Lisa Pélisson

Lisa Pélisson développe un travail de sculpture, d’installations, d’interactions avec la céramique comme médium premier. Elle s’intéresse à des sujets ou paysages issus du quotidien, en les déformant ou exagérant leurs lignes, elle se les approprie avec autant d’affect que d’humour grinçant. Ses céramiques viennent troubler les frontières du réel, et parodier des matériaux, issus bien souvent du pétrole… Ceci témoigne de sa nécessité incessante de remuer les codes établis pour mieux regarder l’empreinte matérielle et émotionnelle de l’humain sur notre monde. Elle y affirme sa fascination mêlée d’aversion pour des phénomènes de pop culture, des modes d’uniformisation. Les gestes de Lisa
Pélisson viennent creuser des épaisseurs épidermiques, questionnant avec magie nos parures comme nos identités communes et intimes à la fois.

Jean-Luc Schické

La boussole de la condition humaine ne connait aucun repère. Sa rose des vents désigne les étranges cardinaux que sont la peine, la joie, le désarroi et l’espoir. Elle fait de mes inspirations sa girouette. Chaque nouveau jour façonne un grain d’émeri, dont les années tissent la toile de fond. Les passages répétés de cet abrasif râpent douloureusement mon insouciance et avivent ma sensibilité aux injustices, à la barbarie et aux pensées bouchées à…l’émeri. Mes sculptures naissent de l’argile, avant de prendre corps (moulage oblige) dans une matière aussi noire que l’humour. Un jeu de clair-obscur les affranchissent de l’ombre, à la faveur d’un voile de couleur qu’elles portent à fleur de peau.

Cosima Tribukeit

Je mène une pratique pluridisciplinaire, qui s’articule autour de la photographie de même que la gravure et l’installation. Ces différents médiums sont employés de manière adéquate en fonction des projets et des sujets traités mais ils se mélangent de plus en plus ces derniers temps. Cette interconnexion des techniques artistiques forment les arcanes de ma créativité.  Par l’admiration envers l’absurdité et l’irréel de l’art surréaliste qui donne aux œuvres un effet d’altération par des combinaisons et des actes de transformations inhabituels ainsi que l’art asiatique pour son caractère esthétique minimaliste, j’aborde des thématiques diverses avec une prédilection marquée pour le paysage et l’environnement urbane.

Björn Nussbächer

Björn Nussbächer est « travailleur frontalier » de diverses manières. Il a étudié l’art et le design à la «Gerrit Rietveld Academy“ d’Amsterdam et a été impliqué dans divers programmes d’artistes en résidence, par exemple Sandimen en Rep Chine, «Tsarino“ en Bulgarie et «Setouchi“ au Japon et Motoco“, Mulhouse ( Fra). Son travail artistique a été au „NAI“, Rotterdam, au Stedelijk Museum, Amsterdam et au Palais de Tokyo, Paris. Il travaille également comme charpentier et menuisier en bois et est un judoka passionné. Dans sa recherche artistique, l’autonomisation performative, la mise en scène installative et le cadre constructif jouent un rôle qui détermine l’œuvre. Ce faisant, il explore les limites au moyen de l’implication physique et réalise ces zones intermédiaires de manière performante.

Victor Remere

Bachelier en arts applique?s, Victor Remere intègre l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy en 2009. Après une année d’étude réalisée en 2011 à Concordia University à Montréal au Canada, Il obtient l’année suivante le DNSEP à Nancy et participe en 2013 au Post-diplôme  » Création et mondialisation  » à Shanghai. C’est aux côtés de Paul Devautour et de l’économiste et essayiste Yann Moulier-Boutang, de rencontres diverses, de conférences et d’actions qu’ils tentent de remettre en question la notion d’exposition par le biais de nouveaux formats. Ces questions deviennent récurrentes et cruciales dans le développement de ses recherches. Elles se poursuivent et s’adaptent à des contextes différents. Sous la forme d’un projet participatif intitule? « White Squares » expérimente? dans les espaces périurbains de Berlin durant l’anne?e 2014, immerge?s dans l’environnement naturel des résidences « Est-Nord-Est »
au coeur du village de Saint-Jean-Port-Joli au Que?bec re?alise?e en 2015 et au printemps 2016 dans des bâtiments en friche de la Basse-ville de Toulon, a? l’occasion de la « résidence Booster ». Depuis 2015, Victor Remere intégré en tant que membre actif l’association « Ergastule » fondée en juillet 2008 par dix artistes plasticiens. Ergastule a pour objectif de promouvoir la création contemporaine, en mutualisant expériences et outils au sein d’ateliers à Nancy ainsi que l’organisation d’évènements et expositions dans le champ de l’Art contemporain.

