Artist staitment The subject of my photographs, texts, and videos is the everyday existence of animals, things, and people, as well as the moments when relationships between them emerge. My practice is predominantly intuitive. Even when there is a precise plan for a project, success more often occurs in the ruins left by the collision of that plan with reality. For me, making art is a kind of «rummaging in the dark,» in the unknown. This rummaging allows for a momentary illumination of the darkness. It is impossible to see the entire territory, but one can infer it by remembering the brief glimpses through the «slits» one has made and mentally connecting them. This applies both to the experience of working with photography (which is why flash is often present in the images) and to working with text. In the case of text, it is like photographing the thoughts in one’s head.
Role : artiste
Carla Blanca Corminboeuf
Swiss-Peruvian artist based in Bern, working with images ranging from fine art to video installation. Her research explores questions of memory, identity, and cultural transmission, examining how personal and collective identities are carried, embodied, and reshaped over time.
Having grown up immersed in Andean culture through traditional Peruvian dance, she has developed a keen awareness of how heritage is experienced, performed, and passed on. Her creative process involves assembling various elements, including images, sound, movement, and spatial components, to create personal narratives and visual interpretations of thoughts, memories, and emotions.
Her master’s research focuses on “Llaky”, a Quechua word used to describe a negative emotional state, a kind of melancholy unique to the Andean region. Building on this, she explores collective memory and cultural identity, as well as other regional issues, such as social structures inherited from colonization.
Ana Vujic
Ich bin eine Zeichnerin.
Mit meinen Architektur- und Menschendarstellungen eröffne ich Räume. Lebensgrosse Figuren begegnen uns auf Augenhöhe.
Sie zeigen gesellschaftliche Machtstrukturen und Konventionen aus einer subjektiven Perspektive.
Persönliche und soziale Identitäten sind ineinander verwobene Konstrukte. Als Frau, Mutter und Migrantin entflechte ich diese.
Ambivalenz und Widersprüche prägen die ständigen Verhandlungen unseres alltäglichen Lebens.
Die Zeichnungen symbolisieren die Hindernisse und Herausforderungen, die sich aus gesellschaftlichen oder selbstgestellten Erwartungen und Idealen stellen.
Meine Protagonist:innen bewegen sich in surrealen Kulissen, die zum Umbruch aufrufen.
Und doch sind die Bilder Haltestellen einer erdachten, ansatzweise erlebten und stets nie zu Ende erzählten Geschichte.
Meine Zeit rennt in unterschiedliche Richtungen.
Vergangenheit, Traum und utopische Vorstellungen sind stets ineinander verwobene Knotenpunkte.
Zeichnerisch trifft Präzision auf Abstraktion.
Weisse Leerstellen sind Platzhalter für das Ungeschriebene und das noch Ungewisse.
Luca Pataki
Magdalena Ciemierkierwicz
Elena Lebrun
Tout a commencé en 2018 avec la découverte des diapositives de mon père se mettant en scène entre 1975 et 1980 dans l’appartement de ses parents. Quand ces derniers n’étaient pas là, mon père se prenait en photo. On le voit déguisé, maquillé, investissant tous les espaces dans une sorte de danse macabre. A la lueur de bougies, il se cache dans des bahuts, fait le mort dans le lit de ses parents, se transforme en Dracula.
Mon père devient photographe, tout comme moi. Je ne connaissais pas les archives de son travail de jeunesse. Je suis subjuguée par son univers loufoque et par la qualité de ses images. Ses images me parlent, me hantent, me happent– je m’y reconnais – quelque chose de familier m’appelle. Je décide de poursuivre sa série avec mon œil.
