ZalmO

Fascinée par l’acharnement technique de l’Art académique, par l’esthétique et le mystère des Symbolistes, l’inventivité des Surréalistes, l’absurde des Dadas (et leurs héritiers  littéraires de l’Oulipo!), par le trait d’Egon Schiele ou la liberté de Frida Kahlo, la peinture me berce depuis longtemps. Mais c’est plutôt du côté de dessinateurs raconteurs d’histoires que je trouve d’illustres exemples : de Béatrix Potter à Pef, de Gustave Doré à Gotlib ou Sempé, puis B. Yslaire, et toute la clique des férus de détails et de merveilleux : Rosinski, Loisel, Ana Mirallès, Bourgeon, etc.

J’ai choisi de travailler à l’encre, stylo et crayon et de favoriser l’aquarelle pour la mise en couleur. Attirée par l’art et l’histoire médiévale, je me suis amusée à imaginer un support qui permettrait de faire le lien entre le scrolling quotidien nous poussant à faire défiler les images du monde sur nos écrans, et le mode de lecture des rouleaux antiques, utilisé jusqu’au moyen-âge pour y dérouler les nouvelles du royaume. Je crée ainsi des « Rotuli », dessins en rouleau, support ludique et décoratif permettant de faire exister des textes illustrés. 

Au travers de mes créations, je cherche à créer de la complicité, du partage, et mon inspiration vient de la nécessité de trouver une forme à une idée, une intention, de l’envie d’offrir une image dans laquelle chacun pourra y puiser le petit frisson qui change la couleur du jour. 

Comme on sait que l’émulation vient en mangeant, la curiosité pour la cuisine artistique des autres a inspiré quelques réalisations communes : Les illustrations de «La Méthode Moussay», méthode de chant en collaboration avec l’artiste lyrique Mélanie Moussay,  «Bazooka», avec l’auteur et psychologue Cécile Canal, «Les Démons de la Colère», illustration en «Rotulus» du poème de Paul Barbieri, musicien et poète.

Certes exaltée par l’interdisciplinarité, je puise aussi mes images du côté de ce qui me semble purement esthétique et chéris autant l’intention profonde que la valeur décorative du dessin. Afin de relier fond et forme je travaille actuellement sur des projets de livres illustrés en tant qu’illustratrice et auteur.

Amande Bleue

Ma pratique artistique se concentre autour du dessin, et aujourd’hui principalement autour de l’illustration numérique sur Procreate, même si je conserve également une pratique de dessin plus traditionnelle, aux crayons de couleur et aux poscas.

Mes illustrations se concentrent essentiellement autour du féminin. Elles sont constituées à la fois de portraits de femmes que j’admire, mais aussi de personnages féminins plus imaginaires. Travailler autour de ces personnages est une façon de réaffirmer sans cesse la place et l’image des femmes dans nos sociétés. En outre, même si le portrait reste un de mes genres artistiques préférés, je m’attache à développer de plus en plus des illustrations narratives et conceptuelles. Mon style est un mélange entre réalisme et imaginaire, doux et coloré, qui laisse place à un certain onirisme, parfois étrange et mélancolique.  Mes sources d’inspiration sont multiples : la littérature, le cinéma, l’histoire de l’art, la culture japonaise, la bande-dessinée et la pop-culture. J’aime entremêler ces différentes références avec lesquelles j’évolue dans mes illustrations, pour proposer de nouvelles images que j’espère inspirantes.

Lisa Colicchio

Depuis quelques années, je travaille autour des thèmes de la maison, du chez-soi et surtout des abris, ceux qu’on a choisi de se fabriquer après une tempête, un incendie ou un cœur brisé. Ceux dans lesquels on rentre se réfugier parce qu’ils sont doux, familiers et confortables.

J’ai d’abord beaucoup représenté des accidents, des incidents et incendies qui venaient détruire ces foyers, ou simplement les perturber. Après ces destructions, il fallait donc fabriquer des abris, que j’ai représentés d’abord avec des techniques de peinture et de dessin, puis de gravure, pour pouvoir les multiplier presque à l’infini. 

À force d’en représenter, ma conception de l’abri a évolué : ils étaient d’abord très fermés, dépourvus de portes ou de fenêtres et même parfois sous cloche pour se protéger de l’extérieur, risquant de devenir des prisons. 

Par la suite, ils se sont ouverts et parés d’accessoires pour pouvoir y aller et venir à guise, jusqu’à s’ouvrir complètement sur le monde qui les entoure.

Évidemment, j’ai appris à considérer ces abris comme l’expression de mon « foyer intérieur », de la façon dont je me place dans le monde, comment je matérialise mon intériorité et son rapport avec l’extérieur : le réel, le concret et les autres. J’aime beaucoup la façon dont les femmes-maisons de Louise Bourgeois font du « soi » une construction dans laquelle on peut s’abriter.

Souvent, les abris que je crée sont littéralement des représentations de maisons, de cabanes, etc.   ; parfois, c’est un souvenir doux et agréable qui me sert d’abri, alors je me sers de photos pour construire une peinture, un dessin ou une gravure qui représente un lieu ou un moment qui m’a entourée de douceur. 

