« Martin Schultz compose des sculptures à l’identité trouble, où la fragilité latente de ses assemblages dialogue avec une histoire qui cultive le mystère de son dénouement. Son répertoire orchestre la rencontre entre des objets trouvés sur son chemin et des formes créées de toute pièce à partir de différents matériaux, tels que le verre, le plâtre ou le bronze. En suivant le fil impalpable son intuition, l’artiste s’empare du pouvoir physique et symbolique des éléments qu’il choisit pour créer un jeu de combinaison régi par les propriétés de la matière. Ainsi, texture, poids, densité, résistance deviennent les ponctuations d’un langage silencieux constitués de fragments de monde. Émanant d’épisodes autobiographiques, ses œuvres convoquent également certains motifs corporels récurrents, comme la main et le pied. Souvent représentées en pleine action et de manière légèrement dissonante, ces extrémités du corps, façonnées d’après la silhouette de l’artiste, contrastent avec l’immobilisme des objets existants. Entre l’organique et le synthétique, les creux et les pleins, ses sculptures font tantôt s’empiler ou soulever, tantôt traverser et soutenir les différentes matérialités qui les composent, venant ériger dans l’espace des lignes simples et épurées, presque élégantes, malgré leur équilibre précaire. Par ses agencements précis, témoins d’une introspection profonde, Martin Schultz s’amuse des rapports poétiques qu’il décèle dans son environnement quotidien. Il les cristallise dans un temps suspendu, mettant en scène leur sort incertain, tels des châteaux de sable portant en eux la promesse de leur effondrement futur. » Par Licia Demuro, critique d’art et journaliste indépendante
Diplômé d’un DNSEP Art à la HEAR de Strasbourg, Nahrae Lee née en Corée du sud, ayant grandieen Chine et aujourd’hui vivant et travaillant en France, explore les différences et les points communsqui, aujourd’hui, lient et définissent les êtres humains. En associant plastiquement et conceptuellement des éléments autobiographiques à d’autres plusuniversels, elle interroge la notion de norme et en propose une nouvelle définition à travers un monde qu’elle s’est créé au fil de sa vie et de ses expériences familiales, professionnelles et introspectives. Sa pratique s’étend de la vidéo à l’installation en passant par la gravure monotype
Yoshikazu Goulven Le Maître développe une pratique de sculpture autour de la récupération et de la revalorisation de matériaux usagés pour créer un étrange bestiaire, à l’heure où la diversité du vivant disparait en masse. L’artiste recherche l’illusion de vie dans les objets délaissés du quotidien, dans les matériaux en marge de nos circuits de consommation. Il interroge leurs valeurs et tente de saisir une forme d’altérité qui leurs sont propres. Cette pratique évolue en s’adaptant aux contextes et contraintes, à la fois économiques et écologiques de son quotidien. Il essaie de penser son atelier comme un écosystème respectueux, de fonctionner en circuit-court, et de faire résilience vis-à-vis des méthodes de production contemporaines, tout en enrichissant sa technique par l’expérience de gestes instinctifs et répétitifs. C’est alors aussi, un moyen de faire du bricolage un outil de résistance politique, face à un monde où on ne comprend plus les mécaniques de nos objets. Yoshikazu tente ainsi d’interroger le fonctionnement de nos sociétés, en faisant appel à mes souvenirs d’enfance mais aussi à une grande mémoire collective. Son inventaire plastique dépeint un écosystème culturel contemporain façonné d’artefacts, sous la forme de représentation du vivant, mais aussi de nature morte.
En 2017, les envies de création qui sommeillaient en Giom Von Birgitta depuis plus de 10 ans commencent à poindre. Ou alors elles demeurent simplement aussi vivantes qu’avant, mais deviennent visibles par l’œil et l’esprit jusqu’alors concentrés sur d’autres priorités. C’est alors qu’il a rencontré la terre et qu’ils ont échangé. Des mots. Des silences. Des promesses. Des envies. Des peurs. Des doutes. Des convictions et bien d’autres choses encore…
C’est une rencontre : celle d’un parcours, d’un artiste et de la matière, de toutes ses forces. C’est une histoire : de liberté, d’humilité, de patience et de partage. C’est un lieu : signe d’une époque éteinte, mais qui sait se réinventer, bouillonnant de ses nouveaux espoirs. Les créations de Giom Von Birgitta sont tout cela, même si elles renferment une part d’indescriptible magie – celle qui nous échappe toujours – comme forgées par la somme de nos émotions les plus essentielles, à la croisée entre la puissance originelle des éléments et un territoire tout à la fois brut et sensible.