Mon travail s’inscrit dans une exploration de la mémoire, des phobies et de l’absurde à travers les techniques textiles. Je m’intéresse à ce que ces gestes ancestraux comme le crochet, la broderie ou le tricot peuvent raconter lorsqu’ils sont détournés de leur fonction utilitaire pour devenir un langage visuel. Chaque f il utilisé, chaque forme créée porte en lui une trace, un souvenir ou une tension entre l’instinct et la raison. Je cherche à révéler ce qui se cache sous la surface : des peurs irrationnelles, des comportements absurdes ou des tensions enfouies. Les textiles, dans leur fragilité et leur douceur, deviennent pour moi des objets transitionnels, des formes qui oscillent entre le vivant et l’organique, le familier et l’étrange. L’absurde m’intéresse particulièrement : il est partout, dans les cycles du quotidien, dans nos réactions face à l’inexplicable, dans nos tentatives maladroites de donner un sens à ce qui n’en a pas. Les titres que je donne à mes œuvres font partie de ce processus. Ils sont des fragments, des indices qui ouvrent une porte vers un récit ou une émotion. Ils sont là pour guider sans imposer, laissant le spectateur trouver sa propre interprétation. Mon approche est également performative : je pense mes installations comme des scènes, où chaque forme dialogue avec l’espace, les ombres et la lumière. C’est une manière de faire parler les matériaux, de leur donner une présence qui questionne nos propres rapports au temps, au souvenir, et à ce qui nous dépasse. À travers ces œuvres, j’essaie de créer un espace où l’intime et le collectif se rencontrent, où le fragile devient une force, et où l’absurde devient une clé pour lire le monde autrement. « Et voilà les bananes sont en chaussette.L’expérience fait naître l’absurdité. Les os se cassaient par cette performance.Entouré par la nature. L’émotion se dessine. C’est la peur.[…] Je pense donc je m’emprisonne, il se noyait dans ses costumes quand tout à coup… jamais ne se réveilla. C’est alors qu’il disait celui de hier ; n’ouvrez jamais une cuillère à café avec un cutter, on ne perd rien de grave.» ©Aurélien Finance
