Pauline Beck

Je me mets toujours au travail par chance.La chance est fugace mais partout, il suffit d’être alerte à sescommotions.Au détour d’un repas, au réveil d’un rêve un peu bruyant ou dansune gorgée d’eau de vie, je rencontre une chaleur particulièrequi entraine un bouillonnement.Foyer :Du latin; focarius : « de feu » (n.m.)1 Lieu où l’on fait du feu2 Par métonymie, maison, demeure familiale, pays natal3 Lieu, point qui est la source d’un rayonnement, où se concentre la chaleurLa cuisine, la céramique, le verre soufflé, la teinture, le bronzeet la distillation sont des arts du feu. Aussi hétérogènes soientelles,mes pratiques gravitent ainsi, à l’horizontale, autour dufoyer.

Sirarpi Mikayelyan

Je passe mon chemin, tous les jours, toutes les heures,toutes les secondes. Je suis à la frontière entre mon passé et mon avenir, ce qui est le présent. Je suis à la frontière de la lumière et de l’ombre, à la frontière du traditionnel et du contemporain, et, du fait de mon parcours, à la frontière des cultures de l’Est et de l’Ouest. Le présent semble incompréhensible, l’avenir est incertain, seul le passé est tangible et toujours là. À mon avis, la seule façon de percevoir et de donner un sens au présent c’est d’agir. Le présent devient le passé à chaque seconde et c’est notre « valise intérieure » dans laquelle nos sentiments, nos actions, nos émotions et nos pensées sont constamment accumulés. L’avenir, oui bien sûr, est incertain, mais il a la capacité de contenir de l’espoir.

Auchkatzstudio

Auchkatzstudio se compose d’Elsa Belbacha-Lardy, diplomée d’un DNSEP en 2019 de L’ENSA Villa Arson et agrégée d’arts plastiques, et de Thomas Thibout titulaire d’un DNSEP mention design produit et espace de l’ENSBA Lyon depuis juin 2019. En 2017, ils créent ensemble AuchKatzStudio. Leur travail s’emploie dès-lors à cultiver l’interstice poreux entre design sculptural et art fonctionnel en créant des installations immersives où la couleur devient le lien entre le solide et
le précaire, l’inerte et le vivant.

En effet, en 2021 ils créent pour la sixième édition d’art au Centre à Liège, UNIVERSE IN MOTION. Cette installation propose de s’affranchir des frontières par l’hybridation de la sculpture, de l’objet, de la peinture ou encore de la photographie tant sculpturale que publicitaire. La nature-même des media se voit interrogée dans une relation sensible à un univers mouvant entre
séduction et étrangeté, qui propose la fusion d’une archéologie du futur et d’un passé hypothétique. Cette même année ils sont invités en résidence à Moly Sabata afin d’élaborer ce qu’ils aiment appeler des sculptures de monstration d’oeuvres. Tant fonctionnelle que sculpturale par son autonomie spatiale, cette nouvelle série visant à «socler» les pièces présentées à Art O Rama lors de l’exposition Empire & Royaume de Moly Sabata cultive la porosité entre les arts visuels. Ils participent ainsi à l’édition 2021 d’Art O Rama à la Friche Belle de Mai.

Ainsi AuchKatzStudio s’apparente à une entité hybride qui tend à s’exprimer tant dans le domaine de l’installation que dans celui du design d’objet, et toujours dans une relation sensible aux pièces uniques, s’attachant ainsi à mettre en relief les aspérités de la matière. En effet, de mars à Juin 2021, plusieurs de leurs pièces se voient exposées dans la galerie Chapelle XIV à Paris lors de l’exposition collective SuperNature visant à réunir des pièces de designers et de peintres dans un rapport étroit au sublime. Parmi les pièces d’AuchKatzStudio qui y sont présentées on retrouve notamment Jaspe et Rubis, oscillant entre tabourets ensanglantés et pierres précieuses, et dont la matière semble souligner la relation ambivalente, magnétique et de fait propre au sublime, liant attraction et répulsion. Leur travail fut également montré en novembre 2020 à Brooklyn lors
de l’exposition collective Super Group organisé par Stephen Markos également appelé « Superhouse ». Ainsi AuchKatzStudio aime à penser ses pièces en deux temps, celui de la fonction puis celui de la fiction qui prend forme en tant qu’installation où dialoguent des sculptures praticables, mais également des éléments précaires et évolutifs tels que l’eau ou le sel, avec la stabilité d’un
élément ou d’une construction architecturale.

