Bill Noir

Bill Noir travaille depuis l’été 2022 à l’atelier Pare-défaut.
Atelier partagé avec Paul Souviron, Mathieu Tremblin et Corentin Seyfried.
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Le collage que je pratique, est à la fois un geste libre et brutal, une manière d’ouvrir le réel à des associations imprévues. Mais c’est aussi une discipline rigoureuse : je cherche à donner une forme construite à un désordre inspirant, dans une sorte d’errance volontaire.  Tout commence par la récolte. Je chine, je fouille, je collectionne des documents divers : encyclopédies, magazines, papiers anciens. Je puise mes matériaux dans les surfaces imprimées du vingtième siècle, avec comme but, la quête d’images qui portent en elles une singularité, un pouvoir de fascination. Ces fragments de livres et de revues anciennes sont pour moi des trésors inépuisables : ils offrent une richesse de textures, une palette de couleurs et de détails qui nourrissent sans cesse mon regard et mon imaginaire.  Vient ensuite le dépouillement. Le temps consacré au classement, à la découpe, au défrichage. C’est l’occasion de concasser, de définir les lignes, en utilisant les ciseaux comme crayon. De ces multiples destructions résultent des fragments, des monticules d’ingrédients, qui viendront bientôt nourrir mon espace de travail.  C’est alors que j’entre dans un jeu de confrontations et de rapprochements. Je classe, je pioche, je mélange. Le désordre me guide, me déstabilise, jusqu’à provoquer l’étincelle : la surprise d’une rencontre improbable, l’équilibre fragile entre des éléments disparates. Même les rebuts ou les chutes deviennent des ressources précieuses.  La composition s’élabore peu à peu, dans un dialogue entre vides et pleins, entre vibrations de tons et d’images. La page devient un espace où je cherche la profondeur, où les strates s’empilent, s’emboîtent, se bousculent.  En tant qu’il est issu d’un collage, le mot chaosmos pourrait peut-être désigner ce processus.

Lucie Muller-Karapostoli

« la fonction de l’artiste est fort claire: Il doit ouvrir un atelier et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il lui vient. » Francis Ponge

Kathleen Rousset

Kathleen Rousset aime à “dé-jouer” le sens des mots et des objets qui l’entourent pour (se) raconter des histoires. Ses créations, qui combinent souvent plusieurs niveaux de lecture, prennent tour à tour la forme d’objets détournés, de narration hypertextuelle, de messages cachés dans la trame et les ouvrages de dame. Entre poésie et manifeste, humour et pensée magique, ce sont autant d’escapades au fil du langage, auxquelles elle nous invite joyeusement. Investie en parallèle dans un travail plus pictural (qu’elle utilise notamment dans son métier de graphiste), Kathleen est également la fondatrice des ateliers Katalysart (www.katalys.art). Elle y anime des ateliers de créativité pour débutants et amateurs, adultes et enfants, en privilégiant des techniques basées sur l’expérimentation ludique, le lâcher-prise et la surprise.

Michael Hein

Je considère mon travail artistique comme un contrepoint de mon travail de peintre de théâtre, mon gagne-pain, qui se caractérise par un travail planifié en équipe. Tout au contraire les points de départ de ma création artistique: C’est d’errer à travers et travailler devant la nature. De capturer un motif, c’est comme partir à la chasse. La réussite est toujours un grand bonheur. Dans mes œuvres abstraites il s’agit d’inspirations par des matériaux que je sors des déchets et des objets trouvés lors de mes promenades au fil du l’hasard dans la nature. Il en résulte des œuvres multicouches, constitués de structures colorées avec des pénétrations et des superpositions. Mes œuvres sont involontaires, elles ne sont pas formulées conceptuellement, ce sont des émotions délibérément libérées. Elles s’orientent vers la forme libre, loin des limitations telles que le format et le cadrage.

Fabienne Weber

Le travail de l’artiste s’est d’abord inscrit dans une démarche explicitement engagée, abordant les tensions géopolitiques et les fragilités écologiques et sociétales à travers des systèmes de signes structurés comme dans la série Ferrugineuses.

Aujourd’hui, l’engagement est latent et sous-jacent. Il ne relève plus du motif mais du processus : absorber les tensions contemporaines, les traduire en équilibres précaires, en respirations visuelles, en présences retenues.

Ses œuvres, légères et délicates, explorent des territoires flottants entre apesanteur (Tobikusa & Ukigumo) et cartographie irisée (POP Maps) : des espaces d’impermanence, propices à une attention ralentie, des lieux de métamorphoses et d’impermanence.