Je prends pour cadre le même appartement familial – celui de ses parents, celui de ma grand-mère. Grande Mère a vécu 50 ans dans cet appartement bourgeois parisien – un lieu que j’ai investi émotionnellement – un lieu qui charrie des souvenirs : les déjeuners du dimanche avec la famille réunie, les retrouvailles avec les cousines, les dodos le samedi soir, la télévision, les coquillettes au gruyère et jambon, le chocolat chaud en guise de petit-déjeuner et les mille objets exhumés des poubelles par Grande Mère…
Je mets en scène Grande Mère dans ses derniers moments avec ma sœur et mon père. Portraits de famille. Je pare Grande Mère de ces fleurs artificielles qu’elle affectionne tout particulièrement parce qu’elles ne meurent jamais. D’une certaine façon, je préfigure sa mort. Un an plus tard, elle décède, c’est le début du covid.
Pas de mode d’emploi pour faire son deuil, chacun.e essaie un chemin.
Mon père devient orphelin. Papa et Grande Mère étaient fusionels, ce n’était pas évident pour moi de trouver une place tant ils s’aimaient. La mort de Grande Mère redistribue les cartes – m’offre la possibilité de découvrir autrement mon père – l’homme qu’il est – et non plus le fils de sa mère.
En juin 2021, l’appartement est vendu. Les familles se déchirent. Douleur, rancoeurs, chagrin. Tout est mélangé. Pendant que mon père et moi, nous vidons les lieux, j’ai réalisé la dernière série de photos– mettant en lumière mon père et moi dans ces espaces mis à nu. Ce travail rend hommage à la mémoire de Grande Mère et au travail photographique de mon père.
Mes photographies témoignent d’un passé révolu, elles font partie intégrante de mon histoire. En exposant mon histoire personnelle, je pose la question de l’héritage : Que décide-t’on de garder ? Comment faire filiation ? Quel est le fil ? Comment le réparer quand il est abîmé ? Que crée-t-on ensemble ? Et vous comment faites-vous ?
Clémence Chiron
J’invente des histoires à raconter dans l’espace. Des prétextes à la rencontre, à ladécouverte et aux échanges. Je m’intéresse aux liens créés avec les publics telun dialogue autour des émotions et des sensations. Je travaille sous formed’accumulation d’éléments distincts et indépendants qui forment un ensemblecohérent. L’accumulation peut-être visible à l’échelle du dessin, du podcast oude l’espace. Sas après sas, les publics découvrent un univers où les couleurs etles jeux de lumières ont une place majeure.En principe, en scénographie, je m’inspire d’un livre, d’un texte existant pourcommencer à dessiner. En 2024, avec l’émergence de mon double artistiqueBourcatine de Tararin, je commence à créer différemment. Avec l’exposition « LaNaissance de Bourcatine », j’écris mes propres poèmes tel un support au dessinet à la création spatiale. Ce double artistique me permet de composer ununivers qui évolue avec le temps et la vie de ce personnage invisible, qui entreses angoisses et ses joies, dessine constamment des coquelicots, chapitre aprèschapitre.À chaque projet, je cherche à rendre accessibles des univers en m’intéressant
particulièrement à l’expérience des visiteurs tel un dialogue entre eux etl’œuvre. Cette œuvre peut-être un dessin, une installation immersive ou unpodcast à dessiner. Des liens pour faire sens et se rencontre.Qui est Bourcatine de Tararin ?Bourcatine, c’est ma cousine. Rares sont celles et ceux qui l’ont croisée.On dit qu’elle se cache entre le mur et la tapisserie.Bourcatine, c’est la fille du centre-bourg. Rurale et un peu citadine aussi.De Tararin, ça vient d’une histoire de presque rien. Quand on commencequelque chose, c’est toujours à partir de presque rien. Puis, pas après pas, onavance
Maxime Le Nahelec
J’ai une pratique pluridisciplinaire entre la vidéo, la performance, la sculpture et les installations. Un des liants principaux dans mon travail est l’utilisation du collage, notamment dans la sculpture.
Depuis très jeune je traverse des communautés internet dont la récupération, la transformation et l’appropriation fait part entière des processus créatifs. J’ai notamment grandi en étant passionnée de Warhammer, de jeuxvidéo et de musique métal.