En effet, en février 2020, ils exposent DINNER PARTY TIME à l’Artist Run Space Loto à Bruxelles. Dans cette installation, alors que la couleur se déploie physiquement dans l’espace qu’elle sculpte, assis sur ce qui peut être envisagé comme la sculpture ou la peinture d’une roche, le visiteur est happé dans un espace-grotte lentement mou – vant, à la fois inerte et vivant et qui propose une
rencontre entre deux temporalités, la notre et celle du monde minéral et organique. En parallèle, Thomas Thibout collabore avec des archéologues lors de chantiers de fouilles paléolithiques, ce qui contribue à alimenter les recherches d’AuchKatzStudio autour de la forme organique et du design spéculatif où les époques s’entremêlent conjuguant ainsi le possible et le plausible.

En septembre 2021, ils ont présenté Hypermonde, leur première exposition personnelle au centre d’art Maison Louis Jardin au Mesnil/Oger. Ils participent également à Materialité aux côtés de la gallerie Adorno durant la Paris Design Week 2021, au Salon Premiere Classe au Jardin des Tuilerie à Paris pour l’exposition Sunny Corner organisé par Harld Molet en septembre 2022, au Lake Como Design Festival 2022 organisé par Artefacto pour Movimento Club.

Hélène Gouvion

Mes recherches s’intéressent aux relations que nous entretenons avec notre environnement et trouvent leur origine dans des rapports d’opposition, confrontant stabilité et inconstance.Basée sur un principe de mise en situation, personnelle ou collective, ma pratique tente de révéler l’immatériel, faisant ainsi de la perception une matière avec laquelle composer. Constituée de mouvements, de déplacements et de variations, elle place les phénomènes et les temporalités au cœur de procédés de création. Mon travail s’articule autour de la rencontre entre la lumière, la matière, le corps et l’espace, et tente d’en exploiter les particularités. Laissant s’exprimer le dialogue qui nait de ces interactions, c’est entre opacités, transparences, textures, ombres, champs et hors-champs que se forme chaque composition. Dans une logique de morcellement, mes travaux cherchent à déconstruire une réalité pour faire apparaître des univers mouvants dans lesquels les repères deviennent incertains. Ceci dans l’intention de réinterroger le rapport que nous entretenons à nous-même et aux autres, à l’espace et au contexte, et la manière dont cela modèle notre façon d’habiter.

Valérie Hendrich

Valérie Hendrich est artiste plasticienne, diplômée de l‘école supérieure des Beaux-Arts HBKsaar de Saarbrücken. Depuis 2007, elle vit et travaille en France, et a mené plusieurs projets artistiques en Grande Région autour du langage. Sculptrice, elle s’essaie également à l’installation notamment à travers son projet Lettres miroir.

Cécile Pétry

Le travail de Cécile Pétry tourne autour du dessin et du processus du dessin. Son intérêt pour la ligne la mène à explorer différents médiums; du dessin en réalité augmentée à l’animation; en passant par la mise en place dans l’espace ou encore le travail du textile et de la broderie, pour arriver au dessin performé.

Mais quel que soit son médium, ses œuvres sont toujours remplies d’humour, de dérision sans moquerie. Elle nous emmène dans ses explorations (en Chine, en Italie, en littérature…) y apportant son regard décalé. Ses oeuvres ont souvent un caractère interactif, le visiteur peut rentrer dans une grande cabane brodée, jouer à un jeu de cartes quasi infini, construire sa propre aventure à travers ses travaux. 

Ces dernières années, son travail a évolué et l’installation est devenu un aspect important de sa pratique, ainsi que la vidéo ou l’écriture.

Yoshikazu Goulven Le Maître

Yoshikazu Goulven Le Maître développe une pratique de sculpture autour de la récupération et de la revalorisation de matériaux usagés pour créer un étrange bestiaire, à l’heure où la diversité du vivant disparait en masse. L’artiste recherche l’illusion de vie dans les objets délaissés du quotidien, dans les matériaux en marge de nos circuits de consommation. Il interroge leurs valeurs et tente de saisir une forme d’altérité qui leurs sont propres. Cette pratique évolue en s’adaptant aux contextes et contraintes, à la fois économiques et écologiques de son quotidien. Il essaie de penser son atelier comme un écosystème respectueux, de fonctionner en circuit-court, et de faire résilience vis-à-vis des méthodes de production contemporaines, tout en enrichissant sa technique par l’expérience de gestes instinctifs et répétitifs. C’est alors aussi, un moyen de faire du bricolage un outil de résistance politique, face à un monde où on ne comprend plus les mécaniques de nos objets. Yoshikazu tente ainsi d’interroger le fonctionnement de nos sociétés, en faisant appel à mes souvenirs d’enfance mais aussi à une grande mémoire collective. Son inventaire plastique dépeint un écosystème culturel contemporain façonné d’artefacts, sous la forme de représentation du vivant, mais aussi de nature morte.

