Frédéric Caillard

Le travail récent de Frédéric Caillard s’articule autour de 3 axes: Who’s afraid (estampes) Ces gravures – sur papier et sur dibond – sont issues d »une démarche hybride qui mêle des techniques anciennes d’impression (sur presse taille-douce) et un travail numérique. Frédéric Caillard y propose des versions mises à jour de tableaux célèbres de l’histoire de l’art. Les peintures des grands maîtres y sont épurées, réduites à leur plus simple essence, dans un monde où les marques doivent être reconnaissables instantanément et les images consommées en une fraction de seconde. Les Ecrans (micro-peintures) Un « écran » permet à la fois de « montrer » et de « cacher ». C’est cette contradiction qui est à l’origine de cette série de petites peintures acryliques, qui prennent les dimensions des différents formats historiques du cinéma (cinémascope, films muets, 16/9, etc…). Ces oeuvres sans support (elles sont exclusivement composées d’épaisses couches de peinture) représentent des supports d’images et sont ambiguës quant à leur nature réelle: les couches de peinture sont-elles là pour masquer les précédentes ou pour montrer leur compositions abstraites? Les Bulles (peintures) La série des Bulles reprend les formes de bulles de bandes dessinées qui ont marquées l’histoire du 9ème art. Cette série témoigne de deux constantes de la démarche artistique de l’artiste: l’emploi d’un langage abstrait pour s’exprimer et commenter le réel et la recherche de nouveaux régimes d’expression par le biais de l’intermédialité (hybridation).

Miriam Schwamm

Miriam Schwamm a vécu et travaillé pendant près de trente ans en Nouvelle-Calédonie avant de s’installer dans le Bas-Rhin. Son travail plastique, protéiforme est souvent questionnement sociétal, environnemental voir historique, qu’il s’agisse d’appels à projets publiques ou de projets d’expositions personnels.

Son engagement envers la communauté artistique, très métissée en Nouvelle-Calédonie, l’a amené également à la création et coordination de nombreux événements collectifs en arts visuels. A Nouméa, le partage de son atelier de gravure a permis à plusieurs artistes locaux de développer cette technique, une dynamique qui se poursuit aujourd’hui. Son travail de dessin autour des objets kanak dans des musées en Europe et Australie a participé à la diffusion de ce patrimoine culturel fondateur pour la Nouvelle-Calédonie contemporaine.

En réhabilitant et aménageant un espace de travail dans le Nord de l’Alsace, un nouveau projet et un changement de vie se mettent en place depuis octobre 2019.

Il ne s’agit pas là d’une coupure avec l’Océanie et son mode de vie et de pensée, même si son travail plastique se consacre désormais aussi aux réalités de son nouveau territoire, l’Alsace du Nord. Mais au contraire de continuer à tisser des liens entre des mondes aux antipodes les uns des autres. C’est pour cette raison qu’en plus de l’ouverture de son atelier de gravure et des espaces d’exposition aux artistes à proximité, elle accueille des artistes de Nouvelle-Calédonie et d’ailleurs pour des rencontres et créations en échange avec ceux de la région.

Concevoir et faire vivre un espace de partage et de compréhension de l’autre différent, interroger et créer ensemble sur des thématiques qui nous concernent tous, où qu’on se trouve sur la terre est une partie inhérente du travail artistique de Miriam, un enseignement de l’art de vivre des civilisations du Pacifique Sud qu’elle a amené dans ses valises et qu’elle continue à faire vivre ici.

En ce mois de mai 2024, elle ouvre les portes de sa Case à Preuschdorf pour la 10ème exposition depuis son arrivée dans l’Outre-Forêt.

Valérie Gerrer

Fascinée, dès mon plus jeune âge dans la marbrerie familiale, par les gestes techniques et sensuels des hommes domptant le matériau, j’ai ressenti comme une évidence le besoin de rester en contact avec la pierre et de questionner les formes et la représentation qui pouvaient en émaner.

