Je pratique la peinture ainsi que le dessin, gravure et photographie depuis plus de 30 ans. Les 10 dernières années, je m’inspire de la nature, de ses formes, textures, mouvements, de ses constantes transformations et évolutions. Et les transgressants en couleurs, matières picturales et images entre l’abstraction et les formes reconnaissables de la nature. Je fais beaucoup de croquis et de dessins préparatoires pour capter l’énergie de l’état actuel du visible et j’essaye de transcrire une réponse personnelle plastique sur un support. Les structures vivantes, leurs transformations et mouvement perpétuel, la renaissance et le déclin – la symbiose de la vie – j’essaie de les capter et d’intégrer dans mon expression artistique. Souvent, c’est une synthèse des observations et de ressentis. J’utilise la peinture à l’huile, acrylique, pigment, pastel gras sur des grands et des petits formats de toile, carton et autres supports.
Diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Nancy, en France, Maeva Bochin a forgé les bases de son expression artistique dans un environnement riche en histoire artistique et culturelle. Sa formation s’est également étendue à l’école territoriale de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, apportant une dimension multiculturelle à son approche artistique. L’univers artistique de Maeva se révèle à travers une série d’expositions personnelles captivantes depuis presque 30 ans. En 2024, elle prend la charge d’actions au sein de l’association « Les Possibles ». Un projet marquant de land art intitulé « Chemin de curiosités » au parc zoologique et forestier de Nouméa a illustré son engagement à fusionner l’art avec la nature. Sa passion pour la promotion des arts visuels contemporains a trouvé une expression concrète à travers la création de deux associations dédiées : « Les Arts Bougent » en 2009 et « Les Possibles » en 2023. Ces organisations ont été des plates-formes dynamiques pour la collaboration artistique et la promotion de l’expression créative en Nouvelle-Calédonie. Les résidences artistiques ont marqué des étapes importantes dans sa carrière. De la création en Land art sur l’île d’Orléans au Québec à sa résidence à La Case de Preuschdorf, chaque projet a contribué à façonner son répertoire artistique diversifié. La biographie de Maeva est une saga artistique dynamique, marquée par une exploration incessante, une créativité florissante et un engagement profond envers la promotion de l’art contemporain, passant de la gravure aux installation land art et les projets numériques. Son engagement dans la promotion des arts visuels contemporains, ses réalisations artistiques variées et sa contribution à des projets collectifs témoignent d’une carrière artistique dynamique et engagée. Maeva préfère encore laisser ses mains s’exprimer en création plutôt que de disserter. C’est encore le cas aujourd’hui. Elle est entière et libre. Pour elle, l’art c’est d’abord des gestes qui s’inscrivent dans la réalité d’une œuvre, la pensée est juste le marqueur d’une intention qu’il faut restituer avec sincérité. Comme elle aime le dire, elle construit son chemin avec l’actualité de sa vie.
Diplômée en 2019 de la Design Academy Eindhoven, mon expérience de travail s’est principalement construite aux Pays-bas. J’y ai développé une pratique de Design Social en immersion, prenant part physiquement à des contextes sociaux particuliers (entreprise de réinsertion par le travail, accueil de personnes très handicapées, quartiers dits difficiles…) pour y proposer, en collaboration avec les gens rencontrés, des outils et prototypes pour ré-enchanter le vécu quotidien. Je travaille beaucoup avec la nourriture (pour créer du lien) et l’illustration notamment la gravure (pour donner à voir autrement).
En parallèle (et parfois inspirée) de ce travail in-situ, j’ai une pratique d’atelier, centrée sur l’impression de monotypes et de lino-gravures, que je monte parfois en structures lumineuses. Je tra- vaille notamment sur le thème de la nature urbaine. Je suis également heureuse d’organiser des événements pour faire découvrir les joies de l’impression au grand public.
Ma pratique artistique se concentre autour du dessin et d’une réflexion sur l’archivage de mes propres souvenirs, à la manière d’une poésie sans mots. Je tente de donner à chacune de mes images un aspect mystérieux et peu explicite pour les confronter au regard des autres, recueillir leurs propres pensées et sensations en leur partageant un peu des miennes. Au fur et à mesure, j’affine et réinvente mon langage visuel, composé principalement de couches de crayons de couleurs, au travers desquelles je laisse différentes interprétations ouvertes et la possibilité pour le spectateur de se raconter sa propre histoire. J’aime pour cela jouer avec la subtilité des couleurs et construire des images oniriques et énigmatiques toutes en nuances. À travers mon travail je parle notamment du temps qui passe, de la relation entre le corps et les émotions et d’une nature fantasmée, pleine d’éclats d’étoiles et de brumes délicates.
