Claudia Schmid

Ganz ähnlich wie beim Träumen verarbeite ich mit meinen Bildern Dinge, die im Unterbewussten stattfinden. So beginnt oft der Weg zu einem Bild mit einem “Doodle”das ich in ein Notizbuch gekritzelt habe. Diese dann weiterzuentwickeln, ohne dabei die Qualität dessen zu verlieren, was so unbewusst entstanden war, darin besteht für mich die Herausforderung.

Die Wesen in meinen Bildern erzählen etwas. Oft werde ich gefragt, ob sie Illustrationen für eine Geschichte sind. Nein, die Bilder selber sind die Geschichten, deshalb könnte man sagen, was ich mache ist narrative Kunst.

Die Einflüsse aus der frühen Kindheit prägen auch heute noch meine Zeichnungen: Comics, Cartoons, Basler Fasnacht, Kinderbücher und Tanz. Später, während einem 3 Jährigen Aufenthalt in Java, kamen noch die Indonesischen Schattenspiele dazu.

Für viele Jahre war der Rapidograph Stift mein bevorzugtes Zeichenutensil. Heute wird er nicht mehr hergestellt, was mit ein Grund war, meine Technik auszuweiten. Nun zeichne und male ich mit Tinte, Ölkreiden, Acrylfarben und Kohlestift.

In meinen Bildern finden sich Menschliche Tiere und “Tierliche” Menschen sowie Fabelwesen. Manchmal sind sie alleine, öfters finden sie einander. Was sich bei den Begegnungen abspielt ist mysteriös und kann verschieden interpretiert werden. Die Bilder können einen in eine spielerisch, absurde oder melancholisch und verträumte Welt ziehen.

Neben den Zeichnungen werde ich an den Ateliers Ouvertes auch Bücher, genähte Figuren, Postkarten und bemalte Objekte ausstellen.

Ejoo Seo

Garder les matériaux et les utiliser quand on en sent le besoin… Est-ce que cela ne ressemble pas au principe de la fermentation ? Laisser mûrir un certain temps et trouver le moment où ils sont le plus vivants… Peut-être que ce temps de fermentation les valorise. Le fait de dépasser leur usage primaire montre une grande énergie, au-delà du décoratif et de la pompe… De fait, la fermentation peut être considérée comme une étape dans le processus de création. Une étape où les choses progressent sans que l’artiste agisse. En ce sens, les phases de doutes sont le contraire : l’activité cérébrale de l’artiste est au maximum et le travail n’avance pas.

Kim Detraux

Kim Détraux est diplômée des Beaux-Arts de Metz en octobre 2020. Elle travaille dans l’atelier de Bo Filarsky dans lequel elle découvre la céramique, en particulier le tour. Elle partage ensuite un atelier à Bliiida en compagnie de Marine Couderc et de Marie Donois Steib, deux céramistes avec qui elles montent l’Échelle atelier-galerie à Metz. Un atelier dédié principalement à la céramique, où elles y animent des cours et où elles exposent régulièrement leurs travaux. À côté de cette pratique, Kim Détraux développe des projets collectifs à dimensions variables où elle fabrique des contenants et cuisine des mets afin de mener des repas performatifs où elle invite les personnes à manger dans ses créations. Elle cherche à transformer le moment du repas en une expérience sensorielle et gustative. La manière de s’alimenter est au centre de ses recherches, qu’elle développe dans le cadre d’expositions et de résidences, en compagnie de Carolina Fonseca et de Jeanne Étienne. Ensemble, elles explorent la mise en jeu du moment du repas en complicité avec deux danseuses et chorégraphes Nathalie Bonafé et Sarah Grandjean.

Dans son travail de la céramique, Kim Détraux explore l’utilisation de terres qu’elle récolte et elle grave des dessins sur ces céramique. Elle invente de nouvelles mythologies à partir de chimères, qu’elle met en scène dans des moments de parades, de cuisine, de cueillette. Elle travaille actuellement au LED à Thionville.

Léa Chemarin

Designeuse graphique et plasticienne, Léa Chemarin vit et travaille à Strasbourg.
Elle ancre sa recherche dans des questionnements sur l’éthique du·de la graphiste, ses outils, ses formes de travail, ses formes de production et la notion de care. Explorer la richesse de ce dernier terme lui permet d’entrevoir un milieu dans lequel art et écologie peuvent se rencontrer.
C’est sur ce terrain qu’elle s’empare de la question de l’habitation, un lieu où – conceptuellement, graphiquement – elle mène des enquêtes critiques et explore des formes de vie habitantes possibles et rêvées.
Ces productions sont de possibles demeures, un compost d’idées, comme autant de tentatives et manières de se saisir de nos futurs, de nos existences souhaitées ou souhaitables.

