Sophie Davin

Je joue avec les « rebuts » de mon utilitaire afin de construire et déconstruire en laissant les mains et le corps se laisser aller à faire. Mes gestes sont rapides, instinctifs et intuitifs. Dans mes compositions, je trouve l’équilibre, chaque chose prend sa place.Il s’en dégage, silence, douceur et poésie.D’abord, je collecte mes pièces d’utilitaires tournées, des détails cassés que je garde précieusement, des morceaux de pièces que je glane dans l’atelier. Mon choix se porte essentiellement sur la terre grise, la porcelaine, des pièces crues, biscuitées ou en haute température.Les rebuts, c’est cette matière mise de côté puisque, non aboutie, déformée, fissurée… Des tessons sensibles qui parlent d’une vie, d’un geste, de choix, mais aussi d’intentions, d’un parcours personnel, d’un goût… Poser un regard attentif sur ces éléments m’a permis de les considérer, de les percevoir tels des richesses, des trésors avec leur histoire. Il s’agit de remettre en scène ces fragments afin d’en proposer une nouvelle lecture. Chacun des rebuts confiés ou trouvés est une base de travail, ce qui donne naissance à une pièce unique une fois le tout assemblé. J’aime l’idée que la pièce puisse avoir plusieurs vies.Ensuite, j’assemble le tout, parfois de manière éphémère en déconstruisant aussi vite que construit et parfois, je pérennise mes sculptures en les collant à l’émail.« À chaque fois dans mes constructions, je regarde ce qu’il se passe dans les détails de ce que je suis en train de faire, je ne vois pas toujours ma pièce dans sa globalité, j’ai besoin de recul. Le recul, je l’obtiens une fois ma pièce dans l’objectif de mon appareil photo, et là ma pièce commence à exister, je peux devenir l’observatrice de moi-même et de mes créations ». Sophie Davin

Anne-Marie Schoen

J’aime imaginer une création en équilibre, juste au bord du temps, accessible à tous, qui vive et s’enrichisse d’ échanges et de partages en jouant avec tous les matériaux y compris les sons et les mots.

Viktoria von der Brüggen

L’émerveillement face à la vitalité et à la fragilité du vivant constitue le point de départ de mon travail artistique.  J’explore le médium de la terre pour donner une forme plastique à la richesse des expériences suscitées par le contact avec la nature et différents espaces paysagers.  Étroitement liée à ma pratique de la céramique, l’aquarelle m’offre un autre champ pour faire émerger des formes et des motifs et expérimenter avec la couleur.

Michel Bedez

« Michel Bedez est une idole – une idole des jeunes. Des jeunes du Moyen-Age. Venus du fond des temps, asservis à la chaire, il n’a pas eu le choix. La figuration est grossière et renvoie à des images archétypales au coeur de toutes les mémoires. » (Stéphanie Lucie Mathern, artiste). Son oeuvre « offre son étrangeté radicale, « cachesexuée » et naïve. Dans cette projection d’une part d’intime, on pourra lire cette façon si humaine de faire totem de son chaos intérieur. pour se protéger. » (Philippe Lefait, journaliste et écrivain). Les idoles sont des confidents qui ont le pouvoir de soigner les maux des hommes et de la société. Elles apparaissent sur des toiles ou sous forme de statues taillées dans du tilleul de la forêt proche, fruit d’un travail coopératif avec le sculpteur Loïc Bosshardt. Michel Bedez explore également les thématiques de la mort et de la danse : mythe de Salomé, sarabande mortelle, baloche égrillard…

Alexandra Gerber

Depuis son diplôme obtenu en 2005 à la HEAR de Strasbourg, Alexandra Gerber peint, sculpte, modèle, explore, enfante, sème et assemble des objets issus du vivant.

Elle embrasse une multitude de chemins comme autant d’univers disponibles à sa pulsion créatrice : films en 16mm, sculptures sur bois monumentales, peintures à l’huile sur feuille d’or, sculptures grandeur nature de terre et de laine, crânes d’animaux dorés et réanimés, racines exhumées des tréfonds de la forêt, empreintes de spores d’amanite tue-mouches, polypores aux yeux de braise et autres masques issus des règnes végétaux et fongiques. Sa créativité effrénée se développe aussi sur le papier ; romans, poèmes, dessins “automatiques” peuplés de créatures insolites, portraits fantomatiques à l’aquarelle, comme si la main devinait naturellement ce qui se cache dans l’invisible…

Impossible de connaître la suite : chaque territoire exploré conduit à de nouvelles découvertes. Rien n’est jamais acquis, ni figé. Tout se transforme inlassablement en obéissant à l’appétit des matières, dans une danse exploratoire ouverte sur l’inconnu.