Aujourd’hui je me concentre principalement sur des assemblages d’objets, notamment de jouets pour en faire des faux archéologiques. Ceux-ci font références à de vrais objets archéologiques de cultures diverses, mais aussi à des univers fantastiques ou populaires comme cités plus haut. Cette pratique sculpturale est un moyen de raconter mon identité traversée par le métissage. Je découpe et mélange des souvenirs et référents de l’enfance pour en faire des figures grotesques, terrifiantes et attachantes.
Nafiseh Moshashaeh
Artiste visuelle née à Téhéran en 1986, vivant aujourd’hui en France, après plusieurs années de pratique artistique en Iran.
Son travail se déploie à la croisée de la photographie, du film, de l’installation et du graphisme. Il ne cherche pas à représenter, mais à déplacer, fissurer et reconfigurer les régimes d’image et de perception. Il s’inscrit dans une recherche
où mémoire, territoire et image ne sont pas des thèmes, mais des tensions actives, traversées par des expériences de déplacement, de discontinuité et de fragmentation.
Refusant toute forme d’exotisation,, sa pratique s’inscrit dans une position instable, traversée par des tensions entre présence et disparition, mémoire et effacement, inscription et perte et engage également une réflexion sur l’identité— ses différentes strates, entre identité de soi, de l’autre, identité collective et celle d’une… société.
Son approche s’ancre notamment dans les notions de déterritorialisation et reterritorialisation développées par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans A Thousand Plateaus (Mille Plateaux), ainsi que dans la notion de liminalité — état de seuil, entre deux, ni ici ni là — formulée par Victor Turner dans The Ritual Process.
L’image, dans son travail, n’est jamais stable : elle est altérée, fragmentée, réinscrite, soumise à des processus de transformation qui en déplacent le statut. Chaque projet engage un protocole spécifique, refusant toute répétition, cherchant à faire émerger de nouvelles couches de perception.
Dans Seven Solitudes, des arbres isolés deviennent des points de tension, des figures de résistance et de solitude. Par un processus manuel d’altération, chaque image se constitue, se transforme en une pièce unique comme une surface
instable, entre apparition et disparition, où la mémoire se donne autant qu’elle se dérobe, où la surface agit comme une métaphore de mots tus, retenus dans la gorge. …Silence.
Son travail vidéo développe une position d’observation critique entre distance et implication, où les images interrogent les formes de lutte, de perception et de narration, ne stabilisent pas le sens mais le mettent en crise.
Son graphisme, radical et sombre, opère comme un espace de résistance : entre visibilité et clandestinité, il porte une charge politique sans recourir à la démonstration, entre langage et silence — et participe à une syntaxe visuelle
singulière.
Comme l’a souligné le jury de l’ADAGP : « […] Son graphisme radical et sombre fait écho tant à la clandestinité […] l’œuvre de Nafiseh Moshashaeh a su
mettre en place une syntaxe plastique originale et prometteuse. […] » développant une écriture plastique à la fois rigoureuse, ouverte, et traversée par une singularité propre.
Quentin Mervelet
Dans mon travail, j’explore la pluralité des gestes et des techniques issue des savoir-faire et d’histoires culturelles liés aux corps en mouvement. Les lieux de partage, les espaces de travail et de fête deviennent des sphères avec lesquelles je dialogue dans mes performances, mes sculptures et mes installations. Ma pratique trouve son origine dans les gestes que j’observe et produis, issus du monde de l’artisanat, de la vie quotidienne, de la danse et du cirque. J’en tire des techniques, des réflexions théoriques et des sujets afin de questionner les notions de transmission, disparition et transformation des savoirs dans notre société. C’est en entrant en relation avec divers objets et matériaux, guidé par leurs fabrications et leurs capacités, que surgissent des images poétiques, des sensations et des instants qui interrogent nos manières de regarder et d’agir.