Après m’être formée à la gravure sur pierre, la découverte de l’œuvre de Camille Claudel me bouleverse. C’est un choc esthétique fondamental doublé d’une révélation qui nourrit encore mon engagement associatif et politique actuel, celle du combat des femmes pour trouver une égalité dans la vie civile, professionnelle, artistique et politique.

Portée par la nécessité de créer et le désir de transmettre ma vision intérieure, c’est au contact des œuvres des artistes du début du XXe siècle, précurseurs de l’Abstraction que j’ai trouvé une liberté et une spontanéité formidables, et l’énergie pour développer mon propre vocabulaire formel.

Dans ma pratique artistique, j’interroge la taille du matériau à l’aide de différents outils et tente de traduire une émotion et une intensité par une courbe, un volume, une arête, un bloc à peine dégrossi ou un feuilletage de marbres. Le minéral, le travail des pleins et des vide, de la lumière et de l’espace sont d’une poésie infinie.

Je mène actuellement une réflexion en sculpture sur le corps féminin : le corps comme lieu d’intériorité et d’intimité, le corps créateur et spirituel, le corps sensuel et sexualisé, le corps politique sur lequel se nouent et se dénouent les combats pour l’égalité, le droit et le respect des femmes.

C’est dans cette méditation sur le corps, sa puissance onirique et les enjeux fondamentaux qu’il porte en lui que je cherche, à travers mon matériau, à exprimer le ressenti, l’émotion et l’exploration d’un monde en constante métamorphose.

Francis Hungler

L’Art de la gravure a toujours été au coeur de mes recherches plastiques, tant par les supports utilisés que par leur présentation. En association avec d’autres matériaux j’insuffle à cet Art un vent de jouvence et un esprit original unique. La pédagogie n’est pas en reste ,j’enseigne la gravure et d’autres pratiques artistiques de façon régulière sous forme de stages et de cours tout au long de l’année. L’Art de la Gravure est en relation étroite avec le monde de l’enfance,il s’apparente à un grand terrain de jeu où tout peut s’inventer et se découvrir sans jamais se lasser,  » Soigne l’enfant qui est en toi  »  » Mémoire baignée de songe, la Gravure est mémoire baignée de songe  » écrit Miguel Angel Asturias

Céline Delabre

Je suis née à l’automne 1980 à Nice, je vis et je travaille à Strasbourg. J’ai plusieurs cordes à mon arc ; j’écris et j’illustre des albums pour la jeunesse, je crée des séries de cartes, j’expose mes papiers découpés, et je suis également artiste intervenante dans les écoles, les collèges, médiathèques, Esat…Et enfin j’accompagne d’autres artistes pour des créations graphiques (musiciens, auteurs…).

Aymery Rolland

Aymery Rolland, peintre et graveur, vit et travaille à Gries en Alsace. Formé à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où il suit notamment l’enseignement de l’atelier Courtin, il obtient le DNSEP en 1991 après un parcours à l’École nationale des arts décoratifs de Limoges. Depuis plus de trente ans, il développe une œuvre singulière, reconnue pour la force de son dessin, la rigueur de ses compositions et l’intensité de sa palette.

Son travail pictural est décrit comme « une peinture à la fois robuste et paisible qui manifeste de toile en toile les plaisirs forts de la couleur et la joie de peindre ». Aymery Rolland construit ses images en recadrant, morcelant et déstructurant l’espace, jouant des harmonies et dissonances chromatiques pour créer une présence visuelle puissante. Ses toiles éclatent de couleurs — bistres, bleus gris, verts, bruns-rouge, oranges, blancs crème, indigos — sans jamais perdre la précision du geste ni la cohérence de la composition.

L’artiste puise ses motifs dans les objets simples du quotidien : « une théière, un peigne, un accordéon, des fruits, des fleurs ». Cette attention au réel nourrit une œuvre que Gaston-Paul Effa qualifie de « solaire », un « point de combustion entre le fruste et le contemplatif » où la matière devient lumière. Dans ses gravures, notamment ses eaux-fortes et aquatintes inspirées des architectures de son enfance, il explore « des camaïeux subtils que permet cette technique qu’Aymery pratique depuis son passage à l’atelier Courtin ».

