Juliette Lepage Boisdron

Mon travail parle surtout de la place des femmes dans la société, et plus particulièrement celle des mères. A la fois puissantes, créatrices, elles sont aussi souvent effacées et vulnérables. À travers mes dessins je cherche à représenter un espace intime et universel, fait de transmissions, souvent silencieuses, parfois lourdes, qui façonnent nos vies dès notre naissance. La nature est aussi au cœur de mon travail. Plantes, insectes, cactus, bien sûr ils évoquent notre rapport á notre environnement, mais je les vois aussi comme des symboles : ils évoquent à la fois la force et la fragilité, ils rappellent les cycles de la vie, ce qui grandit, résiste, change ou disparaît, à l’image des liens invisibles qui traversent les générations. Mon geste est instinctif, parfois répétitif. Je dessine directement à l’encre, sans croquis préalable, surtout sur le papier de riz, où la moindre hésitation laisse sa trace. Les formes restent souvent incomplètes, déséquilibrées, flottantes. J’aime cette imperfection : elle révèle ce que l’œil ne voit pas, les forces discrètes, les fragilités, les présences invisibles qui habitent le monde.

Sibylle Laubscher

“We need art that shows us beauty, taking us by the hand like a friend.”

 

Sibylle Laubscher (CH/UK, *1971) is a painter and printmaker playing with light, form and movement from her studio in Switzerland, near Basel. She believes in the power of dreams and enchantments, feeling called to create new worlds containing wonder, joy and purpose. Worlds allowing the viewer to dream, offering hope in a time of crisis. 

Her work seeks to uncover the numinous and reveal beauty.  She believes in creating art that feels alive – inviting the viewer into a relationship, like an intimate conversation with a friend. Through her fascination with colour as light, form as space, movement as expression, and the spirit of play, her poetic-expressionist style opens a dialogue with anyone who engages with her work. 

 

Sibylle believes in the connection of reading, drawing and painting. She approaches her art as a means of self-expression, often finding refuge in the act of creation. Since studying textile design, her love of printmaking has reignited. She is convinced of the power of the handmade: “art is made by people for people”, she insists.  She believes art is vital to our wellbeing – a necessary form of human expression, and a life-sustaining force.   

 

Nature and practice of drawing are central to her artistic exploration, alongside a deep engagement with art philosophy, myth and fairy tale. Exploring themes such as womanhood and the environment, her work exudes an open and atmospheric quality.

Till Langschied

Till Langschied ist ein bildender Künstler, Autor und GIF-Enthusiast. Seine künstlerische Praxis konzentriert sich auf den Zusammenbruch von Signifikatensystemen in einem von Technologie und Netzwerken geprägten Zeitalter.

In seiner interessiert er sich dafür, wie unsere meist digitalisierte Realität Spuren am menschlichen Körper und Bewusstsein hinterlässt. Wie kann unsere Psyche mit dem übersättigten Moment eines sich ständig erweiternden “now” umgehen? Irgendwo zwischen der attention economy und den self-care Apps geschieht etwas mit unserer Spezies, und Till versucht, dieses Gefühl der Entfremdung von der Realität nachzuzeichnen in unserer Zeit, in der alles hypervernetzt ist.

Neben bildnerischen Arbeit beschäftigt sich Till mit Text. Er gründete 2023 das queere Schreibkollektiv Q.U.I.C.H.E., das jüngst den Recherchebeitrag Basel-Stadt gewann.

Er wurde 2020 zur Lago Mio Residency in Lugano eingeladen und erhielt 2021 einen Residenzaufenthalt von Pro Helvetia Shanghai und von der Fundaziun Nairs. Im Jahr 2024 war er für eine Residency mit Radio28 in Mexiko-Stadt und wurde für 2025 mit dem Atelier Mondial Stipendium für die Cité internationale des Arts in Paris ausgezeichnet.

Zanbagh Lotfi

A reflection on painting, displacement, and identity

As a bystander painter I perceive the world through my experiences in the diaspora, resulting from a combination of displacem ents and mobilities. My

paintings are a collection of images, narratives, emotions and memories that arise from my transitions from one point to another, from translations from

one culture to another, and therefore from encounters with a diversity of spatiotemporal worlds.

My endeavor in my paintings, has been focused on understanding and discovering new relationships with my SELVES and my surroundings. Exactly for this

reason, my paintings prominently feature liminal (in-between) spaces, personal and collective memories, and a sense of timelessness or temporal overlap

(or inter-temporal translation).