En ce qui concerne les techniques de gravure, j’essaie toujours d’expérimenter pour aller au bout de ce qu’une technique peut apporter à mon travail. J’aime beaucoup jouer avec les différentes textures, les jeux de superpositions de couleurs, les nombreux niveaux de détails que la technique que je choisis peut apporter à mon image.

Vanessa Garner

Née en 1993. L’artiste considère que le métissage est une pleine composante de son identité. Dès l’enfance, la question de l’identité se posait déjà. Jeune femme eurasienne (d’une mère thaïlandaise et d’un père français), elle est aussi petite-fille de nomades qui sillonnaient jadis le Siam et l’Asie du Sud-Est. Bercée par des cultures différentes, l’artiste grandi avec un sentiment de flottement. Son travail artistique permet à l’artiste d’explorer son métissage et sa féminité pour en faire une véritable force, presque spirituelle. Un univers unique découle de ses œuvres, infusé d’une mythologie personnelle influencée par ses origines, l’art brut, ainsi que les arts asiatiques et africains, qui lui permet à la fois d’explorer son rapport au monde, et son identité. Pour l’artiste plasticienne, le questionnement identitaire se définit à travers l’articulation de ses outils plastiques. Variant les techniques et médiums, en passant par la peinture et l’installation.

Pierre Kieffer

… Où peindre serait plus de l’ordre de l’expérience , non pas d’une expérience technique apte à la fabrication d’images mais des expériences de confrontations avec la matière provoquant accidents et évènements, surgissements    souvent à son insu et qui changent la donne , qui redistribuent les cartes, qui dispersent ce qui était coagulé en une belle forme.
  Il ne s’agit pas ici de reprendre un motif    mais de poursuivre , de rejouer l’alternance des couleurs , des formes . Un seul trait peut être à l’origine de bascule, d’équilibre précaire, un changement de couleur peut ouvrir à l’enthousiasme , à la dépression , à l’amour , à la haine … bref peindre c’est aussi dé-peindre , mettre en jeu ce qui était en jachère , nouvelle mise en tension dans un rapport à un impossible à dire.
  Il ne s’agit pas de trouver la dernière pièce du puzzle mais de faire l’expérience comme disait Amy Sillman que « la peinture est expérience, que l’art est la sensation de morceaux qui ne vont pas ensemble ».
  Retravailler à partir de l’accident , de l’évènement , c’est accepter une relance et non pas faire oeuvre de repentir.
  Sont à l’oeuvre le trait , la forme et la couleur . Leur appariement est producteur d’évènements.
La peinture n’est pas la production d’images mais la dispersion. Julia Kristeva dit de la couleur qu’elle est « l’éclatement de l’unité ».
La couleur n’a pas fonction de coloriage , la forme ne reproduit pas l’existant . Le trait n’est pas trait d’union , il peut être      trait d’humour, voire trait d’esprit , fissure , limite… Le trait peut aussi faire figure tout en défigurant. Pierre Kieffer
31/12/2023

Jacky Neufinck

Photographe, Jacky Neufinck a le talent de saisir les situations sur le vif. Depuis la fin des années 70 il fixe des scènes de rues sur la pellicule et des mots sur le papier, avec un style très « cadavres exquis », laissant son imaginaire débordant tordre la réalité pour n’en laisser que l’humour ou la dérision.

Claude Bernhart

A l’origine peintre réaliste, j’ai beaucoup travaillé sur le thème de la mort, de la limite de la vie et des gisants (et notamment une exposition mémorable au Fort Rapp en 1984), avec un travail sur l’anatomie et la fragilité de la vie, la décomposition du corps.

2007 a posé une rupture à la suite d’une dépression et je me suis éloigné du réalisme ; mes œuvres ne comportant plus aucun être vivant.

Petit à petit ma peinture a évolué vers une recherche vers la structure des matières, le mouvement, la lumière, je joue avec les transparences et la matité, réminiscence du métier que j’avais appris : la peinture sur verre. Je travaille sur le reflet ce que renvoie la lumière quand elle rencontre un obstacle. 

Ce qui m’intéresse : les brèches, les failles, les traces. 

Je voudrais que le spectateur laisse venir son ressenti, sans tenir compte de ce qu’il a appris ou des mots imposés par d’autres, l’émotion n’étant pas une faiblesse à mes yeux.

Sidney Briand

Sidney Briand, est originaire de Paris mais c’est à Strasbourg qu’il pose ses valises ou il débute en 2018 un poste de directeur artistique.

 

Bruno Romain

Le papier mâché est une passion qui me tient depuis mon adolescence et qui ne me quitte plus. J’ai besoin de coller, façonner, sculpter  un objet chaque jour sinon je ressens comme un manque. Cela peut même me réveiller la nuit…Le papier mâché a  aussi été  un fil conducteur tout au long de ma carrière effectué dans le social  ,un support de travail parce que cela ne coute pas cher et que c’est très ludique. J’aime aussi le coté recup : tout faire avec des matériaux (cartons, journaux… ) qui finissent bien souvent dans nos poubelles. Partir d’une simple feuille de papier et en faire un volume est un challenge qui me parle.

Virginie Hils

Ma pratique du dessin et de la peinture est intuitive et puise ses racines dans l’art brut et l’inconscient collectif. Au cœur de mon travail il y a le corps et ce qui le traverse (chants, cauchemars, fauves, cris, ancêtres.. ) ainsi que sa mémoire et ses bribes.