Elham Etemadi

Je suis née à Shiraz, en Iran en 1983. A l’école, je n’avais que deux crayons pour écrire, un noir et un rouge. Les deux étaient ornés du logo d’une marque : un crocodile. Il était gage de qualité. Et c’est vrai : mes crayons “crocodile” écrivaient bien ! Je dessinais beaucoup. Les formes graphiques des textiles avec lesquels je jouais, les motifs des tapis sur lesquels je sautais, tout cela me fascinait et m’inspirait. Je ne pouvais pas envisager la vie autrement qu’en peignant. Les animaux, les objets du quotidien, les jouets de mon enfance, les motifs décoratifs de mon environnement sont restés présents dans mes compositions … Ils apparaissent dans presque chacun de mes « puzzles picturaux » ! Ce sont des élément récurrents qui se conjuguent sous de multiples formes. Ils agissent tantôt comme un fil conducteur, tantôt comme un élément indispensable, même s’ils sont amenés à être estompés sous un coup de brosse ! Ils se métamorphosent, s’imposent, s’effacent doucement selon une formule sans cesse renouvelée que je ne bride pas ! Ma peinture est ludique, onirique, elle suit son cheminement propre et libre. Aucune contrainte ne la lie à la représentation organique des formes de la nature. Des architectures, semblables à des jeux de construction d’enfants, peuvent apporter une structure. Parfois des répétitions d’éléments rythment la composition. Des liens plastiques relient ce qui semble juxtaposé ou imbriqué pour fédérer. L’animal, en particulier, souvent protagoniste de l’oeuvre, survit et se métamorphose de manière aléatoire et spontanée… Et, dans le bestiaire, surgit parfois, inconsciemment, le crocodile… Karel Appel* exprime bien cela : « Je ne veux pas de frontières séparées entre un oiseau, un chat, un tigre. Je commence un animal en chat, et puis il devient oiseau. Mais c’est encore trop direct. Je travaille toujours dans l’ambiguïté. ça devient un tigre-oiseau. Je refuse la limite.» Cette circulation interne sur la toile, j’en ai conscience, c’est mon histoire à la manière d’un conte revisité avec l’éclairage du monde contemporain, mais je ne la dévoile pas au regardeur. Je désire qu’il soit libre de penser, de voir, d’imaginer… Ainsi, mes œuvres ne portent-elles pas de titre. Sur mes tableaux, je désire conserver le regard de l’enfant : les proportions n’ont plus sens, un même monde onirique unit personnage, animal et objet dans le comique, le grave, le poétique et l’émotionnel. Encore une fois, je fais mienne une réflexion de Karel Appel* : « J’aime à attirer l’attention des gens sur le fait que le monde est un jeu, une série de jouets, un élément de jeu entre naissance et renaissance. » Regarder le monde à travers le filtre du jeu, résulte d’un choix : c’est grâce à ce transfert que je puis m’exprimer totalement. * ARMENGAUD, F. Bestiaire Cobra. Une zoo-anthropologie picturale. Paris: La Différence, 1992 p.110 *Karel Appel, 40 ans de peinture, p. 49

Natacha Caland

Je vise à mettre en scène les ombres, la lumière et le mouvement par des dispositifs aléatoires ou contrôlés des pièces constitutives de mes tableaux. Je recherche l’épurement notamment par des couleurs strictement monochromes qui évitent que le regard soit pris dans les interactions de couleur. L’essentiel est la direction donnée au mouvement de mes tableaux, mouvement que je tente d’explorer jusqu’à son terme.. Les supports de ma recherche sont les décalages, les alignements, les trames, les géométries, les ruptures, la progression…Je travaille les limites et l’infini, l’insaisissable et l’éphémère, l’aléatoire et l’ordre en visant à créer, à travers le regard du spectateur, des émotions esthétiques qui ressortent du non-dit et de l’inconscient. Je m’inscris ainsi dans la ligne du travail des cinéticiens du XXe siècle revendiquant le minimalisme et la pure abstraction.

Franzele

Franzele, ( de son vrai nom Françoise Rothenburger) promène un regard tantôt amusé tantôt plein de tendresse sur des personnes et objets de la vie courante. En plus de la peinture à l’huile, elle explore également d’autres techniques comme le collage, fusain et ajout de matière. Dans ses tableaux se côtoient avec bonheur Amour, volupté, humour et mélancolie, fils conducteurs de son oeuvre.

Marc Trichot

Par la confrontation du Destructuré représenté par les affiches déchirées, lacérées et délavées et du Structuré symbolisé par les lignes et les trames issues de ma profession d’architecte, ma démarche  tente d’équilibrer, de reconstruire voire de sublimer cette production urbaine éphémère à forte charge artistique.

 

Durch die Gegenüberstellung des Destrukturierten, dargestellt durch zerrissene, zerfetzte und verblasste Plakate, und des Strukturierten, symbolisiert durch die Linien und Raster aus meinem Beruf als Architekt, versuche ich, diese vergängliche urbane Produktion mit ihrer starken künstlerischen Ausdruckskraft auszugleichen, wiederherzustellen oder sogar zu veredeln.

Matt Mahlen

Matt Mahlen, né à Nantes en 1968, est un plasticien-poète qui développe un travail visuel mêlant land-art, interventions in situ et performances orales. Formé à l’école des Beaux-Arts de Marseille-Luminy, Matt Mahlen a aussi étudié à Londres et à Montréal. Simple bricoleur vagabond des mots, des papiers et des couleurs, Matt Mahlen travaille régulièrement avec les acteurs de la poésie (éditions, festivals, poètes, théâtres) en tant qu’illustrateur, poète ou interprète. Matt Mahlen est, depuis 2017, l’entrepreneur en chef d’ A comme Bleu, l’insolite design. Cette entreprise, inscrite dans le réseau coopératif, est le prolongement de mes activités de saltimbanque. C’est de l’art-isanat. Basé sur la récupe, fortement influencé par l’art brut et les arts premiers, les œuvres produites sont variées , uniques et font appel à différentes techniques (soudure, peinture, bois, vannerie…). Travaillant au sein du groupe de reggae INDIKA (écriture, image, décor et poésie) , Matt est aussi le fondateur de PO&zik, un duo de poésie dite et de piano jazz avec Martin Sadoux. En janvier 2021, Matt Mahlen conçoit et lance L’EPICERIE D’ART FRAIS avec 6 ateliers complices éparpillés en France. Vit et rêvasse à Strasbourg.