Pratiques : Installation
Myriam Fourmann
Aude Dimofski
Aude Dimofski est une artiste et pédagogue française basée à Strasbourg depuis 2020. Elle a étudié la photographie d’art à Lyon avec Dominique Sudre : un maître dans les procédés photographiques du XIXe siècle.
Elle a vécu 15 ans à Cork en Irlande, où elle a été diplômée d’une licence en beaux art et d’un master en éducation. Après avoir obtenue une bourse de 12 mois à l’atelier professionnel de gravure « The Cork Printmakers », Aude a continué à y travailler et à développer des techniques d’impressions hybrides. Son travail artistique est exposé en France et en Irlande. Il mêle photographie, gravure, sculpture et installation. Sa pratique associe des techniques artistiques traditionnelles et des procédés de créations modernes.
Mon travail artistique, Breath in, Breath out a émergé de la recherche sur l’idée de perception. La perception nous permet de voir le monde d’un point de vue subjectif qui, tout en nous libérant, peut aussi nous emprisonner en nous-mêmes. J’explore les sentiments de claustrophobie, en utilisant une combinaison d’images et de matériaux liés aux espaces ouverts et aux organes intérieurs. Le fait que l’œuvre soit partiellement occultée crée un sentiment de malaise, et renvoie également aux prisons psychologiques dans lesquelles nous sommes piégés soit par la société, soit par nous-mêmes.
Marianne Mell
Mon travail porte sur la transformation de tissus blancs en œuvres textiles sensibles à la lumière, à l’usure et au temps. Elles reproduisent des textures organiques, des ciels ou des mouvements par le biais du monotype, de la sérigraphie ou encore du shibori. C’est une attention personnelle sur les motifs du quotidien (écorces, carapaces, craquelures, ondulations, etc.) qui m’a amenée à m’intéresser aux phénomènes du vivant comme producteurs de motifs – la façon, par exemple, dont ils interviennent dans l’usure de la matière.
Cet intérêt pour les effets visuels produits par le vivant m’a guidé vers la pratique de la teinture végétale qui est devenue au fil du temps un élément principal dans ma démarche. Les plantes tinctoriales sont sources de couleurs, source d’inspiration et support de rencontre.
Cette démarche s’hybride au fil des collaborations que je mène avec d’autres artistes. Les œuvres que je crée sont le fruit d’un travail collectif que nous menons souvent avec des publics extérieurs dans le cadre de projet d’intervention artistique. Nous travaillons par exemple avec des enfants ou des personnes en situation de handicap, il s’agit donc de rendre accessible la production artistique en adaptant nos gestes et nos outils.
À travers cette démarche artistique et sociale, je tente de questionner notre rapport à la matière des objets que nous produisons. Les œuvres ainsi créées sont sensibles et fragiles, uniques et précieuses.
Loona Sire
Des corps qui s’abandonnent, des végétaux séducteurs, des drapés scintillants, des animaux errants et des paysages déserts composent mes images. Ma pratique photographique oscille entre mises en scène et instantanés.
Quand la situation est propice à l’étirement du temps, je mets en place des dispositifs longs d’observation. J’attends le moment où mon regard est capté par des personnes qui me troublent et me fascinent dans leur manière d’être au monde, par la densité de leur regard, leur manière de se mouvoir. Je définis ensuite un lieu où le corps de ces modèles prend place de manière centrale dans la composition. Le décor vient renforcer la présence du sujet photographié.
Le processus diffère lorsque je traverse des villes, des campagnes, des paysages, je suis alors attentive à ce qui apparaît sous mes yeux et collecte des images qui entrent en résonance avec mon univers visuel.
En plus de présence humaine ou animale, des éléments sont récurrents dans mes images telles que les fleurs qui sont des marques sensuelles, synonymes de puissance féminine, d’éclosion, de vif espoir ; des tissus et drapés qui évoquent une seconde peau ou une matière évanescente. Face à mes images, la perception a du mal à se caler. Il y a confusion entre détails et mise à distance, humain, animal et minéral, peinture et photographie, charnel et éthéré, réalité et songe.
Justine Siret
Le travail plastique de Justine Siret s’ancre dans une articulation précisément établie entre l’euphorie de la spontanéité et la profondeur du travail documentaire. Cette méthode traduit la pensée pétillante de l’artiste, aux ramifications foisonnantes. Tout à la fois formelles, symboliques ou théoriques, les connexions présentes dans ses œuvres sont le résultat d’un processus d’incorporation quasi-encyclopédique. Au sein de son répertoire, la peinture tient une place de choix mais ne sait délimiter à elle-seule la palette technique nécessaire à l’expression de Justine Siret. En effet, son regard est photographique par son sens de la composition et dans le repérage minutieux de détails inattendus. La présentation de ses œuvres est quant à elle essentiellement liée à l’objet dans sa spatialité. Autant que les livres qui s’amoncellent dans (et hors de) sa bibliothèque, ces objets s’accumulent façonnent la fresque mentale de l’artiste, dont les œuvres constituent autant de fragments perceptibles. Justine Siret est présente au Bastion XIV depuis 2024. Les Ateliers Ouverts 2026 sont l’occasion d’y présenter les émergences de deux résidences récentes. Motivées par le thème commun de l’automobile, ces moments de recherche – réalisés respectivement à Stuttgart et au Syndicat Potentiel (Strasbourg) – ont permis l’exploration d’axes multiples sur cette commune de base. Dans ses séries Vade Rétro(s) ou Angles Morts, les rétroviseurs deviennent une célébration de l’acte de voir, surtout quand celui-ci se concentre sur le banal. Par l’intermédiaire de ses travaux développés au Syndicat Potentiel, la place des femmes dans l’iconographie autant que dans l’histoire automobile est mise sur le tapis. Là aussi, les pièces de véhicules détachées deviennent des pièces artistiques. Ces crossovers thématiques rendent possible le questionnement des récits genres créés autour de l’objet technique et fantasmatique qu’est la voiture. Tout cela, bien sûr, à toute berzingue. Maïta Stébé, 2026.
Rodérik Farny
Silvi Simon
Ulrike Weiss
