Depuis 2015 je poursuis inlassablement la série "Compositions sur le marbre". La première partie a été montrée à "La Chambre" à Strasbourg, au MAMCS, au centre d'art et de photographie à Lectoure. Puis une deuxième partie à la galerie "Le réverbère" à Lyon. En 2024 j'ai un peu changé le protocole: les végétaux sont tous blancs et leur contenant de couleur blanche, ou transparent. Cette parenthèse s'appelle "Les blanches". Je continue à collectionner tous les "petits noms" de chaque plante, après des recherches assez approfondies. Et cela se lit comme un poème.
Thérèse Qua. est graphiste et illustratrice. Sa formation en arts visuels à l’Université de Strasbourg lui a fait comprendre l’importance du sens de l’image, de la couleur et de la forme, comme support d’un cheminement de réflexion. Elle mélange les médiums et les textures, intègre souvent le textile dans son processus créatif, s’inspire immanquablement du monde végétal, revisite et détourne les motifs graphiques. Sur le papier ou sur la palette numérique, chaque projet nait d’abord d’une rencontre. S’en suivent des échanges et des réflexions, puis l’éclosion d’une illustration originale – d’un motif ou d’une icône. Chacun de ses projets est pensé, interrogé, revisité, en cohérence avec ses propres questionnements. Nombre de ses illustrations gravitent autour des problématiques liées à l’environnement car elle est personnellement engagée dans une recherche qui lui semble fondamentale : comment lier, relier nos sociétés à la nature ? Comment alerter, interpeler les esprits ?
Attirée par le processus de dégradation des images et leur lente perte d’information, je cherche à jouer des temporalités pour créer dans mes tableaux un dialogue entre passé et présent, entre nature et artifice. Mes compositions, traversées de fissures, ramifient des espaces antagonistes et tentent de dire la fragilité de ce qui nous entoure. J’y aborde les notions de leurre, de faux-semblant, d’apparat et d’apparence. Mes peintures se composent comme des mises en scène de théâtre et renvoient à l’illusion du décor. J’y représente des objets divers : artefacts d’animaux ou de plantes, mais aussi des architectures factices, précaires, des maquettes illusoires faites de cartons, de déchets. Tous ces éléments s’inscrivent dans un espace ambigu et cloisonné. Dans mes tableaux, deux plans cohabitent, deux régimes d’images que la peinture fait se rencontrer : face à nous, des artefacts singent grossièrement la faune et la flore. Ils décoraient des espaces ou racontaient des histoires sur des scènes de théâtre ; ils tissent à présent leur propre narration. Délivrés de leur rôle premier, ils s’assemblent en un spectacle statique et silencieux. Ces éléments hétérogènes se détachent difficilement d’un deuxième plan où la nature foisonne, c’est du moins ce que l’on pense. Car en réalité, le regard se heurte à un mur peint : les ombres portées nous révèlent sa planéité. Il s’agit le plus souvent d’une fresque qui emprunte à la nature ses motifs paysagés. C’était le cas dans l’Antiquité, lorsque les riches villas s’habillaient de jardins intérieurs en trompe-l’œil. Aux fresques antiques, j’emprunte donc un catalogue de plantes, de fleurs et d’animaux. Dans leur abondance, ces formes perturbent le regard, se confondent. Leur lecture est d’autant plus confuse qu’elles sont traversées de fissures blanches qui fendent l’image. Celles-ci évoquent la lente dégradation et l’effritement de la matière picturale. Je m’intéresse à la pérennité des images, celles que je construis aujourd’hui comme celles dont je m’inspire, plus anciennes, qui portent en elles les marques du temps. Elles nous parviennent tronquées, lacunaires, et activent l’imaginaire. Ces béances sont souvent insupportables à l’homme. Archéologues et artistes œuvrent à combler les vides, comme en attestent les restaurations spéculatives de plusieurs sites antiques (Knossos, Akrotiri…). Dans mon travail, les fissures deviennent les chemins qui creusent la peinture et guident le regard. Se dessine alors une cartographie faite en réserve, qui met à nu le dessous du tableau et en exhibe le blanc inaugural. En faisant cohabiter des éléments dégradés et lacunaires, j’essaye de construire des images qui interrogent leur propre permanence. Mes peintures octroient aux sujets représentés un destin organique et tragicomique. Dans cette exploration du visible et de l’invisible, mes tableaux tentent de maintenir vivante la mémoire des formes, tout en embrassant leur inéluctable disparition.
