Ornella Baccarani

Ornella Baccarani travaille un certain « être en jachère » qu’elle organise entre la création de partitions et un laisser-faire assumé. Ses installations se basent sur le détournement de phénomènes physiques et littéraires. La voix active ses installations. Ses poèmes s’écrivent et se tissent. Ses sculptures ont une vie propre. Les évènements créés sont prétextes à des expériences artistiques partagées.

Alban Turquois

La rencontre avec le travail d’Alban Turquois apparaît à la fois comme une étonnante découverte et d’émouvantes retrouvailles. Face à ses oeuvres-objets on est tout autant frappé par leur caractère familier que par leur extrême atypie. De l’apparente sobriété, voire de la précarité des tables, des chaises, des divers contenants façonnés par l’artiste, émane une force intime, sourde, géologique, le sentiment d’arriver au milieu d’une histoire à la temporalité incertaine mais d’une humanité profonde.Ces histoires sont souvent celles de rencontres, avec des gens, avec des matériaux, avec lesquels l’artiste tisse un lien fort, soutenu, entretenu, qui transparait dans chaque objet. Les moyens et le temps passé pour aller à leur rencontre — cueillettes, glanages, collectes, échanges — sont les points de départ pour inventer et compléter de nouveaux récits. (extrait d’un
texte de Lucas Belloc)

Pauline Beck

Je me mets toujours au travail par chance.La chance est fugace mais partout, il suffit d’être alerte à sescommotions.Au détour d’un repas, au réveil d’un rêve un peu bruyant ou dansune gorgée d’eau de vie, je rencontre une chaleur particulièrequi entraine un bouillonnement.Foyer :Du latin; focarius : « de feu » (n.m.)1 Lieu où l’on fait du feu2 Par métonymie, maison, demeure familiale, pays natal3 Lieu, point qui est la source d’un rayonnement, où se concentre la chaleurLa cuisine, la céramique, le verre soufflé, la teinture, le bronzeet la distillation sont des arts du feu. Aussi hétérogènes soientelles,mes pratiques gravitent ainsi, à l’horizontale, autour dufoyer.

Sirarpi Mikayelyan

Je passe mon chemin, tous les jours, toutes les heures,toutes les secondes. Je suis à la frontière entre mon passé et mon avenir, ce qui est le présent. Je suis à la frontière de la lumière et de l’ombre, à la frontière du traditionnel et du contemporain, et, du fait de mon parcours, à la frontière des cultures de l’Est et de l’Ouest. Le présent semble incompréhensible, l’avenir est incertain, seul le passé est tangible et toujours là. À mon avis, la seule façon de percevoir et de donner un sens au présent c’est d’agir. Le présent devient le passé à chaque seconde et c’est notre « valise intérieure » dans laquelle nos sentiments, nos actions, nos émotions et nos pensées sont constamment accumulés. L’avenir, oui bien sûr, est incertain, mais il a la capacité de contenir de l’espoir.

Auchkatzstudio

Auchkatzstudio se compose d’Elsa Belbacha-Lardy, diplomée d’un DNSEP en 2019 de L’ENSA Villa Arson et agrégée d’arts plastiques, et de Thomas Thibout titulaire d’un DNSEP mention design produit et espace de l’ENSBA Lyon depuis juin 2019. En 2017, ils créent ensemble AuchKatzStudio. Leur travail s’emploie dès-lors à cultiver l’interstice poreux entre design sculptural et art fonctionnel en créant des installations immersives où la couleur devient le lien entre le solide et
le précaire, l’inerte et le vivant.

