Pratiques : Gravure
Ilana Isehayek
Ilana Isehayek débute sa carrière au Canada avant de s’installer en France il y a une vingtaine d’années. Ses origines et son parcours apparaissent dans son travail à travers l’attention soutenue qu’elle porte à la question des racines, du voyage, des cultures d’origine et d’adoption. Une de ses préoccupations majeures est de créer du lien entre le passé et le présent, l’histoire et le vécu, en définissant le rôle du public dans l’œuvre, son regard ou son approche physique du lieu. Travaillant tour à tour la peinture, la sculpture ou l’installation, elle développe un langage très personnel où les motifs de la barque, d’éléments de planisphères en forme de fuseaux et de la toupie sont récurrents. S’y ajoute depuis quelques années une recherche sur la place du corps dans l’architecture qu’elle traite de manière littérale par l’aménagement de sculptures en creux, propres à recevoir des corps. Depuis ses débuts, elle est fidèle au bois qui occupe une place centrale dans son œuvre. Sollicitée à de nombreuses reprises dans le cadre de commandes privées, du 1% artistique ou de commandes publiques, elle travaille sur l’idée de l’écriture d’une partition commune entre un bâtiment et une œuvre d’art commanditée. Barbara Bay
Sébastien Kuntz
Présentation d’après le poète Jacques KOBER:
Un arbre ne multiplie jamais une multitude, donc un anonymat, il vit une liberté, hymne à la légèreté, obstinément mais spatialement vif de voilure. Le silence d’un arbre n’est pas délayé du silence de la forêt. Ainsi le concret du travail de Sébastien Kuntz c’est aussi bien l’enclume et la tignasse des souches nouées que la branchie de la délicatesse, ténuité ventilée de la sonorité des sommités: la ronde du vol d’insectes bougeant comme chaque feuille de la diversité attend son oiseleur. S’il est difficile de faire marcher les arbres au pas, c’est que leur architecture calme et soigne la fièvre humaine, mangrove ou futaie, dragonniers ou jacarandas, flamme nocturne du cyprès ou encore baobab aux épaules étagées de nuages. Une forêt est-elle en marche, et les arbres se pressent-ils en exode, ou bien rêvent-ils notre équilibre, découvrent-ils pérenne d’écrire sur écorce de bouleau, de même que chez Kuntz toutes les écorces circonscrivent son art.
Brigitte Bourdon
- Développe un travail personnel autour de la mémoire
utilisant le textile, le papier, le fil, et l’écriture… prenant
plusieurs formes plastiques : gravures, sculptures, et grandes installations…
Le texte, le mot, le signe, son fond et sa forme, la place de la femme dans cette image souvent réductrice du textile et de son identité voilà quelques thèmes récurrents de sa production.
Utilisant le glanage dès ses premières installations : « Hommage à elle ou les vêtement d’une vie » Caen 1979 à la Comédie de Caen.
Adepte de la sérendipité dès que celle-ci alimente et nourrit sa réflexion sur la place de ses matières de prédilection dans la société et leur impact mémoriel.
Coralie Lhote
Je crée à partir de mon désir de manipuler et façonner les formes, de les collecter, notamment les formes corporelles que ce soit les miennes ou celles plus imaginaires d’un corps qui se veut varié et mouvant. Dans mes créations plastiques, je considère le corps, de par sa fragilité et son instabilité, comme un outil formel et esthétique. Je traite plus spécifiquement de la peau, des surfaces, de la matière. J’assemble des fragments en mêlant organique et fabriqué. On retrouve dans ma production une dimension de représentation personnelle. Il s’agit de suggestions, d’évocations et de tensions entre des apparences sages et maîtrisées et des orientations sourdement ou manifestement charnelles et davantage instables. Je joue et questionne également les formes, les signes de mon identité. Je joue avec les ambivalences sexuelles, avec les formes du genre, avec comme volonté de partager mes expériences et questionnements avec le spectateur autour de la représentation de soi. Mes créations se évoluent pourtant davantage en une relation entre corps et surface, sur ce qui est visible et palpable.
Juliette Faye
Il paraitrait que la grand-mère de Sartre eût pour habitude de rappeler « Glissez, mortels, n’appuyez pas. » C’est sur ce conseil que je favorise la taille douce avec eau forte et aquatinte pour ce qui est de ne pas appuyer, en glissant plutôt sur le vernis, et que j’explore un univers imagé entre fantasmagorie et vanité, plongé dans un bain d’existentialisme acide, pour ce qui concerne les mortels. Ma formation de Designer Textile, loin de me convertir tout à fait au design, m’a menée à développer et complexifier mon goût certain pour la recherche de l’accord coloré parfait, de la composition absolue, et de la matière totale, ainsi qu’à ajouter un brin d’équilibre dans la célèbre balance en injectant de l’ordre au chaos de mes pulsions créatrices.