Baptiste Reymann est né à Colmar en 1983. Son bac en poche, il entre à l’université d’arts visuels de Strasbourg. La licence obtenue, il passe une année de formation au concours du CAPES d’arts plastiques pour finalement entrer à l’école MJM Graphic Design a fin de mieux maîtriser les outils informatiques. Désormais illustrateur strasbourgeois, il travaille la bande dessinée avant de s’orienter vers l’illustration. Toujours influencé par le 9ème art, ses images sont figuratives, narratives et veulent raconter une histoire à elle seule. Par son travail, il invite le spectateur à entrer dans ses univers imaginaires, aériens, teintés de surréalisme et souvent emprunt d’une certaine quiétude. Il aime aussi diversifier les formats et les techniques, passant du numérique aux techniques dîtes traditionnelles, du papier à l’écran. Chaque médias apportent ses avantages et ses contraintes, mais chacun influence l’autre, et nourrit de nouvelles idées pour les projets à venir.
Peindre, c’est un peu comme apprendre la mécanique. Démonter la réalité(ou l’ illusion), étaler les pièces devant soi, essayer en se grattant la tête de comprendre comment ça marche. Ensuite remonter tout ça. La plupart du temps on se trompe, abîme une pièce ou la remonte à l’envers. après tout c’est la panne qui révèle…
LA TRACE ET LA MÉMOIRE Quand on évoque le tryptique ; la vue, le regard, la vision, on pourrait y rajouter la notion de Temps. Le thème de la Mémoire et de la Trace est le fruit de nombreuses pérégrinations, de temps de contemplation, d’observations. Ce qui mène à une vision des éléments, de nous-mêmes. Il faut que la vue devienne active pour pleinement prendre ce qui nous est offert. Les sculptures organiques d’Auguste Vonville suggèrent avant tout. Elles sont un miroir qui nous renvoient à des formes qui passent du minéral au végétal et de l’animal à l’humain, mais qui inspirent un dépassement de ces statuts physiques. A chacun la liberté de l’interprétation, d’entrer dans son lot d’images, dans son ou ses histoires. Regarder, c’est se relier aux éléments, et d’une façon ou d’une autre, on entre en Contemplation. « Et c’est là qu’on entre dans le « Voir », ce qui nous permet d’avoir une « Vision ». Dès lors apparait la notion d’appartenance à un monde impalpable, qui va du micro au macro, et qui nous entraine dans des spirales infinies », confirme le céramiste. C’est ainsi qu’il évoque les quatre éléments chers à Gaston Bachelard. Ils sont omniprésents ; l’argile/terre pour sculpter, l’eau pour triturer celle-ci, le feu qui permet la cuisson et l’air qui permet au feu d’exister. Auguste Vonville, à travers son regard porté vers la Nature, dans le sens large du terme, affine sa réflexion sur la place qu’occupe l’Humain dans cette « organisation » mystérieuse.
Je suis un artiste italien de Venise où j’ai étudié la peinture et la gravure à l’Accademia di Belle Arti. Titulaire d’un diplôme de Maître d’Art, je travaille entre Mulhouse et Venise.
Ma peinture est inspirée du quotidien, de la mémoire et de l’histoire. Le passé de ceux qui nous ont précédés me réapparaît en images : en cartes postales et anciennes photographies – des souffles de nostalgie et de douce mélancolie des choses perdues.
En donnant une deuxième vie à ces souvenirs privés et publics, je m’applique à la création d’une poésie fantastique et parfois ambiguë qui inspire notre mémoire et imagination.
La nature est un autre sujet central de mon travail, comme le montrent mes paysages aquatiques : une série de peinture de paysage consacrée à l’élément de l’eau à partir de points de vue plus ou moins classiques. Ils vont des études de couleurs abstraites et des peintures de paysages impressionnistes à des compositions poétiques dans lesquelles les lignes entre la réalité et le fantasme sont souvent floues. Ce faisant, mes paysages aquatiques reflètent la nature comme ils proposent des écrans de projection pour l’imagination du spectateur.
Les ateliers de Motoco seront ouverts uniquement les 24 et 25 mai.
Nous vous remercions de votre compréhension, et nous réjouissons de vous retrouver lors de ce second week-end des Ateliers Ouverts.
Urban Sketchers (USk) est une organisation à but non lucratif qui met en avant la valeur artistique, narrative et pédagogique du dessin « in situ », qui en fait la promotion et crée des liens entre croqueurs dans le monde entier, qu’ils soient chez eux ou en voyage. Notre manifeste : Le Manifeste Urban Sketchers 1. Nous dessinons in situ, en intérieur ou en extérieur et croquons sur le vif. 2. Nos dessins sont les témoins de notre quotidien et de nos voyages. 3. Nos dessins représentent des archives de lieux et d’instants. 4. Nous sommes fidèles aux scènes que nous voyons. 5. Nous utilisons tous types de techniques et apprécions la diversité de nos styles. 6. Nous nous soutenons, aidons, et encourageons les uns les autres et dessinons en groupe. 7. Nous partageons nos dessins en ligne. 8. Nous montrons le monde de dessin en dessin.