« Faire feu de tout bois, et même de l’invisible », c’est la spécialité de l’artiste, qui a étendu son champ de sculpture à la psyché humaine, et à travers des rituels, conduit des personnes à des transformations intérieures, en rebranchant l’humain à la dimension archaïque de son être, à la structure de l’univers…

Est-ce de l’Art ? Du chamanisme ? Un jeu de piste, un conte métaphysique ? Tout cela à la fois !

Alexandra l’incarne en vivant et créant à Steige en lisière de forêt, à cheval sur les mondes, et ne faisant aucune concession sur la sincérité de l’élan. Ce qui rend la chose éphémère, fugace, magique, et échappant totalement aux projets institutionnels.

Charlène Chemin

Le travail de Charlene Chemin interroge les tensionscognitives, parfois violentes, que nous ressentonsdans nos pratiques culturelles, tensions entre le plaisir de l’expérience esthétique (l’attrait pour les matières, les couleurs, les symboles…) et la dépendance à la consommation d’objets empêtrés dans leurs conditions de productions problématiques.Qu’il s’agisse d’objets trouvés ou de références arrachées au vaste champ iconographique de l’histoire de l’art, Charlène Chemin conjugue détournements de formes et investigations techniques pour élaborer des dispositifs(sculptures ou installations) qui perturbent nos repères et démultiplient les chemins du sens.

Marie-Amandin Duverger

J’exprime par le dessin, la peinture et la sculpture des petites choses qui me touchent dans mon quotidien (une feuille morte, l’oreille de ma fille que j’allaite, etc.) en allant jusqu’à de grands paysages. Mon travail est traversé (souvent inconsciemment) par les questions existentielles qui me taraudent, le mystère du mal, la blessure, la mort ; la fuite ou la résilience de l’homme face à ces événements.

Ludivine Ledoux

« Dans mon parcours comme dans mon processus de création, je recherche le mouvement et la mobilité. J’aime découvrir et créer en lien avec le paysage qui m’entoure, étudier les pratiques qui nous lient aux espaces que l’on occupe et comprendre les processus d’adaptation à notre environnement. Mon travail parle de ce qui a trait à la métamorphose, à la réparation, au mouvement. Je réinvestis les pratiques et les connaissances traditionnelles, les rituels individuels et collectifs, les objets usuels anciens. À mes yeux, ce sont des supports de réflexion et de compréhension du monde actuel ainsi que des outils d’expérimentation pour trouver des réponses résilientes. J’explore leurs influences sur nos imaginaires et opère des déplacements pour leurs attribuer de nouvelles fonctions et créer de nouvelles narrations.

Je suis intéressée par tous ces mouvements qui font qu’une pratique,un objet ou un statutglisse d’un milieu, d’une temporalité ou d’un sens à un autre. Mes pièces sont habituellement pensées pour être actionnées et adaptables.

Soucieuse de l’impact écologique de ma pratique, mon travail devient peu à peu indissociable de ma manière de produire. Je développe actuellement une recherche autour des plantes afin de produire mes propres matériaux, mes couleurs et mes supports. »

Pauline Faure

Au sein de mon atelier Mes petites curiosités je crée des sculptures et des objets en papier, conçus, découpés et collés minutieusement à la main. Très inspirée depuis toujours par les cabinets de curiosités mes créations explorent plusieurs univers, les animaux, les insectes, les végétaux en passant par l’anatomie. Formée aux Arts Décoratifs de Strasbourg en section Didactique Visuelle, j’ai gardé dans ma pratique l’idée de transmettre et de donner à voir le vivant.

Fabienne Schneider

Fabienne Schneider est artiste plasticienne et utilise le verre soufflé et sculpté comme médium principal d’expression. Elle s’est intéressée petit à petit au design d’objet et utilise les différentes propriétés du verre pour ses créations : mémoire de forme, transparence, couleur, fluidité, effets d’optique…Elle sculpte également le verre ‘à chaud’ à l’aide de pinces pour représenter des éléments organiques ayant trait au corps ou aux animaux.