Jim Ceneda

LA DIVERSITÉ.

Elle caractérise mon travail : diversité de thématiques, de techniques et de styles – qu’ils soient semi-figuratif, abstrait ou onirique.

 

MES RECHERCHES.

  • L’approche de la vie.

Mon approche est celui du « Presque-rien » cher au philosophe Vladimir Jankélévitch ; la fragilité de la vie sous ses multiples aspects : la temporalité, la solitude, la jouissance, la sensualité, la sexualité, l’amour, la mort, la vie intérieure, la beauté, les autres. J’aime mêler des textes dans m ; on y trouve souvent des messages philosophiques qu’il s’agira de décrypter.

  • L’engagement : le monde contemporain.

Pour paraphraser Antonio Gramsci dans ses cahiers de prison,  il y a entre un ancien monde et un nouveau  «cet interrègne où [on] observe les phénomènes morbides les plus variés »

Je crois que tout artiste est un résistant, contre les dangers actuels de la dynamique exponentielle des forces du marché et de la globalisation, et ses bouleversements sociaux ; pour l’avenir de Gaïa (Bruno Latour), unique solution à la vie des générations actuelles et futures.

 

MES TECHNIQUES, MES PREFERENCES ET MES PRODUCTIONS.

. Le papier. Il se laisse gorger d’eau, maculer par les pigments, plier, déchirer. Ses fragments peuvent se rassembler dans de nouvelles cohérences plastiques, selon des processus de déconstruction-construction.

. Le dessin, les encres, l’acrylique aquarellée, le travail à la plume.

. Le collage.

. Ex-sérigraphe, j’ai un faible pour l’imprimé et les petits tirages : la gravure sur bois et mieux encore la linogravure sont des procédés artisanaux qui demandent humilité, patience, mais qui offrent des résultats souvent très étonnants.

. Les livres d’artiste avec mes propres créations poétiques.

. Le dessin parodique : activité secondaire, je l’utilise surtout pour illustrer des évènements sociétaux ou/et politiques.

. Les petits formats :travailler sur des petits formats dans une société de la démesure est une gageure. Chemin de méditation pour l’artiste, le petit format invite le spectateur à l’effort de l’intériorité.

 

L’ART IN VIVO, LA PERFORMANCE____________________________________________________

Danseur de tango argentin, amateur et créateur de textes poétiques, la performance de groupe « ART&TANGO » est l’occasion pour moi de réunir quatre passions : la danse, la poésie, la performance picturale et la création collective avec d’autres artistes tels que danseurs, musiciens, plasticiens. Elle est aussi la possibilité de combler un manque vécu dans la solitude l’atelier, celui du contact avec le public ; cette opportunité de voir, en direct, son émerveillement, quand la danse survient, quand la poésie fait mouche, quand l’œuvre picturale se crée, in vivo, incertaine, spontanée, éphémère. L’instant magique, la jouissance.

 

« L’art retrouve un ordre qui peut ressembler à du désordre […] ». Christian Boltanski.

 

Raymond Stoppele

Depuis toujours, dans mon travail je privilégie le support papier. J’apprécie tout particulièrement le contact, le toucher de cette matière. Toutes sortes de papiers, souples, rigides, légers, lourds…avec une préférence pour les papiers non industriels, mais depuis quelques mois je le régale avec la toile, brute, non tendue sur un châssis, libre…

Pendant une longue période, le concept et la réflexion ont constitué une part importante de mes créations, mais un jour de 2010, un fort besoin de poser une feuille au sol, de reprendre les pinceaux, le fusain et surtout mes mains, est réapparue avec une exclusive présence du noir et du mouvement. Lentement, des formes organiques puis les couleurs sont arrivées, pour se transformer en une foule de figures humaines surgies de je ne sais où…

Depuis un certain temps, ma peinture devient de plus en plus fugitive, parfois elle m’échappe presque, mais que c’est enivrant de se laisser aller ainsi jusqu’à perdre le contrôle, même si en définitive il n’est certainement jamais perdu.

