Je travaille la terre. Ma pratique est centrée sur la production de pièces au tour. Je collabore avec des cuisinier-es, des artisan-es, des artistes. Je crée des objets fonctionnels et artisanaux. Chaque pièce a été pensée pour un usage, est le résultat d’un dialogue entre Humain, Matière et Possible. La fonctionnalité, l’émotion, la beauté sont révélées par la forme de l’objet et par l’émail qui le couvre. Je fais des recherches autour des émaux de cendre et matières naturelles.
C’est en Allemagne que s’est révélée ma vision romantique de la peinture et de la vie. Je m’efforce depuis de l’appliquer dans mes tableaux à l’expression du Zeitgeist contemporain, travaillé de mouvements contraires, pris dans le flux des réseaux sociaux, des tragédies terroristes ou environnementales, de l’angoisse existentielle, mais aussi et en même temps des joies et des grâces quotidiennes. Cette ambition se décline en différentes thématiques : la fête comme succédané du religieux, la pression du divertissement, les événements politiques et sociaux marquants de notre temps, la crise d’identité européenne, le dérèglement climatique, la richesse et la difficulté des rapports humains.
J’explore les frontières de l’identité humaine à travers le projet « Qui suis-je ? Humain. » Je m’intéresse à ce qui fait de nous des êtres humains, à la manière dont notre environnement, les événements et les personnes nous façonnent et nous transforment. Dans mon travail, je combine mon expérience en design industriel avec des éléments de la nature, créant des installations interactives. Je crée un art avec lequel le spectateur peut interagir : toucher, manipuler et modifier. Une partie essentielle de ma pratique est l’utilisation de matériaux recyclés et la minimisation de la consommation de nouvelles ressources. Ce n’est pas seulement un geste écologique, mais aussi une manière de ressentir la voix de la forme au-delà de la fonction du design, en réinterprétant son sens. Je suis inspirée par les frontières entre le passé et le présent, l’influence du moment présent – unique –, la mémoire et la réalité. Je travaille avec des objets trouvés et des matériaux naturels, créant des structures qui reflètent la fragilité et la fluidité de l’identité humaine en fonction de l’environnement et des événements imprévus. Mon objectif est d’inciter le spectateur à réfléchir sur son identité. Comment les autres influencent-ils notre construction ? Que laissons-nous dans le cœur des autres ? À travers l’art, je propose un espace de réflexion, d’interaction et de réinterprétation de soi.
Présentation J’ai grandi en Alsace où j’ai entrepris des études d’architectures. Durant mon parcours, j’ai toujours été attaché à la question du « chez-soi », la façon dont les humains s’approprient l’espace, y créent des souvenirs, et le gardent en mémoire. Dans ma pratique de l’art, j’explore cette interaction fragile entre les éléments à ma disposition, et la manière de les réassembler pour créer un nouveau « tout »; Cet acte traduit le point de rencontre entre mon imaginaire, le lieu, les matériaux, et ma temporalité propre. Ainsi, mes œuvres peuvent prendre la forme d’assemblages en pierre et bois, à la limite entre équilibre et effondrement; Traduisant l’idée d’appropriation physique du lieu, puis sa disparition lorsque je le quitte, seule la photo demeure (ma mémoire). Ou des altérations de photographies, mettant en valeur des formes perçues dans le paysage et traduisant l’appropriation mentale, l’imaginaire. Ou encore de simples statuettes en terre crue, pouvant soit disparaitre sous les intempéries, soit être recueillies par quelqu’un qui se les approprie, prolongeant ainsi leur durée de vie.
Ma démarche artistique se partage entre la peinture et la sculpture. La trame de mon travail se construit à partir de nombreux croquis, esquisses et aquarelles que je fais lors de mes voyages, de mes observations. En peinture, j’affectionne surtout la peinture à l’huile, elle me permet de me rapprocher au mieux des transparences et des subtilités de l’aquarelle. En parallèle et en complément de la peinture, je me suis spécialisée en sculpture, technique du modelage. Mes sujets de prédilection sont le corps humain, les bustes, les expressions du visage. Ce sont des sculptures en faïence blanche, patinées. En complément de ces deux axes, peinture et sculpture, je fais des travaux d’illustration ainsi que de la céramique : trait d’union entre la peinture et la sculpture.