Salomé Garraud

Ma pratique artistique se concentre autour du dessin et d’une réflexion sur l’archivage de mes propres souvenirs, à la manière d’une poésie sans mots. Je tente de donner à chacune de mes images un aspect mystérieux et peu explicite pour les confronter au regard des autres, recueillir leurs propres pensées et sensations en leur partageant un peu des miennes. Au fur et à mesure, j’affine et réinvente mon langage visuel, composé principalement de couches de crayons de couleurs, au travers desquelles je laisse différentes interprétations ouvertes et la possibilité pour le spectateur de se raconter sa propre histoire. J’aime pour cela jouer avec la subtilité des couleurs et construire des images oniriques et énigmatiques toutes en nuances. À travers mon travail je parle notamment du temps qui passe, de la relation entre le corps et les émotions et d’une nature fantasmée, pleine d’éclats d’étoiles et de brumes délicates.

Joachim Galerne

Joachim Galerne naît en 1991 à l’Haÿ-les-roses. Son père est roboticien, sa mère est institutrice et collectionne les illustrés. Dans l’école nouvelle où il est élève, il voit pour la première fois une presse typographique sur laquelle il imprime son tout premier fanzine, Cauchemars, avec ses camarades.

Plus tard, dans l’atelier d’un sculpteur, il s’initie au gâchage du plâtre avant de se tourner vers l’illustration. Il étudie alors au Lycée Auguste Renoir à Paris, puis à la HEAR Strasbourg dont il sort diplômé en 2019. Cette année là, il co-crée le collectif de micro-édition Discovery Much, et en 2020 il publie le petit livre Chimico, aux éditons Flûtiste.

Son univers graphique et ses productions oscillent entre volume, dessin et image imprimée ou animée. Il vit et travaille à Strasbourg.

Denis Perez

«… Les empreintes d’un passé à la fois proche et très lointain sont inspirantes
pour Denis Pérez et innervent ses recherches plastiques.
(…)Denis Pérez,(…) ouvre de nouveaux chantiers qui vous dévoilent les
composantes, les inflexions, les relectures et les richesses interprétatives,
cognitives, visuelles et sentimentales de ces thèmes Trace/Empreinte/Écologie.
LES ARBRES CACHENT-ILS ENCORE LA FORÊT ?
Lieu de parole partagée, confident, symbole du temps et de la puissance, lien
entre terre et ciel, figure de la généalogie, de l’informatique et de la
connaissance, être révéré dans nombre de sociétés et de civilisations, l’arbre a
été l’objet récent de l’attention des scientifiques qui ont étudié ses capacités à
s’adapter et à communiquer avec ses congénères(…)
Denis Pérez évoque l’esprit de la forêt dans une technique d’enfumage et révèle
ses mystères tutoyant le fabuleux dans une lumière qui est une lumière
éclairante.
Il entrelace enchantement et mystère en nous immergeant dans les entrailles et
le corps, palimpseste d’un arbre antique qu’il séquence dans une vision
fragmentée en cernes, comme autant d’enveloppes ou de peaux charnelles.
Maître du temps, symbole de puissance et de longévité, l’arbre secoué par les
vents, brûlé par les ardeurs du soleil, battu par les pluies s’avance vers nous
dans ces « coupes » à la transparence laiteuse, cocons protecteurs et cartes du
temps écoulé, qui apparaissent comme un labyrinthe initiatique. Dans une
écriture très organique, qui fait remonter l’intérieur à la surface, cette
installation se dérobe in fine à nous dans ce vaste cerne opaque, tel un ange
enfariné et froissé qui vient blanchir les limites de la représentation, au plus
près et au plus loin d’une forme de figuration.
Dans ses forêts rêvées, lieux confisqués à la fois dans l’obscurité et dans la
lumière des sociétés, lieux communs du légendaire, Denis Pérez interroge dans
une autre technique d’enfumage et part de hasard les secrets flottants des
arbres et leurs sortilèges. Construit comme une fresque et une parenthèse
enchantée, ce sujet agrège sans cesse de nouvelles positions en débusquant les
liens et les osmoses des arbres avec les forces invisibles, entre réalité et
fantasmagories, dans un mystère qui résiste et en redonnant du sens au mot
apparition…​
L’HOMME EST-IL ENCORE LA MESURE DE TOUTE CHOSE ?
Dans ce monde, en guerre bien éloigné de la fin de l’histoire, livré à des
pandémies, étreint par l’éco-anxiété, le recul des traits de côte, un
réchauffement massif et inédit, l’homme longtemps centre du monde se trouve
ébranlé dans ses anciennes certitudes, positions et suprématies.
Acteur aveugle, brûlé par ses folies et ses passions, comme abîmé
physiquement et moralement, tout à la fois dans le repli, l’enfermement et les
équilibres précaires, l’homme n’est plus au centre de l’univers, mais à la
périphérie de ce dernier qui se dépouille de son contexte de représentation
habituel pour se distordre. L’homme de Vitruve n’est plus. Denis Pérez sculpte
avec talent cet homme entre fragilité, vulnérabilité et détermination auquel
l’univers devient étranger dans une suite intitulée « Sur le fil » qui enregistre
des identités précaires de funambules solitaires…»
Brigitte Olivier Conservatrice Musée Baron Martin Gray