Zoé Joliclercq

Zoé Joliclercq est artiste plasticienne et designer d’objets d’art en verre, textile et céramique. Elle crée des pièces uniques et contemporaines au croisement de l’art, l’artisanat et l’archéologie, en puisant dans les savoirs vernaculaires et les techniques traditionnelles. Ses créations sont réalisées avec des matériaux collectés dans ses milieux de vie.   Elle laisse le temps, le feu, la terre ou la pluie être cocréateurs : ils influencent la forme finale des sculptures. Il s’agit de trouver une place au sein de son environnement, d’interroger notre manière de faire mémoire en société, de faire famille, de vivre le deuil. Inventer de nouvelles manières de détruire, de (se) reconstruire, de protéger, de réparer, de se relier au sensible et aux éléments de la Terre.   Transformation de verreries brisées, incinération d’argile médicinale et de souvenirs d’enfance, altération de draps enterrés, tissage de cheveux blancs… Les œuvres témoignent de son cheminement intime et ouvrent un passage vers une voie onirique, introspective et sensible.

Stéphane Clor

Les recherches de Stéphane Clor questionnent l’écoute de notre environnement proche. L’artiste en révèle les détails pour les signifier sur d’autres échelles, proposant une relecture des lieux, des interactions et des mémoires. Sa pratique croise ainsi les domaines des arts sonores, de la cartographie, du dessin, de la photographie et de l’écologie, tout en étant indissociable de son travail musical comme improvisateur, compositeur et violoncelliste.

Collectiv ARTsTRAvers

Le collectif ARTsTRAvers travaille sur la „TRANS-scription du paysage“ dans le  Dreyeckland.

Actuellement, ils posent leurs interventions écrites et auditives sur le Rosenberg une colline entre Hégenheim (France) et Allschwil (Suisse). En traversant la frontière, entre le ventre Hegenheim et le Windzimmerde la Kunsthalle Allschwil, ils produisent des transformations poétiques du paysage perceptible en texte et en son.

Le collectif ARTsTRAvers est pluri-lingual. L’écrivain Victor Saudan écrit en français et en dialecte, l’artiste Mimi von Moos explore la langue allemande, mais fait aussi volontiers des incursions linguistiques dans l’inconnu, et l’artiste et musicien Martin Burr se consacre au vocabulaire des bruits et des choses sonores du Rosenberg.

 

En se consacrant à l’expérience du paysage, le texte et le son alternent et deviennent partie intégrante d’un itinéraire de promenade entre les deux maisons de la culture.

Les textes et les sons déposés par Mimi von Moos, Victor Saudan et Martin Burr sur le Rosenberg seront également mis en ligne sous forme de podcast et pourront être consultés sur les sites web des deux maisons culturelles et via les médias sociaux.

 

De la même manière qu’un tableau apparaît irrémédiablement différent au spectateur après avoir lu la légende qui l’accompagne, il en va de même pour une promeneuse qui perçoit un paysage à travers lequel elle se déplace. Dès que le paysage est associéà un texte qui lui est consacré, qu’il s’agisse d’un texte imaginaire, d’un texte surréaliste, d’un récit fictif basé sur des faits historiques ou d’un récit d’histoires vraies, il se modifie dans la perception des promeneurs qui le traversent.

Les connotations entre l’image, le son et le texte influencent et renforcent la relation et la forme de relation que nous tissons toujours, spontanément et le plus souvent inconsciemment avec notre environnement.

La transcription du paysage permet d’identifier de fins réseaux qui se posent sur le paysage et se densifient à mesure que l’on s’intéresse à son histoire, et aux histoires et possibilités qui s’y jouent. L’histoire est synonyme de stratification. Nous en faisons partie. Nous devenons le paysage et le paysage vit en nous.

 

Cette rencontre d’égal àégal décrit également une forme alternative de coopération entre les institutions culturelles : elle oppose au traitement colonialiste d’Art Basel (Miami Beach, Hong Kong (plus tard Singapour ?) et Paris) une invitation réciproque entre les contenus et l’organisation dans l’environnement de la région.