Caroline Koehly

Illustratrice depuis 20 ans, je suis spécialisée dans les représentations de la nature, des jardins et du patrimoine architectural.Une grande partie de mon métier consiste à sensibiliser les publics à la fragilité des espèces ey des écosystèmes naturels. Je crée des illustrations et des fresques pour diverses maisons d’édition, des parcs naturels, des lieux de sensibilisation à la nature.En 2015, j’ai créé un nouveau concept de livres audio illustrés pour les enfants : « Les fictions naturalistes ». Ces supports inédits de sensibilisation associent une bande sonore de dessin animé et un livre pour enfants aux illustrations à dominante naturaliste.Mon travail puise sa source dans l’observation de scènes de nature.Je m’entoure fréquemment de naturalistes et spécialistes d’espèces pour comprendre les mécanismes des écosystèmes et les restituer. La fragilité des espèces motive particulièrement mon travail. J’oscille entre diverses techniques, toutes au service du message que je souhaite porter.

Christophe Claudel

Je vis dans les Hautes-Vosges depuis bientôt 45 ans. J’ai débuté la photographie il y a une petite vingtaine d’années après avoir reçu un réflex argentique en cadeau. Mon intérêt pour la nature environnante m’a vite conduit à me focaliser sur les prises de vue au grand air. L’achat de mon premier réflex numérique en 2008 sera un tournant pour moi et dès lors, la passion de la photographie animalière ne me quittera plus.Avec le temps, je vais sans cesse apprendre ; que ce soit la technique photographique et l’utilisation du matériel, mais aussi sur le terrain à mieux connaitre les animaux et leurs habitudes. Au fur et à mesure, j’ai engrangé de l’expérience qui m’est très utile pour approcher et observer certaines espèces peuplant le massif vosgien.Depuis mon enfance, je trouve que notre société humaine n’accorde pas assez de place ni de respect au monde sauvage qui nous entoure. Désormais ma démarche consiste donc à prendre des photos d’animaux dans leur intimité, sereins et qui ne soupçonnent que très rarement ma présence. Je veux choisir des clichés ou le côté expressif et attachant de mes sujets saura toucher les gens. Pouvoir montrer des scènes de vie animales, telles qu’une grande majorité du public n’a finalement que très rarement l’occasion d’observer.Dès la prise de vue, j’essaye de soigner le côté artistique des photos de plusieurs manières. Faire ressortir l’animal bien net avec des flous d’arrière-plan et de premier plan, être attentif à la lumière, aux couleurs, réaliser des ombres chinoises en contre-jour, simplement suggérer l’animal pour un effet minimaliste parfois, etc… La composition de l’image est essentielle également, en plaçant le sujet dans un endroit clé du cadre pour une bonne lecture de l’image. Je travaille aussi sur le biotope des animaux. Dans ma dernière série « De bois et de granit », l’univers boisé et granitique de la forêt vosgienne devient un fil conducteur d’une image à l’autre. L’aspect minéral de la roche, avec ses mousses et lichens, apporte un côté brut et esthétique aux images.Enfin, lors des expositions, je suis vigilant quant à la qualité et la cohérence des photos présentées et j’essaye de soigner la scénographie dans la disposition des images. Pour mes tirages j’ai fait le choix d’un papier d’art texturé selon les cas, qui renforce encore l’impact visuel des images.

Leila Helmstetter

Je m’appelle Leïla Helmstetter et j’ai passé mon enfance en Afrique, dans des paysages de sécheresse qui ont marqué mon imaginaire. Fille d’un ingénieur agronome et petite-fille d’agriculteur, mon intérêt pour le monde végétal s’est développé très tôt et m’a poussé à obtenir un diplôme de paysagiste en 2014. Je mesuis ensuite tourné naturellement vers l’argile, qui est à mes yeux le matériau idéal pour exprimer le monde du vivant. Diplômée de l’IEAC de Guebwiller en juillet2022, je viens tout juste d’ouvrir mon atelier à Strasbourg. J’aime travailler cette matière molle, humide, porteuse de vie, loin des sols arides africains que j’ai connus toute petite. Quand j’ai de l’argile entre les doigts, je n’oublie jamais qu’elle vient de sous nos pieds, qu’elle flirte avec les racines des arbres. Nous l’avons extraite pour la ramener à la lumière, et elle est le matériau idéal pour exprimer les dynamiques du vivant. Je sais qu’elle est issue d’un processus de dégradation très lent. Ce temps qu’elle a mis pour se former nous parle aussi de l’évolution des espèces. De celles qui s’éteignent et restent prises dans les roches, et de celles qui mutent au fil des siècles. Quelle est notre place au sein du vivant ?Existe-t-il d’autres formes de vie ?Ces sculptures en grès chamotté, texturées et émaillées nous questionne. Les techniques de façonnage sont multiples. Ici, tout se mélange, pousse, fleurit, meurt puis renaît. Bienvenue en territoire inconnu et pourtant si familier.

Camille Kuntz

Jonglant avec les contraires, je souhaite mettre en lumière la soumission des êtres qui se plient aux machines ou aux espaces conçus pour s’adapter à elles -leur permettant une mobilité et efficience productiviste toujours plus rapide-.  À tout ce qui forme le canevas de nos architectures, à ce qui structure, proportionne nos chemins quotidiens (comme les rails de chemins de fers, tramways, routes et véhicules avec ou sans moteurs tels que les Caddies de supermarchés), j’associe -jusqu’à les hybrider parfois- des matières souples (tissus, bâches, laines, végétaux, fleurs, etc) qui rappellent le vivant, qui appellent à la contemplation, soit à une certaine résistance face au monde actuel qui court sans faire de pause.