 

In many cases, I use a multilingual 

installation to offer the public the possibility of feeling  a part of the work.

Elena Lebrun

Tout a commencé en 2018 avec la découverte des diapositives de mon père se mettant en scène entre 1975 et 1980 dans l’appartement de ses parents. Quand ces derniers n’étaient pas là, mon père se prenait en photo. On le voit déguisé, maquillé, investissant tous les espaces dans une sorte de danse macabre. A la lueur de bougies, il se cache dans des bahuts, fait le mort dans le lit de ses parents, se transforme en Dracula.

Mon père devient photographe, tout comme moi. Je ne connaissais pas les archives de son travail de jeunesse. Je suis subjuguée par son univers loufoque et par la qualité de ses images. Ses images me parlent, me hantent, me happent– je m’y reconnais – quelque chose de familier m’appelle. Je décide de poursuivre sa série avec mon œil.

Je prends pour cadre le même appartement familial – celui de ses parents, celui de ma grand-mère. Grande Mère a vécu 50 ans dans cet appartement bourgeois parisien – un lieu que j’ai investi émotionnellement – un lieu qui charrie des souvenirs : les déjeuners du dimanche avec la famille réunie, les retrouvailles avec les cousines, les dodos le samedi soir, la télévision, les coquillettes au gruyère et jambon, le chocolat chaud en guise de petit-déjeuner et les mille objets exhumés des poubelles par Grande Mère…

Je mets en scène Grande Mère dans ses derniers moments avec ma sœur et mon père. Portraits de famille. Je pare Grande Mère de ces fleurs artificielles qu’elle affectionne tout particulièrement parce qu’elles ne meurent jamais. D’une certaine façon, je préfigure sa mort. Un an plus tard, elle décède, c’est le début du covid.

Pas de mode d’emploi pour faire son deuil, chacun.e essaie un chemin.

Mon père devient orphelin. Papa et Grande Mère étaient fusionels, ce n’était pas évident pour moi de trouver une place tant ils s’aimaient. La mort de Grande Mère redistribue les cartes – m’offre la possibilité de découvrir autrement mon père – l’homme qu’il est – et non plus le fils de sa mère.

En juin 2021, l’appartement est vendu. Les familles se déchirent. Douleur, rancoeurs, chagrin. Tout est mélangé. Pendant que mon père et moi, nous vidons les lieux, j’ai réalisé la dernière série de photos– mettant en lumière mon père et moi dans ces espaces mis à nu. Ce travail rend hommage à la mémoire de Grande Mère et au travail photographique de mon père.

Mes photographies témoignent d’un passé révolu, elles font partie intégrante de mon histoire. En exposant mon histoire personnelle, je pose la question de l’héritage : Que décide-t’on de garder ? Comment faire filiation ? Quel est le fil ? Comment le réparer quand il est abîmé ? Que crée-t-on ensemble ? Et vous comment faites-vous ?

Maxime Le Nahelec

J’ai une pratique pluridisciplinaire entre la vidéo, la performance, la sculpture et les installations. Un des liants principaux dans mon travail est l’utilisation du collage, notamment dans la sculpture.

Depuis très jeune je traverse des communautés internet dont la récupération, la transformation et l’appropriation fait part entière des processus créatifs. J’ai notamment grandi en étant passionnée de Warhammer, de jeuxvidéo et de musique métal.

Aujourd’hui je me concentre principalement sur des assemblages d’objets, notamment de jouets pour en faire des faux archéologiques. Ceux-ci font références à de vrais objets archéologiques de cultures diverses, mais aussi à des univers fantastiques ou populaires comme cités plus haut. Cette pratique sculpturale est un moyen de raconter mon identité traversée par le métissage. Je découpe et mélange des souvenirs et référents de l’enfance pour en faire des figures grotesques, terrifiantes et attachantes.

 

 