…Et ces personnages qui hantent qui habitent qui se promènent dans mes peintures sont certainement vrais, enfouis quelque part…

Atelier de céramique Cobalt

Emmanuelle Giora et Skander Zouaoui décident en 2017 de monter un atelier dédié à la pratique et à l’enseignement d’une matière qui les anime : la céramique. Tous deux se sont rencontrés à la HEAR à Strasbourg et après des parcours différents se retrouvent autour de cette matière. Les deux artistes partagent ainsi leur temps d’atelier entre leurs projets personnels et les cours qu’ils y donnent. Tournage pour Emmanuelle et Sculpture et modelage pour Skander.

Dominique Lentz

 Gribouilleuse, dessineuse, graveuse, estampeuse, sculpteuse…peintre parfois… depuis ma naissance…J’utilise des moyens techniques tels que ceux de la lithographie sur pierre, la gravure sur métal, sur plexi ou rhénalon et sur lino…mais aussi ceux de la sculpture en terre, actuellement plus particulièrement de la porcelaine, sur laquelle je fais parfois des transferts de textes de dessins ou d’autres images. Mon travail quelle que soit la technique utilisée, raconte des histoires…non préméditées…qui suggèrent un univers plus rêvé que réel, inspiré de la nature et du vivant…il est possible que les craintes des dangers immédiats ou plus lointains de notre quotidien et ceux qui mettent en jeu l’évolution de notre monde, s’y insinuent discrètement…

Gris Bois

Gris Bois est une association inventive et compétente entre architecte, ingénieur et menuisier. Installés à Strasbourg avec le collectif du CRIC (artistes de la Semencerie et du Bastion) nous évoluons dans un univers ou interagissent technicité, art et valeur environnementale. Notre objectif : Créer une synergie entre spatialité et structure au travers de l’usage du bois et des matériaux de réemploi. Dans ce sens, la construction est pensée de telle manière à pouvoir s’adapter, évoluer, se réemployer. Pour cela, nous développons des moyens et méthodes d’assemblages rendant nos réalisations plus modulables et accessibles. Il s’agit de penser des constructions autonomes à différentes échelles. Au delà de la pensée constructive et du respect de l’environnement, nous voulons y ajouter l’intelligence de la main, l’envie de retrouver une qualité et de créer notre vision du savoir faire local. C’est vouloir expérimenter, interagir et créer du lien au travers d’une vision du monde portée de plus en plus par une envie de reconquête du sens.

Arthur Poutignat

Du sensé au sensible  La question de la perception est centrale dans mon travail. Le point de vue du spectateur, la construction de l’espace, sa dépravation (anamorphoses, métamorphoses, perspectives singulières), sont les moyens qui vont permettre de nouveaux agencements visuels, propices à la remise en cause de repères traditionnels. L’équivoque et l’étrange sont les moyens de cette nouvelle donne, interrogeant les références communes et les distinctions généralement admises entre volume, surface, motif.  Par le paradoxe, le renversement, l’ambiguïté, ma démarche m’amène ainsi à produire des objets, installations et dispositifs, qui viennent détourner la perception du spectateur, lui proposant une vision étrange, un monde imaginaire qui vient mettre en crise le tangible.  Les zones d’ombres, les ambiguïtés spatiales créent le doute, les mettent en évidence et me permettent de révéler les contradictions et oppositions sous-jacentes à notre appréhension du monde. Inhérente au visible, l’obscurité vient affirmer notre perception de l’espace, sa mise en valeur me permet de trouver des points de basculements du réel vers la fiction.  De l’altération à l’altérité  Sans médium de prédilection, mais très attaché aux principes du dessin, je cherche à faire émerger le poétique à partir de nouvelles combinaisons. La fiction vient effleurer le réel, enrichissant l’imaginaire du spectateur.  J’interroge nos visions du monde, en adoptant d’autres points de vue ; de nouvelles logiques donnent forme à mes œuvres. Il s’agit, à la fois, d’interroger un scientifique par la logique du dessin et de transposer des éléments de vocabulaire dans un nouveau champ lexical. Créant ainsi un espace sémantique ambiguë et ludique. Ces opérations me permettent de mettre à jour l’incertitude des choses, d’en préserver sa magie et ses possibles. Il s’agit avant tout de permettre un autre regard.

