Anna Voreux

Mon processus créatif a pour commencement le vide : un espace mental et une disponibilité physique que j’entretiens afin d’accueillir ce que mon corps alerte et intuitif capte de mon environnement.
« La récolte », l’instant de la saisie des extraits (matières, objets, paroles…), est suivie d’une période de « macération » : une décantation hors de son contexte qui a pour objectif d’en révéler l’essence. Plus qu’une notion, le temps est donc une matière complice agissante qui dévoile, fortifie, transforme et rythme l’ensemble de ma démarche.

Originaire du milieu agricole, j’ai développé une affinité particulière avec les matières organiques et minérales qui m’attirent par la forme de vie intime, puissante et indépendante qu’elles renferment. De l’observation de ces dernières est née une fascination certaine pour les analogies et les porosités qui s’opèrent entre les trois règnes (animal, végétal et minéral). Je souhaite leur rendre hommage et rappeler qu’en temps qu’être vivant, nous sommes, les humains, également intégrés dans cette relation étroite et particulière.

Partager, retrouver ou entretenir l’émerveillement face à la Nature semble aujourd’hui fondamental. Puisant dans des sources multiples (science, mythologie, alchimie, quotidien, ethnologie…), je recherche toujours la présence d’une force universelle et archaïque. C’est dans ce sens que, depuis peu, je déploie au sein de ma démarche une dimension spirituelle, au sens étymologique du terme, « propre au souffle, au principe vital ».

Baptiste Reymann

Baptiste Reymann est né à Colmar en 1983. Son bac en poche, il entre à l’université d’arts visuels de Strasbourg. La licence obtenue, il passe une année de formation au concours du CAPES d’arts plastiques pour finalement entrer à l’école MJM Graphic Design a fin de mieux maîtriser les outils informatiques. Désormais illustrateur strasbourgeois, il travaille la bande dessinée avant de s’orienter vers l’illustration. Toujours influencé par le 9ème art, ses images sont figuratives, narratives et veulent raconter une histoire à elle seule. Par son travail, il invite le spectateur à entrer dans ses univers imaginaires, aériens, teintés de surréalisme et souvent emprunt d’une certaine quiétude. Il aime aussi diversifier les formats et les techniques, passant du numérique aux techniques dîtes traditionnelles, du papier à l’écran. Chaque médias apportent ses avantages et ses contraintes, mais chacun influence l’autre, et nourrit de nouvelles idées pour les projets à venir.

Nicolas Aramu

Je suis un artiste italien de Venise où j’ai étudié la peinture et la gravure à l’Accademia di Belle Arti. Titulaire d’un diplôme de Maître d’Art, je travaille entre Mulhouse et Venise.
Ma peinture est inspirée du quotidien, de la mémoire et de l’histoire. Le passé de ceux qui nous ont précédés me réapparaît en images : en cartes postales et anciennes photographies – des souffles de nostalgie et de douce mélancolie des choses perdues.
En donnant une deuxième vie à ces souvenirs privés et publics, je m’applique à la création d’une poésie fantastique et parfois ambiguë qui inspire notre mémoire et imagination.
La nature est un autre sujet central de mon travail, comme le montrent mes paysages aquatiques : une série de peinture de paysage consacrée à l’élément de l’eau à partir de points de vue plus ou moins classiques. Ils vont des études de couleurs abstraites et des peintures de paysages impressionnistes à des compositions poétiques dans lesquelles les lignes entre la réalité et le fantasme sont souvent floues. Ce faisant, mes paysages aquatiques reflètent la nature comme ils proposent des écrans de projection pour l’imagination du spectateur.

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.

Susanne Janssen

La pratique de Susanne Janssen peut se comparer à la démarche archéologique : dans son œuvre d’illustratrice, elle décompose les différentes strates d’un récit, transfigurant en profondeur la narration afin de générer une création contemporaine. L’onirisme des images dépasse le cadre figé de la double-page, assurant une mise en perspective et en lumière inattendue des textes.La redécouverte de la gravure a profondément inspiré ses recherches et créations en réorientant son travail d’illustratrice et de plasticienne.