Au fil des années, j’ai développé une typologie, un catalogue des choses et du monde ; j’ai dessiné un grand nombre d’objets, de la faune, de la flore, en y apportant à chaque fois un regard particulier qui tient de la drôlerie et de la désinvolture. Au fond, le dessin compte moins que le regard ; c’est une prise de notes d’un état d’esprit poétique, la poésie des choses, en saisissant l’essence humoristique. Mes collages tiennent du dessin et du travail de l’entomologiste : je récupère des éléments dans une masse de journaux anciens, avec petites pinces et ciseaux, que je colle pour en faire de petits poèmes graphiques, des rébus absurdes, dans lesquels le trait se fait discret tout en restant vif.
Créer des poupées, c’est un voyage. Un voyage vers la douceur, vers les rêves d’enfants. Il y a six ans, j’ai façonné ma première poupée pour ma fille. Je voulais lui offrir une compagne unique, une confidente avec laquelle elle pourrait rêver, partager ses peurs et grandir. C’était Ophélie… son Ophélie. En la créant, j’ai découvert un univers de poésie et de tendresse. Tout commence par les matières : la laine, le coton. Chaque fibre glissée entre mes doigts devient une invitation à ralentir, à savourer l’instant. Chaque geste est un voyage sensoriel qui m’ancre profondément dans le présent. Puis vient le moment clé, celui où tout bascule. Point après point, je brode les yeux… et un univers s’ouvre. Une présence naît. Alors, délicatement, je l’accompagne dans sa métamorphose. Je choisis ses cheveux, je dessine ses vêtements. Peu à peu, imperceptiblement, elle entre en résonance avec une part de moi-même. Des valeurs, des souvenirs et des rêves que j’offre à ma fille. Depuis, je n’ai jamais cessé de créer. Mes inspirations viennent des rêves de mes enfants, des saisons, de la nature qui m’entoure. Chacune de mes poupées porte en elle un fragment du vivant : par les matières qui la composent, par la teinture végétale que je réalise moi-même, avec des plantes sauvages cueillies au fil du temps. Chaque poupée m’invite à l’écoute, à la contemplation. Ce dialogue silencieux m’apaise et me nourrit en profondeur. À travers elles, je célèbre la simplicité, la beauté du naturel, l’émerveillement de l’enfance et l’amour du fait-main. À travers elles, je vous invite à une rencontre. Une rencontre avec la nature… Et peut-être, avec une part de vous-même.
L’œuvre de Marc Gouvion est une ode à la matière, une exploration où le métal, matériau par essence froid et industriel, se métamorphose en organismes vibrants. À partir de composites hétéroclites — métaux neufs ou rongés par la rouille, chutes industrielles et pièces utilitaires — le sculpteur gère des paradoxes pour donner naissance à des formes inédites, transfigurant le quotidien à l’emporte-pièce. Sous le feu, l’artiste fait ployer le fer, créant des compositions qui s’échappent de leur socle minéral. Bien que s’inscrivant dans une abstraction assumée, ses sculptures ne sont jamais inertes : on y devine des réminiscences de cellules, des germinations végétales ou des corps en mutation. Loin d’une géométrie rigide, ces éléments convoquent une sensation de vie latente. L’acier semble respirer, s’étirer ou se contracter, illustrant cette union sacrée où le minéral rejoint le vivant. Chaque pièce devient le temple d’un mouvement silencieux qui semble se poursuivre bien au-delà de sa structure physique. Les sculptures de Marc Gouvion agissent comme des réceptacles de lumière, des interfaces captant les variations célestes. Les reflets et les ombres portées ne sont pas des accidents optiques, mais une part intrinsèque de l’identité de l’œuvre, une « âme lumineuse » qui évolue selon les astres et les saisons. Cette interactivité invite le spectateur à une contemplation sans cesse renouvelée. Au-delà de l’esthétique, cette démarche résonne avec les enjeux environnementaux actuels. En transformant le manufacturé pour évoquer le naturel, l’artiste souligne la dualité de notre rapport à l’environnement : nous sommes à la fois les observateurs et les acteurs de sa fragilité. La tension entre la rudesse du matériau et la délicatesse des formes organiques interroge ainsi la place de l’homme et de ses constructions au sein des écosystèmes.
Fragilité mais aussi hasard, mouvement, ordre et chaos sont au cœur de la démarche plastique de Thierry Amarger. La simplicité des moyens et des matériaux mis en œuvre caractérise son travail. Que ses créations prennent la forme de dessins, sculptures, installations ou encore d’actions faisant intervenir le public, elles ont pour point commun un travail graphique : signes accumulés, superposés, enchevêtrés qui deviennent réseaux, structures simples ou complexes.