Ruben Gray

Ce que j’aime dans le collage, c’est l’altérité. On s’empare de papiers comme de bribes d’histoires inconnues pour en inventer une nouvelle à libérer, telle une chimère qu’on ranime avec déférence puis qui s’envole.
D’un angle à un autre, d’un pas à l’autre, ce qui nous dépasse nous appartient et ce qui nous appartient nous dépasse. Car aucun élément collé n’est jamais vraiment le nôtre et le monstre composite nous sillonne, libre de nous glisser à chacun quelque chose au creux de l’oreille.

Nicky SYMPTOME

Dans ma pratique, chaque collage est le résultat d’une coïncidence. Un « sumptoma » qui fait interagir un élément découpé avec un autre, précisément là où les deux morceaux devaient se rencontrer. L’utilisation des marges ou des points de fuite donne l’équilibre à la composition, provoquant ainsi le hasard des associations d’images. Ce protocole, répété au sein d’un même livre, permet de générer une série cohérente et significative.

Editions Lire Objet

Lire Objet a été créé par Catherine Gangloff et Michel Dejean.
Un livre d’artiste est une oeuvre d’art à part entière, qui associe des plasticiens et des écrivains. Les éditions sont généralement limitées à 20 exemplaires.
La conception de chaque livre est unique, et fait appel à des professionnels (photographes, graveurs, menuisiers…).
Nous avons travaillé avec 51 artistes plasticiens belges et français, notamment Germain Roesz, Roger Cochard, Christophe et Eric Meyer, Daniel Depoutot, Bruno Haensler, etc. Parmi les 61 écrivains, citons Daniel Cassel, Geneviève Charas, Isabelle Schmidt, Philippe Lacoue-Labarthe, Claire Nancy…

Sandrine LABAY

Au fur et à mesure de mes ballades dans les puces, je me suis prise de passion pour les objets anciens, ceux qui ont une histoire, un vécu et que j’ai très vite eu envie de remettre sur le devant de la scène afin qu’ils ne soient pas oubliés.
Ces derniers sont retravaillés et assemblés de différentes manières, peuvent être sujets de compositions selon mes trouvailles et mon inspiration du moment. L’esprit final sera le résultat de la jonction entre le côté brut de l’objet et un apport artistique plus poétique.

Catherine Gangloff

Mon travail artistique se développe autour du principe du collage, de l’assemblage, à travers les rencontres de morceaux, de bribes, de fragments peints sur papier, tissu, bois ou métal.
Les mises en scène de ces peintures/sculptures sont souvent appuyées par des jeux d’ombres qui participent au dialogue avec l’espace.

Rose-Marie Crespin

Ma démarche

Mon travail s’articule autour de la notion de temps et de notre capacité à élaborer des images mentales: souvenirs, rêves, transpositions abstraites de ce que l’on capte de la pensée de l’autre, de ce qu’il décrit ; c’est-à-dire un jonglage entre la perception et la construction psychique; entre le connu, le reconnu et l’inventé.

Revient, constamment, dans mes recherches, le questionnement du ressenti d’une durée: plus précisément, notre faculté à ne plus mesurer une temporalité, dés lors que nous sommes soumis à notre propre temps par une activité, dont “La puissance de recroquevillement* nous mène à une pleine concentration.

Je privilégie des gestes simples et répétés pour construire imperceptiblement avec une matière choisie. Cette infime progression du temps d’exécution (nouage à l’aiguille, dessin pointilliste, découpage et recomposition de frêles morceaux de papiers imprimés, pastillage de la terre…) est propice à l’évocation du vivant, à la restitution incertaine d’une mémoire et la recherche d’un passé commun présumé.

Il n’ y a pas de place pour la spontanéité. Tout s’élabore lentement comme pour permettre de mieux appréhender d’impalpables images.

Quels que soient les domaines abordés, j’aime jouer avec les limites de la perception, de la préhension. Utiliser ce qui est à portée de mains pour amplifier, qualifier mes aptitudes et ainsi parfaire mon rapport à la matière et satisfaire ma volonté d’accomplissement et de créativité.

*expression de Louise Ferrarri

Rose-Marie CRESPIN

Sarah FAVRAT

Puisant une inspiration et une énergie dans la nature et l’environnement qui nous entoure, ma recherche artistique m’emmène dans différentes expressions de l’image. Passionnée par l’architecture humaine et naturelle, j’aime mettre en résonance différentes techniques pour exprimer une vision poétique de la réalité.

Theodora Lenka

Entourée par la nature dans le Parc du Morvan, où je vis, j’observe constamment les processus de croissance lents et des mouvements cycliques. J’observe ces changements aussi dans l’homme, dont moi-même, et dans les relations entre les personnes. Mon travail parle de ces processus de TRANSFORMATION.

Ces dernières années, je travaille principalement le papier. La fragilité, et le caractère éphémère, inhérent au papier, correspondent à la vulnérabilité de l’humain. Les techniques appliquées, telles que l’encre, crayon de couleur, mine de plomb et stylo Bic, sur papier, et parfois la couture, la broderie, le tricot, le découpage et la technique du collage, aussi bien que l’utilisation des éléments naturels reflète dans une certaine mesure la complexité et la diversité de nos vies.

La plupart de mes collages et dessins rappellent un monde pluriel et en transformation. Mais plus exactement ils sont comme des paysages intérieurs, ou des voyages vers moi-même.
Des territoires inconnus se révèlent à travers la construction et la dé-construction. Les découpages, le papier déchiré, les frottages et les dessins forment des couches de souvenirs. Ceux-ci sont intégrés dans mes mouvements, et provoquent le déplacement de tous ces éléments.
C’est pour se rapprocher de la vie, de ma vie ; se souvenant de la mort ; la fin de vie, la fin des choses semble finalement se concrétiser, mais il y a également une reconnaissance de la vie cyclique.

Peu à peu mes dessins m’entraînent plus loin de moi-même. Les souvenirs deviennent plus abstraits, plus indépendants du soi. L’image référentielle d’origine n’est plus là et les formes ont obtenu le droit de mener une vie qui leur est propre.
Le mystère de l’imagination commence.