Pratiques : Sculpture
Anne-Marie Schoen
J’aime imaginer une création en équilibre, juste au bord du temps, accessible à tous, qui vive et s’enrichisse d’ échanges et de partages en jouant avec tous les matériaux y compris les sons et les mots.
Viktoria von der Brüggen
L’émerveillement face à la vitalité et à la fragilité du vivant constitue le point de départ de mon travail artistique. J’explore le médium de la terre pour donner une forme plastique à la richesse des expériences suscitées par le contact avec la nature et différents espaces paysagers. Étroitement liée à ma pratique de la céramique, l’aquarelle m’offre un autre champ pour faire émerger des formes et des motifs et expérimenter avec la couleur.
Michel Bedez
« Michel Bedez est une idole – une idole des jeunes. Des jeunes du Moyen-Age. Venus du fond des temps, asservis à la chaire, il n’a pas eu le choix. La figuration est grossière et renvoie à des images archétypales au coeur de toutes les mémoires. » (Stéphanie Lucie Mathern, artiste). Son oeuvre « offre son étrangeté radicale, « cachesexuée » et naïve. Dans cette projection d’une part d’intime, on pourra lire cette façon si humaine de faire totem de son chaos intérieur. pour se protéger. » (Philippe Lefait, journaliste et écrivain). Les idoles sont des confidents qui ont le pouvoir de soigner les maux des hommes et de la société. Elles apparaissent sur des toiles ou sous forme de statues taillées dans du tilleul de la forêt proche, fruit d’un travail coopératif avec le sculpteur Loïc Bosshardt. Michel Bedez explore également les thématiques de la mort et de la danse : mythe de Salomé, sarabande mortelle, baloche égrillard…
Alexandra Gerber
Depuis son diplôme obtenu en 2005 à la HEAR de Strasbourg, Alexandra Gerber peint, sculpte, modèle, explore, enfante, sème et assemble des objets issus du vivant.
Elle embrasse une multitude de chemins comme autant d’univers disponibles à sa pulsion créatrice : films en 16mm, sculptures sur bois monumentales, peintures à l’huile sur feuille d’or, sculptures grandeur nature de terre et de laine, crânes d’animaux dorés et réanimés, racines exhumées des tréfonds de la forêt, empreintes de spores d’amanite tue-mouches, polypores aux yeux de braise et autres masques issus des règnes végétaux et fongiques. Sa créativité effrénée se développe aussi sur le papier ; romans, poèmes, dessins “automatiques” peuplés de créatures insolites, portraits fantomatiques à l’aquarelle, comme si la main devinait naturellement ce qui se cache dans l’invisible…
Impossible de connaître la suite : chaque territoire exploré conduit à de nouvelles découvertes. Rien n’est jamais acquis, ni figé. Tout se transforme inlassablement en obéissant à l’appétit des matières, dans une danse exploratoire ouverte sur l’inconnu.
« Faire feu de tout bois, et même de l’invisible », c’est la spécialité de l’artiste, qui a étendu son champ de sculpture à la psyché humaine, et à travers des rituels, conduit des personnes à des transformations intérieures, en rebranchant l’humain à la dimension archaïque de son être, à la structure de l’univers…
Est-ce de l’Art ? Du chamanisme ? Un jeu de piste, un conte métaphysique ? Tout cela à la fois !
Alexandra l’incarne en vivant et créant à Steige en lisière de forêt, à cheval sur les mondes, et ne faisant aucune concession sur la sincérité de l’élan. Ce qui rend la chose éphémère, fugace, magique, et échappant totalement aux projets institutionnels.
Charlène Chemin
Marie-Amandin Duverger
Ludivine Ledoux
« Dans mon parcours comme dans mon processus de création, je recherche le mouvement et la mobilité. J’aime découvrir et créer en lien avec le paysage qui m’entoure, étudier les pratiques qui nous lient aux espaces que l’on occupe et comprendre les processus d’adaptation à notre environnement. Mon travail parle de ce qui a trait à la métamorphose, à la réparation, au mouvement. Je réinvestis les pratiques et les connaissances traditionnelles, les rituels individuels et collectifs, les objets usuels anciens. À mes yeux, ce sont des supports de réflexion et de compréhension du monde actuel ainsi que des outils d’expérimentation pour trouver des réponses résilientes. J’explore leurs influences sur nos imaginaires et opère des déplacements pour leurs attribuer de nouvelles fonctions et créer de nouvelles narrations.
Je suis intéressée par tous ces mouvements qui font qu’une pratique,un objet ou un statutglisse d’un milieu, d’une temporalité ou d’un sens à un autre. Mes pièces sont habituellement pensées pour être actionnées et adaptables.
Soucieuse de l’impact écologique de ma pratique, mon travail devient peu à peu indissociable de ma manière de produire. Je développe actuellement une recherche autour des plantes afin de produire mes propres matériaux, mes couleurs et mes supports. »
Pauline Faure