Avec le même « sens de l’interrogation et de la réflexion, le désir d’explorer des contrées nouvelles, de se frayer des passages vers des destinations inconnues […dans le domaine de l’art…] « , qu’avait repéré le philosophe Jean-Luc Nancy lors de nos échanges en 2016 autour de  »l’obscène » -titre et sujet de l’une de mes recherches écrites-, je cherche au fond à saisir l’insaisissable, soit l’existence et le temps. Je poursuis ainsi ma quête conceptuelle et formelle de metteuse-en-scén’ographe consistant à sculpter l’espace-temps : Pour dilater, contracter le temps  je déforme les perspectives -via des répétitions, leitmotivs, trames, plis, ondulations, lignes-, je fractionne l’espace d’arythmies. Que ce soit pour un spectacle, un film, une performance, une installation, une forme sculptée -figuratives ou abstraites-. Je passe surtout par des jeux d’échelles (de la maquette, du modèle réduit, au réel agrandi, par le décor, la sculpture).

Sans perdre de vue cette exploration des rapports de force qui se jouent entre les machines, les architectures-machines et leurs impacts sur les corps-émotions. Je questionne : Comment en viennent-elles à se retourner contre leurs créateur.ice.s ? Et que se passerait-il à essayer de revenir à l’Origine des choses / à l’essence de l’existence? Je rêve alors de rencontres collectives autour de nouveaux mythes ou rites, pour matérialiser l’idée d’une porosité entre les réalités, et d’une circulation possible entre les différents degrés de celles-ci.

Fabienne Chanvillard

Aujourd’hui, les techniques de la gravure me permettent d’explorer desformes d’expression dans un champ plus personnel. La montagne et sonimagerie sont mes fils conducteurs.

Philippe Berbet

Dans ses tableaux en trois dimensions, Philippe BERBET interroge sur la consommation effrénée et sur la valeur des matériaux que l’on jette sans y penser. Il a même crée un concept  » CECI N’EST+ ». le concept  » CECI N’EST+ » est un laïus profond, tout part d’ailleurs de là. Le plus est une croix, mais il a un sens, et même un double sens.  » Plus  » en forme négative, comme le néant, le rien, la mort, la perte.  » Plus  » en forme positive, comme le trop, le complément, la vie, le gain. Cette lecture en partie double ne tarit pas d’éloges. Ce serait lui faire affront d’une pensée unilatérale, alors que son art se décline à l’envie comme un pied de nez à la routine et au quotidien. Tout ce qui se jette a grâce à ses yeux, tout ce qui brille illuminera l’un ou l’autre détail, tout ce que la nature produit a une valeur inestimable. Philippe BERBET a pris le temps, dans un long processus de recherche, pour mûrir ses envies, parce qu’il a des choses à dire, mais avec la manière. Sensible à la matière, aux textures, aux couleurs et aux formes, il n’a de cesse de redonner vie à des trésors oubliés. Le déclic est parti de boites de curiosités comme autant de possibilités de collectionner. Car la matière se mérite et la compilation demande du temps. L’environnement a droit de cité, l’objet en lui-même également, mais l’humain est au centre de tout. Les gens sont dans l’image, le paraître, la représentation sociale. La matière, elle ne ment pas, elle se conforte. En opposition, il juxtapose des éléments réputés précieux ( feuille d’or et d’argent ) et du tout-venant, des contenants divers et variés, des natures mortes, mettant ainsi en exergue les étapes de fabrication réalisées par des anonymes, interrogeant sur l’histoire des logos et des marques qui viennent modifier artificiellement la loi du marché, et qui créent, de facto, des inégalités mondiales flagrantes. Les messages sont profonds, mais il y a de la légèreté aussi et beaucoup de sensibilité.

Alban Turquois

La rencontre avec le travail d’Alban Turquois apparaît à la fois comme une étonnante découverte et d’émouvantes retrouvailles. Face à ses oeuvres-objets on est tout autant frappé par leur caractère familier que par leur extrême atypie. De l’apparente sobriété, voire de la précarité des tables, des chaises, des divers contenants façonnés par l’artiste, émane une force intime, sourde, géologique, le sentiment d’arriver au milieu d’une histoire à la temporalité incertaine mais d’une humanité profonde.Ces histoires sont souvent celles de rencontres, avec des gens, avec des matériaux, avec lesquels l’artiste tisse un lien fort, soutenu, entretenu, qui transparait dans chaque objet. Les moyens et le temps passé pour aller à leur rencontre — cueillettes, glanages, collectes, échanges — sont les points de départ pour inventer et compléter de nouveaux récits. (extrait d’un
texte de Lucas Belloc)

Pauline Beck

Je me mets toujours au travail par chance.La chance est fugace mais partout, il suffit d’être alerte à sescommotions.Au détour d’un repas, au réveil d’un rêve un peu bruyant ou dansune gorgée d’eau de vie, je rencontre une chaleur particulièrequi entraine un bouillonnement.Foyer :Du latin; focarius : « de feu » (n.m.)1 Lieu où l’on fait du feu2 Par métonymie, maison, demeure familiale, pays natal3 Lieu, point qui est la source d’un rayonnement, où se concentre la chaleurLa cuisine, la céramique, le verre soufflé, la teinture, le bronzeet la distillation sont des arts du feu. Aussi hétérogènes soientelles,mes pratiques gravitent ainsi, à l’horizontale, autour dufoyer.