Letizia Romanini

Ma pratique tente de créer une parenthèse, un souffle ou un arrêt sur image.
Le geste, la répétition, la collecte, le lien, la minutie, l’empreinte participe à ce
temps de pause où j’invite à réévaluer le quotidien. Je traduis par « laisser pour
compte » des fragments du monde qui évoluent comme un contrepoint d’une
frénésie dans laquelle nous sommes inscrits malgré nous.
Face à la saturation progressive de notre univers par des images, à la médiation
croissante de nos relations sociales par l’image et les technologies visuelles, ma
démarche est animée par le désir d’attirer l’attention sur ce que nous ne
remarquons pas ou ce qui nous échappe dans notre quotidien. Ce que
l’accoutumance a déréalisé, mes recherches s’emploient à le révéler, et c’est en
rendant compte de l’évanescent, du presque futile que j’entreprends de prononcer l’existence fascinante des choses.
L’espace et le temps sont des données essentielles dans mon travail. Mes
productions interrogent la condition humaine et la fragile barrière oscillant entre l’absence et la présence, entre le visible et l’invisible.
Letizia Romanini

Annelyse Jacquel

Prenant principalement ses sources d’inspiration dans la transposition

d’événements autobiographiques, mon travail se décline dans sa majeure

partie sous la forme picturale, mais se déploie aussi en sculptures,

dessins, installations, vidéos ou performances.

Il interroge les liens familiaux et amoureux dans ce qu’ils peuvent avoir

de destructeur et d’aliénant, derrière les représentations enchanteresses

proposées par notre société individualiste où la cellule familiale se

substitue au collectif.

Visant à l’universalisation de récits autobiographiques je me réapproprie

des codes signifiants choisis à travers les époques, et les cultures.

Ainsi les codes et images que je réutilise peuvent être empruntés aux

contes, à des films ou chansons populaires, ou encore à la mythologie.

Brassant high and low culture, icônes, portraits et photos de famille, mon

travail interroge les possibles d’une représentation des liens humains.

Claire Perret

Illustratrice, j’aime m’aventurer dans des champs de recherche différents, et me plais à changer de technique en fonction des projets. La technique du papier découpé est ma favorite, mais le pochoir au crayon de couleur est aussi un mode d’expression que j’apprécie. Le reste du temps, les techniques numériques me permettent de travailler vite, et de m’essayer à des gammes de couleur très vives. Fascinée par les planches de botanique et par les contes animaliers, j’aime mettre en scène des petits personnages se promenant dans une nature luxuriante et une faune chatoyante.

Stefano Gioda

Stefano Gioda pourrait être considéré comme un alchimiste moderne décidé à créer un nouveau code de représentation de la réalité constitué de signes en constante mutation. Illustrateur de formation, l’artiste se sert du dessin comme point de départ de la plupart de ses projets pour donner vie à un processus de recherche qui est le fruit d’un travail manuel précis et intense. Son trait minutieux, riche de détails, engendre un univers hybride peuplé de curieuses créatures zoomorphes saisies sur papier à l’encre de Chine, à l’aquarelle et au stylo. Partant d’une étude analytique des insectes, centre et origine de cet univers, l’artiste élabore une oeuvre allégorique de l’humanité : les insectes sont des créatures inconnues en mutation qui dévoilent l’imposture de l’identité, des formes qui évoluent en désordre alphabétique et qui semblent avoir été collectées par un entomologiste surréaliste à l’occasion d’une expédition hors du temps. La technique est méticuleuse, l’approche scientifique, la représentation « immagnifica». La forme insolite qu’il assume provoque grimaces et sourires, répulsion et attraction. La création, limitée à des domaines organiques, est un exercice mu par une impulsion qui veut classifier et montrer un mode d’existence atypique. Les dessins et les oeuvres mixed media exposés ont l’air d’objets vivants figés dans le temps, révélateurs d’une pratique artistique hybride et sérielle, qui ose se répéter et créer l’illusion. Nathalie Fritz