Agnès Weill
Sophie Gouvion
Le travail de Sophie Gouvion s’articule autour d’une quête fondamentale : sonder les liens profonds qui unissent l’humanité au vivant. À travers un langage pictural vibrant et exubérant, l’artiste déploie un univers où la nature, loin d’être un simple décor, devient le théâtre d’une métamorphose permanente. Ses toiles, véritables « jardins d’Éden » ou jungles sauvages, célèbrent la diversité biologique tout en interrogeant notre place au sein de cet écosystème global.
Au cœur de cette nature foisonnante se meuvent ses figures de prédilection : des êtres hybrides et chimériques. En fusionnant des éléments humains, animaux et végétaux, Sophie Gouvion crée une mythologie personnelle qui sert de miroir à nos conflits intérieurs contemporains. Ces figures mutantes, à la fois fascinantes et déstabilisantes, illustrent la capacité humaine à façonner l’inimaginable, oscillant entre prouesse créatrice et dérive absurde. Ses images, puissamment symbiotiques, génèrent des émotions contradictoires, invitant le spectateur à un voyage entre tendresse, mystère et questionnement sur la fragilité du vivant.
La signature de l’artiste repose également sur une recherche plastique singulière liée au support. Sophie Gouvion s’approprie des matériaux chargés d’histoire, notamment d’anciens sacs de café en toile de jute. Cette matière brute, marquée par les trames industrielles et les inscriptions de voyage, devient le socle d’un dialogue puissant. Elle y peint la faune et la flore spécifiques aux régions de provenance de ces sacs, transformant un objet de transport en un manifeste pour la connexion globale. La tension entre la rusticité du support et l’exubérance du détail graphique crée une immersion totale où l’imaginaire vagabonde librement entre le réel et le fantastique.
Son exploration de l’inconscient et des instincts domine l’espace pictural, offrant une œuvre où l’immersion graphique oblige à un regard neuf sur notre environnement. Cette recherche constante de renouvellement, affinée par une rigueur technique, fait de chaque œuvre le creuset d’une narration onirique où l’exploration de la métamorphose rend hommage à la vitalité universelle.
Matt Mahlen
Matt Mahlen, né à Nantes en 1968, est un plasticien-poète qui développe un travail visuel mêlant land-art, interventions in situ et performances orales. Formé à l’école des Beaux-Arts de Marseille-Luminy, Matt Mahlen a aussi étudié à Londres et à Montréal. Simple bricoleur vagabond des mots, des papiers et des couleurs, Matt Mahlen travaille régulièrement avec les acteurs de la poésie (éditions, festivals, poètes, théâtres) en tant qu’illustrateur, poète ou interprète. Matt Mahlen est, depuis 2017, l’entrepreneur en chef d’ A comme Bleu, l’insolite design. Cette entreprise, inscrite dans le réseau coopératif, est le prolongement de mes activités de saltimbanque. C’est de l’art-isanat. Basé sur la récupe, fortement influencé par l’art brut et les arts premiers, les œuvres produites sont variées , uniques et font appel à différentes techniques (soudure, peinture, bois, vannerie…). Travaillant au sein du groupe de reggae INDIKA (écriture, image, décor et poésie) , Matt est aussi le fondateur de PO&zik, un duo de poésie dite et de piano jazz avec Martin Sadoux. En janvier 2021, Matt Mahlen conçoit et lance L’EPICERIE D’ART FRAIS avec 6 ateliers complices éparpillés en France. Vit et rêvasse à Strasbourg.
Manu Poydenot
Dans mes images je mélange les communautés humaines et animales. Leurs élaboration nécessite décors, paysages et forte empreinte de l’histoire. Des microcosmes se créent, théâtres qui me passionnent.
Je privilégie une approche intuitive à partir de longues recherches dans des bouquins jaunis. J’en extrais des flux, des réseaux, des connections inattendues qui me permettent d’élaborer des mises en scène de sociétés grotesques et sarcastiques.
A chaque spectateur de tirer ses fils et trouver son chemin dans ces images à énigmes.
J’utilise l’encre de chine, la sérigraphie et les anciennes techniques de gravure à l’eau forte.