Morgane Salmon

Je m’inspire beaucoup de la nature. Ses couleurs et ses formes foisonnantes. Ses fleurs, ses feuillages et les petites bestioles qui s’y cachent. Je les transforme à ma façon, à travers mon imagination. C’est une manière de m’exprimer, de partager avec d’autres mes passions, ma façon de voir. Comme dans la nature, je n’aime pas le vide. Je couvre entièrement mes dessins et mes céramiques de motifs colorés. Comme dans la nature, la ligne droite n’existe pas, la spirale est mon point de départ. La perfection mécanique non plus. Je laisse mes couleurs couler, mes pièces pencher, je me dis que… c’est comme ça. Comme dans la nature, mes pièces comportent plusieurs strates. Les couches inférieures recouvertes par les couches visibles déterminent la forme finale. Comme dans la nature, mon atelier est un lieu de production, un monde en soi où se ressourcent mes trois passions : céramique, aquarelle et gravure. Re-transcription des paroles de Morgane Salmon, 2019 

Catherine Fischer

Les  formes et les couleurs apparaissent librement. Je crée directement sur le papier en laissant les éléments réagir entre eux. Tout est intuitif et les résultats sont souvent imprévisibles. Le souvenir de quelque chose, un arbre ou une fleur, une vision éphémère, un mouvement, un objet, une lumière, un poème, une forme entrevue l’espace d’un instant, toutes ces manifestations  qui me touchent profondément  peuvent susciter la création d’une image. La mémoire parle et le geste est guidé par ces émotions.

Baptiste Filippi

Baptiste Filippi navigue avec souplesse entre dessin, musique expérimentale, édition et performance. L’improvisation et les moyens de bord s’articulent souvent comme point de départ pour élaborer une matière fragile dans laquelle abstraction et figuration se confondent. Un langage étrange surgit, visuel ou sonore, entre contrôle et surprise. Avec le son et les images, il explore en jouant, empile les outils, les maltraite parfois. Avec autodérision, il interroge ses conditions de production et la place qu’il occupe dans le monde du travail.

Anne Hemstege

Je suis illustratrice pour l’édition et la presse jeunesse depuis l’obtention de mon diplôme à la Hear. Mes images sont essenciellement traitées en numérique, mais j’adore aussi explorer d’autres techniques plus plastiques !

Lili Tarentule

Artiste plasticienne et illustratrice strasbourgeoise Lili Tarentule explore la fragilité du vivant et l’empreinte de l’humain sur la nature. À travers la gravure, la peinture et le dessin, elle crée des paysages oniriques peuplés de figures hybrides, témoins d’une nature en constante mutation, tantôt protectrice, tantôt menacée. Inspirée par les atmosphères vaporeuses de William Turner et les visions symboliques d’Odilon Redon, elle développe  dans ses peintures un langage visuel où se confondent minéral, végétal et humain, brouillant les frontières entre ces univers. Ses œuvres en noir et blanc, marquées par une gestuelle instinctive et des textures brutes, traduisent sa fascination pour les formes organiques et leur transformation. Quant à ses illustrations, elles mettent en scène des animaux dans un univers doux et épuré. À travers ces images, elle explore la tendresse du lien entre l’humain et le vivant. En exposant la beauté et la vulnérabilité du vivant, elle invite à une contemplation sensible et engagée de son rapport à la nature et propose une réflexion sur un monde en équilibre fragile, où chaque être semble pris dans un cycle perpétuel de métamorphose.

Audren Brisset

Après avoir partagé plusieurs ateliers strasbourgeois, de la Plaine des Bouchers au Parc Grüber, j’ai posé mon chevalet depuis trois ans à la Villa Haslach, un atelier collectif à la Montagne Verte, co-construit par Thomas Bischoff et Fantine Andrès.
Dans cet espace aux allures de maisonnée, je développe un travail plastique plus intime, principalement inspiré par mon histoire personnelle et mes expériences vécues. Oscillant entre peinture à l’huile, techniques de gravure ou dessin, je combine les images, croise les points de vue, articule cet ensemble de rencontres et de visions partagées au sein-même de ma production.