Julien Hoffschir

Julien Hoffschir, photographe Huningue  « Une image vaut mille mots » – Proverbe chinois J’en suis profondément convaincu ! Tout en restant fidèle à la photo de spectacle et à la photo de rue, je penche néanmoins de plus en plus vers l’abstraction et le minimalisme. Suis-je influencé par mon attirance pour la philosophie zen et bouddhiste ? J’ai tendance à le croire. Simplicité, méditation, contemplation me guident vers une recherche donne clairement plus d’impact au cliché. Je cherche à épurer la photo pour amener le regard directement sur le sujet. Pour faciliter la lecture de l’image, j’en réduis la composition au minimum. Moins il y a de choses, plus on voit. Ou, pour reprendre le principe formulé par architecte allemand Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969), « Less is more » (littéralement « Moins, c’est plus »).

Anina Groeger

Dans ses créations Anina Gröger se base sur des phénomènes vus et vécus dans la nature : eau et vapeurs, ombres et lumières, apparitions dans le ciel. Le fugace et l’éphémère nous entraîne dans cet univers éthéré. L’aspect concret du paysage se concentre au travers de la perspective de son langage visuel et fait passer par le filtre du souvenir les impressions qui se mêlent, pendant l’acte de peindre, à l’humeur intérieure et subjective de l’instant. L’artiste concilie dans sa peinture une force expressive presque brutale avec une richesse de nuances infinies, de demi-teintes subtiles passées au crible de sa sensibilité et de sa réflexion.

Lucas Rollin

La pratique plastique de Lucas Rollin se déverse en flots tumultueux à travers plusieurs axes de création. Les pulsations de son travail s’écoulent librement, refusant de se laisser emprisonner dans un unique exercice de conception ou de technique.

Tour à tour, Lucas dévoile aux regardeurs des œuvres non-figuratives, où une myriade de formes molles s’entrelacent pour former une mosaïque surréaliste, un monde au delà du visible, une utopie palpable.

Il aime à proclamer : « Je m’aventure, par la constitution de taches molles, colorées,

leurs amoncellements créent un tout où une multitude de couleurs cohabitent, à la recherche d’une harmonie, d’un enchevêtrement presque mathématique, physique. Un bordel organisé émerge, dans un équilibre précaire. »

Pendant ce temps, il abreuve sa pratique figurative d’une noirceur profonde. Elle se gorge de références historiques, de rêveries, jonglant parfois avec l’absurde, dans des tentatives ubuesques où l’inquiétante étrangeté trouve sa place au sein d’une pratique déconcertante, infusée d’un humour acide.

Ainsi naissent des œuvres teintées des cultures alternatives ; art autogestionnaire, néoconstructivisme, expressionnisme, figuratif et abstrait, film d’épouvante, culture et art populaire, punk, trash, archive et culture libertaire. C’est dans une angoisse permanente face à l’histoire, celle qui s’écrit aujourd’hui et celle du siècle dernier, qu’il aspire à ne pas s’enfermer, prolongeant le hasard dans des fresques pseudohistoriques.

La sculpture, surgie récemment dans son œuvre, se dresse fièrement, portée par son microcosme graphique. Elle se matérialise en une extension volumineuse des objets récurrents dans sa pratique en deux dimensions. Ces sculptures renforcent les actes artistiques multiples, jouant le rôle d’un aller-retour, d’un ruissellement accompli pour créer, au cœur de ce chaos créatif, un ensemble qui trouve progressivement une cohérence, une unité d’actes et de formes.

Ainsi, Lucas nous offre une réalité qui lui est propre, où la beauté et la laideur s’entremêlent dans un enchevêtrement instinctif, naïf et parfois brutal.