En effet, en 2021 ils créent pour la sixième édition d’art au Centre à Liège, UNIVERSE IN MOTION. Cette installation propose de s’affranchir des frontières par l’hybridation de la sculpture, de l’objet, de la peinture ou encore de la photographie tant sculpturale que publicitaire. La nature-même des media se voit interrogée dans une relation sensible à un univers mouvant entre
séduction et étrangeté, qui propose la fusion d’une archéologie du futur et d’un passé hypothétique. Cette même année ils sont invités en résidence à Moly Sabata afin d’élaborer ce qu’ils aiment appeler des sculptures de monstration d’oeuvres. Tant fonctionnelle que sculpturale par son autonomie spatiale, cette nouvelle série visant à «socler» les pièces présentées à Art O Rama lors de l’exposition Empire & Royaume de Moly Sabata cultive la porosité entre les arts visuels. Ils participent ainsi à l’édition 2021 d’Art O Rama à la Friche Belle de Mai.

Ainsi AuchKatzStudio s’apparente à une entité hybride qui tend à s’exprimer tant dans le domaine de l’installation que dans celui du design d’objet, et toujours dans une relation sensible aux pièces uniques, s’attachant ainsi à mettre en relief les aspérités de la matière. En effet, de mars à Juin 2021, plusieurs de leurs pièces se voient exposées dans la galerie Chapelle XIV à Paris lors de l’exposition collective SuperNature visant à réunir des pièces de designers et de peintres dans un rapport étroit au sublime. Parmi les pièces d’AuchKatzStudio qui y sont présentées on retrouve notamment Jaspe et Rubis, oscillant entre tabourets ensanglantés et pierres précieuses, et dont la matière semble souligner la relation ambivalente, magnétique et de fait propre au sublime, liant attraction et répulsion. Leur travail fut également montré en novembre 2020 à Brooklyn lors
de l’exposition collective Super Group organisé par Stephen Markos également appelé « Superhouse ». Ainsi AuchKatzStudio aime à penser ses pièces en deux temps, celui de la fonction puis celui de la fiction qui prend forme en tant qu’installation où dialoguent des sculptures praticables, mais également des éléments précaires et évolutifs tels que l’eau ou le sel, avec la stabilité d’un
élément ou d’une construction architecturale.

En effet, en février 2020, ils exposent DINNER PARTY TIME à l’Artist Run Space Loto à Bruxelles. Dans cette installation, alors que la couleur se déploie physiquement dans l’espace qu’elle sculpte, assis sur ce qui peut être envisagé comme la sculpture ou la peinture d’une roche, le visiteur est happé dans un espace-grotte lentement mou – vant, à la fois inerte et vivant et qui propose une
rencontre entre deux temporalités, la notre et celle du monde minéral et organique. En parallèle, Thomas Thibout collabore avec des archéologues lors de chantiers de fouilles paléolithiques, ce qui contribue à alimenter les recherches d’AuchKatzStudio autour de la forme organique et du design spéculatif où les époques s’entremêlent conjuguant ainsi le possible et le plausible.

En septembre 2021, ils ont présenté Hypermonde, leur première exposition personnelle au centre d’art Maison Louis Jardin au Mesnil/Oger. Ils participent également à Materialité aux côtés de la gallerie Adorno durant la Paris Design Week 2021, au Salon Premiere Classe au Jardin des Tuilerie à Paris pour l’exposition Sunny Corner organisé par Harld Molet en septembre 2022, au Lake Como Design Festival 2022 organisé par Artefacto pour Movimento Club.

Hélène Gouvion

Mes recherches s’intéressent aux relations que nous entretenons avec notre environnement et trouvent leur origine dans des rapports d’opposition, confrontant stabilité et inconstance.Basée sur un principe de mise en situation, personnelle ou collective, ma pratique tente de révéler l’immatériel, faisant ainsi de la perception une matière avec laquelle composer. Constituée de mouvements, de déplacements et de variations, elle place les phénomènes et les temporalités au cœur de procédés de création. Mon travail s’articule autour de la rencontre entre la lumière, la matière, le corps et l’espace, et tente d’en exploiter les particularités. Laissant s’exprimer le dialogue qui nait de ces interactions, c’est entre opacités, transparences, textures, ombres, champs et hors-champs que se forme chaque composition. Dans une logique de morcellement, mes travaux cherchent à déconstruire une réalité pour faire apparaître des univers mouvants dans lesquels les repères deviennent incertains. Ceci dans l’intention de réinterroger le rapport que nous entretenons à nous-même et aux autres, à l’espace et au contexte, et la manière dont cela modèle notre façon d’habiter.