Lauréat du Prix de gravure P.M. Rigal (1999) et du Prix de gravure Pierre Cardin (2000) décernés par l’Académie des Beaux-Arts, Aymery Rolland expose régulièrement en France et à l’étranger. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques, dont l’Artothèque du Limousin, le Cabinet des estampes de Colmar et le Conseil régional du Languedoc-Roussillon.

Anna Voreux

Mon processus créatif a pour commencement le vide : un espace mental et une disponibilité physique que j’entretiens afin d’accueillir ce que mon corps alerte et intuitif capte de mon environnement.
« La récolte », l’instant de la saisie des extraits (matières, objets, paroles…), est suivie d’une période de « macération » : une décantation hors de son contexte qui a pour objectif d’en révéler l’essence. Plus qu’une notion, le temps est donc une matière complice agissante qui dévoile, fortifie, transforme et rythme l’ensemble de ma démarche.

Originaire du milieu agricole, j’ai développé une affinité particulière avec les matières organiques et minérales qui m’attirent par la forme de vie intime, puissante et indépendante qu’elles renferment. De l’observation de ces dernières est née une fascination certaine pour les analogies et les porosités qui s’opèrent entre les trois règnes (animal, végétal et minéral). Je souhaite leur rendre hommage et rappeler qu’en temps qu’être vivant, nous sommes, les humains, également intégrés dans cette relation étroite et particulière.

Partager, retrouver ou entretenir l’émerveillement face à la Nature semble aujourd’hui fondamental. Puisant dans des sources multiples (science, mythologie, alchimie, quotidien, ethnologie…), je recherche toujours la présence d’une force universelle et archaïque. C’est dans ce sens que, depuis peu, je déploie au sein de ma démarche une dimension spirituelle, au sens étymologique du terme, « propre au souffle, au principe vital ».

Baptiste Reymann

Baptiste Reymann est né à Colmar en 1983. Son bac en poche, il entre à l’université d’arts visuels de Strasbourg. La licence obtenue, il passe une année de formation au concours du CAPES d’arts plastiques pour finalement entrer à l’école MJM Graphic Design a fin de mieux maîtriser les outils informatiques. Désormais illustrateur strasbourgeois, il travaille la bande dessinée avant de s’orienter vers l’illustration. Toujours influencé par le 9ème art, ses images sont figuratives, narratives et veulent raconter une histoire à elle seule. Par son travail, il invite le spectateur à entrer dans ses univers imaginaires, aériens, teintés de surréalisme et souvent emprunt d’une certaine quiétude. Il aime aussi diversifier les formats et les techniques, passant du numérique aux techniques dîtes traditionnelles, du papier à l’écran. Chaque médias apportent ses avantages et ses contraintes, mais chacun influence l’autre, et nourrit de nouvelles idées pour les projets à venir.

Nicolas Aramu

Je suis un artiste italien de Venise où j’ai étudié la peinture et la gravure à l’Accademia di Belle Arti. Titulaire d’un diplôme de Maître d’Art, je travaille entre Mulhouse et Venise.
Ma peinture est inspirée du quotidien, de la mémoire et de l’histoire. Le passé de ceux qui nous ont précédés me réapparaît en images : en cartes postales et anciennes photographies – des souffles de nostalgie et de douce mélancolie des choses perdues.
En donnant une deuxième vie à ces souvenirs privés et publics, je m’applique à la création d’une poésie fantastique et parfois ambiguë qui inspire notre mémoire et imagination.
La nature est un autre sujet central de mon travail, comme le montrent mes paysages aquatiques : une série de peinture de paysage consacrée à l’élément de l’eau à partir de points de vue plus ou moins classiques. Ils vont des études de couleurs abstraites et des peintures de paysages impressionnistes à des compositions poétiques dans lesquelles les lignes entre la réalité et le fantasme sont souvent floues. Ce faisant, mes paysages aquatiques reflètent la nature comme ils proposent des écrans de projection pour l’imagination du spectateur.

 

Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.

Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.