Arno Luzamba Bompere

Arno Luzamba Bompere est né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, en 1985. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR), il vit et travaille à Strasbourg,en France.  Le travail d’Arno Luzamba Bompere s’inscrit dans une démarche artistique transculturelle et pluridisciplinaire.  Il explore des thèmes variés tels que l’identité, l’histoire, la mémoire,l’écologie, l’espace et le temps.   Ses oeuvres s’inspirent d’archives, d’objets et d’oeuvres muséales, ainsi que de l’actualité internationale. Il crée des récits à travers le dessin, la peinture, l’installation et la performance, où l’image et le texte convergent dans une expression allégorique.  Les faits historiques et contemporains s’y traduisent par un langage poétique, où les visuels reflètent les liens multiples qui,entre passé et présent, définissent les sociétés humaines. En réunissant symboles et images mentales dans une expression picturale singulière, les oeuvres d’Arno Luzamba Bompere déconstruisent l’Histoire en tant qu’écriture univoque.   Retranscrivant la mémoire en tant que vécu intime et partagé, l’encre et l’aquarelle confluent dans une transcription évocatrice du réel, où l’image se fait plus évocation que représentation.  Il a participé à plusieurs événements artistiques, résidences de création, expositions collectives et solo. Il a présenté ses oeuvres à la Biennale Yango de Kinshasa en 2015, au Palais des Beaux-Arts (Bozar) à Bruxelles, ainsi qu’à la Galerie Backslash (Paris) en 2024  en 2025 et en 2026.  Ses oeuvres ont été exposées au Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren (Belgique)et au Bocs Art Museum à Cosenza (Italie). Elles figurent également dans la collection permanente de la Fondation Montresso à Marrakech.  Arno Luzamba a collaboré et exposé dans différents lieux de Strasbourg, tels que la Galerie Retro Futur, la Galerie Inver, et la galerie L’Oiseau Rare qui lui a consacré deux expositions personnelles.  Il est également actif dans plusieurs projets collectif et artiste résident au bastion 14 à Strasbourg depuis juin 2025.

Marianela Leon Ruiz

Danse-performance et arts visuels

 

Mon materiel du travail principal c’est le corps. C’est le corps que nous voyons, celui qui accompli des actions, et celui dans lequel notre esprit opère mystérieusement.

 

Mon travail de danse-performance est une exploration au sein de ce milieu. Et la performance en direct devenant le moment crucial d’échange entre les corps. Au-delà de ce que nous savons.

Même en dehors des objectives et des intentions de l’artiste.

Cette ouverture comporte un risque, mais elle est fondamental pour entrer dans le réel.

Bien que je réalise beaucoup de vidéos, c’est lors des action en direct que on parvient les plus souvent à ouvrir ce fossé.

 

D’un autre côté, je suis pleinement intéressée à la transmission. C’est pourquoi je donne des cours où l’on développe la conscience corporelle et l’usage créatif du mouvement ainsi que la perception en action. Ce sont en vraie des ouvres d’art collectives, des ouvres de vie en action artistique.

 

Ma formation initial est en arts visuels. J’ai étudié les beaux-arts en Espagne. Je n’ai jamais abandonné les arts visuels, que ce soit le dessin, la peinture ou le modelage. Il y a des occasions où c’est ça qui pousse.

Liseron d’Azur

Mon atelier est situé à l’intérieur de mon appartement, au rez-de-chaussée d’une petite copropriété des années 60, dans un quartier de Colmar baigné de calme. C’est une bulle propice à la fois au cœur de la ville et en retrait d’un monde marqué par la vitesse, à laquelle je peux accéder jour et nuit sans contrainte spatiale. 

Une pièce y est entièrement réservée à ma pratique et au stockage de mon matériel. C’est là que j’écris mes poèmes et mes performances, que je conçois mes futures productions plastiques et édite mes photographies.

Cependant mes travaux s’étendent jusqu’à la pièce à vivre, qui en constitue un premier lieu d’exposition ainsi qu’un espace plus vaste lorsque je souhaite peindre ou créer en volume.

Mes productions entrent en résonnance avec les plantes, les bouquets de fleurs séchées et les objets de décoration qui jalonnent l’espace.

 

Mein Atelier befindet sich in meiner Wohnung im Erdgeschoss eines kleinen Mehrfamilienhauses aus den 1960er Jahren in einem ruhigen Viertel von Colmar. Es ist eine Oase der Ruhe im Herzen der Stadt, fernab von einer von Geschwindigkeit geprägten Welt, zu der ich Tag und Nacht ohne räumliche Einschränkungen Zugang habe. 

Ein Raum ist vollständig meiner Arbeit und der Lagerung meiner Materialien vorbehalten. Dort schreibe ich meine Gedichte und Performances, entwerfe meine zukünftigen Kunstwerke und bearbeite meine Fotografien.

Meine Arbeiten erstrecken sich jedoch auch auf den Wohnbereich, der als erster Ausstellungsort und als größerer Raum dient, wenn ich malen oder dreidimensionale Werke schaffen möchte.

Meine Werke stehen in Resonanz mit den Pflanzen, den Trockenblumensträußen und den Dekorationsgegenständen, die den Raum schmücken.