Laurent Gailmain

Né le 02/09/1974 à Sarrebourg, France.
Vit et travaille actuellement à Saarbrücken en Allemagne où il enseigne les Arts plastiques.

Après une formation d’architecte d’intérieur et de professeur d’Arts appliqués à Strasbourg, il entame une carrière d’enseignant en France jusqu’en 2004, se forme en parallèle à la photographie argentique et réalise de nombreuses expositions par le biais de la création du collectif photographique Focale fixe, puis s’expatrie pour se consacrer à l’enseignement des Arts plastiques et à la photographie professionnelle (île de la Réunion, Algérie, Tunisie, Allemagne). Depuis l’an dernier, il intervient également ponctuellement comme médiateur culturel à la Halle verrière de Meisenthal et à Sarrebruck dans le cadre du festival Artwalk (en partenariat avec l’école des Beaux-Arts HBK).

Carolina Fonseca

Née en 1987 en Cali, Colombie. Étudiante à l’École Supérieure d’Art de Lorraine.
Vit et travaille à Metz, France.

Au travers de son travail, elle questionne les différentes pratiques de vie individuelles au quotidien, le contexte dans lequel elles apparaissent et la manière dont elles forgent les usages de la vie collective. Les interrogations laissées en suspens après l’ère coloniale, les activités qui en sont affectées (telles que le tourisme, l’oisiveté et la façon d’habiter un espace) et celles soulevées par les migrations actuelles sont au cœur son travail.
Celui-ci oscille entre l’intime et le public, la fiction et le réel, l’individu et la société, la chambre et le paysage, en passant par la maison et la rue, et s’étend du passé au présent.
Son vocabulaire se nourrit de l’esthétique des objets du quotidien, obsolètes ; des choses dites insignifiantes. Elle se sert de matériaux de récupération, peu coûteux et précaires.
Ses questionnements l’ont conduite naturellement vers une pratique du volume et de l’installation, vers le geste et le faire. Comme, par exemple, le moulage, le tissage et l’assemblage. Ces gestes, parfois méditatifs, prennent de l’ampleur avec le temps et vont à l’encontre d’une société actuelle orientée vers le rendement, l’accélération, l’industrialisation, etc.

Stefania Crisan

Née en 1993, Stefania Cri?an est diplômée du master en peinture à Timisoara en 2017. Son parcours s’est enrichis par des échanges à Paris 8 et à l’École Supérieur d’Art de Lorraine de Metz, où elle y poursuit ses études.

Ses recherches de peintre et son univers englobent des installations in situ, des installations vidéo, des photos et des performances, en soulevant des questions autour de la vocation de l’artiste contemporain. Elle s’interroge également sur la relation entre l’individu et la conscience collective, ainsi que sur la possibilité de changement – par l’art – des modes de vie actuels.

Elle explore notamment des espaces abandonnés et des paysages oubliés à travers chants et rituels, pensée positive et affectivité. Imaginés comme des actions de ré-enchantement par la peinture et le geste, les couleurs se transforment, les matériaux fusionnent avec la terre, avec le hasard.

Jean-Christophe Roelens

Jean-Christophe Roelens est né en 1967. Il vit et travaille près de Metz et enseigne à l’Ecole Supérieur d’Art de Lorraine. Après des études d’histoire, il intègre The art student League à New York puis l’Ecole du Louvre à Paris.
Jean-Christophe Roelens, artiste plasticien, débute dans monde du spectacle vivant à l’Opéra de Nancy puis comme scénographe de la compagnie Beestenbende à Amsterdam. Peintre, il est lauréat de diverses bourses ou résidences et en 2003, il intègre la Galerie Decimus Magnus à Bordeaux. A la source de son travail artistique, une fascination pour la couleur. Ce territoire illimité de découverte peut se parcourir sur la vaste étendue de la toile de lin comme sur le miroir parfait d’un émail uni. Mais sa quête est fondamentalement et plus globalement sensorielle, explorant d’autres sortes de supports, de matériaux, se condensant aussi et plus souvent maintenant sous la forme d’objets, d’installations ou de performances qui lui permettent d’introduire dans ses œuvres une autre dimension essentielle : le son.