«… Les empreintes d’un passé à la fois proche et très lointain sont inspirantes
pour Denis Pérez et innervent ses recherches plastiques.
(…)Denis Pérez,(…) ouvre de nouveaux chantiers qui vous dévoilent les
composantes, les inflexions, les relectures et les richesses interprétatives,
cognitives, visuelles et sentimentales de ces thèmes Trace/Empreinte/Écologie.
LES ARBRES CACHENT-ILS ENCORE LA FORÊT ?
Lieu de parole partagée, confident, symbole du temps et de la puissance, lien
entre terre et ciel, figure de la généalogie, de l’informatique et de la
connaissance, être révéré dans nombre de sociétés et de civilisations, l’arbre a
été l’objet récent de l’attention des scientifiques qui ont étudié ses capacités à
s’adapter et à communiquer avec ses congénères(…)
Denis Pérez évoque l’esprit de la forêt dans une technique d’enfumage et révèle
ses mystères tutoyant le fabuleux dans une lumière qui est une lumière
éclairante.
Il entrelace enchantement et mystère en nous immergeant dans les entrailles et
le corps, palimpseste d’un arbre antique qu’il séquence dans une vision
fragmentée en cernes, comme autant d’enveloppes ou de peaux charnelles.
Maître du temps, symbole de puissance et de longévité, l’arbre secoué par les
vents, brûlé par les ardeurs du soleil, battu par les pluies s’avance vers nous
dans ces « coupes » à la transparence laiteuse, cocons protecteurs et cartes du
temps écoulé, qui apparaissent comme un labyrinthe initiatique. Dans une
écriture très organique, qui fait remonter l’intérieur à la surface, cette
installation se dérobe in fine à nous dans ce vaste cerne opaque, tel un ange
enfariné et froissé qui vient blanchir les limites de la représentation, au plus
près et au plus loin d’une forme de figuration.
Dans ses forêts rêvées, lieux confisqués à la fois dans l’obscurité et dans la
lumière des sociétés, lieux communs du légendaire, Denis Pérez interroge dans
une autre technique d’enfumage et part de hasard les secrets flottants des
arbres et leurs sortilèges. Construit comme une fresque et une parenthèse
enchantée, ce sujet agrège sans cesse de nouvelles positions en débusquant les
liens et les osmoses des arbres avec les forces invisibles, entre réalité et
fantasmagories, dans un mystère qui résiste et en redonnant du sens au mot
apparition…
L’HOMME EST-IL ENCORE LA MESURE DE TOUTE CHOSE ?
Dans ce monde, en guerre bien éloigné de la fin de l’histoire, livré à des
pandémies, étreint par l’éco-anxiété, le recul des traits de côte, un
réchauffement massif et inédit, l’homme longtemps centre du monde se trouve
ébranlé dans ses anciennes certitudes, positions et suprématies.
Acteur aveugle, brûlé par ses folies et ses passions, comme abîmé
physiquement et moralement, tout à la fois dans le repli, l’enfermement et les
équilibres précaires, l’homme n’est plus au centre de l’univers, mais à la
périphérie de ce dernier qui se dépouille de son contexte de représentation
habituel pour se distordre. L’homme de Vitruve n’est plus. Denis Pérez sculpte
avec talent cet homme entre fragilité, vulnérabilité et détermination auquel
l’univers devient étranger dans une suite intitulée « Sur le fil » qui enregistre
des identités précaires de funambules solitaires…»
Brigitte Olivier Conservatrice Musée Baron Martin Gray
Je suis artiste-plasticien, illustrateur et co-fondateur du collectif d’artiste Bétonite.
Ma pratique se situe entre les frontières de l’estampe, du dessin, de la peinture.
Je m’intéresse particulièrement à la notion de traduction du réel, de ses interprêtations et de sa transformation par le processus créatif fractionné et multiple. Cette fragmentation consiste régulièrement à faire passer une image par plusieurs états successifs, à travers des médiums qui la modifient progressivement.
La représentation de la nuit se trouve au centre de mon travail du fait de son caractère irreproductible, m’amenant à la traiter sous une infinité de points de vue et de variations.