Valérie Hendrich

Valérie Hendrich est artiste plasticienne, diplômée de l‘école supérieure des Beaux-Arts HBKsaar de Saarbrücken. Depuis 2007, elle vit et travaille en France, et a mené plusieurs projets artistiques en Grande Région autour du langage. Sculptrice, elle s’essaie également à l’installation notamment à travers son projet Lettres miroir.

Cécile Pétry

Le travail de Cécile Pétry tourne autour du dessin et du processus du dessin. Son intérêt pour la ligne la mène à explorer différents médiums; du dessin en réalité augmentée à l’animation; en passant par la mise en place dans l’espace ou encore le travail du textile et de la broderie, pour arriver au dessin performé.

Mais quel que soit son médium, ses œuvres sont toujours remplies d’humour, de dérision sans moquerie. Elle nous emmène dans ses explorations (en Chine, en Italie, en littérature…) y apportant son regard décalé. Ses oeuvres ont souvent un caractère interactif, le visiteur peut rentrer dans une grande cabane brodée, jouer à un jeu de cartes quasi infini, construire sa propre aventure à travers ses travaux. 

Ces dernières années, son travail a évolué et l’installation est devenu un aspect important de sa pratique, ainsi que la vidéo ou l’écriture.

Yoshikazu Goulven Le Maître

Yoshikazu Goulven Le Maître développe une pratique de sculpture autour de la récupération et de la revalorisation de matériaux usagés pour créer un étrange bestiaire, à l’heure où la diversité du vivant disparait en masse. L’artiste recherche l’illusion de vie dans les objets délaissés du quotidien, dans les matériaux en marge de nos circuits de consommation. Il interroge leurs valeurs et tente de saisir une forme d’altérité qui leurs sont propres. Cette pratique évolue en s’adaptant aux contextes et contraintes, à la fois économiques et écologiques de son quotidien. Il essaie de penser son atelier comme un écosystème respectueux, de fonctionner en circuit-court, et de faire résilience vis-à-vis des méthodes de production contemporaines, tout en enrichissant sa technique par l’expérience de gestes instinctifs et répétitifs. C’est alors aussi, un moyen de faire du bricolage un outil de résistance politique, face à un monde où on ne comprend plus les mécaniques de nos objets. Yoshikazu tente ainsi d’interroger le fonctionnement de nos sociétés, en faisant appel à mes souvenirs d’enfance mais aussi à une grande mémoire collective. Son inventaire plastique dépeint un écosystème culturel contemporain façonné d’artefacts, sous la forme de représentation du vivant, mais aussi de nature morte.

Zoé Joliclercq

Zoé Joliclercq est artiste plasticienne et designer d’objets d’art en verre, textile et céramique. Elle crée des pièces uniques et contemporaines au croisement de l’art, l’artisanat et l’archéologie, en puisant dans les savoirs vernaculaires et les techniques traditionnelles. Ses créations sont réalisées avec des matériaux collectés dans ses milieux de vie.   Elle laisse le temps, le feu, la terre ou la pluie être cocréateurs : ils influencent la forme finale des sculptures. Il s’agit de trouver une place au sein de son environnement, d’interroger notre manière de faire mémoire en société, de faire famille, de vivre le deuil. Inventer de nouvelles manières de détruire, de (se) reconstruire, de protéger, de réparer, de se relier au sensible et aux éléments de la Terre.   Transformation de verreries brisées, incinération d’argile médicinale et de souvenirs d’enfance, altération de draps enterrés, tissage de cheveux blancs… Les œuvres témoignent de son cheminement intime et ouvrent un passage vers une voie onirique, introspective et sensible.