit, casse les lignes pour redéfinir de nouveaux contours discrets, équilibre les

éléments.

Il tache la toile, le papier pour apaiser la lumière du support, créer des mouvements avec

des coulures.

Il aime jouer avec les couleurs, essaie dans son studio de nouvelles palettes de

mélanges, créer une histoire.

Yutao Ge

Je travail peinture à huile, sculpture en céramique et du bronze

Patrick Straub

Patrick Straub est tombé amoureux du land art comme ça, sans raison, déraisonnablement. Dès lors, il se met à converser avec la Terre, sans arrêt. Il entend des « voies » qu’il suit à tâtons ! Il renifle le temps qui passe. Son travail est un cabinet de curiosités, un champ de bataille perdue par avance. Il fait tout et son contraire, le gigantesque et le minuscule ! Il se sert à l’autel du Monde ! Il emprunte le vent, le froid, la marée, la lumière. Parfois aussi, il verse dans le cliché pour partager l’amour qu’il reçoit. Alors ses cœurs de pierre et de glace se mettent à battre la chamade jusqu’à l’excès. Mais surtout, il raconte des histoires – drôles parfois ! Il dit des poèmes sans mots, il communique avec l’invisible et l’irrationnel. Les photographies et les vidéos de ses réalisations, seules traces pérennes, sont les pièces d’un puzzle chimérique dans lequel il se perd lui-même. Un jeu de dupe où se dessinent les contours d’une « mytho-logie » personnelle dans laquelle il se met parfois en scène.

Emmanuel Sanz

La ligne d’horizon est au cœur de l’œuvre d’Emmanuel Sanz, à la fois limite et passage, un seuil où se confondent le tangible et l’infini. Dans cet entre-deux, son art s’inscrit comme une quête spirituelle, une exploration silencieuse de l’invisible.

Inspiré par les paysages contrastés du Pays basque et des Vosges, il puise dans ces immensités une force méditative, un souffle sacré qui imprègne ses toiles et photographies. Ses œuvres ne cherchent pas à reproduire le monde, mais à en capter l’essence, à révéler l’émotion qui surgit face à l’immensité.

Face à ses œuvres, le spectateur est invité à un voyage intérieur, à un moment hors du temps où l’horizon devient un passage vers l’au-delà du visible. Dans cet espace de silence et de vent, l’art d’Emmanuel Sanz ouvre un chemin vers l’essentiel, vers cette part d’infini qui nous habite.