Conjuguer, mélanger différentes plasticités me permet de trouver des langages spécifiques à mon propos: la gravure donne à la peinture ce qu’elle ne peut pas dire seule et inversement. Le savoir-faire technique m’est d’autant plus cher car il me laisse la possibilité de naviguer entre plusieurs registres graphiques (de l’illustration à l’œuvre plastique).
Il s’agit souvent pour moi de confronter l’instantanéité des images pensées ou saisies à leur production/reproduction lente et minutieuse, dans un rapport au temps distordu.
Je cherche le point de rupture entre figuration et abstraction, où la mémoire s’estompe en songe.
Les narrations contemplatives et séquentielles m’inspirent des récits silencieux, nocturnes.
Les images issues du souvenir et de l’enfance apparaîssent ponctuellement accompagnées d’une écriture en prose.
Les scènes ou récits qui mèlent la peur à la contemplation m’intéressent particulièrement.
J’ai une pratique de la peinture à l’huile, de la gravure taille douce, ainsi que du dessin au fusain, à la pierre noire et à l’encre de Chine. La notion centrale dans mes recherches picturales est celle d’ « espace-temps ». Je cherche une sensation, celle d’être immergée dans une ambiance jusqu’à s’y oublier. Cette ambiance se caractérise par un temps palpable, si lent, qu’il semble habiter l’espace.
L’origine de cette recherche s’ancre pour moi dans un désespoir de la jeunesse, du moins de celle qui m’entoure. On se renferme dans la mélancolie, face à un monde qui nous échappe. J’incarne alors un déni de la «réalité». Je cherche des espaces de refuge, de liberté, attirée par la marge et fascinée par les espaces qu’elle occupe : terrains vagues, zones industrielles, friches, etc. Se trouver dans des ruines, c’est être face à une certaine immobilité ; quand on sort de la temporalité commune, on s’engouffre dans un vide. Je me fonds dans ce silence hypnotisant et y disparaît. Ce ressenti est la cible de mes recherches plastiques, une expression de la mélancolie, plus précisément de l’acédie, présente notamment dans la peinture romantique.
Aussi, c’est dans l’obscurité que je fais apparaître mes images. Cette fascination pour le noir va de pair avec mon expérience des souterrains . Quand je m’engouffre dans le noir, je me renferme sur moi-même, le temps n’existe plus, mes perceptions de l’espace sont sublimées et se mêlent à l’affect. Il y a dans les profondeurs de l’obscurité une impression d’engloutissement, de désintégration. Puis je vais trouver là de la lumière, un monde à part. C’est comme rentrer dans le sommeil, les lueurs qui apparaissent surviennent comme un rêve. Cette lumière est comme une présence, elle définit l’ambiance, la tension, elle semble alors flotter dans l’infini.
De plus, la lumière dans l’obscurité incarne le mystique. Elle révèle un besoin de croire en quelque chose qui nous dépasse. J’en suis fascinée, mais les images que je crée n’évoquent aucune croyance comme une incarnation du néant.
Il y a dans l’expérience de ces lieux, une sensation similaire à la création : l’espace de liberté d’un lieu en ruine s’apparente à celui de la feuille/plaque/toile.
Aussi ma pratique artistique prend source dans des moments que j’ai photographié. C’est une manière de revivre ces souvenirs, leur donner une nouvelle lecture proche de mes états d’âme. Ma pratique vient alors s’ajouter comme une nouvelle temporalité, je reconstruis une scène, son ambiance et pendant plusieurs heures, plusieurs jours, je ne vis plus que dans cet instant suspendu.
J’aime travailler en plusieurs couches, monter en contraste, en profondeur. L’image est alors empreinte du temps que j’aurai passé dessus.
Par ailleurs, je m’intéresse à la figuration. En m’approchant d’un certain réalisme je me rapproche de cette réalité un peu parallèle dans laquelle je me réfugie, je vis dans mes films et les images que je crée en sont des décors.
Dans ma pratique, il me plaît d’interroger le signe à travers le mouvement, le geste et l’amplitude. Le travail de la ligne m’envoute ; courbes, plis, boucles, volutes, avec lui je m’empare spontanément des thèmes du Corps et de l’Intime et du Rapport à l’Autre.
Je vois le corps comme un inventaire de signes et de matières, de pleins et de creux… Je vois la ligne et le dessin automatique comme le moteur d’une création libérée d’attentes. Mêler lâcher prise et précision pour faire parler le corps et les émotions.
Je suis illustrateur, graveur et auteur de BD.
Je sculpte aussi dans le bois des bas reliefs qui prennent la forme de portraits-totems.