Yves Chaudouët

L’œuvre d’Yves Chaudouët est à l’image du monde dont elle procède : diverse, complexe, lisible, indéchiffrable, sombre, jubilatoire. Par ailleurs très attentive à ce qui la constitue, à l’esprit qui l’anime. Quiconque l’aborde se trouve rapidement confronté à la question des entrées. On peut alors tenter un premier classement, une souple mise en ordre, et pourquoi pas soumettre cette vivifiante profusion à une sorte de taxinomie formelle, fondée par exemple sur de larges catégories de médiums :
– les peintures : les portraits à l’huile, les monotypes, les gravures… les photographies…).
– les installations (un terme bien commode…) : poissons des grandes profondeurs et autres créatures marines réalisées au Centre international d’art verrier (CIAV) de Meisenthal, pieds de verre destinés à faire léviter les objets, sa « table d’hôtes » (sur une proposition de Pierre-Olivier Arnaud et Stéphane Le Mercier)…
– le théâtre et les films, c’est-à-dire des formes où dominent soit la performance soit le récit, soit les deux : conférences concertantes, visites guidées…
– les éditions : on en dénombre plus d’une vingtaine à ce jour. La passion de l’artiste pour la littérature, la poésie en particulier, trouve à se matérialiser ici dans la forme canonique du livre.

 

Il convient cependant, si l’on veut trouver le fil et le tenir, pointer ce qui relie les éléments multiples de ce grouillant univers, de croiser cette première nomenclature avec d’autres grilles de lecture. Insister par exemple sur la récurrence de la peinture depuis les premiers portraits à peine extirpés de leur gangue ombreuse jusqu’aux « peintures bavardes » où s’affirme le dessin porteur de clarté (une sorte de ligne claire comme on dit pour la bande dessinée) et de joyeuse impertinence, d’autres portraits à nouveau, plus graves, synthèse mûrie de la profondeur et de l’affleurement. Rappeler aussi que depuis l’âge de dix-sept ans, et longtemps sans savoir que ça s’appelait ainsi, Yves Chaudouët produit des monotypes. Il parle à leur sujet de « photographies mentales ». Tous proviennent d’une identique et minuscule plaque de zinc, 6 x 9cm et témoignent d’une prodigieuse virtuosité. Il s’agit là d’une véritable base de données, à la fois trace et réservoir de formes et d’atmosphères, d’histoires et de références.

 

C’est peut-être sur la dialectique de l’ombre et de la lumière, de l’obscur et du clair que s’enracine la cohérence de cette œuvre voyageuse. Ce sont le noir et les visions nocturnes qui dominent dans les monotypes, visions hantées, sommeils de la raison, sourde menace. C’est un regard précis et très lucide, qui garde en mémoire les rêves et les cauchemars de l’histoire (la figure tutélaire de Paul Celan). C’est un point de vue sur le monde, résolument politique, praxis autant que poïésis, y compris dans la rêverie telle que la déclenchent les poissons abyssaux. Mais c’est, dans le même temps –sans doute l’autre versant d’une identique visée- et avec de plus en plus d’insistance, un combat sinon pour la clarté du moins pour l’éclaircissement, l’ombre concentrée dans la pupille des yeux de ses beaux portraits récents où le songe gagne peu à peu sur le tourment. Ce mouvement du bas vers le haut, cette informe perturbation de l’ordonnance trompeuse, toute rechute possible, traverse l’œuvre d’Yves Chaudouët dans son entier, y compris dans ses occurrences scéniques, des poissons des grandes profondeurs (dans leur nuit de cristal, littéralement et en toute conscience de l’histoire) jusqu’à ces objets tout juste surélevés par leurs pieds de verre, comme flottants, décollés de ce ras des pâquerettes où gisent le dangereux et le dénonçable, toutes choses entrevues, arrachées, déplacées, élaborées par les moyens spécifiques de l’art.

 

Jean-Marc Huitorel